[VIVE LA FRANCE] À Nîmes, la Feria des vendanges clôt la temporada française
Les fêtes populaires seraient en perte de vitesse... Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas vrai à Nîmes ! Jeudi 18 septembre commençaient, à Nîmes, les Ferias des vendanges. Depuis 1978, tous les troisièmes week-ends de septembre, toute la ville vit au rythme des traditions taurines : des bandas résonnent dans tout le centre-ville, les grands boulevards sont piétonnisés, on y installe nombre de bodegas (des buvettes éphémères) et il n’est pas rare de croiser des autochtones en tenues traditionnelles. Les ferias sont de véritables fêtes populaires qui fédèrent la population de l’une des plus anciennes villes de France autour de leur héritage commun.
Peut-on imaginer les ferias sans les bandas ? Non. Nîmes en musique dès le matin … pic.twitter.com/cJSDlCBCre
— Victoire Riquetti (@VicRiquetti) September 20, 2025
Moins connues que les Ferias de Pentecôte qui drainent leur cortège habituel de fêtards pas toujours très urbains, les Ferias des vendanges (puisqu’à la fin des vendanges dans les Costières de Nîmes) sont plus intimistes, plus familiales, plus locales, plus ancrées. Les Nîmois les apprécient d’autant plus. Dernier acte de la temporada (saison taurine) française, une semaine après la Feria du riz à Arles, le programme des Ferias des vendanges fait la part belle au folklore. Concours d’abrivados (en occitan « élan », « hâte » : lâcher de taureaux que des gardians, les cow-boys camarguais, doivent conduire jusqu’aux arènes), corridas, animation par des bandas, des peñas ou encore des spectacles équestres, les vendanges dans le cadre magnifique des Jardins de la Fontaine, des becerradas (course de taurillons pour apprentis toreros) et des novilladas dans les arènes (corrida entre novillos – jeunes toros- et novilleros - jeunes toreros n’ayant pas encore pris leur alternative) ou encore la messe folklorique, le dimanche, à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor. Vous l’aurez compris, les ferias apportent avec elles non seulement leurs traditions, leurs rites, leurs usages, mais aussi leur vocabulaire. Fête populaire et enracinée, la feria rassemble les aficionados autour de la culture taurine, de la musique, des danses, des chevaux et de la gastronomie.
Dans les jeux gardians : le jeu du bouquet ! Le but est de le garder malgré les assauts des adversaires pour l’offrir à une demoiselle en échange d’un baiser de courtoisie … pic.twitter.com/fQCyo8vZT1
— Victoire Riquetti (@VicRiquetti) September 20, 2025
Fierté locale et transmission culturelle
Difficile de séparer la feria de la corrida, et si, à Nîmes, elle n’y est apparue qu’au XIXe siècle sous l’influence de l’Espagne, la tauromachie n’est pas qu’un simple spectacle : c’est aussi un ciment de l’identité locale. Comme Arles et Béziers, la ville de Nîmes est née pendant l’Antiquité romaine et la corrida, arrivée en 1853, est une résurgence de l’héritage latin des jeux populaires dans les arènes. Pour l’UVTF (Union des villes taurines française), « elle est le symbole par excellence de l’élévation de l’homme primitif, de l’état de nature à l’état de culture, par le dépassement de son instinct de conservation, au travers d’une recherche éthique et esthétique [mais c’est aussi] la conservation d’une espèce dans son environnement, en respectant son identité et son bien-être, dans les limites de sa fonction : combattant redouté et admiré, le taureau est le révélateur de la valeur de l’homme qui l’affronte au risque de sa propre existence, pour lui offrir de manière éthique la seule fin digne de lui ».
