[STRICTEMENT PERSONNEL] Les balances de la Justice
Flic. Simple flic. C’est un métier difficile. C’est un métier dur. C’est un métier exigeant. C’est un métier exposé, et singulièrement dans la période que nous vivons. Exposé aux quolibets, exposé aux injures, exposé aux menaces, exposé à toutes les formes d’attaques, verbales, écrites, médiatiques, politiques et de plus en plus souvent physiques. Face aux déchaînements de la calomnie, de la haine et de la brutalité, on attend, que dis-je, on exige des policiers qu’ils ne perdent pas leur sang-froid, qu’ils restent maîtres d’eux-mêmes et de leurs réactions, orales ou matérielles. Cela, en contrepartie du droit à l’usage, voire au monopole de la force qui leur est reconnu (tout comme à l’armée, dans le contexte particulier de la guerre) pour maintenir l’ordre public, défendre la société, protéger l’État.
Pour l’image et l’honneur des forces de l'ordre
De là à prétendre qu’en toutes circonstances, et même en cas d’erreur, de faute - de « bavure », comme on dit -, tout membre des forces de l’ordre serait a priori considéré comme en état de légitime défense et, par là même, protégé contre les conséquences de ses actes, quels qu’ils soient, il y a un pas que n’hésitent pas à franchir certains démagogues de plateaux télévisés et certains syndicalistes de la profession, au mépris de toute raison et de toute morale. Il est normal, il est heureux qu’il existe, pour l’image et l’honneur de la profession, pour constater et sanctionner d’inévitables abus, une police des polices, et si des erreurs, des fautes, des « bavures » qui relèveraient du droit commun sont commises par des hommes qui portent l’uniforme de la police, que leurs auteurs soient déférés à la Justice, comme tout autre citoyen. La mise à la disposition des membres des forces de l’ordre de matraques, de bombes lacrymogènes, de grenades assourdissantes et autres, de taser et, enfin, d’armes létales postule évidemment que l’usage en soit contrôlé, encadré, justifié et proportionné.
Stupéfiante indulgence
On ne mettra donc pas a priori en question, si exceptionnelle qu’elle soit, la décision, prise par les magistrats qui instruisaient depuis deux ans le cas de l’auteur du tir mortel contre le jeune Nahel, événement déclencheur de cinq journées d’émeutes à travers toute la France, de traduire ce policier, sous l’inculpation de meurtre, devant une cour d’assises. On peut penser que ces juges professionnels ont bâti un dossier qui tient la route. Il est d’ores et déjà assuré que le prévenu disposera d’un défenseur, tout comme s’il n’était pas membre de la police. La composition d’un tribunal qui comporte a priori un jury populaire garantira-t-elle à l’accusé la même compréhension, la même mansuétude, la même bienveillance, la même stupéfiante indulgence que celles dont ont bénéficié, ces jours-ci, les premiers individus jugés en comparution immédiate pour leur participation aux désordres qui ont suivi la victoire, historique paraît-il, d’un club de football franco-qatari sur un club italien ? Rien n’est moins sûr.
Déliquescence de notre système judiciaire et carcéral
Notre pays est en effet confronté à deux fléaux parallèles de plus en plus préoccupants. Le premier est la corrélation de plus en plus systématique entre tout événement, positif ou négatif, fait divers, compétition sportive ou conflit international, susceptible de drainer des foules, et des jours ou des nuits de manifestations, d’émeutes, de vandalisme, qui rassemblent des milliers et des milliers d’individus décidés à casser, à brûler, à piller et à défier les forces de l’ordre dans des affrontements à armes égales, qui nient toute différence entre le légal et le délictueux, le permis et l’interdit, la propriété et le vol. Des hordes de voyous, de « racailles », de « jeunes » venus des quartiers « populaires » déferlent sur les villes, et d’abord sur les beaux quartiers où les dégâts sont plus spectaculaires et le butin plus abondant. Autant de signes, de plus en plus fréquents, de plus en plus violents, de plus en plus alarmants, de la fragmentation de notre société, de l’effondrement de notre civilisation, de la faiblesse de notre État, de la déliquescence de notre système judiciaire et carcéral.
Autant dire l’impunité...
