Attal propose un chemin (macroniste) pour 2027 et Macron pour 2035. Pitié !

Après l'impasse Macron, le chemin d'Attal : même mots, mêmes personnalités, même vacuité du discours...
Capture d'écran CNEWS
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Les macronistes n'ont peur de rien. Accumulant échec sur échec, ils se voient pourtant toujours en haut de l'affiche. Cette pseudo-majorité du « socle commun » qui est censée nous gouverner depuis la dissolution vole en éclats un peu plus chaque jour, mais rien n'y fait : l'avenir leur appartient. Hier, c'était Pannier-Runacher qui traitait son collègue Retailleau de « populiste » pour s'être opposé aux délires des ayatollahs écologistes. Ce samedi 5 juillet, c'est l'ancien Premier ministre Gabriel Attal qui prenait date pour 2027.

Gabriel Attal s'y voit déjà...

L'occasion lui en était donnée par un meeting des JAM - vous vous souvenez, les « Jeunes avec Macron » aux clips et aux flyers plus ridicules les uns que les autres. Gabriel Attal y a déroulé un discours de présidentiable. Premier mot clef : « chemin ». « Ce 5 juillet 2025, je veux vous proposer de poser les premiers jalons d’un chemin nouveau pour notre jeunesse et pour notre pays […], un chemin d’espoir, un chemin de bonheur, un chemin pour la jeunesse de France et pour notre pays. » Chemin, ça fait destin de l'homme qui marche, etc. Second élément de langage : « aventure collective ». Un marqueur de gauche : « Je veux proposer aux Français une nouvelle aventure collective. Partons ensemble. » Oui, qu'ils partent ensemble ! Et enfin, pour cocher toutes les cases de la grandiloquence politicienne : le « serment ». « Je fais devant vous le serment de tout faire pour vous conduire dans deux ans sur le chemin de la victoire », a assuré Attal. Gabriel Attal veut aussi « tout changer » ! Il s'exprimait devant le mouvement des jeunes macronistes qui s'est justement défait, ce samedi, de la marque Macron pour s'appeler de nouveau, comme aux grandes heures de 2017, les « Jeunes en marche ». Au fait, combien sont-ils, ces jeunes d'un parti surtout constitué de retraités et qui ne comptait plus, à l'automne, que 8.500 adhérents à jour de leur cotisation ? Et puis Édouard Philippe a lui aussi son mouvement de jeunes. Pour le moment, le jeune Attal est un peu seul, sur son chemin... et le public était clairsemé, au Cirque d'hiver. Mais une chose est certaine : c'était bien du cirque !

Emmanuel Macron, chef d'orchestre de la cacophonie qu'il a lui-même créée

Ces derniers jours, le président de la République s'est érigé en grand recadreur du gouvernement : de Bruno Retailleau, qui, trop heureux de ce brevet anti-macroniste, n'en demandait pas tant, mais aussi de ce pauvre Bayrou, qu'il a exhorté à « diriger son gouvernement ». Là, c'est l'humiliation, et il paraîtrait que le Président songerait à le virer. « Depuis quelques semaines, il est avéré que Macron n’a plus qu’une idée en tête, c’est de faire chuter Bayrou », a confié un macroniste au Monde ! Le Président peut bien, ensuite, dénoncer la « cacophonie » gouvernementale. Mais il en est lui-même le premier organisateur ! Par la dissolution, d'abord, et les alliances avec la gauche, évidemment ; puis par l'envoi de la bonne élève Pannier-Runacher en commando écolo contre Retailleau ; et, enfin, par son apparition à ce meeting des jeunes de son parti. Était-ce vraiment la place d'un Président, surtout dans les circonstances actuelles ? Il y a lancé des appels à l'unité : « Si, dans les deux ans qui viennent, on passe notre temps à parler de 2027, à ne rien faire, à être dans les calculs, à être dans les divisions, ce sera aucun d’entre nous, dans deux ans. » Histoire de ramener Attal à la réalité. Mais Macron a aussi lancé un appel personnel à son dernier carré de fidèles en leur assurant qu'il avait « besoin d’eux pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans ». Rien que ça ! Si Attal se veut héritier de Macron et capte ce qui reste des troupes, Macron, lui, se veut héritier de lui-même et prend date pour... 2035 ! Ces gens sont extraordinaires : leur gouvernement et leur majorité peuvent sombrer d'une semaine à l'autre, la France, qu'ils pilotent depuis bientôt dix ans, est quasiment en faillite, mais ils pensent qu'ils sont la solution d'avenir que les Français attendent...

 

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

156 commentaires

  1. ils rêvent tout éveillés ces macronistes , ne parlons pas de malheur , impossible qu’ils repassent , préparez-vous déjà à les débarquer aux municipales !

  2. qu’ils partent ensemble … pour ne plus revenir, ni en 2027 avec Attal et encore moins en 2035 avec …. Macron. On a assez donné pour que la macronie se fasse du gras sur notre dos tout en mettant le pays en faillite, en cessation de paiements et bientôt sous tutelle.

  3. C’est un honneur d’être traité de populiste. Etymologiquement, cela signifie « qui œuvre pour le peuple », c’est l’inverse d’élitiste, l’inverse d’E. Macron, par exemple.
    Hélas, B. Retailleau n’est pas populiste, il cautionne un gouvernement élitiste (donc contre le peuple). Son appartenance n’y aurait eu de sens que s’il avait démissionné rapidement. En outre, il ne prône pas le Frexit. Il ne peut donc pas être qualifié du bau mot de « populiste ».

  4. Comment des français encore lucides pourraient ils élire une équipe de bras cassés qui a tout raté depuis 2017 et qui persiste à dilapider le peuple qu’il nous reste. Faut il être aveugle, sourd et suicidaire.

    • Pas des « bras cassés », ils sont parfaitement conscients de ce qu’ils font. Ce sont des traitres d’extrême droite au service de l’aristocratie mondialiste, au détriment des peuples; Objectivement, tout le montre.

  5. Comme dirait un avocat que j’aime bien, ces gens-là ont un égo tellement démesuré qu’ils relèvent de la psychiatrie!

  6. Macron regarde les sondages, la versatilité des francais, les vieux chevaux sur le retour plébiscités .donc il se dit qu’il a une chance en 2035 ( voir les sondages pour Villepin / E.Philippe / Hollande )

  7. Quelle belle unanimité contre eux. Mais je continue de craindre une suite macroniste à ces 10 dernières années bien funestes. Je me souviens d’idiots se voulant intelligents qui critiquaient comme des perroquets le programme économique du RN. Je ne me souviens pas avoir entendu critiquer celui de Macron. Vont-ils revoter pour un fac-similé ?

  8. Un sacré chemin de croix nous attendrait dans ce cas là ! Je ne sais pas trop qui accepterait de la porter …

  9. Ces gens là n’ont honte de rien
    Avec un tel bilan,la moindre des choses est de faire pâle figure et de partir

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