Archéologie : Ys, l’Atlantide bretonne, enfin découverte ?
Au large de la Bretagne, à l’extrême ouest du Finistère, l’île de Sein est depuis toujours redoutée des marins pour ses récifs dangereux, formant la célèbre chaussée de Sein, dont le phare d’Ar-Men signale la présence. Longtemps considérés comme de simples écueils naturels, ces reliefs sous-marins cachent une tout autre histoire. En effet, en 2022, la Société d’archéologie et de mémoire maritime (SAMM) a mis en évidence que certains de ces blocs de pierre n’étaient pas le fruit du hasard : la main de l’Homme les a placés là. En révélant ainsi l’ensemble de ses travaux au début du mois de décembre 2025, l’association attire l’attention sur des structures monumentales enfouies sous les eaux tumultueuses de la mer d’Iroise. D’une ancienneté exceptionnelle, ces vestiges pourraient même établir un lien troublant entre l’histoire préhistorique du littoral breton et l’un de ses mythes les plus célèbres : celui de la légendaire cité d’Ys, l’Atlantide des Bretons.
« Carnac sous la mer »
C’est donc dans les fonds marins situés à environ 9 mètres de profondeur, à l’ouest de l’île de Sein, que les archéologues sous-marins de la Société d’archéologie et de mémoire maritime ont découvert un vaste ensemble de constructions en granite, dissimulé sous les algues et les sédiments. Ce réseau de murs alignés comprend plusieurs structures imposantes, dont la plus spectaculaire atteint près de 120 mètres de long pour environ 20 mètres de large, et se distingue par la présence de monolithes et de dalles dressées. Les premières anomalies ont été repérées en 2017 grâce à des cartes bathymétriques issues de la technologie LIDAR, un système de cartographie des fonds marins utilisé notamment par le géologue Yves Fouquet. Les structures ont ensuite été explorées en plongée entre 2022 et 2024. Lors de cette première immersion, les archéologues, selon le président de la SAMM Philippe Bodénès interrogé par France 3 Bretagne, auraient résumé leur stupéfaction par ces mots : « C’est Carnac sous la mer. »
Des pierres vieilles de 7.000 ans
Les premières estimations datent la construction de ces murs de la fin du Mésolithique, entre 5.800 et 5.300 avant Jésus-Christ. À cette époque, le niveau de la mer était alors bien inférieur à celui que nous connaissons aujourd’hui, le littoral se situant plusieurs kilomètres plus à l’ouest, à la toute fin de la dernière ère glaciaire. Les structures aujourd’hui submergées auraient donc été édifiées à l’air libre par des populations humaines installées sur la façade atlantique.
La fonction exacte de ces aménagements reste encore sujette à débat. Certains spécialistes évoquent l’hypothèse d’anciens barrages ou de pêcheries monumentales, destinés à piéger les poissons lors du reflux de la marée. D’autres y voient des ouvrages de protection contre les tempêtes ou la montée progressive des eaux. Quelle que soit leur finalité, la taille des murs et la maîtrise technique nécessaire à leur édification témoignent d’une société organisée, capable de mobiliser une importante main-d’œuvre et de déplacer des blocs de pierre pesant plusieurs tonnes.
La cité d’Ys
Pour d’autres, cette découverte dépasse le seul cadre de l’archéologie préhistorique. En effet, le maire de Sein, Didier Fouquet, y voit le possible vestige d’un récit plus vaste encore, celui de la mythique cité d’Ys. Selon les traditions transmises de génération en génération en Bretagne, Ys aurait été une cité fastueuse, bâtie en bord de mer et engloutie à la suite d’un cataclysme. Dans les versions christianisées de la légende, la ville aurait été punie après que Dahut, fille du roi de Cornouaille Gradlon, eut défié l’ordre divin en chassant les chrétiens et en restaurant les anciens cultes celtes. Dieu aurait alors laissé le Diable entrer dans la cité, séduire Dahut et l’amener à ouvrir les portes des digues protégeant Ys. Les flots de l’Atlantique auraient aussitôt submergé la ville.
La tradition situe généralement l’emplacement de la cité d’Ys dans la baie de Douarnenez, à une dizaine de kilomètres de l’île de Sein. La mise au jour de ces structures immergées apporte ainsi une possible base archéologique à des légendes longtemps perçues comme purement symboliques. Selon Le Parisien, cette hypothèse constitue désormais une piste de recherche explorée par Axel Créach, chercheur à l’Université de Bretagne occidentale, en lien avec le Centre de recherche bretonne et celtique et le Laboratoire de planétologie et géosciences. L’idée que des populations humaines aient occupé, aménagé puis abandonné un littoral aujourd’hui englouti pourrait avoir marqué durablement la mémoire collective des habitants de la région, avant de se transformer, au fil des siècles, en récits mythiques transmis et peut-être enfin confirmés aujourd’hui.
