D’accord pour être condamné à des travaux d’intérêt général ? Euh, non merci…

« En France, on est sûrement le seul pays au monde où un condamné peut refuser une peine. »
Capture écran Légifrance
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Au micro d'Europe 1, le journaliste de Valeurs actuelles Sébastien Lignier fait part de sa stupeur après avoir découvert que la législation permettait à un prévenu de refuser une condamnation à des travaux d'intérêt général.

 

En apprenant cette disposition peu connue du public, les bras lui en sont tombés. Invité à commenter les interpellations qui suivirent l'après-match du PSG, le chef du service politique de Valeurs actuelles fait part de sa sidération aux auditeurs d'Europe 1 : « J'ai appris, cette semaine, que les travaux d'intérêt général pouvaient être refusés. » Conformément à la législation en vigueur, le juge doit poser la question. Fromage ou dessert ? Le client pourra voir sa peine commuée en stage de citoyenneté ou toute autre fadaise imaginée par le marmiton républicain. À un labeur dans un quelconque jardin public, le casseur pourra préférer la douceur d'une somnolence sur une chaise citoyenne. Sieste ou travail ? Sur la carte disposée à l'entrée du tribunal, l'interpellé cité par Sébastien Lignier a opté pour la formule « aux petits oignons ». Les 140 heures d'intérêt général qui étaient requises furent refusées au profit d'une pochette-surprise d'où ne pourrait sortir que des sanctions moins contraignantes. Initiation à la Marseillaise, coloriage d'une carte de France et autres activités propres à remettre le sujet sur le droit chemin. Celui qui le ramènera en ce salon de thé judiciaire.

« Est-ce que vous êtes d'accord ? »

« Est-ce que vous êtes d'accord pour effectuer ces travaux ? » Le journaliste rapporte la question telle qu'elle fut posée au jeune homme. Si un stage de citoyenneté lui échoit, la loi prévoit une somme de 210 euros à régler avant d'entonner les premières notes de l'hymne national. Plutôt s'endetter que travailler. Le législateur a prévu de ménager l'objecteur de conscience. La République ne peut bafouer le droit à tenir les murs dans les halls d'immeuble. Avant de tirer le mortier sur la voiture de police, il se peut qu'il ait été demandé au conducteur s'il était d'accord. Autant de raisons de permettre au prévenu de dédaigner une participation à la vie active.

L'invité d'Europe 1 résume la mascarade par ce constat : « En France, on est sûrement le seul pays au monde où un condamné peut refuser une peine. » Numéro 1 sur le terrain du laxisme. Première à toucher le fond. Qui a dit que la France était à la traîne ?

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

50 commentaires

  1. J’ai coordonné, à l’été 1993, un petit groupe de racailles en devenir, condamnés à effectuer des TIG au profit de la municipalité : c’était le club med !

  2. À lire, ou à relire : Le Dormeur du Val.
    Tout était écrit il y a 155 années, par un gamin qui n’avait pas encore 16 ans.
    Tout ce temps perdu….

  3. Faire travailler des cailleras de banlieue ! vous n’y pensez pas! Une telle cruauté dépasse l’entendement!

  4. L e juge doit demander à une personen qu’il veut condamner à un T.I.?G s’il accepte. Npon ps pour lui complaire mais pour une raison de légalité : le travail forcé, comme les trav auix forcés sont interdits en France depuis un peu plus de 80 ans; Par conséquent, si vous voulez condamner un individu à un travail, quel qu’il soit, il faut qu’il soit d’accord. C’est la seule raison pour laquelle cette question doit être posée et est posée. Il n’y a là nul avachissement de la justice, mais simplement le respect de la loi qui interdit, même en prison, le travail forcé !!!

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