Wokisme : ONU-Femmes passe le langage à la moulinette de l’égalité et de l’inclusivité

Et, sans surprise, l’Union européenne a financé le travail !
guide woke vignette

ONU-Femmes, organisme de l’ONU consacré à la condition féminine, publie un copieux document de 40 pages : « Lignes directrices pour l’utilisation du langage comme vecteur d’égalité et d’inclusion ». Comme dirait notre ami Laurent Firode… Bienvenue chez les woke !

Partant du constat que le langage influence « les attitudes, les comportements et les perceptions », qu’il façonne « la réalité des individus » (p. 5), le rapport en déduit qu’il faut le refaçonner, ce langage, afin d’atteindre le nirvana ultime : l’application concrète des « principes d’égalité des sexes et de non-discrimination ». Le langage est passé à la moulinette pour gommer les marqueurs sexuels, entraves à la bonne marche du monde. Les principes s’appliquent à l’anglais et à toute langue qui s’obstinerait à pratiquer une grammaire patriarcale.

Dites… Ne dites pas…

Comme au temps du « dites… ne dites pas » cher aux puristes guindés, un tableau sépare l’ivraie et le bon grain (p. 14-15). Ne dites pas « Mesdames, Messieurs », dites « Chers collègues, chers amis ». Ne dites pas « patrie » ni « langue maternelle » mais « pays natal », « langue natale ». Ne dites pas « fraternel » mais « chaleureux, intime ». Ni « maternel » mais « aimant, attentionné ». On voit qu’est imposé ici un véritable appauvrissement, car des mots chargés d’affectivité comme fraternel et maternel n’ont aucun synonyme valable.

Sont également bannis tous les mots composés avec « master » (maître) et « man » (homme). Si « man » et « woman » sont parfois tendancieux, reste qu’ils sont plus corrects que « male » et « female ». Ces mots, employés en anglais pour désigner des êtres humains, sont appelés à être éradiqués sans retour : trop biologiques. En fait de progressisme, ce refus de toute dénomination anatomique trop précise est une véritable régression à la pudibonderie XIXe, voire à la préciosité XVIIe.

Tintin au pays des SOGIESC

L’intersectionnalité du combat mené est telle que celui-ci ne s’arrête pas aux hommes et femmes, dérisoires reliefs d’un temps adamique et binaire. Le document se préoccupe des fameux LGBTIQ+ (p. 34-35). Ce truc à rallonge, si coté à la Bourse du progressisme depuis des années, perd de sa valeur. On lui préfère désormais le terme SOGIESC, qui désigne « les personnes ayant des orientations sexuelles, des identités et expressions de genre diverses et des caractéristiques sexuelles diverses » — ouf !

Ce n’est pas qu’un effet de l’usure des mots. Quelqu’un de plus progressiste que les autres s’est aperçu que l’acronyme LBGTQI+ reflète des mentalités occidentales. D’où SOGIESC, qui inclut « les personnes non binaires culturelles » : hijras en Inde, warias en Indonésie, baklas aux Philippines, fa’afafines dans les Samoa (p. 35). Les qualifier de transexuels exotiques ou ethniques serait une réduction à la fois sexiste et raciste, n’en doutons pas… Mieux vaut cette étiquette fluide, SOGIESC, qui l’est si peu à prononcer.

C’est lui et elle qui payent

Ce travail à vous désespérer les linguistes, à se faire pendre les grammairiens et s’étouffer les étymologistes, est en partie financé par l’Union européenne. C’est-à-dire par vous et moi, hommes et femmes bêtement binaires et bons à payer des impôts pour, en retour, s’entendre prêcher cette novlangue. L’auteur est une certaine Dolly Wittberger, experte en « Intégration de la dimension de genre et intégration à l’UE ». L'UE et l'ONU marchent main dans la main. Comme on comprend qu'à l'heure où les USA mettent au dépotoir toutes les politiques DEI (diversité, égalité, inclusion), Donald Trump ait décidé le retrait des USA de 66 organisations... dont ONU-Femmes !

