À Saint-Denis, le gisant d’un « roi mérovingien » tourné en dérision lors d’une sortie scolaire

Le diocèse de Saint-Denis s'est dit « profondément consterné » par cette mise en scène jugée irrespectueuse.
©Boulevard Voltaire
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Mise à jour, le 9 février : À la suite d’un communiqué du diocèse évoquant « un roi mérovingien », et malgré les indications du cercle d’Action légitimiste pointant le gisant de Charles Martel, il apparaît que l’identification ne peut être établie avec certitude. Le gisant de Clovis II, souverain mérovingien, étant disposé à proximité immédiate de celui de Charles Martel, la confusion reste possible. Reste qu'un roi de France a bien été coiffé d'un bonnet phrygien au sein même de la nécropole royale.

Pour apprendre la Révolution française aux enfants, quoi de mieux que de tourner en dérision les gisants de nos rois de France, au cœur du lieu sacré qui les abrite ? C’est l’idée cynique que semblent avoir eue, le 27 janvier dernier, des animateurs scolaires à l’occasion d’une sortie de classe au sein de la basilique Saint-Denis, nécropole des monarques de France.

« Une insulte envers les rois de France »

« Triomphe de Marat » et bonnet phrygien, c’est dans cette atmosphère grotesque, malgré le caractère sacré du lieu, que des éducateurs grimés en sans-culotte, ont donné lieu à une représentation sur la Révolution française et ses figures, auprès des enfants qu’ils encadraient. Témoin de ce « spectacle », c’est un militant du « Cercle d’action légitimiste » qui a dénoncé les faits, repris par son association qui a vu dans cette « scène ahurissante » « un véritable blasphème, une insulte envers les rois de France [...] et la propagande républicaine subie par nos enfants ». Sur les photos publiées par le militant, on peut voir le gisant de Charles Martel affublé du bonnet de Marianne.

Charles Martel, une cible pour la gauche et l’islam

Sans même évoquer l’outrage que représente une telle scène dans un lieu de culte, le grand-père de Charlemagne, mort en 741, n’a évidemment aucun lien avec la Révolution française. Son nom renvoie surtout à un tout autre épisode de l’Histoire de France, celui de la bataille de Poitiers, en 732, au cours de laquelle il repoussa l’armée arabo-musulmane commandée par Abd al-Rahman. Alors, pourquoi s’en être ainsi pris à cette figure, à travers une saynète burlesque et anachronique ?

Ces dernières années, la recrudescence des attaques symboliques contre son personnage a imposé Charles Martel comme une cible récurrente des mouvances islamistes et d’une partie de l’extrême gauche. En décembre 2024, trois jeunes radicalisés avaient ainsi été interpellés alors qu’ils projetaient un attentat islamiste contre la mairie de Poitiers, en référence explicite à la bataille qui avait repoussé les Maures. Deux mois auparavant, dans la même ville, plusieurs rues avaient été rebaptisées du nom de chefs du Hamas et de figures terroristes pro-palestiniennes. Si l’action n’avait pas été revendiquée, elle avait été relayée par le Mouvement des jeunes communistes de la Vienne, conduisant le préfet à saisir le procureur de la République pour apologie du terrorisme.

Accusé d’être instrumentalisé par les milieux identitaires ou patriotes qui voient dans ce personnage le symbole de la résistance française face à un islam conquérant, Charles Martel est encore présenté par certains comme une figure « raciste » ou « islamophobe ».

Dans un tel contexte, le voir utilisé comme support d’une mise en scène révolutionnaire, au cœur de la basilique de Saint-Denis, ne peut être considéré comme anodin. La question se pose alors de ce que ces encadrants ont entendu transmettre à des élèves lors de cette sortie scolaire. L’Éducation nationale avait-elle connaissance de l’organisation d’un tel « atelier pédagogique » ? À ce stade, le Centre des monuments nationaux n’a pas répondu aux sollicitations de Boulevard Voltaire.

Le diocèse « consterné » par cette « offense »

Contacté par nos soins, le diocèse de Saint-Denis affirme, de son côté, ne pas avoir été informé préalablement de cet événement. Il se dit « surpris, attristé et profondément consterné » par cette représentation, qui ne relève en rien de son initiative, assure-t-il. Le diocèse regrette une mise en scène perçue comme « une offense à la mémoire d’un défunt, à ses descendants » et à la basilique, « lieu sacré dédié à la prière et à la louange divine ». Il indique avoir interrogé le Centre des monuments nationaux pour avoir des « explications factuelles » sur « ce type "d'atelier pédagogique" » qui, selon lui, « ne valorise pas respectueusement l’Histoire de France, patrimoine commun à tous les habitants de ce pays ».

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 09/02/2026 à 12:13.

