Xavier Bertrand veut virer le général Gomart : c’est clair, non ?
Il n’a pas tort, Xavier Bertrand. Dans une lettre adressée à Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, le président du conseil régional des Hauts-de-France demande que soit clarifiée « la ligne idéologique et stratégique » de son parti. Il est vrai que ça fait un moment que l’on a un peu de mal à suivre cette ligne idéologique ou stratégique : soutien sans participation au gouvernement Lecornu, mais néanmoins participation à titre personnel de personnalités LR à ce gouvernement, suspendues de leur appartenance au mouvement mais, re-néanmoins, soutenues et investies lorsqu’elles sont candidates aux élections municipales, comme Rachida Dati. Compliqué.
Compliqué, aussi, la dénonciation d’un « budget socialiste » sans pour autant censurer ce gouvernement. En fait, on a bien compris que la ligne n’est ni idéologique, ni stratégique, mais tout simplement tactique : essayer de passer l’obstacle d’une éventuelle dissolution qui risquerait d’être un carnage électoral en espérant que demain, ça ira mieux, qu’on ne sait jamais ce qu’il peut arriver, et tirer des bords jusqu’à 2027. Donc, Xavier Bertrand n’a pas tort : il faut clarifier.
Pour gagner, soyons nous-mêmes.
Ma lettre à @BrunoRetailleau pour 2027 pic.twitter.com/ESQOec9oAq
— Xavier Bertrand (@xavierbertrand) February 4, 2026
Après la « défaite cuisante et historique » de Haute-Savoie
Il n’a pas tort et a même plutôt raison lorsque, dans ce courrier, il pointe du doigt « la défaite cuisante et historique lors de l’élection législative partielle dans la 3e circonscription de Haute-Savoie ». C'est peu dire. Mais curieusement, pour Xavier Bertrand, cette défaite est la preuve de la nécessité de cette clarification. Il semble bien, pourtant, que l’électorat de cette circonscription, qui a toujours été a droite, a « fait le job » : « Les électeurs ont préféré un candidat de l’extrême droite », constate, lui-même, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui se garde bien de préciser que le candidat LR a été soutenu par la Macronie, la gauche et l’extrême gauche au second tour de cette élection. Les choses sont donc claires, tout du moins pour les électeurs.
Des mesures disciplinaires à l'encontre du général Gomart
Et puis, il y a cette prise de position du général Gomart (« M. Christophe Gomart », comme l’écrit Bertrand), député LR au Parlement européen : « Si j’étais Niçois, bien évidemment, je voterais Éric Ciotti. » Et d’ajouter : « Il faut bien une union des électeurs de droite, si on veut que la France se réforme. » Une ligne idéologique et stratégique claire. Enfer et damnation, Bertrand demande dans sa lettre à Bruno Retailleau des « mesures disciplinaires d'exclusion » à l’encontre de l’eurodéputé. Stricto sensu, au plan statutaire, Xavier Bertrand a sans doute raison. Demande courageuse, puisqu'elle place la question des principes au-delà de celle de l'attrition des effectifs ! En effet, rappelons que les députés au Parlement européen élus sur la liste LR étaient jusqu’à présent six (quand le RN en compte trente…) : François-Xavier Bellamy, Céline Imart, Christophe Gomart, Isabelle Le Callennec, Laurent Castillo et Nadine Morano. Laurent Castillo venant de quitter le groupe du PPE pour rejoindre le groupe Les Patriotes dans lequel siègent les députés RN, jusqu’où faudra-t-il poursuivre la saignée sans mettre en danger la vie du malade ?
Et le soutien de LR à Estrosi ?
