[RÉACTION] « Le jusqu’au-boutisme iranien est inquiétant pour notre pétrole et notre gaz »
L’offensive israélo-américaine contre l’Iran a abouti au blocus du détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement énergétique, ce qui inquiète les observateurs économiques, les marchés financiers et, par conséquent, aussi, les populations et les entreprises. Expert des questions énergétiques, Philippe Charlez fait pour BV le point sur la situation.
Étienne Lombard. Quelle est la situation, concernant le pétrole ?
Philippe Charlez. Début janvier, on avait un baril assez déprimé et tombé en dessous des 60 dollars, avec un litre de carburant (gazole ou sans-plomb 95) qui était environ, en moyenne, à 1,60 euro le litre à la pompe. Or, il faut savoir qu’un renchérissement de 10 dollars sur le baril se traduit par une augmentation de 6 centimes du litre de carburant.
Avant même le déclenchement des hostilités, les marchés avaient déjà anticipé les problèmes iraniens, puisqu'on était passé de 60 à 72 dollars le baril (la semaine dernière). Et le tarif est, depuis, monté à 83 dollars environ, ce qui nous fait une hausse d’à peu près 30 % depuis le début de l’année. Et ces 23 dollars vont faire que le litre de carburant à la pompe passera bientôt à 1,75 ou 1,80 euro. Ce qui nous aide un peu, c’est que l’euro est fort (1 euro = 1,16 dollar, actuellement). Or, le baril s'achète en dollars.
É. L. Disposons-nous de leviers pour éviter ou au moins contenir cette hausse de prix ?
P. C. Le seul levier serait de baisser les taxes, qui représentent 50 % du prix du litre d'essence. Mais je ne crois pas que l'État soit en mesure de le faire actuellement. Je sais que le Rassemblement national propose que l’on baisse la TVA sur les carburants de 20 à 5,5 %, mais d'abord, je trouve que ce n'est pas un très bon signe du point de vue du climat et, par ailleurs, on le paierait ailleurs : c'est une taxe en moins qu'on va retrouver sur un autre impôt. À court terme, malheureusement, le consommateur devra payer, surtout s’il roule beaucoup et fait partie des dix millions de ménages qui sont chauffés au fioul.
Concernant les entreprises, l'industrie fonctionne aujourd'hui plus au gaz qu'au pétrole. Le pétrole est surtout utilisé pour les transports. Donc, ce sont essentiellement des secteurs comme le transport routier qui vont prendre la hausse des tarifs de plein fouet...
S’agissant des perspectives à attendre, je crois peu à l'effondrement rapide du régime iranien, sauf intervention au sol, qui me paraît risquée et incertaine. Le gouvernement iranien sait qu’il a un pouvoir de nuisance, et comme tout régime totalitaire, il sera jusqu’au-boutiste. Or, le détroit d’Ormuz voit passer 20 % du trafic mondial de pétrole. Si ce blocage devait durer, la planète ne pourrait pas se satisfaire, pendant des mois, d'une coupure de 20 % de son approvisionnement pétrolier et on pourrait avoir une flambée inédite des prix. Or, la France consomme quand même 1,6 million de barils de pétrole par jour.
É. L. La situation est-elle aussi inquiétante, concernant le gaz ? Et y a-t-il quelque inquiétude à avoir, s’agissant de l’électricité ?
P. C. Concernant le gaz, la situation ne peut pas être très bonne, puisque 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial passe par le détroit d'Ormuz, principalement en provenance du Qatar. Or, il faut savoir que le marché gazier est quand même tendu, depuis le début du conflit russo-ukrainien. Rappelons, aussi, que le gaz à l’état gazeux, qui constitue la plus grosse part du marché mondial, est un marché régional, coté régionalement et consommé localement, puisque devant être transporté par gazoduc. Le GNL, lui, se transporte plus facilement, par bateaux. Or, se priver des 20 % de GNL qui passent par Ormuz pose un grave problème. Il était à 31 euros le mégawattheure, le 27 février, et le 3 mars, il y a eu des pointes à 62 euros ! Rappelons qu’après l’invasion russe de l’Ukraine, le prix du mégawattheure était monté à 150 euros, en août 2022. En cas de crise iranienne prolongée, et donc de pénurie, nous pourrions certes importer du gaz américain. Mais Donald Trump nous le vendra alors au prix fort.
La situation est cependant moins inquiétante pour nous sur le gaz que sur le pétrole. La France est avantagée par rapport à ses concurrents européens, puisque le gaz ne représente qu'environ 10 % de notre mix énergétique, et très peu d'électricité (nous ne consommons que 5 % d'électricité gazière). Et nous avons plusieurs terminaux pour nous approvisionner en GNL.
Concernant l’électricité, contrairement à nos voisins allemands et italiens, nous sommes protégés par notre parapluie nucléaire et notre faible part d’électricité gazière. Rappelons que le prix de l'électricité est indexé sur le prix du gaz en tant que dernière source appelée. Toutefois, plus le mix contient de gaz, plus cet effet d'indexation est important. L'impact est donc nettement moins marqué en France qu'en Allemagne et surtout en Italie, dont les mix contiennent beaucoup plus de gaz.
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34 commentaires
Avec des experts en expertise de ce calibre, je comprends pourquoi notre nation est dans son état actuel.
Oui l »expert » inverse les rôles, comme le dit un intervenant.
Oser soutenir que l’Iran est à l’origine de ces deux guerres en 9 mois, il faut être sous influence.
Le crime international est la destruction de North Stream par les USA,, et leur financement de la guerre
en Ukraine voulue par eux. La stupidité de la France est d’avoir obéi à l’Allemagne et à Bruxelles pour le démantèlement d’EDF et de notre filière nucléaire.
