[ÉDITO] Les députés brisent un tabou
Ce mardi 27 mai 2025, les députés ont donc voté deux lois : l’une sur le droit à l'accompagnement et aux soins palliatifs, adoptée à l’unanimité, l’autre sur le droit à l’aide à mourir, adoptée par 305 voix pour, 199 contre, 57 abstentions. Ainsi, l’Assemblée nationale vient de reconnaître le suicide assisté. Comment le Sénat recevra-t-il cette proposition de loi ? Avec sa majorité LR, il a montré, dans un passé récent lors du vote sur la constitutionnalisation du droit à l’avortement, que son conservatisme est pour le moins à géométrie variable. En tout cas, le vote de ces deux lois est à la fois source d’espoir et d’inquiétude.
Source d'espoir
D’espoir, bien sûr, car le législateur, avec la première loi, veut garantir aux malades qui en ont besoin le droit à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Ce droit sera désormais opposable. Qu’est-ce que cela signifie ? Que les malades nécessitant des soins palliatifs pourront exiger auprès des autorités, en l’occurrence les agences régionales de santé, d’être admises dans des unités de soins palliatifs. Lorsque que l’on sait que 19 départements n’ont pas d’unités de soins palliatifs sur leur territoire, que 40 % des Français n’y auraient pas accès, on objectera que ce droit risque fort de rester lettre morte. En effet, en 2024, le Conseil d’État avait souligné que « l’offre de soins palliatifs demeure très hétérogène sur le territoire et reste globalement insuffisante ».
La stratégie décennale des soins d'accompagnement présentée par le gouvernement en avril 2024 pour renforcer les soins palliatifs, améliorer la prise en charge de la douleur et l’accompagnement de la fin de vie, a cependant été dotée de 1,1 milliard d’euros jusqu’en 2034, avec notamment pour objectif que chaque département dispose d'une unité de soins palliatifs. 1,1 milliard sur dix ans : à titre de comparaison, l’AME coûte 1,2 milliard… par an. Alors, espérons que cet effort sera soutenu dans le temps à travers les lois annuelles de financement de la Sécurité sociale. Quand on connaît l’état de notre système de santé, souvent évoqué dans ces colonnes, ainsi que les déficits à répétition de la Sécurité sociale, les motifs d’espoir suscités par le vote unanime de cette loi peuvent, à juste titre, être tempérés par le doute.
Mais aussi source d’inquiétude
La seconde loi, sur la création du droit à l’aide à mourir, autrement dit le suicide assisté, n’a pas obtenu la même unanimité que la première. Loin de là. On notera d'abord que sur un texte qui touche à l'intime de chacun, les groupes politiques ont laissé la liberté de vote. Et c'est heureux. L'analyse de ce scrutin montre d'ailleurs que la ligne de partage dépassait les clivages droite-gauche, même si les votes favorables ont été majoritaires à gauche. Certes, la majorité des « pour » dépasse les 54 %, mais 57 députés se sont tout de même abstenus, ce qui n’est pas rien. Une abstention qui traduisait probablement un doute. Ce mardi matin, le très catholique François Bayrou avouait que, partagé par le doute, il se serait abstenu s’il avait été député. La question qu'on peut se poser : est-ce que, justement, le doute ne commandait pas de voter contre cette loi ?
Car ce texte de loi, comme l’a reconnu à la tribune de l’Assemblée l’un de ses défenseurs, est « un texte de cheminement ». L’expression est jolie, mais elle dit bien ce que cela veut dire. Ce n’est donc que le début du chemin. Un chemin dont on ne connaît pas le bout. S’il y en a un... On ne va pas reprendre, ici, les arguments des « pour » et des « contre » qui se sont succédé à la tribune, dans les médias, dans nos familles, peut-être, aussi, mais que l’on soit favorable ou opposé à ce droit au suicide assisté qui vient d’être créé, on ne peut pas ne pas reconnaître qu’il y a là une véritable rupture civilisationnelle.