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37 commentaires
Dur constat pour le GIEC. En effet, si cette construction se trouve à neuf mètres de profondeur aujourd’hui, cela signifie qu’il y a sept mille cinq cent années la mer se situait au bord de cette construction. Autrement dit, neuf mètres égale à neuf cents centimètres. Or, si l’on divise ces neuf cents centimètres par sept mille cinq cent ans, on obtient une moyenne de montée du niveau de la mer de zéro virgule douze centièmes de millimètres par an soit, 0,12 m/m. Donc, les certitudes alarmistes du GIEC ne sont aucunement fondées. Finalement, il suffit de raisonner et guère besoin de se fendre de fumants calculs pour se rendre compte de l’arnaque de cet organisme.
Mais c’est l’ accélération dans les dernières décennies qui est inquiétant e, pas l’ évolution sur des millénaires…
Permettez-moi d’être un peu plus simpliste et de proclamer avec humour: et après ces découvertes, il y a encore des gens pour ne pas comprendre que les Bretons aient « colonisé » le monde. Bloavez mad à tout le monde.
Joli…
Comme le mythe de l’Atlantide, Ys est imaginaire, bien qu’il peut y avoir l’inspiration issue d’un fait réel.
Ys est un condensé de la culture païenne et sa « séparation » d’avec le monde physique est une allégorie de la domination progressive de la religion chrétienne (d’après certains écrivains celtistes).
La Bretagne est la région avec le plus grand nombre de mégalithes. un ensemble de menhirs ne forment pas une ville engloutie!
Ces constructions datent donc d’avant l’arrivée de indo-européens, cette vague humaine qui a presque complètement remplacé les population qui l’avait précédé il y a à partir d’environ 5000 ans. Les gens qui ont construit ces murs ne sont donc pas les ancêtres des Bretons actuels mais les représentants d’un peuple aujourd’hui disparu, annihilé…
Pas annihilé, fusionnés, avec les celtes qui sont arrivés après eux.
De nombreux mythes préceltiques sont restés vivaces, au sein de la population de nos ancêtres.
Cernunos, le Dieu de la forêt et de la chasse, certains noms de rivières, de fleuves, l’Eure (Autura) par exemple.
José Bobo, on ne sait pas trop ce qui c’est passé dans le temps. On a des certitudes genre nous sommes tous africains etc. qui favorisent les tenants de la mondialisation et du racialisme, mais en fait on ne sait quasi rien des migrations de nos « ancêtres » et dernièrement il s’est fait une étude pour nous expliquer que Sapeins, finalement, il n’aurait pas liquidé Neanderthal mais qu’il aurait eu disons, des scènes de lit, et des mélanges au propre et au figuré. Une étude fait venir non anciens égyptiens depuis le hauteurs de l’Atlas ( tiens, ce nom, proche d’Atlantide) anciens qui auraient suivi une branche du Nil, perdue, asséchée petit-à-petit à travers le Sahara qui fut vert dans le temps, pour se trouver finalement sur le Nil et y construire les pyramides. On ne sait que peu de choses finalement, et je vois bien qu’il y a des Blancs, des Jaunes et des Noirs, les indiens, ( les Indo-Européens), des Caucasiens, et tout le monde se bat, se fait la guerre, entre-soi, les Français et les Allemands, tous deux d’anciens Francs de Charlemagne) , les Iraniens plus civilisés que les Grecs dans l’antiquité, les Arabes plus civilisés que les Francs des Croisades au Moyen-Age, je dirais, et les Russes qui sont des sous-hommes pour les nazis mais dont j’écoute la musique de ses nombreux compositeurs et enfin, pour brouillez complètement notre vision de la population humaine, je suppose que vous lisez la Bible, après avoir tué son frère, alors qu’il est avec ses parents et disons, d’autres frères et soeurs, on ne dit rien à propos, le garçon erre un moment de finalement, se fait embaucher comme maçon à….la construction d’une ville. C’est écrit comme çà…Bonne réflexion et encore d’autres billets de chez vous cette bonne année !
Çà me laisse penser que c’était une citée au bord de mer englouti par la montée des eaux comme ailleurs suite a la fonte des glaciers.
