Agnès Chauveau à la tête de l’INA : le festival des casseroles continue
Laurent Vallet est donc remplacé à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) par sa collaboratrice Agnès Chauveau. Interpellé à son domicile parisien, le 29 juillet dernier, pour l'achat de 600 euros de cocaïne à un mineur, il avait été suspendu de ses fonctions de président par un arrêté paru au Journal officiel le 15 août. Rachida Dati avait alors annoncé prendre cette décision « en attendant de plus amples informations » et après avoir « pris connaissance » de l’affaire « par la presse ». En l’occurrence, Valeurs actuelles avait recueilli les témoignages des policiers de la BAC parisienne ayant procédé à ce coup de filet.
Sortie de rail pour cause de cocaïne
Laurent Vallet n’est pour l’instant que suspendu « en vue de l'audience à laquelle [il a été] convoqué début septembre au tribunal judiciaire de Paris pour une injonction thérapeutique ». Une clémence qui serait due à une absence d’antécédents judiciaires.
En l’attente, pour son remplacement, le choix de Rachida Dati s’est porté sur Agnès Chauveau. Contrainte par l’urgence et la nécessité d’attendre septembre avant de procéder à un remplacement définitif de Laurent Vallet, cette nomination « par intérim » est apparemment assez logique, l’intéressée faisant partie de la maison depuis 2015 et étant depuis 2021 sa directrice générale déléguée. Ce choix peut s’expliquer aussi par la volonté d’assurer une certaine continuité à la tête de l’INA, afin de ne pas risquer de semer inutilement le trouble dans la maison, à deux semaines de la rentrée de septembre.
C’est peu de dire que l’INA a besoin de retrouver un peu de sérénité, sa direction ayant eu une vie assez chaotique, ces dernier temps.
À la présidence de l'INA, dix ans de casseroles
Nommée à la présidence de l’organisme en mai 2014 par la socialiste et ex-écologiste Aurélie Filippetti, Agnès Saal (ancienne collaboratrice du ministre socialiste Catherine Trautmann) a dû démissionner, l’année suivante, pour une effarante note de taxi : plus de 40.000 euros en dix mois. Cette note lui a valu une condamnation pour détournement de fonds publics (après une affaire identique au Centre Pompidou). Elle est alors remplacée par Laurent Vallet en mai 2015. Reconduit en mai 2025 par Rachida Dati, ce dernier ne terminera donc pas son troisième mandat, pour cause, cette fois-ci, de cocaïnomanie.
Cette nouvelle affaire intervient alors qu’a été annoncé par le ministre de la Culture un projet de holding, France Médias, dans lequel se retrouveraient France Télévisions, Radio France et l’INA.
Avec la montée en grade d’Agnès Chauveau, la question se pose : l’INA va-t-elle enfin en terminer avec les bruits de casseroles qui troublent sa vie depuis plus de dix ans ? Que nous raconte donc le curriculum vitæ d'Agnès Chauveau ? Côté études, on note son passage à Sciences Po Paris, où elle obtient un doctorat et se spécialise dans les médias. Un temps chargée de mission à la présidence de la Bibliothèque nationale de France (BnF), elle revient en 2005 à Sciences Po afin d’y participer à la création d’une école de journalisme interne, dont elle devient directrice exécutive. Parallèlement à ces expériences, on la retrouve dans plusieurs médias, à la radio avec France Culture (Les Retours du dimanche et Soft Power) et à la télévision sur la chaîne Histoire, France 5 et, actuellement, dans l’émission Rembob’Ina, présentée par Patrick Cohen sur La Chaîne parlementaire (LCP).
Plagiat... Un « oubli » ?
Il y a tout de même une ombre au tableau de chasse de cette ambitieuse spécialiste des médias : son renvoi, en janvier 2015, de l’école de journalisme de Sciences Po pour suspicion de plagiat. La direction de la rue Saint-Guillaume l’avait, dans un premier temps, mise en congé prolongé après des révélations du site Arrêt sur images. Ce dernier l’avait prise en flagrant délit de « copier-coller et absence de citation » d’un de ses articles. Après enquête, le site s’est rendu compte que la coupable pratiquait, en réalité, « de petits copier-coller... en série » des travaux de ses amis et confrères de la presse de gauche (Mediapart, Le Monde, RFI… ) afin de nourrir ses chroniques « Soft Power » (sur France Culture) ainsi que ses articles sur le site du Huffington Post.
Si l’accusée avait plaidé le simple « oubli » (répété, dans ce cas) et l’absence totale de malhonnêteté, Sciences Po avait cependant estimé, dans son communiqué, que « l'école, qui enseigne la déontologie, ne peut prendre ce genre de choses à la légère ». La nouvelle patronne de l'INA s'installe donc, quoi qu’il en soit, auréolée d'une réputation qui lui collera à la peau comme le morceau d’adhésif au doigt du capitaine Haddock… De quoi s'interroger sur les valeurs de nos hauts fonctionnaires de la culture...
