[SANTÉ] La liberté de conscience des soignants en sursis
À l’heure de boucler ces lignes, nous apprenions que la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, qui devait revenir en commission des affaires sociales au Sénat le 25 mars, a finalement été repoussée à la mi-mai. Pour un peu, elle aurait été discutée en pleine Semaine sainte et votée le Vendredi saint…
Face à cette épée de Damoclès, la situation reste incertaine. Yaël Braun-Pivet désapprouve « profondément » ce report et annonce qu'elle mettra « tout en œuvre » pour que le texte passe avant l’été. Les soignants sont en droit de s’inquiéter légitimement : quelle liberté de conscience leur restera-t-il ? Non loin de chez nous, en Espagne, des listes noires stigmatisent les médecins objecteurs de conscience sur l’avortement. Verra-t-on le même fichage de nos médecins, tandis que le texte privilégie la décision de la personne qui veut mourir, au détriment de l’éthique des professionnels et de la protection des plus vulnérables ?
Interrogé par nos soins, Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), rappelle que depuis des années, la liberté de conscience est attaquée. Dénonçant, dans un article publié sur son site, « une mesure incohérente et liberticide », il nous explique que la clause de conscience prévue ne couvre que certains professionnels : médecins, infirmiers et aides-soignants. Quant aux pharmaciens, directeurs d’établissements, responsables de services ou maisons de retraite, eux ne bénéficieront d’aucune protection : « La liberté des établissements n’est pas reconnue et la loi prévoit de les obliger à accepter cette pratique. Ainsi, refuser de pratiquer l’euthanasie dans leurs murs les fera tomber sous le coup du délit d’entrave et pourra entraîner des poursuites. » Ces personnels de santé s'exposent, selon l'article 17 du texte, à deux ans d'emprisonnement et à une amende de 30.000 euros.
Obligation de se rendre complice
De plus, les soignants qui refuseront de pratiquer l’acte devront orienter leur patient vers un collègue volontaire : « Le médecin a l’obligation de se rendre complice. C’est une violation de la liberté de conscience. La liberté de conscience inclut le droit de ne pas être forcé de révéler ses convictions », dénonce le docteur en droit. Par ailleurs, comment réellement garantir une liberté de conscience si, dans le même temps, l’État crée un « droit opposable » à l’aide à mourir ? La réponse est implacable : « Cette liberté de conscience ne peut pas être garantie. »
Pire, cette proposition de loi placera la volonté de la personne qui veut mourir au-dessus de tout : les familles n’auront aucun droit d’intervenir, de contester ou de demander justice. « Seule la personne qui veut mourir décidera qui informer, laissant parfois les proches dans un total isolement. La liberté individuelle de la personne qui veut mourir prime sur l’objection de conscience, même au sein d’un couple », résume le juriste.
Agenda parlementaire
Un texte subversif qui s’annonce répressif et contraignant, aussi bien pour l’entourage du patient que pour les soignants. Grégor Puppinck l’analyse en distinguant les « vrais droits » légitimes, des « faux droits » immoraux : « Les vrais droits, véritablement humains, ne posent pas de problème, ils sont acceptés. Quand on rentre dans le domaine des faux droits, il faut les faire passer aux forceps et contraindre la population à les accepter. »
J’apprends avec consternation le report de l’examen en deuxième lecture au Sénat des textes relatifs à la #FindeVie.
La commission des affaires sociales aurait décidé, avec l’approbation du Gouvernement, de repousser ce débat, initialement prévu à partir du 1er avril, à la… https://t.co/PfQgQmrO3p
— Jonathan Denis (@JonathanDenis) March 24, 2026
Un infime espoir demeure cependant, au grand dam des militants. Ces derniers appellent à la mise en place d'une procédure accélérée. Car malgré cette promesse d’Emmanuel Macron de faire voter cette « avancée » sociétale d’ici la fin de son quinquennat, le calendrier de la navette parlementaire se resserre. S’il est probable que le Sénat rejette à nouveau le texte, mi-mai, l’agenda parlementaire étant très rempli (avec notamment une quinzaine de textes à discuter, dont l’actualisation de la loi de programmation militaire), cela peut s’avérer compliqué de faire voter la loi avant l’été. Un collaborateur de groupe confie qu’« il se peut même que le texte ne puisse pas passer avant la présidentielle, au vu du programme très serré, entre le PLF2027 en début d’année scolaire jusqu’en décembre, puis l'élection présidentielle entre mars et mai ». In fine, entre débats de fond et calendrier serré, ce texte n'est donc pas encore voté...
