[ÉDITO] Lecornu taille dans les avantages des anciens ministres. C’est tout ?
Fin août, François Bayrou avait annoncé, dans l’une de ses lunaires vidéos estivales (Il faut sauver le soldat Bayrou, un film produit, mis en scène et joué par François Bayrou lui-même), qu’il avait confié à l’ancien député socialiste René Dosière, grand pourfendeur des dépenses publiques aberrantes, une mission sur le train de vie de l'État, et plus particulièrement sur les éventuels avantages indus dont bénéficieraient les responsables politiques. En gros, on allait créer une commission pour y réfléchir. Un classique. Ça n’a pas suffit à sauver le soldat Bayrou. Alors, c'est vrai, nos anciens Premiers ministres coûtent de plus en plus cher, sous l'effet de ce qu'on appelle, en finances, un « effet ciseau » : réduction de la durée de vie à Matignon et allongement de la vraie vie.
0,001 % du déficit budgétaire...
Sébastien Lecornu, un pied sur une plaque d’égout, l’autre sur une plaque de verglas, n’a donc pas traîné à trancher : les « avantages à vie » des anciens Premiers ministres seront supprimés à compter du 1er janvier 2026. Le décret devrait sortir très vite. L'ancien ministre des Armées s’est même empressé de poster un message sur X. Comme l’a fait remarquer un twittos, visiblement pas très impressionné par cette mesure, « bravo, il te reste les 1.500 agences de l'État, le sénat, la Cour des comptes, France Télévisions, les départements, les conseils généraux, les hauts-commissariats et les commissions où tes potes macronistes sont recasés et on aura un peu avancé... » Économies à la clef : 1,5 million d’euros, dit-on. Sachant que le déficit budgétaire, pour 2025, était initialement prévu à 139 milliards d’euros, faites le calcul : cette mesure représente 0,001 % de ce déficit budgétaire. Pas de quoi faire « Waouh » et de se prendre pour Colbert ou Antoine Pinay. Mais vous me direz qu’un sou est un sou, qu’il n’y a pas de petites économies, que les petits ruisseaux font les grandes rivières, etc. Et puis, c’est symbolique. C’est d’ailleurs surtout symbolique. Mais les symboles, c’est important. C’est même essentiel.
C’est fait : les avantages « à vie » des anciens membres du Gouvernement seront supprimés dès le 1er janvier 2026.
S’il est normal que la République protège les personnes faisant l’objet de menaces, il n’est en revanche pas concevable qu’ils puissent bénéficier d’avantages à vie…
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) September 15, 2025
Cela suffira-t-il à sauver le soldat Lecornu ? On peut en douter. Mais le nouveau locataire à bail précaire de Matignon a besoin d’envoyer des signaux forts à l’opinion pour tenter de montrer que sa promesse de la semaine dernière (que les choses doivent changer « sur le fond » et « sur la forme ») n’est pas une parole de plus en l’air. Il en faudra sans doute plus pour convaincre cette opinion publique, exaspérée par cette valse des Premiers ministres et dont à peine 17 % font confiance au Normand.
Les « avantages, ça se mérite »
Mais revenons à ces « avantages à vie » des anciens Premiers ministres. On sait que les Français ont un sens aigu de l’égalité. Dans le triptyque « Liberté-Égalité-Fraternité », c’est évidemment au deuxième principe que nos compatriotes sont le plus sensibles. Avec comme corollaires la jalousie, l’envie, le ressentiment et toutes ces sortes de choses qui font les joies d’un grand peuple. Et, en même temps, les Français sont profondément monarchistes. La monarchie républicaine instaurée par le général de Gaulle leur allait très bien. La restauration de l’autorité de l’État passa par le retour d’un certain décorum autour de la fonction présidentielle (« L'autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l'éloignement », écrivait le grand Charles, dans ses Mémoires). Mais, à part les communistes et les caricaturistes, à l’époque, les Français ne reprochaient pas à de Gaulle de recevoir en grande pompe à Versailles ses hôtes étrangers et de se faire escorter par une nuée de motocyclistes. Et lorsqu’il quitta le pouvoir, il refusa de percevoir sa pension d’ancien Président. À sa mort, pour que Mme de Gaulle, veuve de celui qui « avait bien mérité de la patrie », selon un vote de l’Assemblée en 1946, puisse garder un train de vie convenable, il fallut que le Président Pompidou et son Premier ministre Chaban-Delmas prennent les affaires en main et décident de lui faire attribuer d’office une pension de réversion de général de brigade et de conseiller d’État*. Qui, à l’époque, aurait contesté cette décision ?
Aujourd’hui, les Français sont-ils d’accord pour maintenir des « avantages » à des Premiers ministres saisonniers, jouant aux adolescents attardés en poussant la chansonnette avec leur ancienne petite copine ? On peut en douter sérieusement. Pas d’autorité, pas de prestige et, donc, pas de privilèges.
Au fait, maintenant que Lecornu s’est attaqué avec courage, célérité et un esprit de décision forçant le respect aux avantages des anciens Premiers ministres (bon, c’est pas non plus la nuit du 4 août !), quand va-t-il s’intéresser sérieusement aux avantages dont bénéficient les étrangers qui n’ont rien à faire chez nous, car en situation irrégulière, et qui bénéficient de cette fameuse AME ? Une question qui n'est pas à 1,5 million d'euros.
* In De Gaulle, mon père, tome 2 de Philippe de Gaulle - entretien avec Michel Tauriac (page 515, Éditions Plon)
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110 commentaires
Censure immédiate!
