[POINT DE VUE] Vénissieux : la mairie PCF donne le nom d’une militante FLN à un bâtiment

Pourquoi rendre hommage à une femme qui conspira pour assassiner des civils français innocents ?
drapeau algérien

Mardi 26 août 2025, la mairie de Vénissieux a inauguré un bâtiment flambant neuf - un bâtiment « plurifonctionnel », nous apprend France 3 Régions : il comportera une bibliothèque, des « conseils de quartiers » et des locaux pour diverses associations. Comme tous les bâtiments municipaux, cet édifice moderne portera un nom. On le connaît, désormais : il s’appellera « Annie Steiner ». Vous ne connaissiez probablement pas le nom de cette dame avant de lire cet article. Annie Steiner n’est pas une scientifique ni un écrivain célèbre ; ce n’est même pas une militante pour l’avortement ou une égérie révolutionnaire. Non : c’est une femme politique, et pas n’importe quelle politique. Annie Steiner, en effet, était une militante du Front de libération nationale (FLN) algérien, pendant la guerre d’Algérie. D’origine pied-noir, elle fut condamnée, en 1957, à cinq ans de prison pour avoir participé à l’élaboration d’attentats à la bombe. La Justice française la libéra en 1961. Elle fut ensuite l’une des premières femmes à obtenir un passeport algérien, lorsque le pays accéda à l’indépendance.

Décorée de l’ordre du Mérite algérien

Annie Steiner raconta elle-même que ce fut la Toussaint rouge du 1er novembre 1954 qui la poussa à s’engager dans les rangs du FLN. Cette série d’assassinats coordonnés fit neuf morts, dont deux « musulmans », comme on disait alors. Mme Steiner, qui était alors chez elle avec son mari et des amis, applaudit spontanément la nouvelle. Pleine d’enthousiasme, elle offrit alors ses services à ce qui était alors un groupe terroriste. Elle transporta des plans de fabrication de bombes avant son arrestation, devint fonctionnaire dans l’administration de son nouveau pays, puis mourut en 2021. Décorée de l’ordre du Mérite algérien, elle est enterrée dans le carré chrétien du cimetière d’El-Alia, à Alger.

En bref, la mairie communiste de Vénissieux vient de donner le nom d’un bâtiment municipal français, sur le sol de France, à une femme qui a choisi de lutter contre la France et a détenu la nationalité algérienne de l’indépendance à sa mort. La préfecture du Rhône a émis un communiqué à ce sujet, expliquant le refus de la préfète de participer à cette inauguration : « Ce choix extrêmement contestable de valoriser le nom d’une Française militante du Front de libération nationale, complice, à l’époque, de la lutte armée, est de nature à diviser nos concitoyens. » Ce n’est pas faux, mais c’est tard : la préfecture a fourni 1,7 million d’euros, directement prélevés dans les poches de Nicolas, pour participer à la construction de ce bâtiment.

Les communistes ne déçoivent jamais

Le maire PCF de cette ville « populaire », pour utiliser une métonymie de gauche (la classe sociale pour éviter de parler de l’origine), a d’autres arguments : « Je ne crois pas que ce nom divise. Il reconnaît une histoire, au milieu d'autres. Les noms de Vénissieux sont un puzzle d'histoires : on ne peut pas transmettre uniquement ce que l'on veut, ni tout mettre sous le tapis », dit ainsi Michèle Picard. Pour elle, il s’agit d’« apaiser les mémoires », et ce, « des deux côtés de la Méditerranée », puisque après tout, « à Vénissieux, certains habitants ont hébergé des membres du FLN ».

Il faudrait peut-être nous dire pour quel côté de la Méditerranée roule Mme Picard. Vénissieux est en France, non ? Et ses habitants - on nous le dit sans cesse - sont « français comme vous et moi », non ? Pourquoi rendre hommage à une femme qui conspira pour assassiner des civils français innocents ? Les communistes ne déçoivent jamais - sauf que cette fois, ce sont eux les « idiots utiles », pour reprendre la formule par laquelle Lénine définissait les « compagnons de route ».

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

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