« Suivez le coq » : une appli pour traquer le halal dissimulé dans nos assiettes

BV a tenté l'expérience dans une grande enseigne. La viande testée faisait partie d'une chaîne d'abattage mixte.
Capture d'écran de l'application "Suivez le Coq"
Capture d'écran de l'application "Suivez le Coq"

Face à l’opacité persistante sur l’origine de la viande vendue en France, une application entend répondre à une attente croissante des consommateurs soucieux de transparence et attachés aux traditions culinaires. Lancée en mars 2024 par Alain de Peretti, vétérinaire et président de l’association Vigilance Halal, « Suivez le coq » permet de scanner les produits carnés afin de connaître leur mode d’abattage : conventionnel (avec étourdissement) ou rituel (pratiqué sans insensibilisation préalable). L’initiative vise à pallier une carence réglementaire persistante. Car, aujourd’hui encore, aucun étiquetage spécifique n’est prévu pour distinguer les viandes issues de l’abattage halal. « C’est un moyen de faire comprendre à la population qu’on est en train de se faire islamiser de manière douce », affirme Alain de Peretti, auprès de BV. Pour lui, la transparence est devenue un enjeu culturel et identitaire.

 

Une dérogation généralisée, une information absente

En théorie, l’abattage sans étourdissement ne devrait concerner qu’une minorité de consommateurs. En pratique, les dérogations se sont généralisées. Selon l’OABA (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs), 62 % des abattoirs de boucherie agréés en France sont autorisés à pratiquer l’abattage rituel, et la grande majorité des établissements franciliens le font de manière exclusive. « Tous les abattoirs de la région parisienne sont halal », constate Peretti. « À travers le halal, on nous accoutume à la charia, qui contribue à l’islamisation du pays. » Cette inquiétude dépasse la seule question de la viande : « La notion même de halal, issue de la charia, ne se limite pas à l’alimentation. Elle touche bien d’autres aspects de la société. » D’où la nécessité, selon lui, d’une plus grande prise de conscience sur les enjeux culturels et politiques de cette évolution.

Une application pour reprendre le contrôle

L’application repose sur un travail minutieux de recoupement d’informations. « Au début, on cherchait simplement les bouchers qui faisaient l’effort de connaître le mode d’abattage de leurs produits. Puis on a décidé d’en faire une application », nous explique-t-il. « Cela demande un travail énorme, car il y a une grande opacité : on a croisé les listes du ministère de l’Agriculture, de l’OABA, et mené nos propres enquêtes. » Le succès est au rendez-vous. « On a dû augmenter la capacité d’accueil sur l’appli à cause du nombre de téléchargements », confie-t-il. L’enjeu dépasse le seul consommateur : « Il y a trois piliers que nous combattons : la souffrance animale, les risques sanitaires et les circuits financiers, qui sont le plus souvent très glauques », résume le vétérinaire. L’abattage sans étourdissement, décrit comme un égorgement prolongé jusqu’aux vertèbres, « est normalement interdit par la législation », insiste-t-il. Pour BV, il conclut : « Informer le consommateur, c’est la base de la justification de "Suivez le coq". » La rédaction de Boulevard Voltaire a tenté l'expérience : dans une grande enseigne, trois viandes sans label « halal » ont été passées au scanner de l'application « Suivez le coq ». Il s'est avéré, selon les avertissements de l'application, que « cette viande pourrait être issue d'un abattage rituel : elle fait partie d'une chaîne d'abattage mixte qui pratique aussi de l'abattage rituel ».

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Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

103 commentaires

  1. Duplomb non mais l’abattage hallal avec ses dangers pour la santé oui. Ils sont où les pétitionnaires ? La réponse est dans la question !

  2. Peretti a raison sur le fond : les animaux ainsi abattus le sont en contradiction avec le Code Rural qu’il a fallu modifier pour accepter ce rituel qui ne tient aucun compte du bien-être animal ni de la santé humaine comme le montre le récent scandale d’intoxication alimentaire dans une école publique. Sans le savoir nous mangeons tous hallal sauf à ne consommer que du porc. L’abattage juif, tout aussi dangereux, se justifie par l’affichage en clair des produits carnés et le stricte suivi de la chaîne étroite de distribution. L’absence de toute indication hallal sur les produits de ce type d’abattage dans nos Grandes Surfaces est scandaleuse.

