[UNE PROF EN FRANCE] Et si l’internat était la solution ?
Au Danemark, envoyer son enfant à l’internat n’est ni un aveu d’échec parental ni une solution de dernier recours. C’est presque un rite de passage. Entre la 9e et la 10e année (équivalent de notre collège/lycée), près de 15 % des adolescents fréquentent une efterskole, ces écoles-internats qui conjuguent enseignement académique, vie collective et projets extrascolaires. Les familles ne s’y résolvent pas par obligation mais par choix : elles y voient un moyen d’aider leurs enfants à gagner en autonomie, à mûrir, à découvrir la vie en communauté, loin de l’immédiateté numérique et du cocon familial, dans lequel dominent les affects.
Dans ces établissements, l’apprentissage dépasse la salle de classe : sport, théâtre, engagement associatif, cuisine collective… L’internat danois se veut un lieu où l’on apprend à vivre autant qu’à étudier. Et il s’inscrit dans une tradition culturelle où l’école est une communauté, presque un petit village éducatif.
En France, l’internat traîne encore une image ambiguë : pensionnat austère du XIXe siècle ou solution disciplinaire pour adolescents turbulents. Pourtant, la réalité est tout autre. Aujourd’hui, environ 210.000 élèves y sont inscrits (soit 2,6 % de la population scolaire), dont une majorité dans le public (environ 60 %), avec une proportion quasi équilibrée entre filles et garçons.
Trois atouts éducatifs méritent d’être rappelés : la cohérence entre l’école et la vie quotidienne, le développement de l’autonomie et du sens des responsabilités, une socialisation riche et diversifiée.
Dans un internat bien conçu, les règles de vie, le rythme de travail et l’encadrement éducatif forment un tout. Les enseignants, éducateurs et surveillants agissent de concert : le même discours, les mêmes exigences, la même bienveillance ferme. Un élève ne navigue plus entre des règles familiales et scolaires parfois contradictoires : il vit dans un environnement harmonisé.
Ranger sa chambre, respecter les horaires, s’organiser pour ses devoirs : autant de compétences qui, à la maison, peuvent être négociées… mais qui, à l’internat, deviennent naturelles. L’élève apprend à se gérer seul, ce qui prépare efficacement à la vie adulte.
Partager ses repas, ses soirées, ses loisirs avec d’autres jeunes de tous horizons crée des liens profonds et durables. Cette vie collective forge la tolérance, la coopération et l’amitié – qualités que les Danois cultivent consciemment dans leurs efterskoler, et que nous avons bien du mal à conserver en France.
Au Royaume-Uni, où les boarding schools accueillent encore environ 7 % des élèves (dont une grande part en privé), la tradition reste vivace : l’internat est un lieu de formation certes coûteux mais valorisé. Au Danemark, il est plus démocratisé. En France, il est en pleine redéfinition, mais il pâtit fortement de la défiance des famille face à l’institution scolaire : pour confier son enfant à une structure qui s’occupera de lui 24h/24 et qui aura de ce fait sur lui une influence non négligeable, il faut pouvoir accorder sa confiance à cette structure.
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41 commentaires
L’internat c’est une économie de temps pour l’élève mais c’est aussi couper le cordon ombilical avec les parents trop protecteurs. L’internat ça fait du bien aux parents surprotecteurs et aux enfants qui peuvent travailler plus. Je ne regrette pas car malgré les dortoirs de 200 à 300 lits j’ai pu en trois ans passer du BEPC à l’école nationale ce qui demande normalement entre 5 à 7 ans. Certes je n’ai pas le Bac je n’ai pas eu le temps de le passer
« pour confier son enfant à une structure qui s’occuper de lui 24h/24 et qui aura de ce fait sur lui une influence non négligeable, il faut pouvoir accorder sa confiance à cette structure. »
Voilà = peut on vraiment avoir confiance en une structure étatique pour y laisser ses enfants?
Avec la crainte qu’il soit injecté, qu’il ait des discours woke, des cours de morale inversée, des cours d’histoire ré écrites, des idéologies ancrées….
Si cela devient obligatoire, je plaints les parents d’enfants ayant l’âge d’y être enrôlés!
Pour une fois je suis d’accord avec vous
J’ai personnellement fait cette expérience. En pension de la 6e à la Terminale, c’était en Algérie (française)dans un lycée public , on n’avait pas le choix en habitant à ….33 km du lycée !!! Eh bien, ce que je peux en dire c’est que cela a été une excellente école pour la connaissance de l’autre dans diversité des niveaux sociaux et des cultures , la compréhension que rien n’est facile (discipline) et pour forger son autonomie et son organisation. Mais le personnel éducatif était de qualité. Qu’en serait-il aujourd’hui ?..
même inquiétude
La France n’est pas le danemark et les enseignants français ont à peu près le niveau d’un élève de 2nde et dénués de toute autorité. Ce serait un cirque permanent
ce serait l’occasion de professer une doxa, tout ce que les familles ne veulent surtout pas, bien cachée et incontrolable
Allez passer les concours de l enseignement et vous verrez si c est niveau seconde !