Cela a été dit mille fois, ici et là, mais il faut le répéter. Car le droit de pouvoir de donner la mort à ses semblables a toujours été un droit exorbitant. Toujours, en principe, dans une logique de protection, de survie, de conservation de la société, de la nation, de l’État, de la Cité ; bref, de la collectivité. C’est le pouvoir donné à la guerre aux militaires ; aux policiers, aux gendarmes, dans le cadre de la légitime défense ou pour sauver des vies innocentes (par exemple des otages), parfois au péril de leur propre vie. Pour sauver un seul otage menacé de mort, on va même jusqu’à mettre en péril plusieurs vies. L’instinct de vie. C’était, autrefois, le droit de condamner et d’exécuter à mort celui que la société considérait comme un danger pour sa pérennité. Là aussi, paradoxalement, logique et instinct de vie. Avec l’institution de ce droit à l’aide à mourir, qui consistera concrètement à donner les moyens à un patient « éligible » de se suicider en ingurgitant un produit létal, n'entrons-nous pas dans autre logique ? Une logique qui pourrait d'ailleurs nous échapper. C'est en tout cas un tabou venant du fond de l'humanité qui est ainsi brisé.
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134 commentaires
L’assistance à la personne en fin de vie et en souffrance, oui…
L’aide au suicide, non car on ne sait pas quoi prendre en considération pour donner suite ;le sujet est trop vaste.
Loi votée par l’A N mais pas encore par le Sénat mais bon ça ne fait pas beaucoup de différence hélas, ce sera validé au retour de toute façon…..Je le redis, cette loi me donne un sentiment de malaise , peur des dérives
Le vote nominatif des députés doit recevoir la plus large publicité de façon que les électeurs se souviennent lors du prochain renouvellement de l’Assemblée Nationale de leur position dans cette transgression civilisationnelle.
Pour les prochaines élections des députés qui devraient avoir lieu assez rapidement, les électeurs seront pour qui il ne faut pas voter et choisir les candidats qui auront le courage de se prononcer contre cette loi mortifère . Il ne faut pas rêver les soins palliatifs ne seront pas ouverts à tous les malades, il ne s’agit qu’un vote pieux pour ce donner une bonne conscience. Le combat continue et l’ESPERANCE demeure pour enrayer cette loi de rupture anthropologique.
Merci Tara :
« Donner les moyens à un patient « éligible » de se suicider » = ce que je reproche aussi à cette loi, c’est =
« 1 – 48H : Le délai qu’il faudra pour confirmer sa demande de mort. Et ce délai pourra être réduit. VOTRE VIE NE SE DISCUTE QU’EN 48H
2 – 1500€ d’amende et 1 an d’emprisonnement : Les peines que risqueront des soignants ou proches qui tenteraient de dissuader. DE QUEL DROIT ?
3 – La mort provoquée devient un soin intégré dans le code de la santé publique. PLUS DU TOUT PRET A ME FAIRE SOIGNER !
4 – La loi ne leur reconnaît aucune clause de conscience pour ceux qui délivrent la substance. SERMENT D’HYPOCRATE ???
5 – Une simple demande orale suffira, ni demande écrite, ni signature, ni témoin. DONC AUCUNE PREUVE !
6 – L’avis du second médecin pourra être donné à distance et ne sera pas contraignant. COMBIEN VONT ILS ETRE A APPROUVER ?
7 – L’injection létale pourra avoir lieu à domicile, à l’hôpital, en EHPAD… et partout ailleurs, sans restriction. SUR LE TROTTOIR OU AU BORD DE LA ROUTE AUSSI.
8 – Une décision solitaire. Le médecin pourra décider de donner la mort sans procédure collégiale ni contre-pouvoir. DONC SI C’EST Goebbels TOUT EST OK ! BONJOUR LE KARMA.
9 – Un contrôle après la mort. La commission de contrôle ne pourra examiner le dossier qu’après la mort. LES FUTURES PLAINTES DE REVENANTS ??
10 – Aucun de recours possible pour les proches. » JUSTE LE DROIT DE PLEURER TOUTE LEUR VIE.