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56 commentaires
Mme Braun-Pivet est consternante, outre cette sinistre affaire et ses propos sur Quentin, je suis révulsée par cette bonne femme. Augmenter les services palliatifs, laisser les gens partir doucement, un peu de coeur dans ce pauvre pays qu’est le nôtre.
Laissez partir les gens doucement ?
Vous n’avez jamais vu la réalité d’un service de soins palliatifs, l’horreur de ces gens décharnés en qui entre deux somnolences semi comateuses ouvrent des yeux creux et agonisants, suppliant leurs proches pour en finir, ravagés de nausées qu’ils ont par leur morphine ou autres prolongateurs d’agonie, incapables de manger sans vomir, constipés jusqu’à l’occlusion ou déféquant leurs tripes dans le lit, souillant leurs esquarres.
J’espère que vous n’aurez jamais à voir et à vivre cela pour un de vos proches ou pour vous.
Moi, j’y ai travaillé plus de 10 ans! je puis vous dire que vous racontez des choses que vous n’avez pas vues.
Lorsque nous rentrons dans une chambre, les malades sourient. S’ils ont mal nous les soulageons avec des médicaments (on sait maintenant prendre en charge la douleur), on les écoute, on leur parle, on leur fait un câlin et on leur sourit.
je puis vous dire que c’est la véritable exception (0,3% peut êtr emoins, qui veut encore mourir.
De plus il existe des anti nauséeux, des produits pour la constipation , et je n’ai jamais vu un malade souiller ses escarres, car 1 = on leur donne le bassin s’ils le veulent, sinon ils ont une protection. 2 il existe de très bons pansements anti escarres, non seulement qui protègent mais qui soignent et guérissent les escarres.
Contrairement à ce que vous dites, je suggère d’aller faire un stage dans ces excellents services hospitaliers!
Cela vous permettra peut être d’arrêter de dire des sottises pour faire peur aux personnes malades.
Tara, vite vite,le nom et l’adresse de l’EHPAD extraordinaire où vous bossez depuis 10 ans…J’ai dû jouer de malchance avec ma pauvre expérience de mes défuntes Maman, Tatie, Belle Maman et bien d’autres malheureux dans ma vie de bénévoles en accompagnement de soins palliatifs…
N’y a-t-il pas en ce moment d’autres sujets plus importants à traiter?
Triste notion d’évolution sociétale pour pays qui panthéonise celui qu’i l’a fait abolir pour poursuivre demain ceux qui refuseraient de l’administrer. Décidément depuis 10 ans ce pays ne va pas à la ruine morale, il y court.
Si on oblige les soignants à poser un acte qu’ils désapprouvent, il faudra qu’ils fassent comme du temps du (de la) COVID. Les décideurs à leur place seront bien embêtés quand ils n’auront plus personne pour soigner les malades. Or, on sait comme ces personnels sont essentiels dans le bon fonctionnement des services de la santé.
Lisez la loi où est ce trop demander ?
Personne n’oblige personne, c’est un fondamental du texte de loi.
Un soignant qui tente de soigner un malade peut être poursuivi pour délit d’entrave à l’AAM!
C’est un point fondamental du texte de loi final!
ils vont tuer les personnes âgées comme ils vont tuer les fœtus plus de vieux plus de jeunes comment vont ils faire pour continuer a ponctionner pour leur train de vie à un moment a force le peuple aura changé et eux aussi serons devenu vieux près a passer l’âme a gauche
Passer l’ ARME à gauche. Explication : Voir pourquoi les escaliers qui montaient au sommet des tours de défense tournaient dans un certain sens obligeant les attaquants qui montaient, à passer « l’arme à gauche ».
En fin de compte, si on résume, on va vers des temps où les tueurs seront laissés en liberté et où ceux qui refuseront de tuer seront mis en prison ? Ca s’appelle le progrès ?
