[EDITO] Un symbole fou : Marseille, ville choyée par Macron, prête à basculer au RN ?

La pluie d'argent du père Noël Macron ne suffit pas.
Capture écran Europe 1
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Ce jeudi soir, BV rédige son dernier article sur les municipales avant la période de réserve qui précède le scrutin. C’est la date que France 2 a choisie pour mener un affrontement entre les deux premiers candidats de la ville, le maire actuel Benoît Payan, qui a obtenu 36,7 % des voix sous l’étiquette Divers gauche, dimanche dernier, et le candidat du RN Franck Allisio, fort d’un score étonnant de 35,02 %. Le débat, court, fut apparemment rond, souriant, cordial. Il fut sans pitié sur le fond, Allisio accusant Payan de fraude électorale et Payan prenant de haut son compétiteur (ce qui n’est jamais une bonne idée). « Vous préférez la racaille aux familles », accuse Franck Allisio. « Il y a des racailles en col blanc », réplique Payan. « Aidez-moi et la Bonne Mère nous aidera », conclut Allisio, à destination des électeurs : il a toutes ses chances. Dans ce duel, la LR Martine Vassal jouera sa carte personnelle et portera une part de la responsabilité de la défaite de la droite si Payan était reconduit.

Quel qu’en soit le vainqueur, le scrutin de dimanche à Marseille aura valeur de test national, pour les patriotes de France et de Navarre. D’abord parce que Marseille est la deuxième ville de France - ce n’est pas rien. Mais aussi parce qu’elle est le laboratoire des promoteurs de l’immigration dans notre pays. Aucune ville de France n’a été à ce point confrontée à la vague submersive de l’immigration. Aucune n’a été à ce point victime de cette rupture inédite dans l’histoire du pays. Aucune n’en a à ce point subi les effets délétères, dans l’insécurité ou le trafic de drogue, au point que les règlements de comptes liés au narcotrafic ont frôlé les 50 morts, en 2023. Ce n’est pas tout.

Gifle

Marseille aura avant tout valeur de test national parce que la ville a été prise en grande pompe comme témoin éprouvette par le Président Emmanuel Macron. Macron s’est rendu à de multiple reprise à Marseille, à chaque fois accompagné des flonflons de la campagne ou des attributs du pouvoir. À chaque fois, surtout, il a dressé, au-dessus des débats sur l’insécurité folle et la ruine de sa politique migratoire, le chéquier de la nation. Il a voulu faire de Marseille une démonstration anti-RN. Dans ce contexte, les résultats du premier tour retentissent comme une gifle magistrale.

Il faut revenir sur les efforts présidentiels… Le 16 décembre 2025, Macron était encore une fois dans la ville pour juger de l’avancement du plan « Marseille en grand », présenté en grande pompe en 2021. À quelques jours de Noël 2025, le communiqué de l’Élysée était très clair : « Le chef de l’État a voulu faire de Marseille un laboratoire de nouvelles politiques publiques menées sur sept priorités : sécurité, social, sanitaire, éducation, emploi, culture et transports, pour changer la vie des Marseillais. » En 2021, le Président n’était pas venu les mains vides. Le plan Marseille en grand s’accompagnait de cinq milliards d’euros de concours financiers apportés par l’État. Cinq milliards appelés à drainer quinze milliards d’investissements induits sur Marseille et sa métropole. L’état macroniste impécunieux et endetté comme jamais dans l’Histoire de la Ve République arrosait Marseille d’argent public sans compter. Ce n’est pas tout. Le père Noël Macron a aussi arrosé les quartiers, bien sûr. Et les écoles, dans « la seule ville de France où l’État construit des écoles », dixit l’Élysée. Marseille « a bénéficié des résultats du plan écoles, qui a déjà permis d’engager un travail pour réhabiliter et reconstruire 40 % du parc scolaire de la ville, pour offrir à chaque enfant les mêmes chances de réussite », plastronnait l’Élysée, fin 2025. Sans parler des renforts de police, évoqués dans le débat Payan-Allisio. Une pluie d’argent.

Résultat : le candidat RN talonne Payan avec des chances de l’emporter dimanche. Ce qui semblait impensable voilà dix ans - la bascule de Marseille vers une liste patriote - n'est pas impossible. Comme quoi, l’argent de l'Etat ne fait pas tout. Le macronisme n'a rien de magique. Le bon sens n'est jamais mort. Et la France n’est pas appelée à devenir un Roubaix géant. Dimanche soir, l'espoir élira domicile à Marseille ! Et à Nice, à Toulon et ailleurs.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

54 commentaires

  1. Parlons-en de MACRON !!!! sait-il encore ou il habite cet homme ? après 17 visites dans la ville de MARSEILLE , ce président connait certainement tous les bons restaurants , dont on mange d’excellentes bouillabaisses , payés bien sûr par les français ….Au fait pour faire il est allé à MARSEILLE ? certainement pour rendre visite à MIREILLE…..la copine de MARCEL AMONT….QUI SAIT ?