Xavier Bertrand a donc sans doute raison mais, curieusement (pardon si nous nous trompons), il ne semble pas qu’il ait réagi (ou alors pas très fort) lorsqu’en décembre, les LR officialisaient « de manière officieuse leur soutien à Christian Estrosi à Nice », désormais Horizons, comme l’avaient titré malicieusement nos confrères de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cela mérite une petite explication, histoire de comprendre la ligne. Une ligne idéologique, stratégique ou tactique ? On ne sait trop. Le 17 décembre dernier, le bureau des LR annonçait qu’il désignait la sénatrice LR Dominique Estrosi-Sassone (ex-épouse de Christian Estrosi) comme « cheffe de file à Nice ». Cette nomination d’un nouveau genre à l’approche d’une élection municipale valait soutien officieux à la candidature d’Estrosi à sa réélection, puisque Mme Estrosi-Sassone est conseillère municipale et soutien du maire sortant Horizons. Du grand art.
C'est beau comme du Barbelivien
Mais reconnaissons que Xavier Bertrand a des principes. « Pour gagner, soyons nous-mêmes », a tweeté Bertrand, en postant sa lettre sur X. C'est beau comme du Barbelivien. Celui qui devint président de la région Hauts-de-France en 2015 grâce au désistement de la gauche pour faire barrage au FN préférera toujours faire élire un communiste ou un Lfiste qu’un RN ou un UDR. Une « ligne stratégique et idéologique » qui a au moins le mérite de la clarté. Une ligne droite, faite néanmoins de quelques allers-retours. Souvenez-vous : en décembre 2017, Xavier Bertrand quittait « définitivement » les LR après l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des LR, dénonçant « une dérive » (droitière). « Définitivement », c’est-à-dire pour toujours ? Pas tout à fait, puisqu’en définitive, Xavier Bertrand, en novembre 2021, reprenait sa carte aux LR. S’il n’en reste qu’un, ce sera lui. Définitivement ?
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126 commentaires
Bertrand dans ses grandes oeuvres. Soyons nous-mêmes, c’est à dire la fausse droite, des traîtres, des mous du genou. Il n’y a rien à attendre de ce triste sire, macroncompatible, gauchocompatible, bref compatible avec tout ce qui n’est pas la droite.
Bertrand : sa seule boussole politique, c’est tout contre le RN et Ciotti. C’est le prototype même du LR traître aux électeurs de droite qui ne veulent plus de ces opportunistes- carrieristes
Xavier Bertrand aime bien avoir deux vestes, une à l’envers une à l’endroit, suivant l’air du temps il retournera celle qui lui procurera la gamelle la plus avantageuse.
« Xaviez pas vu Bertrand ? oh la la la la la. Où est donc passé ce lien ? Il va me rendre fou… »
Si l’on devait désigner le plus faux-cul des LR il serait difficile de départager Wauquier et Bertand. En revanche il est de plus en plus évident qu’ils travaillent tous les deux pour la gauche.
Il est clair que LR ne militent que pour sauver leurs positions. Ils prétendent ne pas vouloir ajouter du chaos à l’ambiance actuelle. C’est mépriser la volonté d’une grande majorité de la population : Macron est à éjecter. Il ne peut qu’accroître l’affaissement de la France. Les dernières en date : partager notre puissance nucléaire, nous censurer par l’intermédiaire des réseaux sociaux, labelliser les médias. De la censure dans les grandes largeurs. Par exemple, lui viendrait-il à l’idée de consulter la population de temps à autre au lieu de jouer le petit dictateur d’opérette? Ce sont les français qui ont financé cette puissance nucléaire. Ils ont un droit de regard sur son devenir.
Donc, ce n’est pas en soutenant Macron, même par la bande, en copinant avec les socialistes en faveur de leur budget, qu’ils vont redorer leur parure.
LR dansent d’un pied sur l’autre, c’est dans leur ADN actuel. Nous sommes très loin d’une doctrine à la de Gaulle. Ce n’est pas la définition d’une ligne de conduite idéologique qui les fera évoluer. Au pouvoir, il retrouveraient bien vite ces comportements de feux follets, défauts de volonté, pas de vagues, etc.