La gueule de ces « progressistes » d’aujourd’hui quand des plus jeunes viendront les voir : « Allez les papys, vous avez fait votre temps, on vient vous piquer »…
C’est cela. Prison pour ceux qui veulent que leurs malades guérissent, et rien pour ceux qui veulent les tuer!
Comment prétendre défendre la liberté d’expression lorsque l’on combat celle de mourir dans la dignité ? J’attends toujours que Bd Voltaire explique le fondement de son opposition au droit de chacun au suicide assisté. La religion ? Je n’avais pas compris qu’elle s’imposait à tous.
Boulevard Voltaire ne mérite pas son nom et est un site qui m’a profondément déçu.
Voltaire n’aurait jamais admis que des fanatiques religieux se servent de son nom pour défendre leurs idées extrémistes au mépris le plus complet de la liberté de choix et de la souffrance humaine.
« défendre leurs idées extrémistes au mépris le plus complet de la liberté de choix et de la souffrance humaine. » = c’est votre cas, puisque vous n’imaginez pas que les autres aient la liberté de ne pas vouloir tuer, tant cela leur fait une souffrance horrible.
Brigantin, enfin quelqu’un qui pose LA BONNE VRAIE QUESTION: LE DROIT AU SUICIDE qu’il soi assisté ou non!
A tout ceux qui semble s’étonner ou s’alarmer de ce que « La liberté individuelle de la personne qui veut mourir prime sur l’objection de conscience », je rappellerai simplement:
– Que nul sur cette terre n’a jamais demandé à y venir
– Que de ce fait, nul n’a la moindre obligation morale d’y rester, donc de vivre
– Que pour une très nette majorité de l’humanité, la vie n’est pas toujours un cadeau surtout sur sa fin;
La vraie question est la: a-t-on, oui ou non, le droit de mettre fin à son existence.
Les autres questions certes importantes, mais restent subsidiaires
Le droit de chacun de se suicider seul, c’est bien pourquoi pas.
mais le droit d’imposer à un soignant qui a fait serment (d’hypocrate pour les médecins et Galine pour les pharmaciens) de tuer un malde sous peine de prison et d’une énorme amende, non!
Que ceux qui sont pour ces meurtres, fassent une association et aillent piquer les malades qui le veulent ou ont été poussés à le demander.
Ce n’est pas la même chose de dire que l’on soutient l’ADMD et de se trouver au pied du lit d’un malade que l’on aime, avec une seringue à la main.
Tara, « Le droit de chacun de se suicider seul ».
On n’en demande pas plus, si ce n’est de ne pas tenter d’entraver ce geste létal. On pourra laisser, dans 99% des cas, la responsabilité et l’exécution de l’acte au candidat au départ. On pourra même, sans verser dans l’incitation, lui en fournir les moyens matériels.
Pour les 1 % résiduels (Incapacité physique ou mental), la question restera posée à jamais.
A la base, j’étais pour. Quand on parlait d’une véritable « aide à mourir », éthique et respectueuse. Mais comme d’habitude, ils pourrissent tout ce qu’ils touchent et bizarrement, tout concourt toujours à hâter notre fin. Comme si les populations étaient subitement devenues « gênantes ».
Aide à mourir éthique et respectueuse ? Mais sur quelle planète vivez vous ?
Allez en soins palliatifs auprès de gens décharnés qui entre deux somnolences semi comateuses ouvrent des yeux creux et agonisants, suppliant leurs proches pour en finir, ravagés de nausées qu’ils ont par leur morphine ou autres prolongateurs d’agonie, incapables de manger sans vomir, constipés jusqu’à l’occlusion ou déféquant leurs tripes dans le lit, souillant leurs esquarres.
J’espère que vous n’avez jamais vu et vécu cela pour un proche et que vous ne savez pas ce que vous écrivez .
soignants,l’enfer vous attend!
désobéissez!
J’espère que le Conseil de l’Ordre des Médecins va réagir vertement et rappeler le serment d’Hippocrate .
Serment d’Hippocrate face à serment d’hypocrite. Une fois de plus deux France s’affrontent au noms d’une liberté qui n’en est plus une mais s’engouffre dans une dictzture
Pour l’ordre des médecins c’est plutôt le serment d’hypocrite .
