[VIVE LA FRANCE] La France a de nouveau un fondeur de christs
La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État n’a pas eu que pour effet de rendre la France laïque. Elle a aussi engendré la disparition de métiers intimement liés à la religion catholique. Celui de fondeur de christs en est un. Grâce à l’association SOS Calvaires, il vient de sortir de l’oubli.
Si les fondeurs existent toujours en France, les fondeurs de christs, eux, ont périclité depuis qu’il est interdit d’édifier des calvaires sur le domaine public. Et un fondeur lambda (passez-nous l’expression) n’est pas capable de réaliser ce travail. Pourquoi ? Il n’est pas question de labellisation mais bien de savoir-faire. La figuration du Christ, les bras écartés, rend l’exercice périlleux. Contrairement aux statues classiques, tout le poids du Christ repose sur ses deux membres supérieurs et, pour que la statue tienne ainsi dans le temps, cela demande une certaine dextérité au moment du moulage. Dextérité perdue indirectement avec la loi de 1905 et retrouvée en 2025.
1905, une séparation et des pertes
SOS Calvaires, association apolitique et aconfessionnelle qui s’occupe de la préservation du petit patrimoine religieux que sont les calvaires, est sollicitée par des mairies près de « 50 fois par mois pour des Christ en croix à restaurer », comme l’indique à BV son président Louis Guéry. Jusqu’à présent, l’association n’avait qu’une possibilité : « ressouder ». Mais, comme l’explique son président, « ce n’est pas très solide ». Il poursuit : « Fort de ce constat, et voyant que la solution de la soudure n’était pas pérenne, nous avons travaillé avec un fondeur d’art. Nous avons réappris à fondre des christs », raconte-t-il, avant de se dire « satisfait » de voir « qu’on arrive aujourd’hui à faire comme il y a 100 ans ».
La relance de ce savoir-faire n’a évidemment pas qu’un intérêt technique : elle montre que le catholicisme revient tranquillement sur le devant de la scène. Louis Guéry le confirme à BV : « On sent bien qu’il est en train d’y avoir un appel d’air. » Le développement de son association en est une preuve. SOS Calvaires existe depuis 1987, mais a pris une nouvelle ampleur à partir des années 2020. Depuis 2023, un calvaire est rénové chaque jour et les bénévoles sont de plus en plus nombreux.
Louis Guéry détaille les motivations des personnes qui rejoignent l’association : « Il y a quatre dimensions : l’enracinement dans le territoire, le fait que nous menions à bien des actions concrètes, le fait de le faire à plusieurs et le spirituel. » En d’autres termes, les bénévoles aiment la France et ses régions, souhaitent que leurs actes aient du sens, se retrouver en communauté et se mettre au service du Christ.

Retour en grâce des catholiques
Louis Guéry met également le doigt sur une nouvelle réalité dans le christianisme : « Le fait d’aller porter une croix, c’est un acte visible dont les chrétiens ont besoin. » Les chrétiens de France ont en effet de plus en plus besoin de se montrer forts et fiers. Ils ressentent la nécessité de témoigner de leur foi. La montée en puissance de l’association SOS Calvaires en témoigne, mais ce n’est pas le seul signe de la rechristianisation de la France.
Depuis deux ans, le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse d’augmenter en France, les églises sont de plus en plus pleines, des personnalités défendent les racines chrétiennes de notre belle nation… Louis Guéry l’assure : « Il se passe quelque chose. » Un travail de patience, comme celui de fondeur de christs...

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21 commentaires
Écrire qu’SOS calvaire est une association aconfessionnelle est un oxymore. C’est comme le port salut, c’est écrit dessus. Et puis pourquoi avoir toujours besoin de ce genre de précision ? Cela aide t-il dans la compréhension du but que poursuit SOS calvaires ?
Un bel article qui redonne espoir
L’article, qui parle d’églises pleines, est sans doute quelque peu optimiste. Mais qu’il y ait un frémissement au sein de ce peuple déchristianisé qu’est aujourd’hui le peuple de France, c’est indiscutable. Chaque Français devrait avoir à cœur de nourrir ce frémissement pour en faire une vague. Le pays est menacé dans son existence même par de nouveaux barbares, il ne survivra pas sans une foi qui structure et donne un sens à l’action.
Attention, quand même, à ne pas assimiler tous les non-croyants (majoritaires) à des »barbares » !
la foi n’est pas une condition sine quoi non pour être un bon citoyen (j’espère !)
On ne peut pas à la fois lutter contre l’islamisation qui assigne les musulman à leur « religion » et assigner les Français au catholicisme. Que les Français prennent conscience de leur héritage chrétien est une chose, attendre d’eux une pratique « patriotique » en est une autre. Ce serait salir le message chrétien qui repose sur la foi, la proposition, pas sur la contrainte.