Angles morts de la loi sur le « devoir conjugal » : sus au tartufféminisme !
La députée écologiste Marie-Charlotte Garin est ravie. Sous son impulsion, « l’Assemblée nationale vote la fin du devoir conjugal », commel’écrit Le Monde… pas à une « fake news » près, puisque pour y mettre un terme, il aurait déjà fallu qu’il existe. Or, ce n’est pas le cas.
Dans le cadre du mariage, le Code civil (articles 212 et 215) énonce des devoirs de respect, de fidélité, de secours, d’assistance et de communauté de vie, mais nulle trace de devoir conjugal. Notons, au passage, que le PS et LFI ont tous deux cherché, au passage, par un amendement, à faire retirer de l’article 212 la notion de « fidélité », autre devoir conjugal trop « moral » à leurs yeux. Et pourquoi pas biffer d'un trait de plume, aussi, le « secours », ou « l’assistance » qui peuvent être aussi, à l’occasion, pénibles ?
La loi Garin est typiquement une loi d’évidence qui ne sert à rien, sinon à mettre sa promotrice en valeur : on utilise les mots « entériner », « clarifier », « lever l’ambiguïté » pour justifier d’une perte de temps et d’argent (publics). Évidemment, l’Assemblée a voté à l’unanimité contre le devoir conjugal - qui voterait pour ? - un vote Miss France qui enfonce, comme la demoiselle portant talons hauts et diadème, des portes ouvertes parfaitement consensuelles que nul n’aurait eu l’idée de fermer : Marie-Charlotte Garin nous prépare-t-elle une loi condamnant le cancer et la faim dans le monde, histoire « d’entériner », « clarifier », « lever l’ambiguïté » ?
Charge idéologique
Ses arguments sont, dit-elle, très sérieux, elle a trouvé… un cas : « En 2019, un homme avait obtenu le divorce aux torts exclusifs de son épouse, au motif qu’elle avait cessé d’avoir des relations sexuelles avec lui pendant plusieurs années. L’année suivante, la femme s’était pourvue en cassation, sans succès, et l’affaire avait été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui, en janvier 2025, a condamné la France sur ce sujet. » Elle reproche à la Justice française de confondre « communauté de vie et communauté de lit ». Certes. Cependant, s’il n’y avait pas une dimension « alcôve » dans le mariage, s’il ne s’agissait que d’une pure « communauté de vie », on pourrait épouser le chien ou le fils avec lesquels on cohabite. Et c’est d’ailleurs dans ce cadre que s’entend la fameuse « fidélité » : jouer au Scrabble™ avec sa voisine ne suffit pas à caractériser l'infidélité.
Mais surtout, le biais idéologique est tellement voyant ! Il y a moins d’un mois, à Brétigny-sur-Orge, « une jeune femme d’origine malienne a été enlevée et séquestrée sur fond de mariage forcé », mais de ces pratiques, comme de la polygamie, de l’excision et autres joyeusetés qui font des noces pour les femmes, non plus seulement un devoir, ni même un fardeau mais un calvaire, vous n’en trouverez nulle trace dans le plaidoyer de la députée. J’ai exploré vainement le compte X de Marie-Charlotte Garin. En revanche, vous y trouverez une lourde charge contre « le mariage chrétien » : la députée, dans son argumentaire, évoque tout à trac le « droit de cuissage » qui - l’historien Lorris Chevalier, dans son livre La Femme au Moyen Âge (Salvator), le qualifie de « légende pernicieuse » - n’a jamais existé que dans l’imagination psittaciste d’un petit monde n’aimant rien tant que dénigrer l’Ancien Régime. Notez qu’arguer d’une invention pour interdire une fiction relève d’une forme de cohérence. On s’étonne, les deux fonctionnant souvent ensemble, qu’elle n’ait pas parlé non plus de cette autre fumisterie à succès visant à discréditer le Moyen Âge qu'est la « ceinture de chasteté ». Comme le disait finement le même Lorris Chevalier, lors du colloque BV « Françaises en danger » : « Les ceintures de chasteté sont une invention du XIXe… et ont été réinventées après les viols de Cologne pour protéger les joggeuses. L’obscurantisme revient, mais ne vient pas du Moyen Âge. » Mais de cela, Marie-Charlotte Garin, grande promotrice de l’immigration massive, ne vous parlera jamais.