Ici intervient en effet le deuxième fléau, celui qui détermine l’inclinaison des balances de la Justice du côté où on ne l’attendrait pas, et qui fait que l’auteur du tir mortel contre Nahel a plus de raisons de la redouter que ceux qui, samedi et dimanche derniers, ont brûlé des centaines de voitures, allumé des incendies, pillé des magasins et accumulé quelques dizaines de millions de dégâts. À la suite de quoi l’homme qui est le chef de notre État, qui occupe à ce titre le palais présidentiel et recevait ès qualités l’équipe du PSG, assurait : « Nous poursuivrons et nous punirons. On sera implacables. »
On a pu vérifier ce que valaient les engagements d’Emmanuel Macron, à qui la Justice n’a pas tardé à infliger le plus insolent des démentis, au nom de l’encombrement de nos prisons, de son indépendance et de sa culture de l’excuse. Sur les plus de cinq cents individus interpellés, et la soixantaine déjà jugés en comparution immédiate, un seul a passé plus d’une nuit en prison. Les autres ont été implacablement punis, comme annoncé : condamnations avec sursis, stages de citoyenneté, amendes allant jusqu’à cinq cents euros. Autant dire l’impunité, autant dire l’encouragement implicite à remettre ça à la prochaine occasion, autant dire la démission de la Justice devant le crime. On n’a fourni aux cités aucun prétexte pour se soulever…
Si le législateur, le juge et le policier ne travaillent pas la main dans la main, si les maillons de la chaîne qui assure le respect du contrat social sont désunis, la petite et la grande délinquance ne manqueront pas d’achever de prendre le relais et d’assurer elles-mêmes, avec leurs moyens et suivant leurs propres lois, le chaos public.
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62 commentaires
Oui , il faut que le citoyen ressente une certaine cohésion entre ces trois éléments essentiels , sinon de fragiliser la société qui fonctionne à partir de là confiance en ceux ci . Il ne faut pas laisser paraître que l’on instrumentalise les uns et les autres à des fins politiques .
J’ai eu affaire à la justice non pas en tant qu’inculpé mais comme partie civile au tribunal correctionnel .
J’en suis ressorti avec un sentiment de frustration intense parce que j’ai ‘e sentiment que des choses ont changé dans notre pays sans que l’on nous en ait donné explication, si bien qu’on le découvre en y était confronté et souvent à nos dépend . Parce que lorsque j’ai evoqué les choses mes interlocuteurs étaient complètement incrédules , tellement ce qu’il imagine est aux antipodes de ce qui est la réalité de la justice , de l’action de la police , et de ce que les législateurs ont pondu pour rendre encore plus complexe le code civil qui est déjà conséquent
« On ne mettra donc pas a priori en question …» , l’approbation du en même temps de D.Jamet. Pitoyable.
Sous le couvert d’un sirop bien pensant de vieux pére de famille , monsieur Jamet justifie l’attitude anti police des islamo-gauchistes. Il mélange la légitime utilisation de la force publique et les agissements répréhensibles de certains personnels, on croirait entendre le sieur Sy. Monsieur Jamet devrait lire l’article 7 de la déclaration des droits de l’homme qui constitue le préambule de notre constitution. Il y découvrirait que résister a la force publique c’est se rendre coupable. Et je ne vois vraiment pas pourquoi la constitution qui est l’alpha et l’omega de l’élimination des enfants à naître, perdrait toute importance quand il s’agit de la securite des français.
Monsieur Jamet,vous êtes grandement dans l’erreur sur certains de vos propos. Dans les termes Forces de l’ordre,il y a le mot « forces », ce qui implique par voie de conséquences de la contrainte à subir une certaine violence,qui, obligatoirement contrevient à l’intégrité physique du criminel ou délinquant qui refuse de se laisser interpeller. J’ai l’impression quand je vous lis sur ce sujet ou quand j’en entends d’autres parler de « police républicaine » qui doit respecter les droits des fauteurs de troubles de tout poil, qu’il faut que les policiers acceptent de « prendre sur la gueule »( pardonnez-moi l’expression ) pour rester dans le cadre de cette « police républicaine ». Mais dans les faits réels et pour avoir exercer 32 ans jusqu’en 2023 dans ce métier,donc je sais parfaitement de quoi je parle, cette doctrine n’est pas possible. Pour ma part, j’ai toujours privilégié la « prévention »des coups que je pouvais recevoir ou qu’on a essayé de me donner par des « techniques »d’interventions non-conformes à ce qui est enseigné en formation ou imposé par le droit et ça a parfaitement fonctionné. On ne plante pas un gros clou de charpentier dans une énorme poutre avec un petit marteau en bois ,il faut d’autres outils. Donc, que ceux de la justice qui jugent les policiers sur des interventions « brutales » nous montrent comment ils s’y prendrait avec leurs petits bras musclés.Derniere chose, pourquoi croyez-vous que nos « petits français » se tiennent à carreaux en Espagne ou dans les pays du Maghreb,essayez donc d’agresser un flic là-bas, vous ne serez pas déçu du voyage. La solution se trouve en fait dans les méthodes de ces pays, n’en déplaise à certains.En France, c’est tout le contraire, alors ne soyons pas surpris du résultat.Les faits parlent et l’actualité récente le prouve chaque jour.Il faut vraiment arrêter d’être angélique.