Je suis d’accord avec vous. J’ai connu l’internat de 61 à 63 mais c’était une autre époque et la discipline était plus dure que dans la Marine lorsque je me suis engagé en 70. Mais en plus aujourd’hui tout va dépendre aussi du profil des élèves.
Les collèges catholiques européens continuent avec succès cette formation complète et équilibrée de l’usage de la liberté ( d’action et de pensée critique) liée directement au sens de la responsabilité qui en découle immédiatement. Le sport en est également un élément essentiel complémentaire à l’enseignement classique ordinaire, dans un cadre de discipline élémentaire de vie sociale et indépendante. Inclus dans le programme officiel de l’enseignement légal, cette formule s’est largement démocratisée depuis une vingtaine d’années en s’ouvrant à l’externat des élèves résident dans la même région et en association groupée avec d’autres institutions similaires pour obtenir les subsides de l’Etat.
Personnellement, je n’ai pas d’excellents souvenirs des colonies de vacances pourtant d’une autre époque en raison de mon grand âge. Après suivant les pays les mentalités sont différentes, ce qui peut marcher au Danemark n’est sans doute pas transposable en France, les mentalités et les populations, je dis bien les populations dans cette France multiculturelle étant sans doute très différentes. C’est l’éducation reçue à la maison et une certaine liberté accordée aux enfants et aux ados leur permettant de faire leurs propres expériences, qui, à mon avis est la meilleure formation.
Bonjour Virginie. L’internat, beau sujet. Avec le service militaire à la suite des études, rien de tel pour apprendre à respecter l’environnement, l’autorité et se forger une personnalité qui ne soit pas de guimauve.
Ce que vous décrivez, nous l’avons vécu dans le passé, à quelques exceptions. « Ranger sa chambre « , vous me faites sourire Virginie, un luxe. Nous étions 200 dans « notre chambre », dortoir sans aucune cloison. L’internat, 600 mâles, de la 6ème aux prépas, qui étaient uniformément vêtus, en semaine, la blouse, en sorties, l’uniforme pour tous. Nous le portions fièrement, attitude liée à la reconnaissance de la foule lorsque nous défilions dans les rues de la ville et il nous servait de rempart en présence de certains agresseurs potentiels. Pas du tout militaires ces internats mais conduits par un encadrement au fort caractère, chacune de ses décisions strictement respectée. Pas toujours un long fleuve tranquille, des ados en mutations … Au moins une fois dans l’année, un chahut géant, lits martyrisés et autres dégâts qui nous valaient de longues promenades d’une ville à l’autre, à pieds, par tout temps, pour rentrer exténués. Ce qui forgeait les caractères, entre autre. Huit heures de cours par jour sauf jeudi et samedi après-midi réservée à l’étude et aux balades en rangs serrés. Nous formions un corps homogène, on se soutenait, les blousons noirs nous approchaient, pas plus, ils nous craignaient. Bien sûr, quelques harceleurs dans nos effectifs. Ils rentraient bien vite dans le rang, cf le petit caillou à déplacer avec le nez dans le bac à sable.
De nos jours, outre la chambre parfois individuelle, dans certains établissements, les internes ont la possibilité de s’extraire de l’école en fin de journée, dans un créneau horaire bien précis. Autrefois, bouclés 24/24, 7/7 sauf les WE pour le chanceux qui retournaient en famille, la majorité. Pour une minorité, une dizaine dont 60% d’africains blancs et noirs, péquins cloitrés dont j’étais, retours en famille uniquement à Noël, Pâques et grandes vacances. Dur, dur à 13 ans, mais on s’endurcit.
Le grand intérêt de l’internat, hormis la discipline, l’esprit de corps, il donne à chacun les mêmes chances dans l’apprentissage. Heures d’études quotidiennes surveillées, systématiques, auxquelles ont ne peut pas échapper. Ne négligeons pas les aspects culturel et cultuel, théâtre, musique, conférences et, offices religieux en extérieur. L’initiation au sexe n’était pas aux programmes. Mais on a su « quand même » se débrouiller. La môme Berger devrait se recycler en nounou au lieu de dévoyer les jeunes enfants.
Bien, bien Virginie. Je dois cesser. A l’esprit, des pages entières sur l’internat, à vous lasser. Inopportun et surtout le risque de perturber d’heureuses vacances. A+ Virginie. Bonnes vacances.
Puisque vous parlez des blousons noirs, je suppose qu’ensuite vous avez dû vous perfectionner dans l’aptitude à être commandé en faisant 28 mois de service militaire qui est aussi une forme d’éducation et de cohésion du groupe.
