[L’ÉTÉ BV] Ce crime impuni, contre l’honneur paysan
Cet article a été publié le 18/11/2024.
Le bon sens paysan n’est pas mort, il revient en force. Sur son tracteur, un agriculteur a écrit en toutes lettres : « N’importons pas ce qu’on interdit en France. » Un autre a accroché, à l’avant, un mot similaire : « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas. » Un autre revendique simplement : « Agriculteur, je veux vivre de mon métier. » Mention spéciale pour cette adresse aux mondialistes fanatiques : « De leur rêve, on en crève. »
Ils sont le visage de la France, les héritiers de ceux qui travaillent nos terres depuis des siècles, les vigies du « labourage » et du « pâturage » que chérissait le grand Sully, plus lucide que nos gouvernants. Pour un fils d’agriculteur-éleveur, comme celui qui signe ces lignes, l’étranglement de cette profession d’hommes libres a un sens particulier. Car ces derniers incarnent la France du « non », la France qui résiste aux aberrations des réglementations imposées par l’Europe, aux traités signés par l’UE dans lesquels l’agriculture – l’élevage, en particulier - joue systématiquement la variable d’ajustement, du non aux quotas imposés par les fonctionnaires européens, aux importations massives qu’ils permettent.
Le monde du textile, puis celui de l’acier, puis désormais celui de l’automobile, entre autres, ont cédé sous les coups de boutoir de la mondialisation forcée. Les paysans, eux, tiennent tête. Ils font la course contre un univers entier affamé de parts de marché en France, mais quand leurs concurrents courent en short, les nôtres participent au 100 mètres… en bottes de ferme ! Des bottes emplies des lourdes tracasseries que produit à jets continus notre administration dans une concurrence morbide et sans fin avec l’administration européenne : main-d’œuvre, normes, taxes, faux frais, coûts des intrants - tout est plus cher qu’ailleurs. Résultat : sur les étals, les Français boudent les produits de leur terroir pour préférer ceux qui viennent d’autres pays - question de pouvoir d'achat. Comment les blâmer ?
Du deuxième au sixième rang
Cet univers agricole paralysé, ce monde dur au mal et amoureux de son indépendance, on le maintient artificiellement, on le subventionne, contre son gré. « Les subventions d’exploitation versées en 2021 représentent en moyenne 38 % de l’EBE (excédent brut d’exploitation) pour les bénéficiaires, explique benoîtement l’INSEE. Sans subvention, 18 % des exploitations auraient un EBE négatif. »
Pas un paysan ne se satisfait de ce système : tous demandent des prix honnêtes, à la hauteur de la qualité fournie. Le résultat des technocrates mondialistes et européistes qui « pensent » l’agriculture est brillant. Alors que la Suisse entretient une agriculture plutôt prospère, la France tombe. En l’an 2000, l’Hexagone était encore au deuxième rang des pays exportateurs de produits agricoles dans le monde, avec près de 8 % de parts de marché. Le pays de Sully n’est plus qu’au sixième rang, en 2023, avec 4,5 % de parts de marché. Selon les douanes françaises, « le solde agricole reste excédentaire, mais à un niveau près de quatre fois moindre qu'en 2022 (1,2 milliard d'euros, contre 4,8 milliards en 2022) ».
L’agriculture meurt parce que ceux qui nous gouvernent au sommet de l’État et au sommet de l’Europe la considèrent comme une branche négligeable de l’économie. L’agriculture, combien d’emplois ? Sauf que l’agriculture, c’est plus de la moitié de la superficie de la France (28 millions d’hectares sur 55 millions), c'est la survie de villes et de villages, l’emploi de dizaines de professions connexes (maçons, couvreurs, vendeurs d’aliments, de matériel agricole, etc.) et, accessoirement, un enjeu évident et majeur de souveraineté. Il faut donc poser la question. Qui a acculé nos agriculteurs à se battre pour leur survie financière ? Qui a fait de la ferme France, enviée comme l’étaient nos centrales nucléaires, ce radeau de la Méduse étranglé par une mondialisation qui fera la peau du dernier des paysans français ?
« Le sentiment du patrimoine »
Les politiques doivent prendre leur part, notamment ceux qui, soigneusement installés dans les bureaux chauffés de la Commission européenne, à l’abri de salaires confortables, ont transformé un métier de liberté farouche en cet enfer administratif, chargé de misère financière et morale. Au passage, ces technocrates étouffent l’âme de la France, car le paysan n'est pas un travailleur interchangeable comme les autres.