Monsieur Jamet, vous voulez (comme moi, comme une majorité de Français si j’en crois les sondages) plus de sévérité pénale pour combattre l’insécurité dont nous souffrons partout en France. C’est une idée que la droite mettra en pratique quand elle arrivera au pouvoir. Mais , bien que majoritaire en France, elle n’arrivera au pouvoir que si elle est unie. Quand vous dites:
« De là à prétendre qu’en toutes circonstances, et même en cas d’erreur, de faute – de « bavure », comme on dit -, tout membre des forces de l’ordre serait a priori considéré comme en état de légitime défense et, par là même, protégé contre les conséquences de ses actes, quels qu’ils soient, il y a un pas que n’hésitent pas à franchir certains démagogues de plateaux télévisés et certains syndicalistes de la profession, au mépris de toute raison et de toute morale » d’abord votre « en toutes circonstances » est faux, vous savez très bien qu’il s’agit de lutter contre le leitmotiv de la gauche que la police tue, et surtout vous sabordez l’union des droites. C’est vraiment un point qui se discutera APRÈS la victoire dont la France a tant besoin. Tapez plutôt sur le centre et la gauche laxistes et déconstructeurs de notre beau pays! Ce sont eux nos adversaires.
« On ne mettra donc pas a priori en question, si exceptionnelle qu’elle soit, la décision, prise par les magistrats qui instruisaient depuis deux ans le cas de l’auteur du tir mortel contre le jeune Nahel… »
Si, on remet en cause, car l’enquête a démontré que le tir du policier ne visait pas pour tuer, c’est en redémarrant pour échapper à la police et en mettant en danger les gens qui se trouvaient là par hasard et qu’il menaçait d’écraser que la trajectoire de la voiture a été modifiée et que ce voyou s’est retrouvé dans l’axe du tir.
J’ai une question (à laquelle je n’ai pas de réponse).
Lors qu’un médecin commet une faute il est sanctionné par le Conseil des médecins, quand un policier commet comme on dit, une bavure, celui ci est sanctionné par la Police des Polices. Et les juges ? Il y a-t-il une institution qui les contrôlent ? Qui évalue l’action d’un juge ?. Un procès en « appel » peut avoir une issue à l’opposé du procès en première instance !!! avec des juges différents bien évidement. Mais alors qui s’est trompé ? le premier procès ou le second ???? Ou alors ils ne se trompent jamais. Ils interprètent la loi selon une idéologie ? Ce n’est pas ce qui se passe aujourd’hui ?
Oui mais monsieur Jamet pondère son propos par la suite en expliquant justement que si on peut être sévère contre un policier , on doit l’être d’autant plus contre un délinquant qui pille et dégrade.
Il pointe justement ces décalages qui créent un malaise dans la population . Parce que l’on a besoin d’une justice , de policiers et de législateurs qui œuvrent non pas pour leur camp politique mais pour le bien commun . Et en ce moment nous sommes plutôt dans la fracture que la cohésion .
Celui qui a passé plus d’une nuit en prison ne serait-il pas un Français de souche (qui ne faisait que passé sur le trottoir ?)
je voulais écrire que passer sur le trottoir.
Oui , il faut que le citoyen ressente une certaine cohésion entre ces trois éléments essentiels , sinon de fragiliser la société qui fonctionne à partir de là confiance en ceux ci . Il ne faut pas laisser paraître que l’on instrumentalise les uns et les autres à des fins politiques .
J’ai eu affaire à la justice non pas en tant qu’inculpé mais comme partie civile au tribunal correctionnel .
J’en suis ressorti avec un sentiment de frustration intense parce que j’ai ‘e sentiment que des choses ont changé dans notre pays sans que l’on nous en ait donné explication, si bien qu’on le découvre en y était confronté et souvent à nos dépend . Parce que lorsque j’ai evoqué les choses mes interlocuteurs étaient complètement incrédules , tellement ce qu’il imagine est aux antipodes de ce qui est la réalité de la justice , de l’action de la police , et de ce que les législateurs ont pondu pour rendre encore plus complexe le code civil qui est déjà conséquent
Cela fait bien longtemps (depuis la harangue du juge Baudot en 1974 pour être précis) que les juges n’appliquent plus la Loi telle qu’elle est écrite dans le Droit, mais qu’ils l’interprètent selon leur idéologie propre… Malheureusement pour les honnêtes gens…
nos politiques devraient se poser la quetion : pourquoi nos prisons sont pleinesd’ou les juges sont tès laxistes
Malheureusement Macron parle trop, trop vite, à mauvais escient.
Pour le policier Florian, l’empressement du Chef de l’État à condamner ce geste meurtrier a bafoué la présomption d’innocence du policier et susciter la colère des banlieues.
Pour les émeutes suite au match de foot, sa déclaration » Nous punirons, on sera implacables » a bafoué le principe de séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice qui n’entend pas qu’on lui dicte son action, et a précisément fait tout l’inverse ! Du grand art….!!!
Oui !