PPL pour lever le secret de la confession : « une obsession anticléricale »
Six mois après la clôture de la commission d'enquête sur « les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires » qui a suivi le scandale de l'école Bétharram, leurs coauteurs, Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), ont déposé, le 28 janvier, une proposition de loi pour prévenir les dérives. Parmi les mesures du texte figure l'obligation, pour les prêtres, de briser le secret de la confession pour leur permettre de dénoncer les violences en toutes circonstances. BV a souhaité faire réagir l'abbé Raffray sur ce sujet délicat.
Sabine de Villeroché. Que vous inspire cette proposition de loi ?
Abbé Raffray. Je pense que c'est une attaque contre l'Église, contre ses sacrements et contre ses qualités théologiques. Cet anticléricalisme de gauche essaie de trouver de faux coupables pour de vrais problèmes et fait semblant de ne pas du tout comprendre ce qu'est la vie de l'âme, la vie spirituelle et le besoin de pardon. Cette croyance que les prêtres seraient au courant de choses dans la confession est très révélatrice d'une obsession anticléricale. La vérité de mon expérience de confessions, c'est que le secret permet, au contraire, et précisément, la libération de la parole des victimes. Je peux vous dire que je n'ai jamais entendu quelqu'un se confesser d'un crime de pédophilie ou d'un crime de sang. En revanche, j'ai eu affaire, à de nombreuses reprises, à des victimes qui sont venues en confession. Et c'est bien parce qu'il y avait ce secret qu'elles en parlaient, sinon elles n'auraient pas révélé ces faits.
S. d. V. En quoi la suppression du secret de confession pourrait aider à protéger les élèves des violences ?
A. R. En rien : cette démarche n'a aucun sens et, de plus, elle est totalement inapplicable. La personne qui va se confesser à un prêtre dans le cadre du sacrement ne parle en réalité pas au prêtre mais à Dieu. Et cette confession est généralement anonyme, d'où l'impossibilité, pour un prêtre, de se souvenir de l'identité de la personne et de ce qu'elle a pu dire. En revanche, si un chef d'établissement ou un prêtre dans un établissement apprend qu'une personne est coupable ou victime, la situation est totalement différente : il y a là un devoir grave de dénoncer, d'agir et de prendre des mesures. Ce qui s'est passé en général dans les établissements visés par la commission d'enquête, ce n'est pas du tout une histoire de confession. Dans ces affaires malheureuses, les responsables n'ont pas pris leurs responsabilités pour éviter le scandale, sans doute pour préserver leur poste ou pour des intérêts humains et personnels. C'est bien là le véritable scandale, et c'est contre ces pratiques qu'il faut lutter.
S. d. V. Avez-vous déjà été confronté à des révélations de ce type ? Quelle a été alors votre réaction ?
A. R. Il m'est déjà arrivé d'entendre en confession des gens qui viennent dire qu'ils ont subi des sévices en famille, des crimes ou des exactions très ambiguës. Si la victime vient précisément en parler en confession, c'est parce qu'elle est certaine que le prêtre ne va précisément jamais aller le raconter à l'extérieur. Tout ce que je peux faire, dans ce type de situation, c'est encourager la personne à dénoncer les faits, ne serait-ce que parce qu'il faut craindre que la personne recommence. Mais à titre personnel, je ne peux absolument pas agir car, je le répète, la confession est anonyme : dans une paroisse ou dans un confessionnal, le prêtre ne voit pas le visage de la personne.
S. d. V. Si une telle loi était votée, quelle serait alors votre réaction en tant que prêtre catholique ?
A. R. Pour nous, les prêtres, ce serait une persécution supplémentaire. Il y a des cas de prêtres qui sont allés en prison, comme saint Jean Népomucène, martyr mort en 1393, ou encore le bienheureux Władysław Bukowiński, (mort en 1974), victime de la persécution communiste et emprisonné, et tous ceux parce qu'ils n'ont pas voulu lever le secret de la confession. Pour un prêtre, c'est une des fautes les plus graves que de trahir le secret de la confession, même par inadvertance. Il doit être prêt à aller en prison s'il le faut.
La faute est d'ailleurs si grave (elle fait partie de ce que l'Église appelle « les péchés réservés ») qu'elle est sanctionnée par la peine d'excommunication et ne peut être relevée que par le Saint-Siège. Moi-même, je n'ai pas le pouvoir d'absoudre un confrère qui trahit le secret de la confession.
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33 commentaires
La justice a du mal à punir les coupables avérés, et elle devait perdre son temps à s’occuper des soi-disant confessions de meurtriers repentis ? Si déjà l’état appliquait fermement les lois en vigueur, on serait plus en sécurité, et nul n’est besoin de faire appel à l’église pour encore la desacraliser et la discréditer. Bravo à l’abbé Mathieu Raffray, il a très bien parlé !