Vos commentaires

107 commentaires

  1. Cet atelier était bien dans le sens de l’histoire de France. Il s’agissait d’apprendre aux enfants la Révolution française. L’atelier n’a cependant pas été bien loin. Il aurait pu saccager davantage les tombeaux pour mieux faire vivre aux enfants les évènements de 1793…
    Apparemment beaucoup de gens ne peuvent s’empêcher aujourd’hui de se mettre Martel en tête, la psychiatrie fait ce qu’elle peut.
    Pour illustrer le Communisme, en lien avec la Révolution, l’atelier suivant n’aura qu’à adjoindre une faucille. Il faut avec le progrès que les petits français se mettent faucille et martel en tête et surtout en mains. Il y a du boulot pour rembourser la dette de la France..

    • Faucille et Marteau c’est très bien ! Mais vous oubliez le croissant de Lune. C’est de plus en plus important le croissant de Lune…

  2. Quelles sanctions ? Une France soumise, bafouée dirigée par un Macron sans autorité ? Un Macron qui se glorifie de ses résultats ? Beaux résultats. Il semblerait pourtant que sa laïcité empiète sur le domaine religieux en l’agressant ? Une sanction pour celui qui allume sa cigarette à la flamme du soldat inconnu ? Quelle sanction pour cet outrage envers le catholicisme ? Il semblerait que les services de Macron soient moins empressés et poussent moins de cris d’orfraie.

  3. Nous savions déjà que la gauche n’a aucune empathie bien au contraire elle se plait a insulter et discriminer a l’aide de la justice tout ceux qui ne pensent pas comme eux mais ce qu’il ne semblait pas évident c’est le manque de respect et pire encore un manque de respect sélectif, pas sur qu’ils auraient caricaturés le un portrait du prophète de la dite ‘religion’ d’amour et de paix que nous connaissons que trop bien.

  4. Quel est le niveau des accompagnants, sûrement pas très élevé. Et l’Etat socialiste ne pense qu’à faire taire ceux qui refusent leur anéantissement.

  5. Le délabrement de notre société est catastrophique, c’est Giscard et son acolyte Mitterrand que ce mouvement est en marche, complicité passive, lâcheté, intérêt personnel sont depuis les principales caractéristiques de cette caste politique nauséeuse. Cette république est celle des copains coquins. beurk !!

  6. Tous les jours, que Dieu fasse, nous avons à subir des désagréments notoires de ce genre, et après on se plaindra que les enfants sont « tordus » si on commancait par mettre hors d’état de nuire ces individus dit « animateurs « ??? qui n’ont ni foi, ni loi, et qui animent MAL.

  7. ces profs sont des gauchos qui déshonorent notre pays et nous les payons pour salir notre beau pays mais quelle honte .

  8. En IDF, pour être animateur scolaire, il faut zéro diplôme, même pas un BAFA, et un casier judiciaire n°2, c’est à dire un pseudo casier expurgé de tout ce que vous avez fait étant mineur, et d’une partie des condamnations comme majeur.
    Cela permet aux municipalités de fournir du travail aux potes de banlieues, à la tête des potes.

  9. Si Charles Martel était « islamophobe », alors De Gaulle était « germanophobe »… Et les résistants aussi!

    • Une phobie est une peur pas une haine. Si Charles Martel avait eu peur des musulmans il ne se serait pas attaqué a eux. Non il n’en avait pas peur mais il savait et combattait un islam conquérant, violent, et profondément anti chrétien. Ne soyons pas aveugle il en est de même aujourd’hui sous une forme bien plus insidieuse ou l’islam s’immisce dans toute la société de manière douce en apparence mais dès qu’ils ont une certaine majorité ou impunité l’islam plus radical s’installe de façon de plus en plus visible et active au détriment d’un catholicisme qui s’efface par la faute d’une démocratie républicaine anticléricale. La nature ayant horreur du vide la place est ainsi bien plus facile à prendre et le danger guète de plus en plus d’un radicalisme islamique qui s’impose partout ou la place est libre.

  10. Il faut aussi être en colère contres ces « animateurs » crétins qui, par leur propagande, entreprennent de tourner ces pauvres enfants en crétins eux-mêmes. Pour assurer la relève?

    • Plus que contre les animateurs qui, vu le mode de recrutement, ne sont que des benets, c’est surtout contrer leur hiérarchie qui laisse faire qu’il faut être en colère. Comment voulez-vous que des gamins ignares puissent aimer la France quand des responsables des leur éducation leur apprennent à cracher sur les figures de son passé. Ces gens devraient chassés de l’Éducation Nationale. Mais cette dernière étant noyautée par la gauche… Elle devrait pourtant relire cette fable de La Fontaine : « le villageois et le serpent »… Si les Français ne réagissent pas aux prochaines élections la France est foutue.

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