« Chat Control » : Ursula von der Leyen tente-t-elle de l’imposer en douce ?

Un eurodéputé allemand assure que Bruxelles tenterait de faire rentrer par la fenêtre le projet rejeté par la porte.
Le Parlement européen. Photo Jonas Horsch - Pexels
Le Parlement européen. Photo Jonas Horsch - Pexels

Le très polémique projet de la Commission européenne de « contrôle des conversations privées », qui devait être voté le 14 octobre, avait été retiré de l'ordre du jour. Le « Chat Control », qui, sous prétexte de lutter contre la pédocriminalité, devait permettre de scanner les conversations privées, en cassant si besoin leur cryptage, a finalement été abandonné. Il est considéré par de nombreux eurodéputés, notamment allemands, comme une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée.

Une révélation qui pose question

Mais l'UE a plus d'un tour dans son sac. Le 25 novembre, sur son compte X, le journaliste et écrivain Laurent Obertone relève que, selon la presse allemande, « le projet s'est poursuivi "à huis clos" et sera adopté "sans débat" ce mercredi » ; le 26 novembre, donc.


L’information vient du Berliner Zeitung, qui confirme les faits dans son édition du 25 novembre. Le quotidien berlinois explique que le projet « doit être à l’ordre du jour des ambassadeurs de l’UE mercredi [26 novembre], comme le rapporte l’eurodéputé Martin Sonneborn (Le Parti), sur X ». Ce dernier a bien publié, le 24 novembre, un message dans lequel il explique avoir été alerté par ses collaborateurs que « le "Chat Control" - qui est prévu pour 450 millions de citoyens de l’UE, mais pas pour madame von der Leyen – sera mercredi à l’ordre du jour et doit être approuvé "sans débat" ... »

Ni les sites de l’Union européenne ni les médias n’ont depuis confirmé l'information, mais contacté par BV sur cette affaire, le Parlement européen a reconnu les faits et nous a adressé une réponse, précisant que « la réglementation relative aux abus sexuels sur mineurs en ligne fait actuellement l'objet d'un débat dans le cadre de la procédure législative ordinaire, le Conseil de l'UE et le Parlement européen ayant tous deux leur mot à dire en tant que co-législateurs. Un organe préparatoire du Conseil (Coreper) a en effet examiné cette question mercredi et a adopté la position suivante », laquelle est détaillée dans un document consultable en ligne. Ce document prévoit bien une nouvelle législation et la création « d'une nouvelle agence de l'UE, le centre de l'UE chargé de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants, pour appuyer la mise en œuvre du règlement. »

Interrogé par BV, l’eurodéputé RN/Les Patriotes pour l’Europe Jean-Paul Garraud nous a dit « n’avoir pas eu vent d’une telle initiative ». « La Commission a tout de même assez souvent montré sa capacité à contourner et tordre les règlements dans tous les sens afin de passer en force sur ses projets ou récupérer des compétences qui ne sont pas les siennes », rappelle Jean-Paul Garraud, pour qui « tout est assez obscur et se fait le plus souvent dans les coulisses. Rien n'est démocratique et il est probable que quelque chose se prépare. »

Polémique autour de la surveillance de masse

Le contrôle des conversations privées, officiellement pour lutter contre la criminalité, a déjà mobilisé au Parlement européen. Fin octobre, le groupe Les Patriotes pour l’Europe avait été en pointe pour « mettre la pression, jusqu’à l'annonce de l'abandon de ce que l'on appelle les ordonnances de détection obligatoire ». Pour le député, « le prétexte de la pédocriminalité n’avait pour objectif que de mettre en place une surveillance généralisée, dont chacun sait très bien ce que voudrait en faire la Commission européenne ». La solution : encadrer le Chat Control des mêmes règles que celles qui s'appliquent aux écoutes téléphoniques. « Le parallèle est judicieux, poursuit Jean-Paul Garraud, puisque les procédures de surveillance téléphonique comme numérique peuvent évidemment obéir aux mêmes règles et être à la fois rendues efficaces et strictement encadrées, afin d’éviter les abus. C’est dans ce sens que nous voulons pousser. »

Mais pour freiner les appétits totalitaires de la Commission et lui imposer des mesures respectueuses des libertés, il faut une alliance entre eurodéputés français de plusieurs groupes politiques. Possible ? « Nous obtenons de plus en plus souvent une majorité sur les textes que nous défendons », remarque Jean-Paul Garraud. « Le PPE [dont sont membres les députés LR] est en train de se fissurer, et sur le sujet du Chat Control, ils sont divisés : les LR français sont plutôt sur la même ligne que nous, tout comme de nombreux élus ECR [Conservateurs et Souverainistes, le groupe de Marion Maréchal]. Quant au bloc central, il est divisé sur cette question. »

Ursula von der Leyen veut s’offrir des espions

Quoi qu'il en soit, pour accélérer la surveillance de masse, la Commission européenne ne manque pas d’idées. BV évoquait déjà, récemment, le « bouclier démocratique » européen, organe supposé lutter contre les ingérences étrangères, mais permettant surtout de contrôler et censurer l’information dans les médias et sur les réseaux sociaux, dans la perspective des prochaines échéances électorales notamment.