J’ai moi-même passé 9 ans de mon adolescence dans un internat militaire (le Prytanée de La Flèche) et mon expérience ressemble à celle que vous décrivez ici. Un corps professoral civil d’une grande qualité, des résultats scolaires excellents, mais des encadrants militaires absolument pas adaptés à l’éducation d’adolescents. Cela nous a donné une vie sociale extraordinaire avec des élèves qui formaient un tout, nous étions solidaires, homogènes malgré la diversité sociale de chacun (fils d’ambassadeurs, de généraux , d’adjudants ou de manutentionnaires…) qui disparaissait avec l’uniforme et ceci malgré les punitions qui tombaient pour un rien ! Cela nous a formés un caractère, une notion de discipline, de solidarité, un besoin de justice. Aujourd’hui, je reste un fervent défenseur de l’uniforme à l’école et je pense qu’un internat est une bonne chose. Ce serait même l’idéal pour les jeunes délinquants
Dur mais forme le caractère pour toute une vie, votre témoignage est éclairant
Oui mais il faudra filtrer. Les racailles en internat produiront les mêmes effet qu’à l’extérieur
Déjà pour mettre des jeunes de banlieues en internat cela va être difficile, beaucoup ne veulent pas aller a l’école et combien vont ce faire la belle ?
Madame Fontcalel. Etes-vous allée en internat ? Moi si ! Je n’en ai pas gardé un souvenir émerveillé.
Et je ne vous parle même pas du grand internat national ou on vous habille en vert et vous fait faire des km à pieds avec un grand bardas sur le dos. Pas génial non plus !
je suis d’accord avec ça, ce grand internat national je le connais, c’est celui où on rencontrait des gens avec un tout petit QI qui se donnait de l’importance en punissant imbécilement les grands en enfants et qui y prenait une certaine jouissance en plus.
Merci beaucoup pour ces informations
Mieux serait que les familles assurent leur responsabilité éducative et que les enseignant se contente d’enseigner dans un cadre de discipline bcp plus strict. Une réorganisation drastique des règle et de l’organisation des cours et des programmes, L’abandon de l’enseignement national gratuit, la mise en place de l’uniforme partout.
qui vas diriger toutes ses têtes ((blonde))
La Légion, bon je plaisante.
Témoignage de mon mari : trop dispersé dans le public, il est entré en internat au collège de Bitche (Moselle) en 4ème et 3ème d’accueil (pour rattraper le latin), même si au départ la séparation avec sa famille d’origine modeste demandant un grand sacrifice de leur part (4 enfants) a été douloureuse, il a ensuite largement rattrapé son retard, ce cadre l’a formé à une rigueur de travail qui m’impressionne toujours malgré son âge (74 ans) et réalisé de brillantes études. La méritocratie a bien fonctionné.
Il en est reconnaissant à ses parents, à ses professeurs exigeants donc l’internat peut-être utile pour des élèves de faible niveau ou qui manque de rigueur
Bon élève dans un collège très moyen que je ne supportais plus, j’ai demandé à mes parents à être interne pour changer d’établissement (pas d’autre choix). J’ai donc été interne par choix de la 3e à la terminale (rentrée 1985 à juin 1990), et j’en garde un souvenir exceptionnel et des amis pour la vie entière. J’ai expérimenté personnellement tout ce qui est décrit dans l’article et je remercie mes parents de m’avoir permis de vivre cela.
La mentalité danoise n’est pas celle de la France qui n’a plus aucun repère et profiterait de l’occasion pour que la gauche laxiste s’empare des esprits !
Et qui devrait financer encore ce truc ? Nicolas, non merci. Le problème est ailleurs, mais plus personne n’ose le dénoncer: « le vivre ensemble » !
Et votre enfant y est en internat ?
Moi j’ai été en internat toute ma scolarité, je n’en suis pas mort, j’en suis même sorti avec une bonne éducation et un très bon niveau scolaire.
Les maisons familiales qui alternent éducation en internat et stages de découvertes ont des résultats significatifs .
Plus de 95 % des élèves trouvent du travail en peu de temps dans beaucoup de domaines à la sortie de l’école et les employeurs apprécie cette forme d’éducation .Les élèves sont autonomes et respectueux à la sortie de l’école et ils ont souvent découverts un métier qui leur convient à la suite des stages dans des milieux différents .
Sauf si elle est motivée comme punition pour l’enfant ou l’ado – ( Effet contre productif en général. Cela renforce, motive ou justifie souvent la révolte chez l’enfant qui opère un déplacement de sa colère sur l’institution ou ses professeurs) – je suis tout à fait favorable au principe de la pension scolaire. 1) Par l’éloignement du cocon familial, elle permet d’instaurer une distance sentimentale et émotionnelle de l’enfant vis à vis de ses parents. 2) L’élève se concentre mieux sur sa scolarité et en obtient de bons résultats. 3) Cette disposition éducative renforce le besoin psychologique de l’enfant à comprendre implicitement, la nécessité de la discipline collective et organisationnelle de la société.
Une sorte de petit « service militaire », obligatoire, en quelque sorte. Elisabeth Borne devrait y réfléchir mais ne rêvons pas…