[ÉDITO] Au secours, Larcher remet ça avec le coup de « la droite et du centre » !

L'union des droites est une illusion, pour Gérard Larcher.
Capture d'écran
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Invité du Grand Jury RTL- Public Sénat- Le Figaro - M6, ce dimanche 19 octobre, le LR Gérard Larcher a ressorti de la naphtaline la fameuse union de « la droite et du centre ». Un truc vieux « comme mes robes ». Le presque inamovible président du Sénat a en effet estimé que « "l’union des droites" est une illusion : l’alliance de la droite et du centre est la seule en mesure de porter des mesures sérieuses pour répondre aux attentes des Français et redresser le pays ».

De quoi désespérer « Billancourt » !

L’homme voudrait désespérer le « peuple de droite » qu'il ne s’y prendrait pas autrement. En effet, le phénomène est « largement documenté », comme on dit : les électeurs de droite sont majoritairement favorables à une union à droite toute, preuve en est ce sondage IFOP pour Le Figaro, évoqué la semaine dernière ici même par Yves-Marie Sévillia. Preuve en est la réponse à la question que nous avons posée à nos lecteurs, samedi soir, (vous pouvez encore y répondre). À la question « Croyez-vous à l’union des droites ? », 49,94 % ont répondu « Oui », 46,70 % « Non » et 3,35 % ne se prononcent pas. Ce n’est pas un raz-de-marée de « Oui », mais il est probable que si BV avait posé la question « Souhaitez-vous l’union des droites ? », une immense majorité aurait répondu par l’affirmative. Il est vrai que les réticences, pour ne pas dire les fins de non-recevoir, des états-majors à cet appel de la base a de quoi désespérer (on ne dira pas « Billancourt » !). D’où, très certainement, cette réponse « moite-moite ». Et la déclaration dominicale du très révérend Larcher, chanoine honoraire de l’union de la droite et du centre, n’arrange pas l’affaire. Quoique.

Juste une illusion ?

Quoique, parce que, à un moment donné, il faudra bien passer à la caisse, c’est-à-dire aux urnes. Si l’union des droites est une illusion, comme l’affirme le sénateur des Yvelines – « Just an Illusion », pour reprendre le titre d'un tube au temps où Larcher ne pesait pas son poids de lieux communs -, l’union de la droite et du centre en est une autre. Et les électeurs de droite l’ont bien compris et le comprennent de plus en plus, de mieux en mieux. Car, au fond, où nous a conduit ce bel attelage ? On vous refait le film depuis trente ans ? Pas ce soir, il se fait tard. Un attelage qui n’a pas spécialement répondu aux attentes des Français (toujours pour reprendre les mots de Larcher). Des exemples ? Un ou deux, comme ça, pour faire vite et aller à l’essentiel : l’immigration hors de contrôle (nous n’aurons pas l’indélicatesse de rappeler le bilan de Nicolas Sarkozy dans ce domaine) et, évidemment, l’insécurité « du quotidien ». Gérard Larcher a-t-il lu la tribune de ses collègues et amis sénateurs LR – 86 sénateurs, excusez du peu -, publiée dans ces colonnes ? S’il ne l’a pas fait, il devrait. Il y a peut-être des choses essentielles à défendre, dans ce pays. Des choses qui vont bien au-delà des « valeurs de la République » qu'on a peine, d'ailleurs, à définir. Des choses qui peuvent largement rassembler à droite toute.

Dilution des LR dans le macronisme

Quoique. Parce que même dans les alcôves des hiérarques de la maison LR, la poutre bouge, comme dirait Édouard Philippe. Marc Baudriller évoquait, la semaine dernière, le cas de François-Xavier Bellamy votant la motion de censure contre Ursula von der Leyen déposée par Jordan Bardella. On pourrait parler aussi de David Lisnard qui, toujours la semaine dernière, a rué dans les brancards, alors que les députés de Wauquiez, à quelques rares exceptions, n’ont pas voté la censure de Lecornu et que se profile à l’horizon immédiat un budget que Marine Le Pen qualifie de socialiste. Ou encore de ce qui se passe sur le terrain, en province. Que pense Larcher, par exemple, du cas du conseil départemental des Alpes-Maritimes, présidé par un LR avec une vice-présidente UDR, par ailleurs députée et donc alliée au RN ?

Au sujet du budget, justement, Larcher a eu ces paroles magiques, à propos de la question des LR qui ont accepté de rester ou d’entrer au gouvernement : « Si, dans deux mois, la politique budgétaire ne s'inscrit pas dans l'essentiel de nos valeurs, alors se posera pour eux la question : quitter le gouvernement ou ne plus appartenir à notre mouvement. » Ou l’art de contourner le problème, de gagner du temps et, en prime, de prendre les gens pour des imbéciles : comme si le PLF et le PLFSS déposés par ce gouvernement sur le bureau de l’Assemblée nationale n’étaient pas connus dans leurs grandes lignes ! « Une boucherie fiscale », selon le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Pour revenir à cette fantastique union de la droite et du centre, elle connaît aujourd'hui ses derniers soubresauts, au soulagement de beaucoup de Français qui veulent autre chose. D’ailleurs, ça ne s’appelle pas « l’union de la droite et du centre », expression, il est vrai, quelque peu ringardisée, mais « la dilution des LR dans le macronisme » (et demain, dans le post-macronisme). Just a Disillusion!

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

109 commentaires

  1. Je rejoins ‘MmmH’. Cet homme n’a aucun poids du moins sur le destin de la France et je pèse mes mots. Quand il s’exprime, c’est du lourd selon l’expression bien connue. Il est pourtant le premier à approuver la disette imposée aux Français par le Gouvernement « Bis Lecornu », ne se sentant pas lui-même concerné. C’est dire!