« Cette idée d’un bien à sauver et à transmettre est à la base du code d’honneur paysan, écrivait le philosophe paysan Gustave Thibon, dans Paysages du Vivarais. Elle s’oppose à toutes les tentations de l’individualisme : l’homme, anneau dans une chaîne, sent obscurément qu’il doit résister jusqu’au bout pour que la chaîne ne se brise pas. C’est cet instinct de continuité qui courbe jusqu’à la mort le vieux paysan sur la terre et lui inspire cette horreur quasi physique de tomber à la charge de ses enfants ou de ses proches. Et c’est de lui que procède aussi ce savoir-vivre dont la délicatesse et la profondeur débordent à l’infini le savoir-faire. Tout dans la conduite de l’existence, depuis le menu quotidien jusqu’au choix d’une épouse, est dominé par ce sentiment du patrimoine qui, comme le flambeau ambulant des coureurs antiques, lie l’individu à son rang et le transporte au-delà de lui-même. » Mais l'honneur paysan, sa délicatesse, sa profondeur, ce sentiment du patrimoine, tout cela a dû échapper à Emmanuel Macron, Pascal Canfin et Ursula von der Leyen.
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74 commentaires
Bien sûr que l’élite mondialiste veut la destruction du tissu économique de la France. Elle le montre clairement tous les jours.
Pourquoi ? Pour tout racheter et tout financiariser. Ainsi, plus besoin de compétence locale, il suffira d’avoir une main-d’oeuvre sous-payée (étrangère, par exemple) qui obéira à une « direction » nationale qu’elle ne verra jamais.
C’est bien l’objectif de la machine infernale « union européenne ». A ce titre, elle est clairement d’extrême droite (= favoriser une aristocratie au détriment du peuple).
J’espère qu’il n’y a plus 1 seul paysan français qui voterait pour un parti ne prônant pas la sortie immédiate de l’union européenne, le frexit, sinon ce serait à désespérer !
La paysannerie EST le bon sens de l’homme. Voici pour quoi il faut ruiner l’Agriculture française.
L’ automobile et l’ acier justifiaient la main d’ oeuvre immigrée ,il faut la stopper et qu’ allons -nous faire de ceux qui sont là et dont les rejetons ne veulent ni aller à l’ école ni travailler ?
S’ils refusent l’E.N du XXI°S., c’est déjà un bon point : ils sont peut-être récupérables .
Il est évident que les Eurocrates qui nous gouvernent sont à des années lumières de » l’honneur paysan, sa délicatesse, sa profondeur, ce sentiment du patrimoine « …. Que comprennent ils de ce qui animent ces héritiers de la terre qui travaillent sans relâche pour nourrir ?
Ces Eurocrates vivent sur une autre planète….. Celle qui tourne en électron libre pour produire des règles et des normes mortifères pour les nations. Autant d’acharnement à détruire ce qu’ils sont incapables de produire est révoltant et scandaleux.
Autant d’indignité et de mépris pour ce qui fait la grandeur d’un pays est condamnable. » Labourage et Pâturages » …. Sully n’a pas pris une ride, il avait tout compris…. Si seulement le passé pouvait éclairer l’avenir …..!
le problème est qu’on est passé depuis de la bougie au led et aux UV
et avec l’éclairage UV, on ne met en évidence que les défauts…pour les rectifier….en obliant l’oeuvre en général !…ils ne veulent donc voir qu’un « éclairage » ! et le problème est que, nous, on veut voir un ensemble…
Paysan vient de PAYS, nos racines et c’est tout et le bon sens n’est plus à prouver !!!
Mon papi était de famille paysanne , qu’il était logique pour tout, et il m’a tant appris, et je ne l’en remercierai jamais assez !!!
Il avait un super jardin potager dont il était fier, le dimanche je venais le voir, et il me montrait tout ce qu’il avait fait poussé et je repartais avec des trésors
Il avait des tomates pour mettre en salade et les tomates pour être farcies, un vrai bonheur
Quand ma grand mère faisait un pot au feu, à part le rutabaga elle n’avait que la viande à acheter
Nous avons tout à apprendre de nos anciens, hélas il est « parti » il y a 23 ans et pas un jour sans que je ne pense à lui et à ses paroles, à ce qu’il m’a appris
Le bon sens se perd et je pense qu’il pesterait et pas qu’un peu en voyant notre monde
Lui le Breton des « terres » mais qui aimait encore plus la mer, lui qui m’a appris à nager, qui m’avait fait une treille pour pêcher la crevette aussi, il me manque tant
Ajoutons à ces forfaits les accords signés avec l’Ukraine et portant sur l’exportation vers l’UE de céréales et poulets hors droits de douane . Juste la bonne recette pour que s’effondre les prix du marché européen.