  3. On n’est pas loin d’uns catastrophe alimentaire, il n’y a pas que les viandes hallal qui deviennent dangereux la nouvelle cuisine peu cuite l’est plus encore jusqu’au beurre qui comprends aujourd’hui plus de produits chimiques que du vrai beurre. Tout cela est comme les vrais Français chose devenue rare. Toute cette culture nauséabonde venue d’ailleurs est plus désastreuse qu’il n’y paraît et détruit tout sur son passage jusqu’à la réputation culinaire Française.

  4. Silence assourdissant de Caron et de tous ses écolos et L214 concernant les abattages rituels , allo, allo …

  5. Beaucoup de gens vont commencer à ne plus manger de la viande de bœuf ; restera la viande de cochon.

    • Ou à être végétarien. Rien ne dit que le cochon n’ a pas été sauvagement égorgé avant d’ arriver dans l’ assiette.

  6. Infliger une souffrance pareille aux animaux implique qu’on ne vit plus dans un pays dit civilisé !

    • La civilisation a existé bien avant l’étourdissement des animaux préalable à l’abattage.

  7. Bien que végétarien je soutiens cette application, comment peut on a notre époque laisser les animaux se faire abattre dans de telles souffrances, vive BB

  8. Il y a deux ou trois jours, au journal officiel, il y avait l’homologation des: « centres d’abattage bovin, ovin, caprin, volailles « sans étourdissement préalable » ! Ca veut tout dire

    • Parfait camouflage qui a rendu malade la semaine dernière les enfants d’une école non »religieuse ».

      • Ah bon ? Et ceux qui ne savent pas à quel point ce mode d’abattage est nocif pour la santé, quand on aime manger la viande peu cuite , ou crue, comme pour les tartares
        Bah si justement elle ne devrait pas rentrer dans le circuit de distribution nous n’avons pas à bouffer cette viande douteuse et en plus ainsi contribuer à une dime servant à la construction e mosquées,

  9. Abattage rituel Halal une maltraitance animale dont on entend pas les hauts le coeurs des Eolo Bobos Caron, Rousseau etc… une boucherie, La pauvre bête est égorgée tombe à terre se vide de son sang et la plupart du temps régurgite ce qu’elle a mangé et souille une grande partis de la viande
    Toutes ces viandes devraient avoir des étiquettes distinctes

  10. Récemment, il y a eu des contaminations sérieuses et mortelles avec la viande halal. Depuis la justice enquête et silence… il ne faut pas vexer les citoyens musulmans.

    • Pour ça qu’il faut refuser cette tromperie sur la viande qu’on achète l’étiquetage doit être clair , si nous ne voulons pas bouffer leur viande, nous ne devons pas y être obligés
      Et en plus consommer leur viande c’est aussi contribuer à une dime permettant la construction de mosquées, à ce jour près de 3000 sur notre territoire quand les églises sont détruites, les Chrétiens persécutés et les bibles interdites dans ces pays, je dis ça je dis rien

  11. Il y a une solution que je m’applique, la plupart du temps: je consomme du porc.

    Enfin, pendant que c’est encore permis.

    • Si ce porc provient d’un abattoir qui pratique sur certains animaux l’abattage rituel halal, comme l’application suivezlecoq peut les identifier, vous tournerez vous vers un autre cochon ?

    • L’abattage sans étourdissement, décrit comme un égorgement prolongé jusqu’aux vertèbres, « est normalement interdit par la législation, » Interdit normalement et autorisé anormalement donc…
      Ça doit être le « en même temps »

      • Il a fallu modifier les règlementations (Code Rural) pour accepter ce mode d’abattage. Ceci s’est fait en catimini et, pour des motifs techniques et de gestion du personnel, l’abattage hallal s’est étendu à l’ensemble de nos abattoirs sauf à ceux qui ne traitent que des porcs : nous mangeons tous hallal.

    • Bonne surprise ?

      Vous avez bien fait d’ essayer. L’abattoir où est mort votre cochon aurait aussi pu être identifié comme pratiquant l’ abattage rituel halal par ailleurs. Dans ce cas le jambon aurait eu une saveur amère ?

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