« Les ceintures de chasteté sont une invention du 19e siècle… et ont été réinventées après les viols de Cologne, pour protéger les joggeuses. L’obscurantisme revient, mais ne vient pas du Moyen Âge. »
L’historien Lorris Chevalier à l’évènement BV.
https://t.co/dFiPmSXdn0 pic.twitter.com/UuEIMTiTDu— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) February 5, 2026
Marie-Charlotte Bovary
Le devoir conjugal serait, pour elle, un héritage de la société française d’autrefois, une « notion d’un ancien temps » comme l’appelle Le Monde, dans un clair-obscur sémantique prudent, une « notion archaïque [qui] imprègne encore la société française », titre L’Obs, au-dessus d'un entretien avec l’historienne Aïcha Limbada, spécialiste du mariage en France au XIXe, dont les travaux, relayés par Marie-Charlotte Garin ont été transmis aux rapporteurs à l’Assemblée. Elle-même commence par reconnaître qu’il n’y a « aucune base légale » à ce devoir conjugal, mais qu’à cela ne tienne, incriminons « le mariage chrétien » (sic) et « saint Paul » (resic), qui n’a rien demandé. Il est vrai que le mariage chrétien, comme le mariage civil, n’était pas tout à fait étranger à la sexualité. L’historienne est du reste obligée de reconnaître que, jadis, des « femmes, mais aussi des hommes [par exemple impuissants, NDLR], ont pu être condamnés dans le cadre d’un divorce pour faute de rapports sexuels avec leur partenaire ». Preuve que tout cela n’était pas affaire de misogynie. Incriminer le mariage chrétien ne manque pas de toupet : mariage monogame par consentement mutuel… non pas devoir conjugal mais devoirs conjugués. Réciproques. Un acquis civilisationnel pour la femme. Qui pourrait le nier ?
Le féminisme de Marie-Charlotte Garin est un exemple chimiquement pur de l’obsolète logiciel féministe beauvoirien, c’est à dire bovarien : bourgeois, de gauche et hors-sol. Les yeux rivés sur le rétroviseur, il fustige les institutions d’hier pour défendre Emma Bovary, importunée par les transports maladroits de Charles, mais refuse de voir le tsunami culturel dévastateur qui guette la femme d’aujourd’hui.
C’est ce féminisme qui fête le droit obtenu de porter le pantalon mais fait semblant d’ignorer que c’est la jupe, quand elle n’est pas jugée assez longue à l’aune de la charia, qui est aujourd’hui interdite à certaines heures et dans certains quartiers. Il n'a qu'une seule aspiration : renverser nos mœurs, sans doute imparfaites - parce qu'il en est ainsi de toute pâte humaine -, mais que l'on pourrait décrire, paraphrasant Churchill au sujet du régime démocratique, comme… « les pires à l'exclusion de toutes les autres ». Quand, à force de dénigrement, on les aura fait disparaître, par quoi seront-elles remplacées ? Les femmes seront-elles gagnantes ? La réponse est dans la question.
Soyons-en sûrs : le tartufféminisme aura des comptes à rendre au tribunal de l’Histoire.
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55 commentaires
Très bon article comme toujours. « PS et LFI ont tous deux cherché, au passage, par un amendement, à faire retirer de l’article 212 la notion de « fidélité » ; C’est évident, la fidélité, dans le couple, c’est un sujet uniquement féministe… c’est certain, ce n’est pas de la félonie de la part de la gauche non non dans le seul but de légaliser à terme la polygamie et ainsi de satisfaire une partie de leur électorat avant les municipales, pour lesquelles les mêmes demandent le droit de vote des étrangers.
Ah pour se mêler de la vie privée des français, de ce qui se passe dans leurs maisons et leurs chambres, y’a du monde!! Les députés n’ont vraiment rien de plus grave à penser ? ? Encore une lumière cette écolo.
Depuis l’élection de Hollande, la préoccupation principale de la gauche, c’est le « sociétal ». Sont-ils capables d’autre chose ? Si c’était le cas, le pays ne serait pas dans cet état.
Je suis pour la fin du devoir conjugal sous réserve … de rouvrir les maisons closes.
Vous sous entendez que si les prostituées étaient gratuites (ou des fonctionnaires payées par l’état) il n’y aurait plus de mariage ? La sexualité de l’homme et de la femme sont très différentes et il est clair que la notion de devoir conjugal entre un gros beauf qui va « tirer son coup » en 30 secondes sans se préoccuper du plaisir de son épouse ne devrait pas avoir de droit pour lui et de devoir pour elle. D’un autre côté, si vous avez décidé de partager votre vie avec quelqu’un mais qu’il ou elle ne veut pas entendre parler de relations sexuelles, il est probable que le mariage ne dure pas trop longtemps. Je ne suis pas choqué que dans le cas d’un couple ou plus rien ne se passe, que ce soit une raison valable, légale, pour demander un divorce.
