Un manuel de la CFDT pour transformer les journalistes en militants anti-RN

Le syndicat a établi une liste de commandements journalistiques censés permettre de faire barrage au « fascisme ».
EXD CFDT

L’anxiété monte, dans le petit monde des journalistes. Entre le succès grandissant de médias dissidents et l’approche de l’élection présidentielle, les motifs d’inquiétude ne manquent pas, pour nos confrères de gauche. C’est précisément afin de reprendre la main sur le contrôle du récit que la CFDT vient de publier un livret intitulé Face à l’extrême droite, plus que jamais journalistes. Celui-ci a pour but d’« aider les journalistes à jouer pleinement leur rôle démocratique face à l’extrême droite » en leur fournissant de précieux « conseils » et « ressources ». « Objectif : donner des clés nécessaires à la compréhension de ce qu’est l’extrême droite aujourd’hui afin de ne pas se laisser berner, susciter des bonnes pratiques, promouvoir un journalisme qui favorise une société de connaissance et de respect mutuel, aider à se défendre face aux attaques et protéger son entreprise », explique la CFDT.

Aux yeux du syndicat, la mobilisation générale est une ardente obligation. « La poussée de l’extrême droite en France et hors de nos frontières est devenue un fait majeur au point que son issue semble, parfois, inéluctable. C’est bien à une bascule autoritaire, hors de l’État de droit, à laquelle (sic) nous risquons d’assister, alerte la CFDT. Nous n’avons que deux choix aujourd’hui : accepter ou lutter. »

Un tract militant

Prenant pour modèle l’appel lancé par la profession lors des élections européennes et législatives de 2024 à « ne pas regarder monter l’extrême droite les bras croisés », le syndicat compte sur ce petit livret pour mener le combat des idées. Celui-ci est le fruit du « travail d’un collectif de journalistes adhérents CFDT ayant mis en commun leurs expériences, leurs regards, leurs connaissances et se poursuit par des actions syndicales de terrain ». On y retrouve, notamment, le témoignage du chef adjoint du service politique du Monde, Abel Mestre, qui se trouve être aussi un élu CFDT. « Le RN est un parti d’extrême droite dans la mesure où il défend la "préférence nationale", une mesure anticonstitutionnelle », explique-t-il, nommant l’ennemi sans détour.

Le document identifie en effet très clairement la cible que les journalistes doivent avoir dans le viseur. Si Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, affirme que « la lutte contre les idées d’extrême droite n’est pas partisane », le « fascisme » est ici associé à des partis bien précis : le RN, « parti dominant du bloc électoral d’extrême droite », mais aussi ses « alliés », l’Union des droites pour la République d’Éric Ciotti et Identité-Libertés de Marion Maréchal, sans oublier ses « concurrents », Reconquête, d’Éric Zemmour et Sarah Knafo. Vincent Bolloré, Pierre-Édouard Stérin et les « formations en journalisme marquées à l’extrême droite » (ILDJ, ESJ Paris) sont également pointés du doigt et stigmatisés sans gêne aucune.

Un manuel de manipulation médiatique

Après avoir dressé ce constat terrifiant, la CFDT liste une longue série de consignes et d’astuces censées permettre aux bons journalistes de maintenir le « cordon sanitaire ». Elle recommande, pour commencer, de correctement « s’informer sur l’extrême droite ». De saines lectures sont conseillées : Libération, StreetPress, Mediapart ou encore Blast. Des sources d’informations que le syndicat semble tenir pour fiables et sérieuses.

Le petit manuel invite aussi les journalistes-militants à toujours « rester maîtres du choix des sujets » qui seront abordés dans leurs médias respectifs. « Les inégalités, les services publics, le climat sont des sujets qui intéressent les Français !, veut croire la CFDT. L’insécurité est un sujet important, bien sûr, et il faut le traiter. Mais pour que le traitement soit complet, rappeler que l’insécurité peut aussi venir de l’extrême droite... » Bon courage à ces journalistes pour trouver des exemples concrets.

Un même appel à l’occultation du réel est lancé sur le sujet de l’immigration. La CFDT invite les médias à « faire de la pédagogie » auprès du grand public. Autrement dit, de la rééducation. Il est ainsi recommandé de toujours rappeler que la délivrance à un étranger d’une OQTF n’est « pas une preuve de dangerosité », d’illustrer les articles par « des photos qui ne déshumanisent pas » ou encore de mettre le focus sur les « initiatives positives » portées par les personnes de nationalité ou d’origine étrangère.