Point 4 : FAUX !!! Tout comme pour l’IVG, il y a (et c’est normal) une clause de conscience. Texte adopté : « Le professionnel de santé qui ne souhaite pas participer à ces procédures doit, sans délai, informer la personne ou le professionnel le sollicitant de son refus et leur communiquer le nom de professionnels de santé disposés à participer à la mise en œuvre de celles-ci. »
Faux Nestorine, les pharmaciens qui délivrent la substance et les centre EHPAD et autres ne bénéficient pas l’objection de conscience
Il est navrant de voir comment certains font une égalité absurde entre le Droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse, un droit ABSOLU des femmes à maitriser leurs enfantements, et « l’aide à mourir. »
La demande explicite d’en finir avec des souffrances intolérables ou avec une vie qui n’est plus tolérée par un agonisant, Cela reste UNE demande INDIVIDUELLE légitime. Il n’y a pas à légiférer pour interdire ou IMPOSER ce qui reste décision personnelle et PRIVÉE.
Après cette djustice wokiste qui condamne des émotions, des peurs de l’islam pour ne citer que cette ahurissante dérive judiciaire de »l’islamophobie » , les macronistes-LR et leurs alliés LFI vont sans doute exiger que la Peine de mort programmée pour les octogénaires soit inscrite dans la constitution.
Qui va enfin se lever contre ces agités du bocal ?
C’est une loi qui a en germe bien des dérives. Ça me révulse et je sais de quoi je parle.
C’est une manière de rétablir la peine de mort.
certes mais pas pour les » bonnes » personnes…
Je n’aimerais pas être ce soir et les lendemains être un des députés qui ont voté cette loi assassine car comment être sûr que le « volontaire » le sera vraiment et ne sera pas sous influence ?
« Ils » avaient voté pour l’IVG, il n’y avait aucune raison qu »ils » ne votent pas pour le droit à l’aide à mourir. Entre parenthèses, ils ne peuvent pas parler comme tout le monde et dire euthanasie ? Sans doute trop choquant, heureusement l’anesthésie verbale est là pour faire avaler la chose. Quant au communiqué de la CEF ( Conférence des Evêques de France ), sa timidité confine à la veulerie. Nos évêques ont oublié depuis longtemps qui ils sont et au nom de Qui ils sont censés s’exprimer. Ils ont complètement oublié Dieu, n’invoquant que des motifs purement humains. Imaginez un seul instant une grande manif, à l’instigation de nos évêques ( ne sont ils pas les pasteurs du troupeau ? ), ceux-ci crossés et mitrés, en tête du cortège, face au cordon de CRS. Hormis le fait que cela aurait eu une autre gueule que la tasse d’eau tiède de leur communiqué, on est en droit de penser que le résultat eût été plus tangible. La preuve ? VGE a déclaré, bien des années plus tard que si l’Eglise avait bougé, il aurait retiré illico le projet de loi sur l’IVG. Mais autre temps, autres moeurs. La sacro-sainte Laïcité est passée par là, s’immisçant dans tous les domaines, tous les esprits, même ceux de nos évêques.
l’IVG reste un arrêt de vie, quoiqu’on dise, d’un être innocent; après, chacun voit avec sa conscience. L’euthanasie, je suis d’accord avec vous sur le vocable, est un acte réfléchi à plusieurs, dont le sujet lui-même, conscient (sauf cas rare), et sous des conditions strictes.
Bravo à ces 305 députés. Il était temps de rompre avec cet acharnement à faire vivre contre sa volonté. En espérant que celà endiguera les (trop) nombreux suicides de ceux qui n’ont pas d’autre choix que de se jeter sous un train.
Du vrai pipo!
Le problème, avec nos législateurs, c’est qu’ils pondent des lois sans en mesurer les conséquences. Le coin est dans la porte, mais avez vous prévu lune chaîne solide? Considérer l’avortement comme un moyen de contraception ordinaire est devenu courant chez certaines. Je ne crois pas que c’était l’idée de Simone Weil.
Direz-vous la même si on vous force un jour à y passer, parce que croyez-le, c’est ce qu’il adviendra; ce qu’à Dieu ne plaise.
j’ai déjà acté mes volontés sur ce sujet et désigné ma « personne de confiance »
Les deux suicides que j’ai connus personnellement étaient des jeunes de 20 ans, problème de vie ou d’argent, rien à voir avec le population visé par la loi
je ne vous souhaite pas un jour d’en arriver la mais! maintenant je ne comprend pas le médecin qui a fait le serment d’Hippocrate puisse faire une chose pareil. Donc ceux qui pourrait le faire renieront le serment.
