[VU D’ARGENTINE] Milei savoure un succès surprise dans une partielle à Buenos Aires
Javier Milei n’est décidément pas un homme en quête de respectabilité et ne le sera probablement jamais. Ses rapports des plus rugueux avec la presse en sont une éclatante démonstration. Aussi fallait-il un événement exceptionnellement satisfaisant pour l’inciter à un cessez-le-feu probablement très provisoire. En effet, tout à la joie d’un succès peu attendu dans l’élection partielle de la ville de Buenos Aires, il a semblé sublimer ses griefs pour savourer sa victoire, ou plutôt la pulvérisation de ceux qu’il considère un peu à tort et beaucoup à raison comme ses adversaires.
Une victoire pour le parti de Milei
Descendons donc dans l’arène. Rappelons d’abord que l’Argentine est un pays fédéral constitué de 23 provinces et de la ville autonome de Buenos Aires qui, avec un peu plus de trois millions d’habitants, a, de fait, certains attributs de district fédéral. Elle dispose d’une assemblée législative et, comme les autres provinces, a la prérogative de pouvoir avancer les élections internes. Cependant, sa principale singularité est d’avoir, ces vingt dernières années, échappé à l’enfer péroniste grâce à la remarquable gestion du parti de centre droit de l’ancien président Mauricio Macri, cousin de l’actuel maire Jorge Macri. Ce dernier, pensant rallier ses ouailles qui flirtaient de trop près avec le tout nouveau parti de Javier Milei, La Libertad Avanza, a anticipé les élections de six mois pour esquiver l’effet de l’amélioration probable de l’économie à venir. La grenade lui a explosé dans les mains : un collaborateur, ancien maire aigri, lui a raflé une partie de ses électeurs, si bien qu’il a écopé de 16 % des suffrages alors que le poulain de Milei, inconnu du grand public il y a encore un an, caracolait en tête avec plus de 30 %. Les fidèles du kirchnerisme devaient, eux, se contenter de 27 %.
Au-delà de la ville de Buenos Aires, pour laquelle ces chiffres ne seront pas déterminants, la bombe propulse le parti de Milei vers des horizons prometteurs. En premier lieu, la somme du vote de son parti et des divers droites tout confondu donne 54 %, c’est-à-dire exactement le niveau de l’élection présidentielle. Pas mal, après le tour de vis phénoménal imposé depuis 17 mois. Le Pro, parti de l’ancien président Macri, ne résistera probablement pas au choc et ses partisans cèderont à la tentation d’émigrer vers des pâturages plus verdoyants. En ce qui concerne les kirchneristes, les règlements de comptes ont déjà commencé, et si l’on considère la génétique maffieuse qui est leur dénominateur commun, ajouté à une désespérante sécheresse financière imposée par la rigueur budgétaire, la descente aux enfers semble n’en être encore qu’à ses tout débuts. Comme un malheur n’arrive jamais seul, cette troupe de malfaiteurs vient de subir une déculottée intéressante dans des élections anticipées de trois autres provinces. Il leur reste, certes, encore la très puissante province de Buenos Aires, qui demeure pour l’instant leur fief et qui a annoncé des élections anticipées pour septembre, mais là aussi, la mouvance actuelle semble converger vers une union des droites qui, suivant les termes de notre président, lui permettrait d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil du kirchnerisme.
Des journalistes tout penauds
Mais voilà, les journalistes sont tout penauds. Les sondages, dans un élan quasi unanime, avaient calculé le score de Javier Milei à 20 %. Suivant les « informateurs bien informés », l’usure du pouvoir était palpable et allait bientôt être mise à nu. La libération du taux de change devait faire exploser l’inflation. Après un rebond, elle a chuté fortement, de même que la pauvreté. Par malchance, ces chiffres ont été publiés trois jours avant le scrutin... Le peso se réévalue face au dollar. Les acteurs économiques, toujours grincheux dans des temps d’austérité, admettent une certaine réactivation. Le très progressiste archevêque de Buenos Aires adopte un profil bas. Il est vrai que les nouvelles de Rome ne semblent sans doute pas réjouissantes.
Pour en revenir à la presse, elle n’a pas toujours fait preuve d’un courage renversant. Il n’y a pas de presse de droite de qualité à la française, en Argentine, et le bon peuple s’en méfie. Les temps sont mauvais. La perversité du président Milei a été jusqu’à supprimer la totalité de la publicité officielle dans les médias ! C’est ce qu’il appelle une économie démocratique. Cette manne issue de la planche à billets était, dans l’ancien régime, très utile à la presse de gauche ! Une fois encore, les médias se drapent dans leur respectabilité. Le président qui les pousse vers plus de modestie les traite de racaille, de mercenaires du micro, de diffamateurs, manipulateurs, vendus, maîtres chanteurs et même de singes babouins.
Tout cela a un petit côté capitaine Haddock, mais Javier Milei ne boit pas une goutte d’alcool.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































19 commentaires
Il est clair qu’il faut un dirigeant déterminé et courageux pour réformer un pays ruiné par des décennies de démagogies, commencées avec Peron.
C’est ce qu’il risque d’arriver à la France qui ne réagira qu’une fois au fond du gouffre.
Analyse politique impeccable, et plus encore, la plume de l’auteur est remarquable. La fin de l’article est tout simplement géniale. Félicitations ! »
Leçon de l’histoire: il semblerait que les électeurs partout dans le monde se libèrent de l’influence des médias. Le réel est en train de tuer le mensonge progressiste.
Puissiez vous avoir raison.
Et en France, nous avons un Bruno Retailleau qui a le vent en poupe et se propose de faire alliance avec un Édouard Philippe qui choisit de voter à l’extrême gauche pour lutter contre la pseudo extrême droite ! A quand un Milei en France ?
A chacun son Trump. A quand notre tour ?
Encore un exemple que l’on pourrait suivre, la suppression de toute subvention aux media. Et nous pourrions aussi supprimer les media publics (France TV et Radio France).
Ces Argentins ne s’y sont pas trompés. Vu d’ici, nous allons nous contenter de nos journalistes manipulateurs !
Compte tenu de ce que nous pensons des nôtres, il est fort à parier que nous suivrons le même chemin.
Ah ces sondages!
Ils influencent les moutons de Panurge. D’où leur nécessité. Ils devraient être interdits.
La vrai droite et la vrai liberté c’est Javier MILEI et certainement pas les Pécresse, Retailleau et toute la clique LR, tous aussi médiocres les uns que les autres. La droite n’existe pas en France. Et ceux qu’on nomme l’extrême droite ont un programme de gauche et pro UE…vaste blague. Merci aux argentins de nous montrer le chemin. Viva la livbertad, Carajo!
Je suis libertarien !!
En voila de bonnes nouvelles ! Cependant attendons un peu pour juger en définitive.
Les argentins ont bien vu leur niveau de vie augmenter grace à la baisse des prix de nombreux produits de première nécessité . Pour beaucoup , la priorité c’est le contenu du réfrigérateur et du porte monaie , alors ils vont soutenir de plus en plus leur bienfaiteur populiste .
Intéressant à suivre ..
N’était -ce pas un peu prévisible ?
Milei est ce qu’il fallait à l’Argentine et il ferait du bien en France.
Oh oui !!
!Brillante!