20 août 1955 : les massacres oubliés du FLN dans le Nord-Constantinois

La stratégie du FLN lors de ce drame pourrait avoir inspiré le Hamas lors des massacres d’octobre 2023 contre Israël.
Photo Pexels
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Le 20 août 1955 constitue un tournant majeur dans l’histoire de la guerre d’Algérie. En effet, cette journée, marquée par des violences extrêmes dans le Nord-Constantinois, a profondément modifié le cours du conflit. Méconnue ou oubliée, elle est aujourd’hui commémorée par le Cercle algérianiste national, une association fondée en 1973 pour préserver la mémoire des Français d’Algérie et défendre leur histoire. Mais chez LFI, on rend au contraire hommage aux tueurs du FLN.

Un soulèvement sanglant instrumentalisé par le FLN

Le 20 août 1955, le Front de libération nationale (FLN), dirigé par Youcef Zighoud, lance une offensive simultanée dans plusieurs localités du Nord-Constantinois, notamment à Philippeville (actuelle Skikda), El Halia, El Arrouch, Aïn Abid et Saint-Charles. Selon le Cercle algérianiste national et sa présidente Suzy Simon-Nicaise, l’objectif était alors de « sauver la révolution » et de préparer « une opération pour compromettre la population musulmane, récupérer des armes, punir "les traîtres", s’attaquer aux "colons" et aux bâtiments officiels ».

À El Halia, vers midi, le village est attaqué par des bandes d’émeutiers armées, selon le délégué général du gouvernement français en Algérie Jacques Soustelle, « de gourdins, de couteaux, de haches, d’outils aratoires ». Les assaillants, encadrés par des agents du FLN, massacrent 37 Français, dont des femmes et des enfants, dans des conditions particulièrement cruelles. Des massacres similaires ont lieu à Aïn Abid, Saint-Charles et Philippeville, faisant au total 119 morts parmi les civils européens, 48 membres des forces de l’ordre et 42 musulmans francophiles. À El Arrouch, l’attaque se fait même à l’appel d’un muezzin du haut de son minaret.

Jacques Soustelle racontait : « À Aïn-Abid et à Oued-Zenati, des cadavres jonchaient encore les rues. Des terroristes prisonniers, hébétés, demeuraient accroupis et silencieux sous la garde des soldats. Les familles européennes épargnées étaient encore réfugiées dans les mairies ou, sur le pas des portes, commentaient avec accablement les scènes atroces de la veille. Des femmes, le visage ravagé par les larmes, invoquaient inlassablement les disparus, et les enfants poussaient des clameurs déchirantes. Alignés sur les lits dans des appartements dévastés, les morts, égorgés et mutilés (dont une fillette de quatre jours), offraient le spectacle de leurs plaies affreuses. Le sang avait giclé partout […] À l’hôpital de Constantine, des femmes, des garçonnets, des fillettes de quelques années gémissaient dans leur fièvre et leurs cauchemars, des doigts sectionnés, la gorge à moitié tranchée. »

Ainsi, comme le souhaitait le FLN, en représailles, des milliers d’Algériens sont tués, et plusieurs centaines sont blessés. Cependant, le nombre précis varie selon les sources et s’oppose aux 12.000 victimes évoquées par le gouvernement algérien.

Les conséquences immédiates et à long terme

La violence des attaques et la brutalité de la répression ont choqué l’opinion publique française et internationale. Jacques Soustelle, bouleversé par les événements, et après avoir constaté le bilan humain de cette tragédie, déclara : « Il n’y a pas d’alternative, c’est la guerre, il faut la faire ! », marquant ainsi la fin de toute tentative de conciliation et le début d’une guerre totale.

Le 20 août 1955 a contribué à polariser davantage les communautés en Algérie, creusant le fossé entre Européens et musulmans et rendant toute réconciliation plus difficile. L’événement marque également un tournant dans la stratégie du FLN, qui décide d’adopter des méthodes de lutte plus violentes et plus ciblées afin d'attiser la haine vengeresse de la France.

Le Cercle algérianiste national

Le 20 août 1955 est un événement central, dans les activités du Cercle algérianiste. Chaque année, l’association organise des cérémonies pour honorer les victimes et rappeler les souffrances endurées par les Français d’Algérie. En effet, s’il ne peut y avoir de hiérarchie dans le deuil et la douleur, il ne faut pas oublier que le sang français a également été versé et que ceci doit être respecté et évoqué par nos politiques.