Depuis son introduction à Nîmes, la corrida a toujours eu des détracteurs, certains réclament des férias sans corridas et ces détracteurs font d’une certaine façon, eux aussi, partie intégrante de l’identité locale. D’ailleurs, dès 1863, l’évêque Plantier critiquait ces spectacles : « Ces jeux ne sont attrayants que par le côté du péril et de la souffrance […] ce genre de satisfaction n’est pas chrétien. » Inscrite en 2011 au patrimoine culturel immatériel de la France, la corrida en a été radiée en 2016 : la corrida nîmoise est codifiée et implique la mise à mort du toro comme la corrida espagnole quand la course camarguaise, elle, lui laisse la vie sauve. Les traditions taurines ne laissent personne indifférent : aficionados (amateurs de corridas) comme détracteurs participent tous à la préservation de cette identité locale et minoritaire. D'ailleurs, l'influenceur Jeremstar, avec l'association de protection animale PETA, a profité de la corrida d'ouverture, ce vendredi 19 septembre, pour dénoncer « l'abjecte cruauté de cette pratique sanglante » en enjambant les barrières puis en courant sur la piste avec une pancarte « F*ck corrida », avant d'être sorti sous les huées de la foule et placé en garde à vue. Sur ses réseaux, il explique être « horrifié par la douleur que subissent les taureaux et [s]e réjoui[r] à chaque fois qu'un toréro se fait planter » : défendre les animaux, pourquoi pas, mais faut-il pour cela se réjouir de la souffrance de ses congénères ?
Victor est sorti en triomphe par la porte des consuls à la fin de la novillada pic.twitter.com/QP9FTxFIuv
— Victoire Riquetti (@VicRiquetti) September 20, 2025
Cette corrida lyrique était particulière, car elle célébrait les 150 ans de l’opéra Carmen, de Bizet, une nouvelle façon d’ancrer la tradition locale dans une culture plus académique. Carmen, celle de Bizet comme celle de Mérimée, symbolise à elle seule tout cet univers de la tauromachie : passionnel, sauvage, combat entre l’amour et la mort, bravoure et célébration de la beauté - tout ce qui fait aussi Nîmes et la Camargue ! La novillada du lendemain matin, d'ailleurs, voyait toréer un jeune Nîmois, Victor Clauzel, dont la bravoure et la maîtrise ont été récompensées par une sortie en triomphe par la porte des consuls. Sa grand-mère, présente dans l'arène, poussa un soupir de soulagement et de fierté : « Ouf, c'est fini ! Jusqu'à la prochaine... »

La grand-mère de Victor félicite son petit-fils en lui lançant une rose
Ainsi, depuis le XIXe, la Rome française s’est imprégnée de cette culture qui façonne son identité et représente un moteur économique majeur pour Nîmes et son agglomération. Les ferias sont essentielles au rayonnement de la ville, qui capitalise aussi sur la protection de son patrimoine et de son identité si particulière. Les ferias vous proposent un concentré de traditions populaires, de fierté locale et de transmission culturelle, l'orgueil et l’identité de la première ville taurine de France.

Une Arlésienne au jardin de la Fontaine (©victoireriquetti)
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55 commentaires
Qu’ils en profitent avant que le temps change !
c’est à dire …. vous souhaitez que les traditions qui caractérise occitanie et la camargue disparaissent ? Si c’est le cas vous êtes pour le grand remplacement donc, ké misèèèèèère !
Hors sujet, je n’ai jamais et depuis mon jeune âge aimé ces pratiques archaïques
Nous avons le droit de désapprouver non sinon vous êtes au même niveau que les gauchistes
smartlady.
Un peu trop tard pour vous répondre que bien sûr que non ! Mais il faut être réaliste, tôt ou tard, ils parviendront à l’interdire.
Vous prenez des risques, à BV. Photos et vidéos à foison, et toutes peuplées uniquement de Blancs. Gare à l’ARCOM!
C’est certain ils prennent des risques !! Ce n’est pas comme pour les « PUBS » !!!
Evitez nous le chapitre tradition , corridas et autres délires sanguinolents … on commence de moins en moins à y croire . Restez crédibles dans vos articles et évitez de glorifier ces divertissements d ‘un autre âge ! Ou allez jusqu ‘au bout de vos turpitudes et ré instaurons les gladiateurs et consorts , ils font partie également des traditions ? Non ?
Bien d’accord avec vous, supplicier un animal qui n’a rien demandé c’est pas mon truc
Dans les corridas je suis contente quand le taureau gagne , c’est bien plus normal, le toreador est volontaire, le taureau pas !!!!
