Saumur : accusés d’avoir violemment agressé un père de famille, ils écopent d’un sursis

En juillet, une mère de famille racontait à BV l'agression de son mari. Les délinquants ont été jugés ce jeudi.
©Boulevard Voltaire
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« Les procès de cet après-midi se dérouleront à juge unique », explique l’huissier du tribunal judiciaire de Saumur à la jeune classe de quatrième venue assister aux audiences de ce jeudi 4 décembre. Pour cause, argumente-t-il, les affaires traitées ici en correctionnelle constituent les délits « les moins graves ». Leurs auteurs encourent au maximum cinq ans d’emprisonnement.

L’affaire qui nous intéresse n’est pourtant pas dénuée de gravité. Pour ce père de famille victime d’un passage à tabac dans la nuit du 13 au 14 juillet dernier, à quelques mètres de son domicile, la douleur psychologique demeure, même six mois après les faits. Pour ce quadragénaire, affronter ses agresseurs, ceux sous les coups desquels il a cru mourir, n’a pas été simple, nous confie celui dont BV avait, à l'époque, raconté l’histoire. « Ça l’a traumatisé », surenchérit son avocat, Me Nicolas Terlain.

Des prévenus décomplexés

Ce jeudi, Elijah, Ilies et Corentin comparaissent libres. Ils ont 23, 22 et 20 ans et sont jugés pour violences en réunion, en état d’ébriété, ayant entraîné cinq jours d’ITT. Démarche nonchalante, convocations en main et cheveux longs détachés sur les épaules, ces prévenus qui se présentent en survêtement n’ont pas l’allure des jeunes adultes qu’ils sont pourtant. Leur attitude décomplexée et leurs rires qui résonnent dans la salle des pas perdus manifestent qu'ils se comportent encore comme des adolescents. Adossés au mur en attendant leur tour, entourés de plusieurs amis, ils ne semblent pas mesurer la violence avec laquelle ils se sont, à trois, déchaînés sur cet homme sorti de chez lui parce qu’il croyait entendre des pleurs.

Il est 4h30 du matin, cette nuit d’été, lorsque Antoine entend des gémissements venus de l’extérieur. Peut-être les plaintes d’une femme. Il s’empare d’une lampe frontale et d’une bombe lacrymogène, « au cas où », et sort sur la route qui longe sa maison. Il se retrouve alors face à un groupe de trois individus dont l’un, explique-t-il, se rue sur lui lorsqu’il demande s’ils ont besoin d’aide. Dans la panique, Antoine fait usage de sa gazeuse et déclenche par là le déferlement de violences qui s’ensuivra.

« Avec l’alcool, j’ai rien contrôlé », se justifie celui qui a porté les premiers coups. Un « mauvais mélange », avec le deuil qu’il porte depuis la mort de son père, peu de temps auparavant, surenchérit-il. Face aux images projetées à l’écran d’un homme en position latérale de sécurité, le crâne et le visage ensanglantés, les yeux clos, ses justifications semblent bien légères. Elles glacent même l’assemblée lorsque l’un des agresseurs s’aventure : « Je me demande comment se serait passée l’histoire s’il n’avait pas utilisé sa gazeuse. »

Blessures physiques et psychologiques

Comble de l’indécence, lorsque l’on sait qu’Antoine était venu pour aider et qu’il terminera sa nuit au CHU d’Angers qui constatera une plaie de deux centimètres sur deux sur son crâne, deux plaies suturées au visage, de nombreux hématomes, œdèmes et lésions superficielles. Sans compter les dommages psychologiques avec lesquels Antoine et sa famille « essayent d’avancer » depuis les faits. Un traumatisme tel que la victime demandera à son épouse de ne pas assister au procès, pour éviter de voir et d’entendre tout ce qui lui a été infligé de menaces et de coups.

Des menaces de mort qui ne seront d’ailleurs pas retenues parmi les chefs d’accusation, pas plus que la détention, dans le coffre de la voiture, d’une ancienne carabine et d’un katana que les prévenus disent destiner à un cadeau de décoration. Il n’en demeure pas moins que les délinquants ont menacé Antoine de s’en servir contre lui.

Sursis probatoire

Le ministère public, de son côté, pointe ce qu’il décrit comme une scène « sidérante ». Pour la première fois de sa carrière, dit le procureur, il voit un agresseur prendre le téléphone de la victime pour lui dicter ce qu’elle doit dire aux gendarmes. Il rappelle aussi la hausse, depuis dix-huit mois, des agressions gratuites dans la région saumuroise et invite la présidente à en tenir compte. Il requiert huit mois de sursis probatoire pour Ilies, dix pour Elijah et douze pour Corentin, assortis d’obligations de soins pour l’alcool, de travail, ainsi que l’interdiction de contacter la victime pendant trois ans ni de se rendre dans la commune de Neuillé.

Après délibération, les trois prévenus sont condamnés à dix mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire, malgré une condamnation pour conduite sous stupéfiants pour l'un et pour introduction illégale dans un établissement scolaire pour un autre. Ils ont interdiction de contacter la victime et de paraître sur la route où l’agression s’est produite pendant trois ans, et interdiction de détenir une arme durant cinq ans. Au civil, ils devront verser 2.680 euros de dommages et intérêts, auxquels s’ajoutent 1.200 euros pour les frais d’avocat. Au total, 3.880 euros.