Ces gauchos qui ont fait de l’anticléricalisme leur fond de commerce se livrent corps et âme à une religion venue d’ailleurs qui ne leur fera pas de cadeau. Curieux, non? Ils ne se rendent pas compte qu’ils seront les premières victimes désignées par ceux qui ne voudront pas que ces collaborateurs d’hier leur demandent quoi que ce soit.
C’est bien ce que je pensais : la confession ne sert à rien et surtout pas à punir des coupables ! elle ne sert
même pas à soulager les victimes puisque les bourreaux ne risquent rien ! Et si un bourreau lui-même
se confesse (ce qui doit être rare !), lui-même ne risque rien ! Il ne reste que »Dieu » pour punir ! Il ne faut
pas être pressé ! La religion vit tranquille avec ses dogmes !
…surtout que de nos jours les bourreaux ne risquent pas grand chose sur terre, du moins dans notre pays, alors oui on peut attendre le jugement de Dieu car on a l’éternité devant nous.
C’est surtout lui qui a l’éternité devant lui ! ( il l’a toujours eue… )
La confession ne sert en effet à rien pour la justice des hommes. Le jugement final n’est pas sur terre, mais au ciel. Et le bourreau qui se confesserait, étant repenti, ne serait à priori moins dangereux pour ses semblables, et peut-être se livrerait il tout seul ? Mais je présume qu’il faut être chrétien pour y croire…
Séparation des zéglises et de l’État!
C’est quoi, ces élus antilaïques qui fourrent leurs mains dans les affaires de curés?
C’est quoi, PPL?
C’est quoi la confession, pour les 98% de Français -hors les 20% islamisés- qui ne « pratiquent aucun culte?
Et pourquoi pas aussi lever le secret médical ? Va-t-on bientôt obliger les personnels soignants à pratiquer l’euthanasie , comme on condamne les médecins qui refusent de pratiquer des IVG ?
… sans aucun doute, et c’est bien ce que, en tant qu’ancien médecin de famille je redoute le plus.
St G : Vous mélangez des problèmes qui n’ont rien à voir avec le sujet … pour noyer le poisson ?
Comme le dit fort justement le Père Raffray, la confession est par principe anonyme et donc contraindre un prêtre à révéler un secret recueilli en confession ne sert à rien par définition. Entre parenthèses, pourquoi les confessionnaux (qui bien souvent ne servent plus) séparaient le prêtre du fidèle par une grille aux barreaux toujours assez épais, qui rendaient pour le moins difficile l’identification de la personne venant se confesser ?
Cette fange détruit toutes les valeurs qui ont fait la grandeur de notre civilisation. On bafoué sans aucun scrupule le serment d’Hippocrate, on méprise, détruit et salit nos valeurs chrétiennes et, prndabt6ce temps, notre ministre importe des prêcheurs, imams algériens, à la botte du dictateur algerie , ami de Ségolène.
Le pourcentage de pédo criminels dans la société civile ? par rapport au domaine clérical ? bon il faut bien que les LFI fassent semblant d’agir ces gens là n’ayant que de la haine dans leur coeur et dirigés par un tyran qui change de veste sans arrêt car lui exploite bien la bêtise humaine de son camp!! Par contre tout abus dans n’importe quel lycée collège ou école devrait être bien plus puni !! par là où il a pêché pourquoi pas !! Bon je ne développerai pas !! mais les malades mentaux de ce style ne guérissent jamais !!
Toutes ces pauvres personnes envient LES CATHOLIQUES tout simplement …
Boff !! Si vous croyez que dans les cathos beaucoup en sont des vrais ? la charité et le profit quand ce n’est pas l’abus, et je parle de vécu , frappent aussi dans ce milieu!! les purs cathos bon il y en a , mais !!
Vous avez, hélas, bien raison ! les cathos purs, comptez-vous !
Retour de manivelle mérité pour ces cathos toujours prêts à accueillir et à pardonner.
Il y a certainement quelque chose à comprendre dans votre commentaire, mais je n’ai pas compris quoi. Je suis comme vous défavorable à l’accueil massif des migrants, mais ce sujet est étranger à l’obligation qui serait faite aux prêtres de révéler des infractions confessées. Quant au pardon de la confession, c’est celui de Dieu et nullement celui de la société. Pour ma part, et si j’ai bien saisi le projet, je serais opposé à ce que la loi puisse intervenir dans la relation intime qui caractérise la confession. C’est une question de principe, non ? Qu’en pensez-vous ?
Très intéressant
Ces » enquêteurs » sont des élus parlementaires. Quelle tristesse ! Bêtise et méchanceté sont leur pain quotidien.
Veulent aussi lever le secret médicale ?
Ont ils demandé la démission de Arnault?
Moi je suis pour lever le secret de l’instruction et des débats au conseil des ministres. Après tout, ces gens là sont payés avec notre pognon et traitent d’affaires nous concernant.
Ça arrangerait bien la gauche anti catho vu qu’ils ne sont pas concernés et que ça permettrait de « foutre dedans » les catholiques qui vont se confesser !