On peut donc rétablir la peine de mort
Peut-être le but?
Oui mais pas pour les bon.
Je pense à Line Renaud, fervente partisante de l’euthanasie, a pourtant été sauvée, lors d’un AVC, par son amie Muriel Robin… au prochaine éventuel AVC, faudra t-il la sauver ou non ? Quelles sont les consignes qu’elle a laissé à ses proches ? Incitation, entrave ?
Confronté à la réalité, le moment venu, il n’est pas évident d’accepter l’injection létale , l’instinct de vie étant trop fort
Par contre, tous ces défenseurs de la mort « fraternelle » (avortement, euthanasie) ils sont contre la peine de mort pour les criminels, cherchez l’erreur
Une défibrillation, dans le cas d’un AVC, est un acte possible de conservation de la vie; l’euthanasie, c’st quand on est à bout de ressources médicales, et que la mort est au bout de toutes façons…
La mort est toujours au bout de la vie de toutes façons.. quant à la douleur chacun à un seuil de tolérance qui lui est propre,et dont personne ne peut présumer c’edt pour cela qu’on pose la question aux malades,,sur une echelle de 10 ou situez vous votre douleur..un très proches la situait toujours à 5 ou 6 car il voulait vivre..désespérément et éviter les bolus de morphine mortels en soins palliatifs..et puis il n’y est plus arrivé …dans ce cas avec cette loi quelqu’un aurait pu décider pour lui…au risque d’avoir ça sur la conscience toute sa vie…
..
M’est avis que le vote au Sénat sera beaucoup moins consensuel au regard des âges des membres qui composent cette assemblée. Ecoutant l’émission sur Cnews de ce mardi 27 mai sur ce sujet « l’aide à mourir » je me demandai si avec cette loi désormais à la suite d’un accident de la route avec des blessés graves qui par imprudence auraient été la cause de leur malheur, il ne faudrait pas aussi envisager de les laisser sur le bord de la route ? une forme d’aide à mourir puisqu’ils l’ont bien cherché.
En effet, c’est une exception à la non assistance à personne en danger.
« Le droit à l’aide à mourir, adoptée par 305 voix pour, 199 contre, 57 abstentions. »
Honte aux 305 députés ayant choisi la légalisation d’un crime.
« On ne peut pas ne pas reconnaître qu’il y a là une véritable rupture civilisationnelle. » = hélas tellement vrai.
« Donner les moyens à un patient « éligible » de se suicider » = ce que je reproche aussi à cette loi, c’est =
« 1 – 48H : Le délai qu’il faudra pour confirmer sa demande de mort. Et ce délai pourra être réduit.
2 – 1500€ d’amende et 1 an d’emprisonnement : Les peines que risqueront des soignants ou proches qui tenteraient de dissuader.
3 – La mort provoquée devient un soin intégré dans le code de la santé publique.
4 – La loi ne leur reconnaît aucune clause de conscience pour ceux qui délivrent la substance.
5 – Une simple demande orale suffira, ni demande écrite, ni signature, ni témoin.
6 – L’avis du second médecin pourra être donné à distance et ne sera pas contraignant.
7 – L’injection létale pourra avoir lieu à domicile, à l’hôpital, en EHPAD… et partout ailleurs, sans restriction.
8 – Une décision solitaire. Le médecin pourra décider de donner la mort sans procédure collégiale ni contre-pouvoir.
9 – Un contrôle après la mort. La commission de contrôle ne pourra examiner le dossier qu’après la mort.
10 – Aucun de recours possible pour les proches. »
(Stéphanie Reynaud Journaliste: Le culte de la mort)
en total désaccord
C’est votre droit.
On devrait demander à chaque député qui a voté pour l’euthanasie de faire une piqûre tueuse à un malade, pour voir.
Ne soyez pas si caricatural.
Ce n’est pas caricatural ! Le voter et Le dire est facile, le faire c’est tout autre et ces députés imposent à un autre de le faire.
Je suis d’accord avec Dominique