[RÉACTION] « Un nouvel outil de propagande et de lutte contre la liberté d’expression »

L'eurodéputée (ECR) dénonce les nouvelles décisions européennes prises dans le cadre du « bouclier démocratique ».
réaction Marion Maréchal

Yves-Marie Sévillia. La Commission européenne vient de présenter de nouvelles mesures dans le cadre de son « bouclier démocratique ». Que représentent-elles, selon vous ?

Marion Maréchal. Le nouveau « Centre européen pour la résilience démocratique », pour faire face aux ingérences étrangères et à la désinformation, n’est qu’un nouvel outil de propagande et de lutte contre la liberté d’expression. Si la protection contre les ingérences étrangères peut paraître légitime, bien que celle-ci puisse facilement être dévoyée en censure politique, la lutte contre les fausses nouvelles, en revanche, est systématiquement utilisée pour contrôler l’information et même museler les opposants politiques. Les utilisateurs doivent conserver la liberté de se construire une opinion. Ils n’ont aucunement besoin de tels organes pour leur filtrer les informations.

 

Y.-M. S. Nathalie Loiseau, membre du groupe Renew au Parlement européen, très active sur ce sujet, a déclaré vouloir une « information fiable ». Quelle est votre réaction ?

M. M. Je ne m’en étonne pas. Elle est dans la droite ligne d’Emmanuel Macron, qui voudrait imposer aux réseaux sociaux la suppression des « contenus qui sont faux ». Comme certains l’ont rappelé sur les réseaux, avant les ignobles attentats du 13 novembre 2015, l’affirmation selon laquelle il pouvait y avoir des djihadistes parmi les migrants était considérée comme une contre-vérité !

Mais je voudrais lui retourner la question : comment être certain que Bruxelles, avec le concours de certains gouvernements nationaux, n’utilisera pas ces mesures pour empêcher les discours qui ne vont pas dans le sens de l’idéologie dominante, qu’elle soit woke, pro-immigration ou ultra-féministe ? Comment être certain que ce Centre européen pour la résilience démocratique ne sera pas un organe de contrôle politique comme l’est l’Arcom en France, par exemple ? Comment assurer l’objectivité d’une telle structure ? Quelles garanties aurons-nous de l’existence d’un véritable pluralisme politique en son sein ? Aucune. Le problème n’est, en fait, même pas abordé par la Commission dans sa présentation.

C’est la Commission qui n’est pas fiable, ce sont les partisans de ces mesures qui ont peur de la liberté et de la vérité.

 

Y.-M. S. Les ingérences étrangères, si elles sont vérifiées, justifient-elles de telles mesures ?

M. M. Absolument pas. Ces mesures outrepassent largement leur objet. Et en matière d’ingérences, la Commission n’est pas légitime. Souvenons-nous du silence assourdissant des institutions européennes lors de l’annulation des élections en Roumanie, l’année dernière. La Commission ne s’inquiète jamais que des élections dont les résultats ne lui plaisent pas. Ce « bouclier démocratique » est en réalité une arme supplémentaire pour lutter contre les démocraties non alignées telle que la Hongrie, et empêcher que des candidats non favorables à plus d’intégration européenne n’arrivent au pouvoir.

Par ailleurs, la Commission propose d’augmenter considérablement le soutien financier aux organisations de la société civile. Cela va absolument à l’encontre de la politique d’austérité nécessaire pour que l’UE retrouve sa santé budgétaire (l'endettement de l'Union menace d'atteindre 900 milliards d'euros, d'ici à 2027). Ne nous leurrons pas, ces fonds serviront à financer les associations et organisations qui émanent de la galaxie Soros.

Comme l’a rappelé le vice-président J.D. Vance, lors de la Conférence de Munich de 2025, l'UE n’a de leçon à donner à personne en termes de protection des libertés. Le principal danger pour elle provient de l'érosion des normes démocratiques, y compris la censure et la répression de la dissidence, plutôt que des menaces extérieures. Ce dispositif orwellien en est un nouvel exemple.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

28 commentaires

  1. Nous nous enfonçons de plus en plus vers une forme de dictature qui résulte des votes « organisés » pour détruire les nationalités. Qui décidera un jour d’en sortir ?

  2. La démocratie, gouvernement pour le peuple et par le peuple, n’existe que si le peuple est régulièrement consulté et peut s’exprimer librement. On en est très loin…..

  3. Elle a bon dos la démocratie avec un macron qui se prend pour un roi et von der leyen en impératrice! Ils décident sans consulter le peuple ou les peuples. Savent ils lire pour connaître la définition du mot démocratie?

    • ils prennent exemple sur ceux qu’ils accueillent à bras ouverts et qui viennent de Républiques démocratiques et populaires qui ne sont ni des républiques, ni démocratiques ni populaires!

  4. Dès qu’on parle « démocratie » il faut se dire que Platon avait raison celui qui en parle est avant tout un « démocraSSeux ».

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