Antoine, lui, devra tenter de laisser derrière lui cet épisode qui a déjà volé à sa famille les six derniers mois de leur vie.

Vos commentaires

54 commentaires

  1. A croire que nos juges veulent pousser à l’extrême l’écoeurement, le ressentiment d’injustice et provoquer la colère vengeresse du peuple qu’ils devraient défendre Leur sens de la justice galvaude toute culpabilité et se moque des valeurs de respect et responsabilité. Les délinquants sont excusés, puisqu’on minimise leurs actes coupables Ils sont dépénalisés à outrance. Ces juges gauchistes renforcent l’impunité et encouragent par laxisme les dérives les plus folles d’une population sans morale. Jusqu’où iront ils.?

  2. Les peines prononcées sont à l’image de la société qui encourage le laxisme et l’irresponsabilité.
    Je suis d’ailleurs surpris que la victime qui portait sur elle une bombe lacrymogène n’ait pas été condamnée pour ce délit, la justice a donc été bien rendue, cqfd…

  3. ou allons nous comment ne pas punir ces délinquants en herbe, car sans punition sévère il est certain qu’ils recommenceront lors de leur prochaine ivrognerie et de leur prise de came. Pour un bon père de famille qui va voire 3 verres de vin lors d’un repas il perdra son permis avec une forte amende .

  4. Ce sont des coups de fouet qu’ils méritent ! en plus de la prison ferme évidemment. Je me demande si Monsieur Tout le monde, lors d’un banal contrôle, sans qu’aucun méfait lui soit reproché, soit en possession d’une arme dans le coffre de sa voiture, ne serait pas plus sévèrement sanctionné.

  5. De nos jours beaucoup de Questions se posent:
    a/ Pourquoi les forces de l’ORDRE poursuivent et arrêtent X délinquants pour les livrer à la « justice » ???
    b/ Pourquoi le dite « justice » applique le SURSIS à plus de 50% des jugements ???
    c/ Pourquoi continuer ce Folklore « arrestations/jugements » qui, coûtent très chers pour finalement les Remises en Liberté ???

  6. Tous les jours les jugements de justice nous donnent des raisons de nettoyer tout cela très vite et de rendre les juges responsables devant le peuple des conséquences de leurs erreurs

  7. Dans les 3. Une brebis égarée. Pour les autres, on est habitué..chassez le naturel, il revient au galop. Pauvre justice qui n’est pas capable de sanctionner sévèrement…ils pourront recommencer. En résumé, vouloir porter secours.. Est devenu dangereux. Après on s’etonne que en cas d’agression les gens n’interviennent pas .

    • Ne pas oublier que la justice considère les délinquants comme des victimes de notre société, une société elle a constitué ainsi.

  8. Tout est à revoir au niveau des peines et à l’instar d’autres pays y ajouter le cumul lorqu’une personne sera coupable de plusieurs crimes ou délits

  9. On relaxe la racaille pour violence physique, menaces avec armes en bande avec blessures… et on emprisonne un ancien Président de la République pour  » soupçon d’association de malfaiteur  » sans la moindre preuve de délit !
    Le Président était du mauvais coté de l’échiquier politique !
    J’ai honte de notre justice. Le manque de moyen n’est pas une excuse pour jugement inique !

    • Et madame Le Pen condamné sur un dossier aussi vide que celui de Beyrou.
      Imaginé celui qui soit disant a assassiné son épouse avec 30 ans a la clef sur simple convictions, pas de corps, pas de témoins, que cette hypothétique disparue réapparaisse un jour.

    • Je ne perdrai pas mon temps à pleurer sur un Président qui s’est assis sur le référendum en faisant passer la même chose, appelé traité de Lisbonne, en faisant bidouiller la Constitution, car elle interdisait une pareille pratique, qui nous a fait rentrer dans l’Otan, qui a bradé nos réserves d’or, accepté l’installation d’un nombre exorbitant d’éoliennes que l’Europe rêvait de nous imposer… en plus lisez les 500 pages d’instruction du procès de Sarko, vous verrez qu’il n’est pas si innocent que vous le présentez. Le seul doute réside dans le fait qu’il est pas certain qu’il ait utilisé cette somme pour sa campagne et ça ne doit pas être la seule chose, voyez le montant de son patrimoine au moment de son élection et le montant auquel il arrive actuellement !

  10. résultat d’une justice digne de la révolution où l’honnête homme a toujours tort et les malfrats raisons !

  11. Belgique : voici quelques années à peine se produit une altercation entre deux automobilistes. elle est seulement verbale. Un des deux automobilistes fait un malaise et en décède sur place : il était magistrat mais n’en n’a pas fait état. L’autre automobiliste est mis en cause et condamné sévèrement alors qu’aucun coup n’a été porté, les menaces hurlées sont, selon le tribunal, la cause de la mort. Il est donc condamné pour homicide involontaire. Je m’abstiens d’avancer une peine car j’ai oublié. Comme quoi, « selon que tu seras puissant ou misérable etc… » . Bon, la fin de l’histoire est que, en appel, cette prévention n’est plus retenue.

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