Le Cercle algérianiste national milite également pour que cet événement soit connu de tous. Pour l’association, les méthodes employées par Youcef Zighoud et le FLN, consistant à utiliser des populations civiles comme armes et boucliers humains, ont été reproduites par le Hamas en octobre 2023 contre Israël. Dans ce contexte, Israël, comme la France en 1955, mène une dure guerre de représailles contre son ennemi, au risque de finir par être perçu comme le seul responsable de ce drame, tandis que le monde oublie qui en est véritablement à l’origine.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Ces massacres qont été réalisés le 20 Août au cri de DJIHAD car Août 55 correspondait au mois DHOU EL HIDJA dans le calendrier musulman :ce mois était sacré ,car correspondant au début de l’Hégire et des pélérinages à la Mecque .On nous rabache la Guerre d’INDEPENDANCE car nous projetons notre identité sur les autres PEUPLES.CETTE TERREUR en 1955 a été la volonté des Frères Musulmans pour redonner sa place à l’Islam dans les pays où la Démocratie gagnait du terrain…On en a les conséquences avec le 7 Octobre où nos politiciens ( et pas qu’eux ) considèrent que les terroristes du Hamas sont des combattants car Israel est « colonialiste » !Même stratégie qu’en 1955 ! Et tous nos formatés par nos historiens idéologues sont incapables de reconnaître que c’est l’Anti-judaisme PUR !

  2. Des amis pieds-noirs m’ont fait connaître le Cercle algérianiste national – dont on entend peu parler – et je les en remercie.

  3. « un tournant dans la stratégie du FLN, qui décide d’adopter des méthodes de lutte plus violentes et plus ciblées ». Aucun tournant. Le FLN, amplement financé par Moscou (mais aussi par Washington) a constamment utilisé la stratégie communiste d’assassinats ciblés afin de provoquer une réaction suffisamment violente pour en « oublier » la cause initiale. Techniquede base de Lénine et Trotski, peaufinée ensuite par Staline.

  4. Ce qui est important de ne jamais oublier , c’est que les auteurs de ces massacres n’étaient pas connus comme islamistes radicaux , militants de Daech ou d’ al-Qaida . Ce n’étaient que des algériens ordinaires qui cotoyaient quotidiennement les européens . La situation politique ne suffit à justifier , excuser voire pardonner pour certains , tout ce sang d’innocents versé . Il y a autre chose que l’on omet de nous dire et cette chose perdure au fil des générations qui se succèdent sur notre sol .

    • Il y a « la culture » et le degré de civilisation avec cette particularité que l’est algérien était sans doute plus en retard, plus à l’écart que d’autres régions. Et Il y a la méthode de la subversion communiste et dans cette méthode il y a la propagande, l’organisation politique et l’instauration d’un climat de terreur auprès des populations musulmanes, et la drogue. Les assassins de ces journées sanglantes étaient tous ou presque sous l’emprise du cannabis à haute dose. Cette situation est parfaitement décrite dans l’ouvrage du Général Paul Aussaresses (Services spéciaux).

  5. « les français d’algérie » : les massacres par le FLN ont été réalisés sur des population d’origine française…de 2ème ou 3ème génération….ils se sentaint, eux, algériens
    et chez nous…en 2025….on n’a pas le même raisonnement ?

    • Vous faites erreur. Les Français d’Algérie se sentaient parfaitement Français, tellement Français qu’ils se sont battus comme leurs frères d’armes de métropole pour la France en 14-18 et en 39-45, qu’ils ont fait vivre en Algérie la culture, les sciences et les Arts de la France, tellement Français que lorsque les départements français d’Algérie sont devenus l’Algérie indépendante, il sont, nolens volens, rentrés en France. Pied Noir, héritier de 5 générations qui ont fait l’Algérie Française, je me vois mal avec un passeport algérien en poche. Et les rares exceptions que quelques uns dans ma très nombreuse famille firent pour tenter de rester en Algérie après l’indépendance furent de bien courte durée. Au fond Ils étaient Français. Et ils ont fini par être chassés. Parce que Français.

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