[CINÉMA] Avatar : le troisième volet d’une saga toujours plus repentante

Tout est bon, ici, pour véhiculer la haine de l’Occident et inoculer à la jeunesse le poison de la haine de soi.
Copyright 2024 20th Century Studios. All Rights Reserved.
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Nouveau volet d’une saga dont les deux premiers épisodes se classent parmi les trois plus gros succès au box-office de toute l’histoire du cinéma, Avatar : de feu et de cendres vient tout juste de sortir sur les écrans et enregistre déjà de belles recettes. De quoi rendre optimiste le cinéaste James Cameron, qui réalise en ce moment les volets 4 et 5, et envisage même d’aller jusqu’à sept films…

Entré en phase de tournage alors que celui du deuxième volet n’était pas encore achevé, Avatar 3 se situe peu de temps après, alors que la tribu d’adoption du héros Jake Sully, surnommé Toruk Makto par ses pairs, se heurte à une nouvelle menace : le Peuple des Cendres, une autre tribu Na’vi, est en train de pactiser avec « les envahisseurs venus du ciel », à savoir les humains venus de la planète Terre. Nouée par le colonel Quaritch et par Varang, la chef ennemie, cette alliance contre-nature met la planète Pandora à feu et à sang, au grand désespoir de Jake Sully et de sa famille qui vont devoir à nouveau combattre.

Que de redite, que de clichés…

Avec un budget pharaonique de 250 millions de dollars, similaire à ceux des précédents volets, Avatar : de feu et de cendres réitère la même débauche visuelle, vidéoludique et laide, au bénéfice d’un scénario toujours plus enclin à la redite et de moins en moins inventif, résolvant les sous-intrigues à coups de deus ex machina et multipliant ad nauseam les scènes de guérilla et de violence gratuite ponctuées de dialogues insipides. Assommantes, les trois heures quinze de récit ne prennent même pas le temps d’élaborer de façon subtile ou recherchée ses personnages. C’est aussi vrai pour les héros de l’histoire que pour la tribu antagoniste qui ne fait que singer les Indiens d’Amérique, avec tous les clichés auxquels on peut s’attendre. On se souvient, à ce propos, de l’association amérindienne Indigenous Pride qui pointait déjà en 2022 – et non sans raison – un état d’esprit néocolonial dans cette saga : « Nos cultures ont été récupérées de manière nuisible pour satisfaire le complexe du sauveur de l’homme blanc. » Yuè Begay, la coprésidente de l’association, s’était surtout émue du mélange « sans discernement » d’éléments de culture amérindienne, maorie, africaine et viking pour caractériser les Na’vi. Et ce, afin de célébrer un certain primitivisme idéalisé, naïf et uniforme, et le mythe authentiquement bourgeois du « bon sauvage » en accord avec la nature. Une hypocrisie totale, en effet, quand on sait les moyens technologiques mis en œuvre sur cette saga et son éloge sous-jacent du transhumanisme…

Le discours habituel de la haine de soi

Toujours plus loin dans le politiquement correct, ce troisième volet d’Avatar nous montre que les envahisseurs venus de la Terre – comprendre, par-là, les Occidentaux (et on note étrangement le manque de « diversité » dans cette partie du casting…) – ne se contentent pas d’envahir ces « nouveaux Amérindiens de couleur bleue » mais sèment la zizanie entre les peuples en leur fournissant des armes à feu pour qu’ils se tirent dessus entre tribus rivales. Tout est bon pour véhiculer la haine de l’Occident et inoculer auprès de la jeunesse le poison de la haine de soi. Manipulateur, pervers, James Cameron, nous dit-on, aurait même poussé jusqu’au sectarisme crétin en imposant à son équipe de tournage et à ses comédiens un régime entièrement végétalien pour « sensibiliser davantage au message environnemental développé par l’histoire ». C’est dire l’état de déliquescence intellectuelle du personnage…

1,5 étoile sur 5

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

20 commentaires

  1. Et l’on s’étonne des risques que font peser ces films sur la santé mentale des spectateurs. On nous fabrique un monde de névrosés lobotomisés.