  2. IL est fort dommage de constater l’étroitesse d’esprit de ces pantins désarticulés qui nous gouvernent . Il est vrai qu’avec près de 15 mille euros par mois plus voiture , plus chauffeur plus logement de fonction sur les jardins du Luxembourg , hôtel particulier s’il vous plait , vous n’avez guère envie de prendre le risque de devoir changer ce qui fait votre vie .
    M. Larcher veut continuer à arrondir … ses fins de moi (s).

  3. Désespérer qui ?
    Larcher n’a pas besoin de le dire. Retailleau et Wauquiez l’ont FAIT. En 2024, ils ont remonté lé Front républicain. Depuis il y a toujours eu des ministres LR, désobéissants comme Dati, ou officiels comme Retailleau.
    On ne peut pas nier le parti qui existe, et inventer un LR magique d’union des droites.

  4. On se demande si certains républicains ne vivent pas sur une rente mémorielle usurpée. Forts d’un général glorieux, ils ne sont que gaullistes sur le papier, centristes de confort, bobos macronistes d’arrière-garde, intendants de cantine. Tout cela est très triste. Leur avenir est plus qu’improbable. Ils courent à « l’étrange défaite ». Pas si étrange d’ailleurs. Le tropisme de la gamelle, en politique, sonne l’heure des casseroles. Gérard Larcher, qu’on a connu vaillant, s’est tassé sur son siège moelleux, cousu de haut cuir, aux deniers d’or. Le sénateur fait le pas d’en même temps du tango immobile. Après avoir abandonné ses vaches, il abandonne ses ambitions. Pourquoi partir en guerre quand on est si bien au coin du feu, illustrant un néo-gaulliste popote très accomodant. Quelle force il faudrait à Retailleau pour mettre de l’ordre dans son écurie : sanctionner ses amis qui n’ont pas voté la censure, et surtout se défaire de compagnons qui se sont compromis dans le mirifique macronisme, maintenant réduit à quia. La soupe a été plus forte que le fumet de la grandeur d’âme de la Cinquième République qui avait galvanisé le pays. Qui l’eût cru ? des compagnons égarés, divisés, déroutés, vendus, achetés ou donnés (quasiment des socialistes !) devenus la force supplétive du RN. Ces « résistants » se sont rendus ! A moins de se reprendre (mais par quel miracle ?) ils accompagnent la marche décadante d’une France devenue la risée du monde.  » A la fin, il faudra que le coeur se brise ou se bronze ». Nous vivons cette fin qui s’étire.

  5. Le RPR « centriste » devenu LR , est un « concept » électoraliste chiraquien. Pour ratisser plus large, vers le PS qui a toujours eu la politique du « portefeuille » opportuniste, Chirac avait engagé son parti vers la gauche du centre droit imaginaire.
    Ni à droite ni à gauche, mais ailleurs, à l’écart des préoccupation Citoyennes, telle a été pendant 30 ans, la dérive mondialiste des LR. Larcher a bien profité de ce recentrage sur Bruxelles.
    Bouffi du bien manger de la cuisine du Sénat, il s’accroche à sa table d’hôte, c’est humain, même si ce n’est pas très « citoyen ».
    Larcher finira par être balayé par le courant de l’Union Nationale. ET sa trahison de la France, toute en « rondeurs », sera sanctionnée plus tôt qu’il ne l’imagine.

  6. Au moins c’est clair ! les LR sont plus proches du macronisme que de la droite
    ils vont s’y dissoudre
    d’ailleurs c’est bien, aussi, ce que retailleau avait dit « se rapprocher du centre »
    les LR et larcher…ont le même âge……vintage…..

  7. Un spécialiste du barrage anti-RN ; et au fond il ne sait faire que ça. Donc, pour avoir in fine fait le jeu de la gauche et de la macronie, un responsable du délitement du Pays. Un homme qui, sans en avoir l’air, aura fait beaucoup de dégâts. Un LR pur jus.

  8. Il a tort de se monter et de parler. Chef de tous ces sénateurs qui refusent de se priver de tous leurs privilèges, hors toute raison.

  9.  » mesures sérieuses pour redresser le pays  » Larcher n’a aucun honneur et aucune pudeur. Bientôt il faudra confier les clés des prisons aux délinquants et leur confier la prise de mesures sérieuses  » dans l’intérêt des Français « 

  10. Larcher s’est toute sa vie prélassé au Sénat et n’a jamais fait un chômeur de moins dans le pays. Son avis ne compte pas.

    • Je préfère ne pas taper sur Larcher. Le personnage a une expérience considérable – en fait c’est un sage s’il en est qui ne raconte pas n’importe quoi sur Tweeter (ou autre) dès que le chat de la voisine a fait une fugue. Au demeurant il est le 2° personnage de l’Etat et Président intérimaire en cas d’empêchement du premier. Le réduire à qq’un qui aime la bonne bouffe c’est quand même un peu léger. Son côté 3° République peut-être ? .

  11. Le macronisme c’est avoir le cul entre 2 chaises .
    Une fesse a gauche et l’autre a droite …
    Le centre c’est l’immobilisme

    • Non, il représente simplement LR donc il transmet la pensée LR un parti qui n’a pas vraiment de conviction pourvu que chacun garde son poste ou ses prérogatives, en fait il n’y a très peu de différence avec le MODEM à l’exception que Bayrou est un maitre dans l’art de changer de cap en fonction des intérêts dont il pourrait profiter.

  12. Larcher, à mettre au grenier avec son fauteuil. Il n’a d’ailleurs plus de cordes à son arc.

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