Au collège Cacault, rappel à l’ordre sur le port… des croix catholiques !

La laïcité à l’école est souvent menacée, mais les catholiques n'en sont pourtant pas les principaux responsables.
©Taryn Fry - Pexels
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Au collège Cacault de Clisson (44) une « recrudescence de croix catholiques » chez les collégiens a fait l’objet d’un rappel à l’ordre du principal auprès des parents d’élèves, à la fin du mois de mars. Si le communiqué ne mentionnait que les signes d’appartenance catholique, selon une mère de famille, plusieurs parents d’élèves ont fait part, sur les réseaux sociaux, de leur « étonnement » face à ce qu’ils considèrent être une « maladresse », compte tenu de la visée exclusive des signes chrétiens.

Les remontrances provoquent le malaise chez les parents d’élèves

Le collège n'ayant pas répondu à nos sollicitations quant à la taille de ces croix, il aurait été intéressant d'obtenir des explications sur ces remontrances, au regard de la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité en milieu scolaire. Si la loi interdit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse », elle autorise toutefois les signes discrets. À moins que les élèves de Cacault n'aient arboré de grands crucifix épiscopaux, difficile de ne pas s'interroger sur l'intention du collège en pointant uniquement les croix catholiques comme une prétendue menace à la laïcité...

Capture d'écran.

Rappelant l’aspect « discriminant » que pourrait avoir sur les élèves ce genre de procédés, certains parents en viennent à la même conclusion : « Pas certain que le collège se serait permis d’envoyer ce message si les signes d’une autre religion avaient été ostentatoires. Comme dans beaucoup d’établissements français, il se serait sans doute tu par peur des représailles et aurait probablement évoqué l’ensemble des religions dans son message. » Un ressentiment renforcé par une autre réflexion : « D'autres religions ont des impositions plus distinctes, mais il ne faut rien dire. »

Les cathos, la menace pour la laïcité ?

Un constat qui illustre, une fois de plus, une différence d’appréciation au sein même de l’Éducation nationale. Ainsi, en Essonne, à l’école maternelle Joliot-Curie d’Igny, le réseau Parents vigilants de Reconquête signalait, ce lundi 31 mars, la présence de femmes voilées dans l’enceinte de l’école, notamment un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) intervenant directement auprès des élèves et une nounou chargée de la garde des enfants après 16h30. Plus troublant encore, le 19 mars, dans une école catholique de Romilly-sur-Seine, une enseignante de l’établissement Sainte-Anne demandait à des élèves musulmans de « se mettre en position et mimer » des prières islamiques, invoquant, pour se justifier, un cours « sur la prière au sens large ». Une remarque appuyée par le délégué épiscopal qui, loin de présenter des excuses aux familles, a déclaré soutenir le professeur et sa démarche « pédagogique ».

Difficile de s’étonner de ces exemples quand on sait d’où viennent l’écrasante majorité des atteintes à la laïcité dans l’Éducation nationale. En octobre dernier, le ministre du gouvernement Barnier Anne Genetet reconnaissait d’ailleurs sans détour que la baisse des incidents provoqués par le port de signes ostensibles religieux était directement liée à l’interdiction de l’abaya et du qamis dans les établissements scolaires. Elle rappelait qu’à la rentrée 2023, « 838 faits d’atteintes à la laïcité dans les écoles, collèges et lycées » avaient été recensés, contre seulement 110 en 2024, un recul qu’elle attribuait sans ambiguïté à la « bonne décision de Gabriel Attal ». Pourtant, alors que ces chiffres parlent d’eux-mêmes, certains préfèrent détourner le regard et s’offusquer ailleurs. Ainsi, la presse tente de faire du lycée catholique de l’Immaculée Conception à Pau le grand épouvantail « anti-laïcité », coupable, selon elle, de s’être « affranchi des programmes scolaires », notamment sur l’éducation sexuelle. Une diversion bien commode, mais qui ne suffira pas à masquer une réalité : si, de manière générale, il y a entrisme religieux à l'école, le phénomène n'est pas caractérisé par une « recrudescence de croix catholiques »...

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Si les élus en général ne mettaient pas leurs enfants dans les écoles catholiques il y a longtemps que celles-ci
    auraient été interdites !

  2. Mon bon petit catho, quand on te gifle sur la joue droite, tends donc la joue gauche ……………..

  3. Si une petite croix est istentatoirz, je suppose que la main de fatma l’est tout autant, surtout dans un pays de culture jydeo chrétienne.

  4. La petite croix que je porte depuis toujours est minuscule et pourtant je me sens obligée de la cacher dans les transports ce qui montre que je connais trop l’intolerance de ce pauvre pays.