Il faut rappeler aussi le projet de « service de renseignement » bruxellois. Selon le Financial Times, la présidente de la Commission européenne veut créer son propre service de renseignement, qui s'appuierait sur les services secrets nationaux des États membres. Pour Jean-Paul Garraud, « on peut se demander si ce projet n'a pas été lancé comme un ballon d'essai, pour voir s'il y aurait des réactions. Et en l’occurrence, il y en a eu, et même beaucoup. » Et pour le député RN, pas de doute : « Je pense que cela fait partie d'une tactique de madame von der Leyen qui, comme on le sait, cherche à s'accaparer tous les pouvoirs, y compris des pouvoirs qu'elle n'a pas. » Or, rappelle-t-il, « tout le domaine du renseignement, de par les traités, est totalement du seul ressort des États. C'est donc clairement une compétence qui ne peut en aucun cas relever de Bruxelles. » Car ce service de renseignement « ne se contenterait pas de coordonner les services des États ou de coopérer avec eux », poursuit-il. « Non, il les régenterait. Et cela va dans le même sens que la volonté de constitution d'une Europe de la défense, par exemple. Une tentative de plus de piller ce qu’il reste de souveraineté aux États membres. »

En première ligne sur ce dossier, Jean-Paul Garraud a demandé que « ce sujet soit inscrit à l'ordre du jour de la prochaine plénière du Parlement, qui aura lieu à la mi-décembre ». Rendez-vous est pris.

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Entre le contrôle de nos conversations privées et le « label » macronien de l’information, vous la voyez venir la « défense de la démocratie » à la sauce UE ?

  2. Le jour où Mme Von der Leyen communiquera ses sms avec Pfizer, elle pourra demander, et j’espère qu’on lui refusera, à connaître nos échanges! Charité bien ordonnée commence par soi-même, et cela s’applique aussi quand on est « impératrice » d’Europe!

  3. Qui va parler de notre perte de liberté, des contraintes qui se multiplient, de cette VACCINATION OBLIGATOIRE qui revient à l’Assemblée pour être, ou pas, définitivement votée… Lire le livre de Léo Dubois : « PUS JAMAIS ÇA » avec préface du Professeur Christian Perronne. Il est temps de se réveiller et de faire le ménage. Nous ne sommes pas un troupeau que l’on mène à l’abattoir!…

  4. Vous dites dans votre article « pour augmenter la surveillance de masse » ce qui induit qu’elle existe déjà. on avait un doute, c’était « complotiste » de dire ça, mais ça ne l’était pas.

  5. Les Allemands ont perdu les guerre qu’ils ont faite grâce aux peuples courageux qui s’étaient unis pour les combattent contre les génocides qu’ils pratiquaient en faisant l’Europe comme ils l’ont voulu après DE GAULE ils ont pris la mains sur la présidence ils ne font plus la guerre mais nous culpabilise et nous rend esclave

  6. On a tous compris que la chef (sans fe) de l’UE tente par tous les moyens d’éliminer les nations et d’asservir tous ces peuples qui n’ont pas voulu de cette UE ruineuse, destructrice et qui a démoli le poids qu’avait l’Europe.
    Les peuples se défendent, espérons qu’ils ne céderont pas , mais la menace est bien présente, même si on essaie de la camoufler en inventant un danger russe.

  7. La Commission confirme sa tendance profondément antidémocratique. Pas étonnant qu’E. Macron s’y sente comme un poisson dans l’eau. Confiance zéro, vigilance 100%

    • OUI FREXIT et vite nous ne pouvons plus attendre, avant que tous nos pouvoirs (ce qu’il en reste) ne nous soient retirés par la barone UVL. , elle fait ce qu’elle veut et les élus des pays élus font quoi ???on comprend mieux que le macron commence à nous parler de réguler l’IA, les médias ??? pour les élèctions prochaines

    • @guarani

      L’idée du FREXIT progresse. Cela ne fait aucun doute. Dans leur fuite en avant euro mondialiste Macron, GFriedrich Merz, Von der Leyen y travaillent fort. L’UE, c’est la paix? Quelle blague! L’UE c’est la prospérité? Quelle plaisanterie, la pauvreté progresse à la vitesse grand V… L’UE c’st la sécurité? Nombre de pays de l’UE sont devenus des coupe gorge, notamment là ou la folie immigrationniste a été importante. L’UE c’est la démocratie et la liberté? Quid de la folie covidiste, de la mise en place du DSA, et de celle annoncée du CHAT CONTROL. L’UE n’a tenu aucune des promesses annoncées par les thuriféraires de la « conytruction européenne ». Le mécontentement monte, la défiance à l’encontre du machin de Bruxelles est en hausse. L’idée du FGREXIT partait de très bas, elle a été quasiment totalement occultée, mais, l’UE-RSS a dérivé vers un machin de plus en plus totalitaire qui suscite des érsistances. celles-ci ne pourront que croître. A partir d’un certain point les choses s’accélèrent toiuji=ours. En octobre 1989 le mur de Berlin est tombé! Qui envisageait raisonnablement une telle issue début 1989? L’ex URSS a éclaté au début des années 1990. Qui y croyait fin 1989 que cela surviendrait moins de 2 ans plus tard? Macron, Merz, Von der Leyen sont dans une folle fuite en avant alors que pour de plus en plus de monde les choses vont de mal en pis. Tous les droits oublient que la fuite en avant est une course qu’on PERD TOUJOURS! Je n’y crois pas au FREXIT électoral. Le processus électoral est biaisé, trafiqué, méprisé, mais au FREXIT par… éclatement de l’UE-RSS.

      excellente journée.

    • Il faudrait surtout un président qui le veuille, soit élu pour cela et fasse un référendum qui obtienne la majorité pour le Frexit, c’est pas gagné, je vous le dit. La solution la plus rapide serait l’implosion de l’UE soit par une révolte de certains pays de l’Est, par un effondrement de l’euro ou le plus probable, la chute de la Commission avec la reprise en mains par les états membres des compétences que cette Commission s’est arrogées et en finir avec ses membres non élus.

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