Faisant fi de l’histoire des mots, des particularités de la langue et, enfin, de l’usage qui devrait être un repère à ne jamais perdre de vue, ces « Lignes directrices pour l’utilisation du langage comme vecteur d’égalité et d’inclusion » sont une glossectomie idéologique qu’il faut dénoncer avant qu’elle ne neutralise toutes les langues du monde. Sous couvert de diversité, le wokisme langagier est un vecteur d’uniformisation des mots et mœurs.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

35 commentaires

  1. Des résolutions absurdes et stupides qui permettent de justifier les salaires déments de certains à l’ONU! les pays occidentaux vont être les seuls à appliquer ce changement débile et les autres pays se moquer de nous. Cette capacité à se ridiculiser me dépasse et les femmes seraient plus intéressées par la répartition des tâches ménagères plutôt que ces élucubrations sorties d’un cerveau qui s’ennuie.

  2. Waw, bon on va s’y mettre à tout çà…Je pense aux Chinois, Japonais, Indiens, Papous, Zoulous, Arabes, qui vont devoir s’y mettre aussi puisque c’est l’ONU qui est à la barre, ( à défaut d’être inepte depuis longtemps pour gérer les conflits dans le monde).

  3. Cette « certaine Dolly Wittberger, experte en « Intégration de la dimension de genre et intégration à l’UE » ne va pas apprécier que Samuel Martin la présente comme  » auteur », nom masculin hérité du patriarcat haï. Mais pourtant, la qualifier d’ « auteur », c’est lui faire bien trop d’honneur.

    • Généralement, dans les textes inclusifs on a le titre en « inclusif » et puis, dès la première ligne c’est déjà oublié.

  4. Voilà pourquoi il faut soit s’en dégager soit transformer radicalement son fonctionnement. Plus de commissaires , olibrius politisés imposant normes, directives et subventions douteuses sans contrôle démocratique.

  5. Suis un boomer et le terme « inclusif » ne fait pas partie du vocabulaire commun depuis très longtemps. Commencent à nous gonfler avec leur(s) idéologie(s).

  6. Je pensais que l’ONU avait pour mission essentielle d’éviter et de neutraliser les conflits. C’est devenu une énorme usine à fonctionnaires, inefficace et plus encline à faire des réunions et des rapports sans intérêts que de se concentrer sur l’essentiel. Le droit international s’efface au profit de la force sous l’e regard passif de l’ONU.

  7. L’écriture inclusive ? Déjà que nos bacheliers d’aujourd’hui sont incapables d’accorder correctement un participe passé, nos zozos veulent les obliger à rajouter des « e », et des « iel » là où il n’y en a pas besoin. Adieu la langue de Moliere, bonjour le sabir, le baragouin, ce que mon institutrice (d’avant) appelait le « galimatias ». Et ils appellent ça le PROGRÈS.

    • Le galimatia est en fait devenu l’actuel globish. Tout le monde le parle plus ou moins, les « Inuits » de Nuuk, le routier roumain arrêté par les gendarmes sur la route, le patient qui déboule aux urgences avec comme premiers mots « moi pas français »et puis on lui parle en globish sinon c’est inutile on est dans le no comprendo.

  8. On attend avec impatience que nos justiciers de l’égalité et de l’inclusion, aillent manifester en Inde contre les 4 castes qui ne se mélangent pas, auxquelles s’ajoute une cinquième, les Intouchables, qui, eux, sont totalement rejetés par les autres… Mais on ne peut pas leur demander un impossible courage. Déjà qu’ils s’écrasent devant l’Islam qui rabaisse les femmes au rang de citoyennes de seconde zone, et ont la trouille de dénoncer le régime iranien qui tue les femme pour une histoire de voile mal porté…

  9. Faut-il que la France « débaptise » Molière ? Comment dénommer « Les précieuses ridicules » ?
    Si l’impuissante ONU (à Gaza, en Ukraine, au Yéme, au Congo, en Thaïlande, etc.) en est là !!!

  10. L’écriture inclusive nous est imposée de façon arbitraire alors que la langue française est si belle et précise. Elle n’a en effet pas besoin de ces « celles-zé-ceux » pour préciser les choses… Je refuse donc cette agression linguistique et renvoie sans les lire tout document libellé de la sorte.

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