Les fêtes populaires sont belles et de tradition, et il faut absolument les conserver et les faire prospérer. Par contre la corrida est, et restera, pour toujours « un crime ». Tuer un animal en le torturant c’est ignoble et cela n’est absolument pas Chrétien, c’est une offense à la vie, sacré.
Bien d’accord avec vous mais apparemment ici il y en a que ça ne dérange pas
Qu’on mette des humains à la place et moi ça m’irait
Dithyrambique cette approche de la tauromachie. Bravo et merci ! Ça va faire grincer les dents de nos bien-pensant, ( et leur resserrer les fronses…)
Quelle horreur, ce n’est pas être bien pensant mais ne pas aimer qu’on torture inutilement un animal
Je n’arrive pas à comprendre comment des gens peuvent jouir de voir un taureau torturé à mort. Le sport ? Quand les piquadors l’ont fouaillé provoquant d’atroces souffrances et que, vidé de son sang, il n’a plus la force de se défendre et vient tomber à genou devant son bourreau, où est le sport ?
Bien d’accord avec vous, je ne vois pas où le sport et le plaisir là dedans et on n’entend pas les écolos d’ailleurs à ce sujet, eux qui critiquent toujours tout
Bel article !
L’abattage hallal souleve moins de désapprobation de la part de la bobosphere
Islamofaschisme gaucho
L’homme n’est pas naturellement bon et seul le vernis, si facile à gratter, évite les dérapages. D’où hélas pour certains la nécessité d’un exutoire.
Ce n’est pas être de la bobosphère que ne pas aimer les férias, je suis très loin d’être une bobo gauchiste mais je déteste qu’on mette des animaux en spectacle et bien sur je suis CONTRE cet abattage barbare
La corrida n’est pas notre tradition , c’est la course camarguaise sans torture du taureau.
La corrida nous a été demandée par l’impératrice Eugénie ,en dérogation de notre interdiction. Pourquoi garder sous prétexte de tradition , plutot d’habitude , un spectacle sadique pour un public de sadiques ?? Il y a bien eu autrefois des sacrifices humains !!
l’avantage de la corrida, c’est que TU n’es pas obligé d’y aller…
Nous avons encore le droit de dire que ça nous plait pas non ?
Oui, historiquement la corrida est une importation qui n’a pas sa place sur notre territoire, comme d’autres pays pourtant de tradition notamment l’Amérique du Sud l’on a désormais interdite. Donner la mort à un animal sans aucune défense et se jouer de sa souffrance est totalement abject.
quels souvenirs de ces férias de ma jeunesse!
Le jour où on remplacera les taureaux par des humains, ça me plaira, eux seront volontaires, les taureaux on ne leur demande pas leur avis
Je connais bien j’adore .magnifique.
superbe fete oh combien traditionnelle. les cartels etaient corrects et les corridas bienenlevees avec un betail presque completement de qualite. vivement la prochaine!!!!!
La feria, la fête peut très bien continuer, se perpétrer, sans spectacle de torture et avec la vraie tradition qui est la course camarguaise…
Ces fêtes sont une vraie honte
Bravo à Nîmes de résister aux pressions et de faire perdurer ces belles fêtes populaires.
Quant à « peta », j’aimerai savoir qu’elles sont leurs actions contres les combats de chiens, ou sous d’autres cieux français les combats de coqs (armés ou non)…
On lutte aussi contre ces horreurs…renseignrz vous !
Merci Dany d’oser donner votre appartenance à peta !!!
Je lutte contre tous ces spectacles navrants et honteux, quelque que soit l’animal
Qu’on mette des humains si ça les amuse et qu’ils soient consentants
Une belle tradition française pas encore interdite par la bobo gaucho sphère écolo
Désolé ! Je suis de droite et je hais la corrida, un spectacle pour sadiques.
Je ne suis pas de gauche non plus et je hais ces spectacles
Les Volques Tectosages sont revenus. Heureusement Rome est venue et a imposé son Droit latin. Et oui, nous avons continué depuis, même pour la création de monnaie ( 1er Siècle Avant JC ). Nous venons de loin, ne jamais l’oublier.