Traite d’êtres humains, proxénétisme, avortements forcés : un réseau nigérian devant les juges
Dans le bois de Vincennes comme dans les ruelles du quartier Château Rouge, à Paris, les femmes qui déambulent de jour comme de nuit, se laissant approcher par des hommes avant que ceux-ci ne leur tendent un ou deux billets, n’ont plus de secret pour personne. Immigrées clandestines pour la plupart, ces prostituées composent, depuis plusieurs années déjà, le paysage de ces lieux très fréquentés.
Dans le XVIIIᵉ arrondissement, les Nigérianes occupent une place particulière. Leurs parcours se ressemblent. À celles à qui l’on promettait un travail honnête et une vie meilleure que celle laissée au pays, il ne reste souvent que l’emprise des réseaux de prostitution. Peu d’entre elles parviennent à s’émanciper de ceux qui les exploitent : ces proxénètes qui vivent des gains tirés de leurs passes.
Mais il arrive que certaines brisent l’emprise. C’est ce qui a conduit, ce lundi, à l’ouverture du procès en appel, devant la cour d’assises d’appel spécialement composée à Créteil, de plusieurs membres d’un gang nigérian poursuivis pour traite d’êtres humains et proxénétisme aggravé en bande organisée.
Un gang international à Paris
Les accusations sont graves et laissent entrevoir la violence et la misère qui émaillent ce réseau d’ampleur internationale. Le « cult » Maphite, cette confraternité nigériane qui sévit dans le monde entier, a pris racine dans les bas-fonds parisiens. Ce sont six membres de la « Eiffel tower family », une branche de cette organisation mafieuse, ayant interjeté appel de leur condamnation du 10 juillet 2024, qui sont appelés à la barre, ce lundi, accompagnés d’interprètes. Ces hommes nés entre 1980 et 1997 au Nigeria, pour la plupart à Benin City, reconnaissent partiellement les faits qui leur sont reprochés mais nient la plupart des circonstances aggravantes.
Coiffeurs, chauffeurs de taxi ou sans emploi déclaré, ils sont soupçonnés d’avoir, entre 2018 et 2021, organisé le déplacement, entre différents pays, d’une dizaine de femmes afin de les livrer à la prostitution sous la contrainte. Certains d’entre eux sont aussi soupçonnés d’avoir empêché, à plusieurs de ces victimes, un accès à une contraception, puis de les avoir forcées à avorter à plusieurs reprises, parfois jusqu’à six mois de grossesse.
Proxénétisme, coups et avortements forcés
Aucune des parties civiles n’était présente, pour cette première journée d’audience. Pendant plusieurs heures, le président s’est donc attaché à lire le rapport étayé des éléments de l’enquête et des rôles attribués à chacun de ces hommes avec qui les victimes avaient commencé par entretenir une relation sentimentale, avant d’être exploitées à travers la prostitution. Une activité qui devait rapporter suffisamment d’argent pour payer loyers, téléphones, télévisions à leurs proxénètes.
S’ils risquent, à nouveau, 20 ans de réclusion criminelle pour les faits qui leur sont reprochés, en première instance, les peines prononcées allaient de 10 à 15 ans de réclusion, accompagnées pour chacun d’une interdiction définitive du territoire français. Une mesure complémentaire que l’un d’eux conteste à cause de la présence, en France, de son fils.
Durant ce procès de grande ampleur, il s’agira, pour les avocats des parties civiles, de faire maintenir la qualification de bande organisée, nous confie l’un d’eux, pour faire reconnaître l'étendue du système mis en place autour de ces femmes. Une des conséquences de l'immigration que certains croient heureuse...
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18 commentaires
Une chance, on vous dit une chance. Imaginez un peu si cela n’était pas le cas !!!