La politique a quatre points cardinaux Christophe Guilluy
«Il y a quatre points cardinaux de la demande politique majoritaire.
Les points de droite, c’est la sécurité et la régulation des flux migratoires. Les points de gauche, c’est du travail, et le maintien des services publics par un État providence fort.
Tous les individus, dans les milieux populaires, sont attachés à ces quatre points. Il n’y a que les catégories supérieures qui ne le comprennent pas. Un microcosme dans lequel, malheureusement, il faut bien le dire, il y a aussi les journalistes, très enfermés dans ces schémas droite et gauche, et aussi les universitaires, les intellectuels.»
Avec la cuvée Lecornu tout le monde devine que nous aurons droit à un grand millésime du nouveau Château Macron : il pétille, il a du bagout, du démago, de l’original et un léger goût de perlimpinpin qui dénote une admirable continuité dans le changement !
Le Nouveau Monde, nous y sommes toujours, bien englués !
Et les milliers d’associations ou fondations relevant, en principe, du bénévolat et dont les subventions n’ont pas lieu d’être.
Exemple : la fondation de hollande dont il est le patron et seul membre et surtout qu’il a fait reconnaître d’utilité publique un mois avant son départ. Subvention : 8 millions/an.
Voyons, lisons bien entre les lignes ou petites phrases en fin de textes, soit pour les ministres encore en fonctions ou pour les ministres nommés au premier Janvier, il y a une différence, lui a cette date il y a des chances qu’il ne sera plus là.
Bien que les petits ruisseaux font les rivières avec ces mesures çà n’atteindra pas la mer, ces économies seront efficaces que si toutes soient mis sur la table même celles qui concernent celles en vue de l’étranger en premier celles de l’Algérie ou des anciens pays qui nous ont quittés.
rigolade quand on songe au coût des comités Théodule et autres gabegies « républicaines ».
Les anciens présidents sont responsables de la chute du Pays : au pain sec et à l’eau!
Idem les généraux responsables du déclin de nos armées : je les payais pour défendre la France, pas jouer les courtisans de nos présidents/rois. Pire ils ont fait fabriquer nos fusils d’assaut en Allemagne, leurs munitions hors de France; du jamais vu depuis 1717!
Tous ces « gens » ont activé le déclin de mon Pays : ils doivent passer à la caisse!
Mesure pas inutile mais complètement démagogique. Quid aussi de l’aide publique au développement qui consiste à déverser en moyenne une dizaine de milliards d’euros à des pays qui nous concurrencent déloyalement (la Chine il y a quelques années), nous crachent dessus (l’Afrique dans sa globalité) ou pour propager une iďéologie (aider à la gaypride en Afrique du Sud) qui contribue au rejet de l’Occident.
Oyez, Oyez bonnes gens on distribue vos impôts à des peuples qui ne rêvent que donne chose : nous anéantir.
Le pire dans les AFD, c’est que la France n’a pas l’argent pour effectuer cette aide et qu’elle est obligée de l’emprunter ! C’est aberrant ! On emprunte de l’argent pour l’offrir à nos ennemis !
Il est adepte de la stratégie des petites victoires , une méthode de management en vigueur il y a 40 ans déjà , alors qui de la droite ou des gueux osera lancer une pétition nationale pour mettre la caste politique au pied du mur , je suis prêt à la voter .
Une goutte d’eau dans l’océan des dépenses pour donner du grain à moudre au petit peuple, mais ce n’est pas ça qui va le nourrir. Les vrais pistes d’économies sont encore à explorer. Nous on les connais, lui pas encore.
Risible
A quand la réduction du train de vie de l’état, la chasse aux fraudes diverses, la réduction de l’immigration et toutes ses conséquences qu’on n’a pas les moyens d’assumer. Toujours la même chose, bla bla…
Que ceux qui ont servi le pays soient récompensés me convient, mais que Gras-du-Bide, la poupée Attal, Vals le multinational, la Maire de Paris et tant d’autres qui appuient sur nos têtes de noyés économiques soient admis automatiquement aux agapes républicaines parait insupportable à l’électeur .
Par le bien qu’il veut faire, Lecornu commence mal. Il ferme les yeux des Français en supprimant les avantages à vie d’élus protégés, mais quand ils les ouvrent ils voient seulement quelques queues de cerises gagnées. Cette tisane les prend pour des imbéciles. Un mépris de plus. Décidément, Macron-Lecornu, même démocratie traitée à l’eau de rose. Non, M. Lecornu, il n’y a que la franchise qui paie, une seule recette : faites suer les dépenses publiques inutiles et redondantes ; cessez de caser vos amis dans des niches intouchables ; mettez le mammouth à la diète. Et si vous êtes écouté du président, conseillez-lui de prendre des vacances sans retour. La santé des Français l’exige.
C’est bien mais ce n’est pas tout la liste est encore longue il a encore beaucoup à faire
Ne doutons pas un instant que ce privilège rogné sera, dans les faits, remplacé par un autre, plus discret, mais toujours financé, d’une manière ou d’une autre, par ces Français responsables de la situation catastrophique du pays.
JdesSaules, c’est exactement ce que j’ai supposé.
L’affaire est grave .Tous les chauffeurs(au fait, y a-t-il des chauffeuses ?) de ces messieurs-dames vont aller s’inscrire à l’ex pôle- emploi (France -travail ,c’est ça ?) et les voitures se retrouver à la fourrière ou à la casse.
Voitures revendues par les domaines plutôt .