[SANTÉ] Euthanasie : « Le gouvernement doit respecter ses engagements internationaux »
« Des discussions, sensibles, doivent se poursuivre notamment sur la fin de vie », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, dans son discours de politique générale. L'objectif de légalisation de l'euthanasie semble bel et bien à l'ordre du jour, malgré la crise, l'endettement et la profonde instabilité gouvernementale. Pour en parler, BV a choisi d'ouvrir ses colonnes à Louis Bouffard #éligible, car atteint de myopathie de Duchenne et déjà bien connu des lecteurs.
Une unité de soins palliatifs ferme, à La Roche-sur-Yon.
À Rennes, un hôpital public prépare déjà l’application d’une loi sur l’aide à mourir.
La vie manque de moyens, et pourtant, on légifère sur la mort.
Étant lourdement handicapé et totalement dépendant des autres, je suis en colère et profondément inquiet. Et je m'interroge : demain, voudra-t-on encore me donner les moyens de vivre ?
À ce sujet — [ÉDITO] Lecornu sauvé des eaux : on dit merci qui ?
Une erreur politique, une faute éthique majeure et une honte nationale
En ce temps de crise que traverse notre pays - politique, sociale, économique et financière -, comment imaginer un seul instant que l’on puisse légiférer sur une question aussi grave et irréversible que celle de l’aide à mourir ?
La France connaît aujourd’hui une crise profonde de l’hôpital et de l’aide à domicile. Il faut rappeler qu’une personne en situation de handicap a deux fois plus de difficultés à accéder aux soins qu’une personne valide. Dans ce contexte, vouloir débattre de la proposition de loi Falorni serait non seulement une erreur politique, mais une faute éthique majeure.
Ce passage en force, négocié entre l’Assemblée nationale, le Sénat et le Premier ministre Sébastien Lecornu, s’il devait avoir lieu, serait une honte nationale. Il traduirait un mépris profond envers les plus vulnérables, ceux que notre République a pourtant le devoir premier de protéger.
Les personnes malades, handicapées ou âgées s’inquiètent, à juste titre, de cette proposition de loi. Pour celui qui vit, comme moi, la maladie ou le handicap, ce texte est d’une violence absolue. Il exercerait sur nous une pression sociale insidieuse, comme une invitation à disparaître. Il nous laisserait ce sentiment injuste et cruel d’être de trop, comme si nous étions mis au ban de la communauté humaine, accusés d’être un poids pour nos proches et pour la société.
Une contradiction flagrante avec les recommandations des Nations unies
Poursuivre l’examen de cette loi serait en contradiction flagrante avec les recommandations des Nations unies. Le 23 juin dernier, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a ouvert une procédure contre la France à ce sujet. Dans son courrier, il demande au gouvernement d’expliquer en quoi la proposition de loi serait conforme à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, notamment au regard de critères d’éligibilité qui semblent fondés « sur des perceptions capacitistes de la qualité et à la valeur de la vie des personnes handicapées ». Le Comité souligne également que la proposition de loi repose sur une conception erronée de la souffrance, « sans reconnaître que l’inégalité et la discrimination causent et aggravent la souffrance des personnes handicapées ».
À cela, le gouvernement a répondu que la proposition de loi ne rendrait pas les personnes handicapées plus éligibles que les personnes valides.
Mais cette affirmation est totalement déconnectée de notre réalité.
Nous qui vivons chaque jour la fragilité et la dépendance savons qu’un défaut d’accompagnement et de soins conduirait beaucoup d’entre nous vers la porte de sortie. Ce n’est pas d’une loi pour organiser la mort que nous avons besoin, mais d’une société qui organise la vie.
Dans sa décision du 26 août 2025, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a enjoint la France à suspendre le processus législatif afin de consulter les personnes concernées et de former nos gouvernants aux droits à la vie et à la santé des personnes handicapées.
C’est pourquoi, en tant qu’éligible, j’exige que le gouvernement respecte ses engagements internationaux et entende les alertes formulées par l’ONU.
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46 commentaires
Pareille pensée est une véritable honte , vous devriez le savoir Monsieur Lecornu . Vous ne vous enrichirez pas en copiant les idées assassines de quelques crétins.
MERCI TARA pour votre témoignage, ci dessous de ce jour à 9h30.
Je partage à 100% l’indignation exprimée par l’article de Mr Bouffard
Bonne journée.
Je me suis trompée j’ai répondu à autre chose désolée!
Je suis contre l’obligation de la France de suivre n’importe quelle obligation sans valeur et d’accord avec les alertes formulées par l’ONU!
Pour quoi y aurait-il l’exception française pour le cinéma et pas pour l’euthanasie et toutes les questions d’éthique?
Ca ne gêne pas les acteurs et autres bien-pensants???
Les Nations Unies nous en-quiquinent! Comment peut-on laisser les nations-unies décider pour nus sur un sujet pareil? obligent-on les chinois, les indiens, les pakistanais, les congolais, les algériens, et tous les autres à faire comme un groupe… ?
La France est moribonde (c’est peut être elle qu’ils veulent euthanasier ?) la gauche représente 1,7% des français c’est à dire quasi rien, et c’est elle qui nous impose son carnet de route et son sens des prioritésabracadabrantesque… quand va t on s’occuper d’abord de la santé du pays ? Et donc du sus télé de santé qui est en piètre état. Redonnons des moyens à la santé afin de s’occuper des malades et de soutenir les plus faibles (personnes âgées, handicapées etc) il va vraiment’ falloir nettoyer les écuries d’Augias
Notre gouvernement voudrait il supprimer un maximum de français au profit des étrangers ?
Tout le monde sait combien il nous déteste
bravo Monsieur.
Ayant travaillé en Soins palliatifs, j’ai remarqué que toute personne malade, handicapée, voir en fin de vie, n’a absolument pas envie de mourir lorsqu’on lui apporte soins, accompagnement et surtout amour.
Il s’avère sur le terrain qu’une personne qui demande à mourir demande en réalité à ce qu’on lui réponde = « non, je n’ai pas envie de te voir mourir car je t’aime, nous t’aimons » et lui faisions un câlin!
j’ai fait partie de la commission handicap de notre département et tous les handicapés qui en faisaient partie (nombreux étaient ceux qui faisaient partie de ce comité, et cela nous a permis de mieux les comprendre) avaient la même vision que vous.
Vous avez raison et je soutiens votre point de vue.
Ehhh ben…! J’aurais bien aimé, Tara, vous avoir eue comme infirmière…. Mes derniers séjours, je suis en Creuse, j’ai presque 80 ans, se résument par la perte partielle de l’audition, le déplacement d’une vertèbre… et aucune solution à mon problème de spondylarthrite… j’ai été bahuté comme un sac de grains… c’était infernal… j’ai mis trois mois à récupérer chez moi… dans le temps, les infirmières étaient douces, agréables et rassurantes… maintenant c’est l’horreur…
Comment pouvez-vous assimiler des recommandations de l’ONU à des engagements internationaux ? L’intensité d’une conviction n’exclut pas la rigueur intellectuelle … Tôt ou tard, le camp de la liberté finira par gagner.
De quoi se mêle l’ONU ? Il est temps de supprimer ce comité Théodule. Moi, je suis pour le suicide assisté et ne changerai pas d’avis. Plutôt mourir que pourrir.