Un autre enjeu médiatique est de « rester maîtres du vocabulaire ». Il s’agit de ne surtout pas reprendre les « éléments de langage » de l’extrême droite. « Décivilisation », « islamo-gauchisme », « wokisme » sont ainsi à proscrire. D’autres termes doivent être employés entre guillemets : « Français de souche », « Grand Remplacement », « remigration ». Pour la « préférence nationale », la CFDT demande aux journalistes de systématiquement « rappeler que c’est une mesure anticonstitutionnelle » ; au sujet du « Grand Remplacement », que « c’est une théorie raciste et complotiste, contredite par les chiffres de l’INSEE » ; sur l’expression « civilisation judéo-chrétienne », que cette notion sert à « occulter l’apport de l’islam, aussi structurant pour l’Europe ». Il convient aussi de remplacer « vague migratoire », expression déplorable qui « donne le sentiment de subir une catastrophe », par « crise politique de l’accueil », qui « met en avant nos difficultés à accueillir ceux qui sollicitent le droit d’asile, inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne »

Enfin, la CFDT appelle les journalistes à la plus grande vigilance quant aux plus petits détails, comme par exemple le choix des couleurs. Ainsi, dans les productions médiatiques, les partis dits « d’extrême droite » doivent absolument rester associés à une teinte en particulier : celle du nazisme, bien entendu. « Sur les infographies ou cartes électorales, leur couleur historique est le brun, pas le bleu auquel ils aspirent. Il faut y veiller », précise le manuel.

À la lecture de ces consignes qui seront assurément suivies à la lettre par un certain nombre de journalistes, on reste partagé. Faut-il rire ou pleurer ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

140 commentaires

  1. Je suis pour la liberté d’ expression mais tout comme pour l’ audiovisuel public, il est grand temps que TOUS les syndicats ne reçoivent plus du tout d’ argent de l’ état. Ainsi, vivant de la cotisation de leurs propres adhérents, nous verrions rapidement leur capacité réelle à se faire attendre ! « L’insécurité est un sujet….qu’il faut traiter, bien sûr… » N’ ont-ils pas de représentants syndicaux dans les banques ou entreprise de téléphonie qui déménagent sur fond d’ insécurité, pour leur demander ? Enfin, où est cette liberté d’ expression dont ils se gargarisent sans cesse lorsqu’on préconise un vocabulaire en substitution d’ un autre, plus explicite? La CFDT est proche d’ un parti de gauche….Ceci explique cela ?

  2. Mais, on le sait bien, l’extrême droite c’est un régime qui privilégie une élite, une aristocratie qui exploite le peuple. En France aujourd’hui, il n’y a plus de monarchie absolue, mais il y a les mondialistes au pouvoir qui pillent la nation au détriment des français.
    L’extrême droite aujourd’hui, c’est E. Macron, c’est évident. Je suis bien d’accord pour lutter contre l’extrême droite.
    Et aussi contre le fascisme qui, lui, a toujours été d’extrême gauche, de Mussolini à LFI.

  3. Déclaration terrifiante du syndicat CFDT qui monte les uns contre les autres…
    La préférence nationale n’est que justice pour ceux qui ont travaillé comme les agriculteurs retraités qui hélas touchent moins que des migrants arrivés récemment.
    La CFDT ignore les crimes odieux de personnes sous OQTF
    La CFDT vit de subventions et a des lieux et des châteaux de vacances vides : pourquoi n’accueillent-elles pas ces gens qui vivent sous tentes POURQUOI ??? qui osera leur dire publiquement …
    La préférence nationale n’est que la file d’attente de demandes : il y a ceux qui demandent depuis des années, vivant et travaillant en France depuis années : ils sont dans la file et ils voient des passe-droits pour des personnes arrivées récemment …
    Pourquoi ne se mettent-ils pas dans la file selon l’ordre des arrivées et des demandes
    Le livre est partisan ; il proclame la haine entre les citoyens alors que nous voulons justice et respect de ceux qui travaillent, ont travaillé et sont dans la fille d’attente………..

  4. serait-ce la remise à jour du « petit livre rouge » ?
    au moins, tout est posé….et par eux-mêmes ! du communisme pur jus…..un régime bien connu pour les « grandes libertés » qu’il pronait…..et ses 100 millions de morts qui n’adoptaient pas sa doxa….

  5. Le syndicalisme devient politicard. Éditer un manuel pour apprendre à orienter l’opinion du peuple, le fascisme, le communisme et toutes les idéologies mortifères l’ont fait dans le passé et le font toujours, on a vu let on voit les résultats. Tremper dans cette supercherie n’est pas le rôle d’un syndicat responsable.

  6. Nous sommes à 17 mois de l’élection présidentielle et déjà les opposants de tout poil au RN se manifestent et tout est bon pour pervertir les esprits, chercher des noises aux candidats putatifs, et annoncer le chaos dans l’ex-douce France. Même si le chaos est déjà là, imaginez la situation du pays si d’aventure la candidate ou le candidat du RN était élu. La France sera tout simplement ingouvernable, car toutes les forces visibles ou invisibles se déchaineront pour mettre à terre le pouvoir élu démocratiquement. Par forces visibles, il faut évidemment comprendre l’état de droit déjà opérationnel, les syndicats, les médias, le monde de l’enseignement et de la culture, et bien évidemment les partis politiques de gauche dans toutes leurs composantes, et notamment LFI, exemple type du fascisme contemporain.