  5. Bonjour, On s’offusque pour une petite croix, portée par un jeune sur sa poitrine, mais on laisse d’autres envahir l’espace public pour des PRIERES, et des repas de fête religieuses… De qui se moque t on ? ? ? C’est bien une guerre contre le christianisme en faveur d’une autre religion qui a tout les droits ! !

  6. Le chef d’établissement a simplement voulu montrer qu’il existait, ce serait risible si ce n’était pas dramatique. Maintenant j’ai fréquenté des lycées où il y a 75 ou 80% d’élèves étrangers, il est alors très difficile de faire respecter simplement la discipline, alors le chef d’établissement et les profs sont impuissants pour faire respecter une règle vestimentaire. Certains font même des deals discrets avec les caïds pour pouvoir faire leurs cours , ça fait un moment que je ne fréquente plus ces établissements mais je n’ose imaginer comment ce doit être devenu.

    • Athéisme d’état ? Il y a bien longtemps que tout cela n’a plus rien à voir avec Dieu, c’est de la politique pure et simple, harceler les chrétiens n’est qu’un moyen politique, parmi d’autres, pour accomplir un projet de société où les chrétiens seront absents et remplacés par d’autres qui prient un autre dieu. Les génuflexions à répétition de nos élus devant l’algérie, et les courbettes des politiques pour rompre le jeûne du ramadan en est bien la preuve. La laïcité, oui, mais contre les chrétiens exclusivement !

  7. Si une croix de 3 centimètres fait de l’ombre à la laïcité, c’est que notre laïcité, âgée de plus de 100 ans, ne doit plus être bien vaillante (ni bienveillante à l’encontre des chrétiens). Ces gens feraient bien d’ouvrir les Évangiles à la page de la parabole qui parle d’une paille et d’une poutre dans l’œil de quelqu’un, ils y trouveraient certainement quelques réponses utiles.

  8. Réaction tout à fait justifiée du principal de ce collège. Les catholiques se croient tout permis. On ne saurait tolérer, au nom de la laïcité, ces croix de 3 mètres de haut, ces clous gros comme le doigt, enfoncés dans les mains et ces couronnes d’épines tressées sur des fronts sanguinolents (pensez un peu au personnel chargé de l’entretien qui doit nettoyer l’hémoglobine après le passage des chrétiens !) Les interruptions des cours pour psalmodier des chants grégoriens sont également intolérables et nuisent à la qualité de l’enseignement. Lfi va sûrement faire voter une loi interdisant les croix, les clous et les ronces et bien sûr les chants à l’école pour mettre fin à cette situation très inquiétante et à la dérive sectaire de ces élèves fanatiques.

    • Vous oubliez l’obligation qui est faite de se confesser une fois par semaine devant monsieur le curé

  9. Voici 82 ans et des poussières que je porte une croix au cou et je n’ai nulle intention de m’en séparer, de plus contrairement à nos ministres, je ne vais pas à la rupture du jeune du Ramadan…

  10. Les chrétiens et leurs signes extérieurs d’appartenance sont-ils menacés ? La réponse est OUI !! la caste politique française depuis Giscard pour le moins œuvre par calcul et soumission à la doxa ambiante à la privation de la reconnaissance des racines chrétienne de notre chère France, …

  11. Briser le dernier rempart, ou la laïcité utilisée pour terminer le grand effacement. Notre pays en paiera le prix.

  12. Un gauchiste , les croix sont discrètes comme les médailles de saint Christophe. Sous les vêtements, on ne voit rien . Va t-il interdire les mains de fatima ? Ou les croix de David ?
    La France est chrétienne, la république est laïc, nous sommes Français, pas républicain

    • Plus exactement, nous sommes Français avant d’être républicains, tout comme d’autres sont musulmans avant d’être Français. C’est toléré dans un cas, mais interdit dans l’autre, cela s’appelle l’état de droit ( à flexibilité orientée à gauche).

      • Très bien répondu !
        Dans mon enfance, dans la petite école de campagne nous étions en grand majorité porteurs, qui d’une croix, qui d’une médaille sans que cela ne pose aucun problème, car à cette époque (dans les années 50 et un peu plus on ne nous parlait pas de laïcité, ce mot n’a été remis au goût du jour depuis l’arrivée massive de l’Islam !
        Qui pourrait croire aujourd’hui que nous allions avec notre maîtresse, assister à la messe le 11novembre et suivre le défilé des anciens combattants porteurs de leurs drapeaux jusqu’au cimetière ? Que de souvenirs dans une France dont je ne m’imaginais pas qu’elle puisse disparaître un jour et en voir la fin.

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