  2. Dès le premier film de la série, tout en étant séduit par un scénario bien construit et inventif, par une mise en scène et des images très créatives, une dynamique entraînante, des personnages intéressants, … je ne pouvais me départir d’un certain malaise, d’une gène diffuse qui ne s’était pas dissipée au fil du temps mais qui au contraire s’était amplifiée au point de me retenir d’aller voir le second volet.
    Vous expliquez très bien ici le dégout instinctif que j’ai ressenti pour ce film et la grossièreté de son « message ». Tant de moyens et d’intelligence mis au service d’une si vulgaire propagande militante, c’est consternant.

  3. Enfant, je n’aurais pas aimé ces films car j’ai toujours été sensible à l’esthétique et en fuyant la laideur. Raison pour laquelle je me demande pourquoi ces films peuvent avoir autant de succès auprès de la jeunesse car je ne pense pas être une exception… Ceci dit, combien feront un rapprochement entre les « blancs occidentaux » envahisseurs et ces personnages de fiction ? J’ai un doute.

  4. A part les prouesse de l’I.A. les scénarios de cette saga sont consternants ! Gaffes à vos neurones, hautement toxique !

  5. Ja-mais ce genre de « film », ni moi ni mes enfants. L’abrutissement de l’humain se targue en l’occurrence d’être idéologiquement correct et bien pensant. Quelqu’un qui ose dire le réel au sujet de ces horreurs va affronter la vindicte générale des êtres supérieurs qui,eux, savent où est la vérité anthropologique !

  6. Je ne suis pas cliente, mon univers cinéma se limite aux vieux polars. Mais tous ces pères-la-morale me font doucement rigoler : ça rêve de nous renvoyer dans des grottes mais ça jongle avec des milliards de $, ça vit dans un luxe d’une vulgarité écœurante, et je voudrais bien voir leur tête si leurs fantasmes de retour à la préhistoire leur tombaient dessus !

  7. Oh oui c’est flagrant dès le premier film que le mythe du bon sauvage est le crédo du réalisateur. Nous on le sait mais combien de gauchistes ne se sont jamais interressés aux philosophes des Lumières ? Je pense tous en fait et surtout les temps moderne qui ont largement balayer par l’épistémologie d’un revers de la main toutes ces théories Bisounours des grands naïfs de l’époque. Visiblement plus les siècles passent et certains (essentiellement les gauchistes) n’évoluent pas. Un exemple quand on lit beaucoup de Freud, il faut lire derrière le livre noir de la psychanalyse, c’est ça être un être humain intelligent et évolué. Eux parlent des idées de l’époque et oublient à chaque fois le contexte de l’époque quand ça les arrange.

    • D’aucuns ont perçu différemment le premier volet, et pas à l’avantage des natifs: on les présente comme tellement c…qu’ils ont besoin d’un renégat pour arriver à s’en sortir.

      • Ton commentaire est drôle et je ne l’avais jamais imaginé par ce biais, mais merci pour ton point de vue, tu m’as fait sourire :)

    • bienvenu au club… idem pour les H.Pottrer et autres super-héros. Un voyage en Angleterre pour collégiens prévoyait une journée entière de visite des studios et de « l’univers » d’H.Potter. ( Sur 4 jours!). Mes 2 filles n’y sont pas allées… Et ça ne leur a pas manqué !

  8. Maintenant, je suppse que la critique du film « Deviver me from nowhere », biopic sur Bruce Springsteen, sera l’affaire de notre ami Nicolas Gauthier…

  9. Je l’ai vu dimanche..moins plaisant pour moi qie les deux premiers..3h 18 de combats bruyants dans une penombre permanente gachent un peu la beaute des decors imagines..pour autant,je n’y ai pas vu de messages  » bienpensants » aussi desagreables que 3 heures de programes tv du service public ou de bfmtv ,tmc,tf1 ou lci..
    Il s’agit juste d’un divertissement dans lequel je n’ai pas subi de  » message politique »..mais les gouts et couleurs!..

      • Il y avait donc un message politque,et je ne l’ai pas vu! En bien tant mieux..! Il fait dire que j’ai grandi avec les westerns de John Wayne, ou tout le monde trouvait normal de massacrer les méchants indiens qui refusaient d’abandonner leurs terres..sans doute un rééquilibrage moral..inconscient..mais je ne me revendique pas  » eclaire » ou intello..

  10. Je n’ai pas (encore ?) vu, donc, pas de point de vue.
    Je suis néanmoins surpris par les critiques presse sur Allociné: Cinq étoiles attribuées par le plutôt droitiste JDD, contre deux votées par les trés bien pensants Télérama, Le Monde et l’Huma.

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