  7. Toute la gauche et une grande partie du centre sont aux abois. Nouvelle preuve ce jour avec ce livret édité par un syndicat dont il me semble le but premier est de défendre les salariés et non de faire de la politique.

  8. C’est une honte de faire imprimer ces idioties et l’État devrait faire quelque chose il faut interdire ce livre

  9. Plus rien ne fonctionne correctement en France, les syndicats particulièrement bien entretenus pas nos impôts comme l’audio visuels national ne défendent plus les travailleurs.
    Les soit disant antifas sont de vrais fascistes, le social régressent que pour ceux qui la font vivre.
    La justice condamne sur des présomptions et s’en prend de préférence aux victimes, demain le scrutin universel ne sera plus respecté si elle ne correspond pas au gouvernement.
    La France distribue à l’étranger de l’argent qu’elle n’a pas, nos frontières sont ouvertes comme un moulin a vent z ceux qui font leur lois.
    Les partis politiques minoritaires gouvernent le pays, la Police est moins armée que les délinquants et les crains.
    Macron vois un danger venant de la Russie alors que le vrais dangers est chez nous.
    La Français d’origine ne font plus d’enfants vue la situation alors que ceux venus de l’étranger n’arrêtent pas.
    Décidément la France est arrivé au bout du rouleau.

  10. Cet article me laisse rêveuse.
    Ainsi, la CFDT incite les journalistes à écrire des bobards manipulatoires en vue des élections?
    certes, je savais qu’il y avait des actions manipulatoires , mais à ce point, et qui plus est codifiées, j’en suis abasourdie.

    Donc, je ne ferais jamais partie de la CFDT (de toute façon je suis en retraite) et je n’en ai jamais fait partie.
    je comprends pourquoi! Souverainiste, trouvant que la France devient la france vassale de certains pays, chrétienne assumée, et aimant mon pays, je ne risque pas de rentrer dans les critères demandés par cette secte gauchiste.

    « Le RN est un parti d’extrême droite dans la mesure où il défend la « préférence nationale », une mesure anticonstitutionnelle » = En effet, si la « préférence nationale », est une mesure anticonstitutionnelle (cela me semble incroyable, mais bon, de nos jours!) ce n’est pas gagné pour moi. Mieux vaut ne pas me présenter!

    • La préférence nationale, c’est comme la préférence familiale. N’importe quel parent privilégiera sa propre progéniture , ce qui n’exclut pas la bienveillance pour une autre famille en difficulté. Pure logique. Simple instinct dit de conservation. qui vaut pour tous les êtres vivants de cette planète.

      • C’est le problème que je me pose quand je lis ci et là les noms de responsables commerciaux, administratifs, militaires, policiers, médiatiques, artistiques etc dans notre société. Une nouvelle arrivée au pouvoir, ancienne journaliste d’origine maghrébine qui lisait des prompteurs aux jt se trouve subito ministre des affaires étrangères ( ne pas chercher, pas en France) et dans les jours qui suivent elle sauce en millions le nouveau régime apparu à Damas, avec l’argent du contribuable évidemment ! On fait un peu tous pareils, deux moutards se battent dans la cour de l’école, on s’amène et on gare sa progéniture. Sur un planète, au milieu des gens avec 10 bras et 4 jambes, la tête en bas, et de couleur verte, je rencontre Macron ou Mélanchon…il est bien certain qu’on va se parler, évoquer comment retourner sur Terre… et recommencer à nous invectiver!

  11. La publication de ce livret confirme l’anxiété qui gagne toute la Gauche . Celle-ci malgré sa propagande forcenée médiatique pro immigration ou scolaire pro LGBT , ne voit pas les sondages favorables aux patriotes baisser d’un pouce . Elle se doit d’être plus agressive et virulente et par là même se dévoiler dans tous les milieux où elle se cache .

  12. Je pense comme beaucoup de français , le fascisme et de gauche , mais comme la gauche n’a pas de boussole , cette dernière s’égare. Les plus grands mafieux en France sont les médias gauchistes.

  13. Ont savait la CGT de gauche maintenant nous avont aussi la CFDT d’extrème gauche et ils ont peur de la droite mais une vraie peur bleue alors que nous la droite nous n’avons pas peur de vous car vous ne représente rien aux yeux des Français méme plus les ouvriers.

  14. On va bien rire lorsque le temps viendra où toutes les subventions publiques seront supprimées pour les syndicats,car leurs dirigeants seront obligés d’aller vraiment travailler au lieu de se payer des apéros,des sorties,des restaurants sous couvert de colloques, réunions ou séminaires, car j’en ai connu même qui s’en vantaient de ces pratiques. Ils ne pensent en fait qu’à leur gueule et surtout à ne pas bosser et à ne justifier que leur existence inutile de parasites.

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