Comment peut on oublier , sinon par la bêtise crasse, que ce sont nos agriculteurs qui nous font vivre ?Comment oublier que jusqu’en 2015 ( je crois) l’Agriculture française était exportatrice nette ?Comment tirer un trait sur ces produits français qui permettent à nos grands cuisiniers de faire l’une des meilleures cuisines du Monde.
Le premier responsable n’est-il pas Macron qui s’oppose un peu tardivement et du bout des lèvres au Mercosur , sans pour autant s’opposer à l’accord signé avec les pays d’Afrique du Sud pour l’importation de produits agricoles.
Le gouvernement tristement inféodé à l’UE , lamentablement asservi aux ordres de UVDL ne cherche -t-il pas dans une démarche assassine de mondialisation à réduire l’Agriculture française , une partie de notre patrimoine en somme, à néant.
On ne peut qu’être atterré pas tant de médiocrité et d’inintelligence.
absolument….mais macron, lui, il va justement chez ces grands chefs ….et à l’élysée on se fait livrer les meilleurs produits maraichers….même s’ils viennent du plus loin de la France profonde….et avec vos impots….
Novembre 2024… et depuis?.. RIEN ! Va falloir faire « plus fort » la prochaine fois les gars.
Nous l’avons déjà souligné, nous sommes dirigés par des prétentieux. Le seul moyen de les corriger, c’est de leur mettre le nez dans la bouse.
Dans le privé, on ne confie pas une fonction à haute responsabilité à un jeune ingénieur tout fraichement sorti de ses écoles. Au préalable, il suit tout un circuit d’initiation aux réalités du terrain : production, maintenance, logistique, approvisionnements, gestion du personnel, gestion économique. Ce qui permet d’apprécier ses aptitudes et pour lui de se découvrir. A noter, les Sciences Po souffrent énormément dans cette filière sélective.
Nos politiques devraient s’inspirer de cette méthode, une mise à l’épreuve avant de tout déconstruire. Si nous prenons l’exemple de l’agriculture, on devrait créer une ferme expérimentale par laquelle devrait passer tout futur ministre de l’agriculture. Pendant un an , on lui confie la gestion de la ferme, naturellement à la suite d’une préparation accompagnée. Bilan à la prise en main. Bilan à la restitution. Ce principe serait applicable à tous les ministres en contact avec l’économie : une ferme, un atelier, une clinique, un transporteur, etc. Nous aurions des ministres qui sauraient de quoi ils parlent.
Si notre Assemblée est hors sol, notamment chez LFI, c’est qu’elle n’a aucune conscience des préoccupations fondamentales des français, des producteurs aux soignants. Pour l’essentiel, ses représentants ne sont que des ronds de cuir, non qualifiés, qui vivent dans leur petit monde étroit, plus préoccupés de leur égo que par la vitalité de la France, Macron en tête.
Le kilo de tomates à 8€ dans une grande surface, que macron connait bien d’ailleurs, il vient de nommer l’épouse du PDG de cette enseigne à un poste de magistrature. Combien le producteur est-il payé par kilo, combien d’intermédiaires qui se goifrent, combien de taxes et impôts ?
En plus elles n’ont aucun gout à part de flotte !!!
N’oublions pas Layani un algérien à la tête du marché de Rungis et dont l’épouse et Pdte de l’autorité des marchés financiers.
Oui (éleveur moi-même), les agriculteurs sont des hommes libres. Mais qui ont malheureusement souvent cédé aux sirènes industrielles et mondialistes. Edgar Pisani, trop tard, a regretté d’avoir imposé le remembrement, promu l’agriculture industrielle (on dit « conventionnelle » pour ne pas choquer) et détruit une civilisation paysanne. Trop d’agriculteurs ont suivi ce chemin, et l’orientation politique, européenne en particulier, va dans ce sens: fermes de 1000 vaches, mondialisation, destruction de sols, pollution des nappes, etc.
Mais ces agriculteurs sont souvent contraints, voire prisonniers de leur banque, de leur coopérative, de l’administration. il reste le feu sous la cendre, et si une bonne politique leur permettrait de vivre décemment, c’est-à-dire autrement que de subventions et en « coopérant avec la nature », en respectant sols et animaux, elle aurait, je pense, immédiatement beaucoup de succès (sans compter les succès financiers ultérieurs grâce à la réduction des effets cachés, pollutions et santé publique).