Et oser brandir l’épouvantail du CO² réchauffeur du climat, sortir ce non sens au point de vue de la physique réelle du globe, c’est le bouquet pour ce donneur de leçons.
Mais les Français sont, peut être, plus bête que mon âne, pour accepter sans rechinier notre electricité indexée sur le charbon allemand, alors qu’elle profite du coût ridicule de notre nucléaire. Or pour vendre leurs Mercedes, il torpille l’agriculture Francaise. Les roulés devinez .
le pétrole iranien nz représente pas 10% de importation chez nous arrétez votre cirque sa ne sait pas fait qu’ils augmentent les prix
L’indexation de l’électricité sur le prix du gaz qui est en train d’augmenter fortement réjouit les Allemands, qui nous plument façon « casse du siècle » tous les jours.
L expert inverse les rôles ce n est pas l Iran l agresseur mais les usa et Israël
Quelle malhonnêteté inouïe
Les mollahs n’ont jamais agressé personne? Où vivez vous? Ah oui, sur la planète de ceux qui ont le nez dans la m*rde et ne sentent toujours rien!
Il faut exterminer ce régime une bonne fois pour toute
Ce que veut Netamiaou, c’est exterminer tous les iraniens et faire le grand Israël.
Le ministre de l’économie et Madame le ministre de l’énergie (et oui, un ministère de plein exercice pour la seule énergie !) font semblant de s’agiter en disant que le carburant augmenterait de quelques centimes, et décrètent des contrôles auprès des distributeurs, mais ils arrivent comme les carabiniers, c’est à dire trop tard, ces derniers dans un mouvement rapide et habituel ont poussé les curseurs très haut ! Mais, cette augmentation c’est du pain béni pour le Trésor dès lors que la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) représente entre 35 et 40 % du prix total (gazole et SP95 E10). Alors, de qui se moque t’on ? Je crois connaître la réponse..
Il faudrait informer cet « expert » qu’il y a un duo d’agresseurs (Israël et USA) contre un pays qui n’agressais personne
??????
Toutefois, grâce aux très intelligentes règles du « marché européen de l’électricité », le MWh s’échange aux prix de l’énergie la plus chère. Donc, même si nous ne dépendons pas trop du gaz (quoi que…), la destruction des terminaux gaziers fera flamber le prix de l’électricité. Heureusement, grâce à la PPE3, il flambera encore plus.
le « jusqu’au boutisme » n’est pas surtout Européen??? qui ne veut plus d’énergie russe, et uniquement par idéologie??? alors que l’on voit que la Russie n’est pas trop gênée pour vendre son pétrole en Asie (chine et Inde). Poutine vient même de déclarer, qu’il risquait de bientôt arrêter les livraison vers l’Europe!!!
Tu regarde C News ou BFM t’as l’impression que le les pays du Golfe sont en flammes et si comme moi tu as des amis là bas ils te disent que tout est calme à part quelques explosions (rares) du fait de l’explosion des missiles et des drones iraniens. Les débris qui retombent font plus de dégâts (minimes) que les engins de mort iraniens.
Je ne comprends pas la marine iranienne est au fond de l’eau, l’armada maritime est présente dans le golfe avec de puissants systèmes anti aériens et ce sont donc quelques Houthis en pick up et mitrailleuse et une dizaine de fast boat qui empêchent les bateaux de passer en sécurité ou les assurances toujours frileuses et inquiètes de dépenser des sous qui ne veulent plus assurer les tankers et autres porte containers?
Nous sommes tentés de dire « Du calme les basses. Nous ne sommes pas en 68 »
Visiblement, votre « expert en énergie » n’est pas expert en économies. Par « économies » j’entends moins dépenser.
« c’est une taxe en moins qu’on va retrouver sur un autre impôt. » Pourquoi devrait on retrouver cette taxe ailleurs? Est ce trop demander de réfléchir à dépenser MOINS? Il y a suffisamment de domaines où cela pourrait se faire!
Contradiction : « je trouve que ce n’est pas un très bon signe du point de vue du climat, » et « ce sont essentiellement des secteurs comme le transport routier qui vont prendre la hausse des tarifs de plein fouet » Baisse des taxes sur les carburants » pas bon pour le climat mais transport routier, c’est bon?
La France est un carrefour routier sud-nord : PL portugais, espagnols transitent par le Pays, ne pourrait on pas les mettre sur VF? (SNCF). Je n’ose aborder la fiabilité de la SNCF, bien sûr.
Encore : « nous sommes protégés par notre parapluie nucléaire et notre faible part d’électricité gazière. » Il oublie de mentionner la nocivité de l’U€ dans ces domaines concernant la France et le terme « parapluie nucléaire » s’applique d’abord à la défense nationale, pas à l’énergie.
Vrai que je ne suis pas expert en énergie, juste le français de base qu’on presse de taxes, de normes et de mensonges.
Donc électricité nos amis ecolod ont reussis à faire fermer nos usines nucléaires sans penser aux guerres exterieures. Russie + pays peninsule arabique .. trop fort et quand on fonctionne à l electricité provenant du gaz ( pollution ) dont le prix va augmenter il faut de plus que nos véhicules soient électriques.. et pour le prix du baril, quand en 2020 le prix mondial est passé en négatif ( et c est arrivé.. certes période Covid mais c’est bien arrivé (-) 40 $ ..) est ce que les prix à ma pompe ont chuté de la même manière… Non à cette époque Macron, et Bruno Lemaire ont préféré aider les pétroliers..
Concernant le Qatar un gazoduc évite le détroit d’ormuz et traverse les Émirats pour finir au sultanat d’oman au port de Fujera au terminal gazier. Pour être liquéfié et chargé