Viol barbare de Mégane à Cherbourg : le procès d’Oumar N. s’ouvre enfin

La victime, grièvement blessée, avait été plongée dans un coma artificiel après l’agression.
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En octobre 2023, un père avait confié à Boulevard Voltaire craindre que le violeur de sa fille n’échappe à son procès. Deux ans et demi plus tard, Oumar N. sera bien jugé, ce mercredi 11 mars, devant la cour d’assises de Coutances pour le viol barbare de Mégane, le 4 août 2023, à Cherbourg-en-Cotentin.

Un viol d’une barbarie inouïe

Le jour des faits, l’homme de 18 ans s’était introduit au petit matin dans l’appartement de Mégane, 29 ans, qu’il avait rouée de coups, avant de la violer à plusieurs reprises, notamment avec un manche à balai. Grièvement blessée, la jeune femme avait été prise en charge par les urgences puis, après de longues opérations, placée dans un coma artificiel, alors que son pronostic vital était resté engagé durant de longues semaines.

Placé en détention provisoire depuis sa mise en examen, le 11 août 2023, pour « viol accompagné d’actes de torture et de barbarie », Oumar N. ne devrait, cette fois, pas échapper à la Justice.

Déjà connu de la Justice

Si le père de la victime, Ludovic Loir, en doutait à l’époque dans nos colonnes, c’est parce que les précédentes décisions judiciaires concernant l’agresseur de sa fille lui en avaient donné toutes les raisons. Avant de violer Mégane, Oumar N. avait déjà été condamné à cinq reprises par le juge des enfants et le tribunal pour enfants pour des faits d’atteintes aux biens et de violences, indiquait le parquet de Coutances, qui faisait état de 17 mentions au fichier du Traitement des antécédents judiciaires (TAJ). L’homme avait par ailleurs fait l’objet d’une procédure pour viol sur mineur en 2019, classée sans suite, puis d’une autre pour agression sexuelle sur sa sœur de 12 ans, engagée en 2022.

L’enquête du Figaro sur le profil inquiétant de ce délinquant n’avait fait qu’accentuer l’effroi suscité par cette affaire. Dans son reportage, le journaliste Guillaume Poingt décrivait la réputation qu’Oumar N. traînait dans sa cité du sud de Cherbourg. Violent avec sa mère qu’il frappait, odieux avec ses voisins sur les paliers desquels il déféquait régulièrement, menaçant envers une jeune voisine qu’il sifflait et à qui lui et ses amis avaient adressé des menaces de viol, ce fumeur de haschich de 1,90 m inspirait la peur autour de lui.

La crainte d’une Justice laxiste

Malgré ces antécédents, Oumar N. n’était jamais passé par la case « prison ». Il avait été placé à plusieurs reprises dans des centres socio-éducatifs, révélait alors Le Figaro, et circulait librement au moment des faits. La veille au soir, il serait même allé en boîte de nuit, à quelques dizaines de mètres du domicile de Mégane qui, sans le connaître, l’avait déjà aperçu à plusieurs reprises.

De quoi nourrir l’inquiétude du père de la victime, qui redoutait à l’époque que l’agresseur de sa fille ne bénéficie d’une « justice laxiste ». Il confiait alors à Boulevard Voltaire qu’elle avait déjà failli en laissant Oumar N. en liberté.

L’affaire avait toutefois suscité un fort retentissement médiatique. Si le procès, qui se tiendra sur deux jours, se déroulera à huis clos, il reste à espérer que cette visibilité fasse pencher la balance de la justice en faveur de la victime. Dans l’affaire très médiatisée de Claire Geromini, le violeur avait été condamné à 18 ans de réclusion criminelle - une peine exemplaire, rarement prononcée dans ce type de dossier. Tout est donc possible.

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