Un ex-élu PS de Vaulx-en-Velin et délinquant sexuel en fuite en Algérie visé par Interpol

Condamné pour viols et agressions sexuelles, il avait disparu en Algérie avant son second procès en appel.
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Pour certains de nos compatriotes, l’Algérie peut se révéler une terre d’hostilité, surtout si, comme Boualem Sansal retenu une année dans ses geôles, on ose en faire la critique. Pour d’autres, qui chercheraient plutôt à échapper à la Justice française, elle peut, à l’inverse, devenir un refuge. C’est le cas de Morad Aggoun, ancien élu à la mairie de Vaulx-en-Velin et conseiller métropolitain, condamné pour viols et agressions sexuelles, en fuite depuis un an et aujourd’hui visé par une notice rouge d’Interpol.

Élu, violeur et recherché

C’est la dernière révélation, en date du 20 novembre, que Le Progrès a dévoilée sur l’affaire concernant cet ancien élu municipal du Parti socialiste, engagé en politique dans les années 1990. D’abord condamné par les assises du Rhône, en 2023, à dix ans de réclusion criminelle pour des faits remontant à 2014 et 2016, Morad Aggoun avait interjeté appel de cette peine et, après avoir passé trois mois en détention provisoire, il avait été placé sous contrôle judiciaire. Il avait ensuite attendu presque un an avant de profiter de sa liberté relative pour prendre la poudre d’escampette à l’approche de son second procès en appel, défiant l’interdiction de quitter le territoire et échappant ainsi de justesse à une peine alourdie à quinze ans de réclusion criminelle. Direction Oran, d’où sont originaires ses parents et où il se volatilise alors sans laisser de trace. Depuis, son nom figure au fichier des délinquants sexuels d’Interpol.

Un profil qui fait tache sur la municipalité socialiste

L’affaire, dont les premiers éléments judiciaires remontent à 2016 après le premier dépôt de plainte d’une victime, s’est étirée dans le temps au point de rattraper, encore en avril dernier, le maire socialiste de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy. Mediapart révélait alors un épisode survenu au détour d’un numéro du magazine municipal où la tribune d’un élu écologiste avait été remplacée par un encadré indiquant que son texte n’avait pu être publié. L’intéressé y voyait une tentative d’éteindre un sujet embarrassant : la gestion, par l’équipe municipale de l’époque, des premières alertes visant Morad Aggoun.

Car ce dernier n’était pas un élu périphérique. Figure issue des réseaux associatifs, militant pour « porter la voix des quartiers » aux côtés d'Abdelkader Lahmar, député La France insoumise depuis 2024, il gravit les échelons jusqu’à devenir deuxième adjoint d’Hélène Geoffroy, lorsque cette dernière accède à la municipalité en 2014. Dès lors, il est chargé du personnel municipal. Et rapidement, plusieurs signaux internes avaient circulé : demandes de changement d’affectation, comportements jugés déplacés, malaise persistant dans son entourage professionnel.

Hélène Geoffroy assure, de son côté, avoir agi immédiatement lorsqu’elle a été informée de faits susceptibles de constituer une infraction : elle assure avoir orienté la victime vers le commissariat, avoir transmis le témoignage de la plaignante au procureur et avoir retiré l’intéressé de ses fonctions d’adjoint. Elle portera d’ailleurs plainte contre l’élu écologiste pour diffamation.

Mais pendant que Vaulx-en-Velin débat encore sur la manière dont l’affaire a été traitée en interne, Morad Aggoun reste hors d’atteinte, quelque part en Algérie. La notice rouge d’Interpol matérialise la demande d’arrestation de la Justice française, mais rien ne garantit, à ce jour, qu’elle sera exécutée. L’affaire demeure donc en suspens.

Vos commentaires

49 commentaires

  1. C’est bien la double nationalité !!! Et de plus un élu !!!! Vive l’immigration une richesse pour notre pays ….

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