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74 commentaires
République bananière….
Les portes tournantes. Je sors, tu rentres. Je rentres, tu sors.
Rien ne dit que Vallet ne va pas prendre la place « Vacante » à Sciences-Po.
Attention, le syndicat des anciens de l’ENA ne laisse pas tomber les copains.
A propos de Sciences-Po, on en est à combien de scandale ??
Les portes tournantes.
Rien ne dit que vallet ne va pas prendre le poste qu’elle avait à Sciens-Po.
Attention, le syndicat de l’ENA ne laisse pas tomber ses petits.
« l’école, qui enseigne la déontologie, ne peut prendre ce genre de choses à la légère ». Sciences Pipeau et déontologie est un oxymore. Ces gens sont drôles. Le hic c’est qu’ils le sont de manière involontaire.
Hélas, je ne m’interroge plus vraiment… Mais merci à vous, m. Lombard, merci BV, merci aux quelques journalistes encore intègres.
Comme d’habitude, Macron touche au sublime. Il a réussi à nous coller une de ses anciennes ministres, Charlotte Caubel, à la vice-présidence du Parquet de Paris. Elle dirigera une des cinq divisions du Parquet le plus puissant de France. Elle avait pourtant été classée 16ᵉ sur 17, lorsqu’elle s’est proposée pour devenir Procureur de Créteil. Mais elle est la femme du PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, intime des Macron et d’Édouard Philippe.
La place est d’importance. Le Parquet de Paris prend en charge les affaires les plus sensibles et politiques du pays. C’est lui qui décide, dans l’immense majorité des affaires, qui est ou non poursuivi…
Marine fait gaffe !!
Magouille et compagy
Ca sent l’entre soi encore! Je ne sais pas ce qu’il trouve avec les anciens de sciences po en leur donnant des responsabilités. en effet, vu l’état de la France, on se dit que se sont des bons à rien et il serait peut être temps de fermer cette école! Pour info, j’ai 45 ans et j’avais un moment un ami de sciences po en Angleterre qui s’en mettait plein le pif. Quand on voit toutes les drogues qu’ils prennent au final, on se dit que sciences po est accessible à tout le monde si c’est un rouge!
Votre conclusion écrite : « De quoi s’interroger sur les valeurs de nos hauts fonctionnaires de la culture…
a de quoi faire rire ! …
SI ce n’était qu’au sujet des « hauts fonctionnaires de « La Culture » qu’il fallait s’interroger sur leurs valeurs alors la France ne serait pas dans cette chute abyssale civilisationnelle ! …
Je dis « dans une chute » car ces « hauts fonctionnaires » continuent à creuser dans tous les coins de toutes les administrations françaises qui sont en putréfaction ! …
Ce n’est pas 600 grammes de cocaïne mais 600 euros. Ce que vous présentez comme un « coup de filet » est en réalité la banale interpellation d’un dealer venant de refourguer quelques grammes de cocaïne à un consommateur célèbre.
Ah, sciences-po, en 1988, directeur de mémoire d’un directeur-stagiaire j’avais été amené à demander le licenciement (obtenu) de ce dernier pour plagiat intégral d’une thèse intitulée « les détenus politiques » soutenue à Nice ! Sciences-po devrait être dissous !
CQFD ANTISYSTEME. Sciences-po, non pas dissous, mais un autre chef d’orchestre à sa tête .
les copains sciences pipeau Paris et l’école nationale des amateurs, arrivent a se recaser entre-eux.
Tout à fait, c’est une soit-disante école, refuge de fils à papa complétement déjantés
Ce qui me dégoûte encore plus c’est que cette caste est présentée comme « zélite » de la FRANCE ! …
Ils pourrissent par la tête et tout comme les poissons « se dirigent » AUSSI tout comme les poissons ! …
Il ne faut pas s’offusquer du débarquement du cocaïnomane: S’il s’agit de lui octroyer de la clémence en considérant qu’il s’agit d’une maladie, alors l’assuétude est bien une maladie mentale. Et un malade mental à la tête de l’INA ça « fait désordre ».
Laurent Vallet suspendu pour l’achat de 600 g de cocaïne ce monsieur est un très gros consommateur, t je me demande s’il est payé et où il sera nommé après cette suspension? La nouvelle venue ne départ pas dans le paysage
Trés honnêtement il y a une erreur, c’est 600 € et non 600 gr ! Mais peu importe le mal est là
Certainement pas avec B. Retailleau qui se démène comme un beau diable contre le narcotrafique. Quand on a des élus comme Vallet le combat est loin d’être gagné.
Les gueux ne sont jamais contents
:-))