[CINÉMA] Teresa, lamentable « déconstruction » d’une sainte

Ce qui frappe, c'est l'obsession à montrer à tout prix une version la plus noire possible de Mère Teresa.
© Entre Chien et Loup
© Entre Chien et Loup

Béatifiée en 2003 par Jean-Paul II, puis canonisée en 2016 par le pape François, Mère Teresa n’en finit pas de faire parler d’elle, au cinéma. On pense au film Mère Teresa, de Fabrizio Costa, en 2003, à Lettres de Mère Teresa, de William Riead, en 2014, ou au plus récent Mère Teresa et moi, de Kamal Musale, en 2022.

Réalisé par Teona Strugar Mitevska, Teresa, actuellement en salles, vient s’ajouter à cette liste de films qui avaient déjà largement épuisé le sujet, et souvent – disons-le – de façon plus sérieuse.

L’intrigue se déroule en 1948, en Inde, un an après la partition du pays et le retrait définitif des troupes britanniques.

Agée de trente-huit ans seulement, et mère supérieure à l’Institut de la Bienheureuse Vierge Marie (les Sœurs de Lorette) à Calcutta, Mère Teresa attend impatiemment la réponse du pape l’autorisant à fonder sa propre congrégation : l’ordre des Missionnaires de la Charité. Lequel officiera, au moment de sa mort, en 1997, dans cent vingt-trois pays, pour un total de 610 missions.

Le film de Mitevska nous raconte, sur le mode du compte à rebours – curieux choix narratif –, les sept derniers jours d’attente de Mère Teresa avant de recevoir la décision papale. Période durant laquelle la mère supérieure s’aperçoit que sœur Agnieszka, qu’elle comptait désigner pour lui succéder, a fauté. Cette dernière lui avoue, en effet, être enceinte et souhaiter avorter. S’ensuivent, bien évidemment, d’importants dilemmes moraux pour les deux femmes, remettant en question leurs convictions religieuses, leurs engagements passés et leurs ambitions futures…

« Démythifier le personnage »

Ce qui frappe à première vue, avec Teresa, c’est cette volonté ostensible de montrer à tout prix une version plus noire du personnage, dépeint comme rugueux, carriériste, parfois insensible au malheur de l’autre, voire envieux. Comme si ces « nuances » allaient forcément de pair avec le réalisme ou la vérité. En somme, l’idée (illusoire) du film serait de gratter le vernis et de « déconstruire » à son tour (démolir ?) cette figure incontournable du catholicisme.

Le spectateur alerte comprend dès les premières minutes, lorsque Teresa tient ouvertement à l’écran d’improbables discours féministes et anti-patriarcaux, les intentions militantes et modernistes du film. « C'était avant tout une femme dans un monde d'hommes », lâche sans détour, en interview, Noomi Rapace, l’actrice principale… « Nous voulions démythifier le personnage », confesse, quant à elle, la cinéaste, qui ajoute : « Elle avait une énergie punk rock rebelle qui se répandait comme un virus, elle était le général d’une armée de femmes »… De là l’utilisation douteuse de musique métal et l’imagerie gore de film d’horreur italien des années 70, qui jurent totalement avec le personnage et avec son imaginaire intellectuel. À côté de ça, rien n’est dit, ou presque, des différents combats que menait Mère Teresa en Inde : assistance aux pauvres, aux malades, sensibilisation aux questions sanitaires, fondation d’écoles, d’orphelinats… Le film part dans toutes sortes de considérations sur la psyché de l’individu mais se désintéresse fondamentalement de son œuvre.

 

1 étoile sur 5

 

 

 

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

27 commentaires

  1. Serait-ce un film subventionné ? Casser du catho est bien moins dangereux que de casser de l’islamiste, alors pourquoi s’en priver quand on veut faire parler de soi sans risque.

  2. Enième preuve que l’idéologie woke n’épargne aucun représentant de la religion chrétienne fusse t-il mondialement vénéré ! Encore un film qui va attirer une poignée de spectateurs par salle et beaucoup plus de fidèles mécontents , manifestant devant celle-ci .

  3. Même si l’on peut considérer que Mère Teresa était une sainte, tout ce qu’a dit et fait le « pape Francois » est nul et non avenu puisqu’il n’a jamais été élu selon les lois de l’Eglise. Benoît XVI n’ayant jamais renoncé au « munus », le conclave était illicite et l’élection de Bergoglio nulle et non avenue. Bergoglio était un antipape et Prevost est lui aussi un antipape, leurs actes le démontrent: Pachamama, mariage homosexuel accepté, etc.

  4. La lumière dérange ceux qui sont dans les ténèbres car elle révèle leurs œuvres de malédictions , œuvres qui s »abattent sur la France et ce n’est que le début ..

  5. « Tout ce qui est excessif est insignifiant ». Une fois encore la gauche veut démolir. Seuls les déjà convaincus s’y laisseront prendre, les autres ignoreront, voire mépriseront. On le voit, les entreprises de démolition de la gauche ont un effet inverse de ce qu’elle cherche. Voir Sarkozy qu’elle a cru demolir, les films qu’elle veut interdire et dont les entrées explosent grâce sa pub gratuite, les livres diffamés qui deviendent des best seller…

  6. Je connais une collègue qui, ayant fait de l’humanitaire en Inde l’a rencontrée. Elle l’a décrite comme une personne superbe, avec un charisme extraordinaire.
    La cinéaste a t-elle fait de l’humanitaire en Inde et l’a t-elle rencontrée?

    il est vrai que nous sommes dans une période de chasse aux chrétiens, il ne fait pas l’oublier.

    • OUI. C’est drôle que l’on ne parle jamais des « prêtres » qui ont fauté… Il est vrai que eux, ne peuvent se retrouver « enceint(e)s ». Du moins pas pour le moment!

  7. J’hésitais à aller voir le film, vous m’avez aidée à prendre ma décision, Monsieur Marcellesi : j’économiserai une place

  8. Toutes les actions de bienfaisance de Mère Teresa ne sauraient racheter aux yeux des progressistes son crime impardonnable : son opposition à l’avortement.

  9. D’après le compte-rendu de Monsieur Marcellesi, c’est un pur lynchage cinématographique de Mère Teresa. What’s else ? Rien !

    • Et c’est aussi peut être un pur lynchage du film par Mr Marcellesi . Il est d’habitude plus prolixe sur la forme du film. Là il ne parle guère que du côté « compte à rebours  » dont on ne comprend pas bien pourquoi c’est un élément gênant.

Commentaires fermés.

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