  2. Il est vrai que Monsieur Macron a mobilisé de multiples convois de sécurité autour de sa personne en direction de Marseille. Cela a dû d’ailleurs nous coûter un pognon dingue ! Pour un oui, pour un non il décidait : « …tiens, et si j’allais à Marseille… ». Sitôt dit, sitôt fait le déplacement. Le retour sur investissement est catastrophique sur tous les plans. Qu’importe ! La macronie a pu s’y exprimer pleinement.

    • Non. Il y a une chose dont B.V. n’a pas vraiment parlé, c’est la puissance financière des Communautés de communes. Or, en se maintenant, Mme Vassal s’assure de conserver la présidence de la communauté de communes, et tous les avantages qui vont avec. Ce n’est pas de la grande politique, c’est juste un petit calcul électoral pour conserver prébendes et privilèges (et continuer à embaucher les copains z’et copines, les z’enfants des copains z’et copines, etc. !)

      • Tout a fait. » L’accord est la ».. Marseille consomme 75 % des budgets de la comcom..et n’en apporte qu’environ 30%.. Payan a tout intérêt a laisser vassal a sa tête…et y gagne l’élection…et les budgets!..

  3. Les chances de Frank Allisio de battre Benoît Payan sont minces, quasi inexistantes depuis que Mme Vassal a décidé de se maintenir au second tour. Si Vassal s’était désistée pour Allisio celui-ci aurait eu quelques chances de gagner, même si arithmétiquement la gauche s’est montrée majoritaire au premier tour mais avec ce maintien ses chances deviennent quasiment nulles quand on sait que les gauchistes de LFI feront tout pour éviter que le RN prenne la ville : ils se mobiliseront tous pour voter pour Payan et lui feront gagner la mairie.
    Cette ville est fichue : au cours des six dernières années je l’ai vu dégénérer, s’effondrer sur elle-même alors que ce n’était déjà pas brillant auparavant… Les hurlements la nuit, les automobilistes qui brûlent systématiquement les feux et téléphonant au volant, les vélos et les trottinettes en roue libre qui font n’importe quoi, les motos aux pots d’échappements trafiqués pour faire le plus de bruit possible qui remontent les sens interdits, les gens qui fument du shit partout en public, les centaines de clochards qui font la manche, des toxicos et des MNA plein les rues, les scooters des livreurs de pizzas roulant sans vergogne dans les rue piétonnes (sauf depuis deux mois car les élections s’approchaient), et pas l’ombre d’un agent de police sur la voie publique, vous pouvez marcher deux heures dans la ville sans en croiser un seul, ils sont planqués au chaud dans les commissariats, surtout la police municipale qui refuse de se déplacer quand on l’appelle… Dans six ans les choses auront tellement empiré sous la Houlette de Payan l’incapable que les derniers Marseillais de souche seront tous partis et grand remplacé par un mélange de gauchistes tarés et d’immigrés… A terme Marseille est malheureusement condamnée à devenir une ville LFI, islamo-gauchiste, et moi je déménage le mois prochain. Quel soulagement !

  4. Si le RN passe à Marseille vue qu’en toute logique le mal qui y règne son candidat Franck Allisio est capable de redresser cette situation, le RN doit beaucoup a Macron qui s’y est rendu dans la citée phocéenne pour y dénoncer et donner des projets pour revenir aune situation normal, hors elle ne peut que passer par le RN.

    • Retailleau en invitant Mme Vassal à maintenir sa liste pensait non seulement qu’il pourrait dimanche ou lundi revendiquer que les LR conservent la Communauté de communes de Marseille, mais surtout il pense aux sénatoriales : autant de grands électeurs de plus pour maintenir le primat des LR sur le Sénat (dont un tiers sera renouvelé à l’automne !) face à l’intrusion de sénateurs R.N. et LFI !

  5. Au delà du teste national, l’élection de Marseille doit avant tout sortir Marseille de sa torpeur, de son imobilisme de cette gauche nauséabonde, destructrice, raciste anti-blancs.
    Payan bénéficie pour sa ville des aides gouvernementales uniques et Marseille reste une ville misérable de saleté, d’insécurité, de trafics, Marcel Pagnol doit se retourner dans sa tombe.
    Les marseillais, pour ceux qu’il en reste doivent absolument réagir, et s’allier a la bonne mère pour refaire briller cette ville qui fût magnifique

  6. Je ne voudrais pas jouer les cassandre mais avec cette belle representante de la traitrise inherente a la fausse droite comment voulez vous qu’Allisio l’emporte ? Les electeurs de Delogu ne feront pas la fine bouche et reporteront leurs voix sur Payan pour empecher Marseille de redevenir une ville sainement geree . Ou est la reserve de voix d’Allisio ?

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