Honte à « l’Ordre des Médecins » qui n’est plus qu’un vaste …DÉSORDRE!…aux ordres des labos!…
L’espoir fait vivre et bien espérons que ce texte ne passe pas du tout. Et qu’en 2027 rediscuter cet texte, et remettre en place des soins palliatis.
Espérons
Grande illusion pour les gens qui n’ont jamais eu un proche agonisant en soins palliatifs.
Puisse la vie vous épargner cette horreur et que vous gardiez vos grandes illusions sur ce dont vous n’avez aucune idée.
Vous êtes payé coimbien par l’ADMD pour r aconter toujours la même chose à ce sujet?
Moi, je répète toujours la même chose sous vos commentaires pour tenter de vous convaincre, ce gratuitement. Mais je me rends compte qu’il est difficile de convaincre un robot.
La france devient un pays soviètique , pour ne pas dire pire . . .
Le rêve américain : vous y croyez encore ? Et bien l’affreux goulag soviétique, c’est la même chose. Une vieille réminiscence du passé. Aujourd’hui, les russes vivent mieux que nous, dans un pays propre et sécure. En tout cas, ceux qui y sont semblent très bien s’en accommoder et sont heureux d’y vivre. Y compris les expat. Rien n’est jamais parfait, mais des tas de choses peuvent être juste « mieux ».
Tout à fait d’accord. Je connais bien la Russie et ceux qui y vivent y sont bien. Ce n’est plus l’Union Soviétique.
Que Dieu nous donne (encore) un petit coup de main…
« Mon docteur m’a tuer »
Brillant intellectuellement.
De toutes façons il faudra passer outre ce diktat. Une loi illégitime – au regard des plus belles valeurs philosophiques, religieuses et morales – doit être ignorée.
Allez discourir sur les valeurs philosophiques religieuses et morales auprès de gens décharnés en soins palliatifs qui entre deux somnolences semi comateuses ouvrent des yeux creux et agonisants, suppliant leurs proches pour en finir, ravagés de nausées qu’ils ont par leur morphine ou autres prolongateurs d’agonie, incapables de manger sans vomir, constipés jusqu’à l’occlusion ou déféquant leurs tripes dans le lit, souillant leurs esquarres.
J’espère que vous n’avez jamais vu et vécu cela pour un proche et que vous ne savez pas ce que vous écrivez parce qui si vous savez, qui êtes vous comme humain ?
Rien à ajouter, Monsieur (ou Madame) Reney… Le réel tel que vous le décrivez est le plus implacable des arguments;
En ce qui me concerne, toutes mes dispositions sont prises pour ne jamais en arriver là.
Car C’EST MA VIE APRES TOUT! (Whose Life Is It Anyway?, excellentfilm américain réalisé par John Badham, sorti en 1981.
Je comprends votre point du vue mais vous mentionnez un proche et une situation douloureuse pour vous alors à vous de le faire. Pourquoi imposer un meurtre à une tierce personne . Do it yourself !
Je suis d’accord. Mais il faut l’avoir vu soi-même pour pouvoir le comprendre. c’est le premier point. Le second, c’est que si l’euthanasie est parfois souhaitable et souhaitée, ce texte va beaucoup trop loin. C’est un véritable permis de tuer, beaucoup plus large que ces cas désespérés. Dans certains pays, ça va jusqu’à permettre de tuer des enfants. Ce n’est plus aider les quelques personnes qui en ont vraiment besoin.
Merci à vous pour ce témoignage, au nom de toutes les victimes condamnées à vivre et de leurs proches impuissants à les délivrer.
Il y a une alternative : ça s’appelle les soins palliatifs qui soulagent… Ça ça semble vous échapper…
J’en ai vu beaucoup plus que vous, et je me rend compte de votre grande partialité. Le patient est libre de ne pas aller en soins palliatifs, vous verrez si c’est mieux. Et les bons apôtres, qu’ils aillent faire le tour des services, Ehpad et autres, et « buter » les vieux eux-mêmes plutôt que se reporter toujours sur les « autres ». N’importe quel voyou peut tuer.
Quand la fin et les conditions sont prévibles et connues par le patient, celui-ci doit mettre par écrit sa volonté du « non acharnement » à prolonger sa vie et demander une solution finale.