Autant poser la question des relations sexuel avant le mariage , cela évite des frais pour le mariage puis pour le divorce.
Chacun reprend ses billes et va voir ailleurs.
Prochain texte à débattre sur le repos du guerrier !
Les écologistes, les féministes, les gauchistes et autres bobos ne connaissent que les droits. Comment donc s’étonner de leur mépris pour les devoirs, fussent-ils imaginaires ?
Plus de devoir conjugal, la contre partie est plus de fidélité !
Vos pensez vraiment que le respect du devoir conjugal empêche l’infidélité ?
Mais en légitime la demande de fidélité, désormais la formulation du maire, même si elle est dans la loi, n’a plus de sens !
Tant qu’à faire, la gauche pourrait une bonne fois pour toutes demander l’abolition de tous les devoirs, afin que les individus n’aient plus que des droits. Voilà qui aurait le mérite d’être clair.
Qu’à celà ne tienne: ce que la loi ne prévoit pas , ne réglemente pas ni n’interdit pas, la loi des parties peut légitimement s’y substituer. Pourquoi donc ne pas prévoir dans les contrats de mariage un article « relations intimes » qui pourrait instaurer, au titre de « non implementi contractus », le droit pour le conjoint frustré de déroger au devoir de fidélité et d’aller chercher ailleurs la satisfaction de pulsions naturelle « qu’elles ou ils » ne pourraient plus assouvir au sein du couple…voire de demander et obtenir le divorce (sans pour autant parler de faute…)
On pourrait même y traiter de l’engagement de progéniture, pourquoi pas? Soyons fous!…
Débat ou plutôt non débat stérile loin des préoccupations du quotidien des français mais qui recueille un écho hors de proportion dans les médias. Cette votation idiote ne changera rien à la situation des femmes, le viol existant déjà dans l’arsenal pénal y compris au sein du couple. Mais c’était l’occasion de démolir encore davantage l’institution du mariage occidental (civil et chrétien) et de faire passer le mâle blanc pour un pervers sans se soucier de la polygamie pratiquée par d’autres « communautés » et donnant lieu à des revenus sociaux (mère pseudo-isolée).
Donc pour la gauche et les féministes c’est haro sur les lois « chrétiennes » , bienvenue aux lois islamique et a la charia.
J’avais toujours entendu dire que le viol n’existait pas entre époux. Donc un mari pouvait obliger sa femme à une relation sexuelle, laquelle femme ne pouvait aller se plaindre au commissariat. Mais il me semble que cette agression sexuelle est maintenant reconnue comme telle. Quelqu’un peut-il éclairer ma lanterne ? Merci d’avance !
Vous nous parlez d’un temps, chère Lily, que les moins de « quatre fois vingt ans » ne peuvent pas connaitre…Il y a a belle lurette que le viol conjugal est reconnu comme tel (et c’est heureux), la difficulté restant bien entendu la preuve du crime, déjà bien difficile à établir hors des liens du mariage…
Mais à vouloir à tout prix conflictualiser et contractualiser les rapports femmes/hommes, dans et hors mariage, je crains que la vie de nos futures génération ne soient empreintes d’une infinie tristesse.
Lisez le Coran à ce sujet, ça va vous éclairer
Il suffit de lire le cerfas à remplir obligatoirement 48h avant les galipettes, en indiquant le lieu, l’heure et la durée des dites galipettes.
Mais bon, notre époque est bizarre. Elle vote pour l’euthanasie et en même temps, elle demande un cerfa pour faire des galipettes avec son époux.
Désolée, mais ici on ne peut pas mettre de lien.
Il suffit de taper sur un moteur de recherche « 2026 attestation de consentement avant le devoir conjugal »
Donc maintenant on va se marier pour trier des petits pois sur le lit ? Ridicule ! Le plus lamentable : que les députés soi-disant de droite aient voté ce texte comme un troupeau de moutons. Si ces députés avaient un peu de jugeote, ils auraient proposé de remplacer ce vieux texte sur le « devoir conjugal » par « des relations librement consenties ». Trop simple pour y songer ?
Avant on enfilait des perles, maintenant on trie les petits pois, on évolue et c’est tout ce qui compte pour nos écologistes.
« le devoir conjugal », un problème de vie privée qui ne regarde que les intéressés !
De quoi se mêle encore une fois ces « politiques » !
Les députés n’ont-ils rien de plus immédiat à examiner? Les politiques pleurnicheront après cela sur l’antiparlementarisme ambiant!