Toute légende a, à son origine, un fait réel, que les narrateurs ont magnifiés avec le temps pour en faire les mythes qu’on connait aujourd’hui. Ys a sûrement existé. Ce n’était sans doute pas la cité merveilleuse qu’on nous raconte, où coulait l’or et l’encens, mais sans doute une « ville » de son époque où vivaient des gens. Pensez à la grotte Cosquer découverte à Marseille, 37 mètres sous le niveau de la mer, et que les archéologues datent d’il y a 30 000 ans. Les vestiges trouvés à l’intérieur, peintures rupestres, dessins, trace de feux, montrent que l’homme y a vécu. elle se trouvait alors à plus de 8 kms à l’intérieur des terre et 120 mètres au dessus de la mer… Je rajouterai que depuis 30 000 ans, ce ne sont ni les avions, ni la 405 diesel de « Jojo et Mauricette » pour aller travailler, ni les pets de vache qui ont fait monter le niveau…
J’apprécie votre conclusion, mais vous et moi risquons l’excommunication !
La plupart des légendes sont… des légendes et n’ont aucune base réelle… Ce sont des fantasmagories créées par des esprits battant la campagne.
Les légendes sont parfois issues de fait réels et parfois inventés de toutes pièces.
Qu’est-ce que vous en savez ???
Nestorine:
L’histoire, l’anthropologie et l’archéologie ne sont pas une preuve?
J’apprécie infiniment…
J’apprécie infiniment votre commentaire…
Quel plaisir de lire tous ces commentaires! Lecteurs de BV, continuez à nous instruire. Quel bonheur! Ça change.
« La légende écrase l’Histoire et lui survit! » (M Ducamp)
C’est vrai aussi pour cette légende de l’Atlantide. Il y a 7000 ans la « Bretagne » était peuplé de cro-magnons ou d’autres homininés, Sapiens ou Néandertal. Et Yves n’avait pas encore traversé la manche dans son auge en granit, pour évangéliser les curiosolites. La période – préhistorique- se situait à l’âge de la pierre polie!
Des effondrements de territoires il y en a eu, mais c’était au plus tôt il y a une vingtaine de millions d’années, lors de la formation de la presqu’île armoricaine.
Un peu de rationnel ne nuit pas, en cette période de dérives obscurantistes.
Et il y a 300 ou 350 millions d’années, les Monts d’Arrées culminaient à 7000 mètres…
Il y a 7000 ans les hommes qui peuplaient la Bretagne étaient des sapiens aussi modernes que nous aujourd’hui… Pas d’autres « hominidés » depuis au moins 30 000 ans. Quant à la « pierre polie » cela fait longtemps qu’elle ne caractérise plus aucune époque… Un peu de rationnel ne nuit pas, en cette période de Noël…
Il y a 7000 ans, les alignements de Carnac étaient en cours de réalisation, et c’est après qu’une partie du littoral fut submergé, créant le golfe du Morbihan.
Passionnant
Partout dans le monde (par exemple au large d’Israël, de l’Égypte, de l’Irlande et de la Galice) on découvre des vestiges mégalithique engloutis par les mers .Le maximum glaciaire a été atteint il y a environ 22 000 ans et la première fonte des glaces se termine il y a 12 000 ans (début de l’Holocène). Il est possible que cela corresponde avec la disparition de l’Atlantide (« au large de colonnes d’Hercule = Gibraltar, selon Platon) et avec le déluge et l’invasion des eaux créant la mer Noire.
Tout est possible mais rien n’est certain !
Si ! La fin de l’ère glaciaire et la montée des eaux de 130 m il y a 12000 ans est certaine ! Et la submersion de nombreux habitats humains est certaine aussi puisqu’on les retrouve !
J’en suis très émue, moi qui suis née en Bretagne (Finistère) et j’attends donc avec impatience toutes les découvertes à venir.
Ces gens ne sont pas les ancêtres des celtes et des Bretons. Il ont été grand-remplacés il y a environ 5000 ans par les « Indo-Européens » venus des steppes pontiques, là où il y a la guerre aujourd’hui… Les gens qui ont construit ces murs ont été éradiqués par nos ancêtres « Aryens »…
Et ?
L’Atlantide n’était pas une cité du passé, mais du future. Mélenchon est le sous-traitant de ce projet.
Mais là on parle de la découverte d’Ys…
En un mot : époustouflant.
Il y a 12800 ans une catastrophe planétaire a été à l’origine du Dryas Récent. Entre autres conséquences le niveau des mers est monté de 120 mètres. Au sortir de l’ère glaciaire les villes étaient concentrées au niveau de la mer, les côtes étant d’un climat plus clément. Les villes englouties (Atlantide, Ys…) ont été nombreuses. Nous les redécouvrons peu à peu.
L’article date les découvertes entre 7800 et 7300 ans avant le présent. Sur les carottages glaciaires du centre du Groenland (GISP2) cela apparaît comme une brève période de refroidissement au milieu de notre actuel interglaciaire, suivi d’un brusque réchauffement à des températures plusieurs degrés supérieures aux actuelles.