[L’ÉTÉ BV] Poursuivi en Justice parce qu’il refuse la transition médicale de sa fille

En Suisse, une jeune fille de 13 ans a été placée en foyer et retirée à ses parents qui s'opposaient à sa transition.
David Glutz transition mineurs Suisse
capture d'écran avec l'autorisation de Femelliste
Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 10/04/2025.

« J’ai été dénoncé à la protection de la jeunesse pour mise en danger de la vie de mon enfant parce que je n’accepte pas qu’on lui administre des bloqueurs de puberté » : ce témoignage diffusé sur la chaîne YouTube Femelliste créée par Dora Moutot et Marguerite Stern, auteurs de Transmania, est celui d'un père qui risque de perdre l'autorité parentale sur son enfant. Ses craintes sont sérieuses : l'affaire se situe en Suisse, pays dans lequel, pour le même motif, les autorités ont déjà retiré à ses parents, pour la placer en foyer, une jeune fille de 13 ans. De quoi s'inquiéter pour la France, qui semble prendre le même chemin.

Signalé et accusé de maltraitance

David Glutz, 45 ans, est citoyen suisse. Sa fille, âgée aujourd'hui de 16 ans, est atteinte de handicap. Ses cheveux sont rasés, elle arbore une moustache et comprime sa poitrine sous un « binder », cette sorte de brassière en vogue chez les jeunes trans. À l'âge de 12 ans, elle entame des relations avec un groupe d'amis trans et, un beau jour, subitement, refuse d'aller à l'école. Pensant n'être pas « née dans le bon corps », l'adolescente pose ses conditions pour y retourner. Elle souhaite se faire appeler d'un prénom masculin, ce que l'infirmière scolaire et le doyen acceptent sans aucune difficulté. Elle est alors suivie par une équipe médicale qui recommande un traitement à base de bloqueurs de puberté, ce que David (qui vit séparé de la mère) refuse catégoriquement, opposé dès le départ à la transition de sa fille. Signalé aux services de protection de l'enfance et accusé de maltraitance, David est aujourd'hui poursuivi devant les tribunaux.

À l'origine de ce bras de fer avec les autorités judiciaires, la législation suisse qui autorise le changement de prénom et de genre à l'état civil aux mineurs de 16 ans, doublée d'une circulaire, dans le canton de Vaud où habite la fille de David, obligeant l'école à avaliser le choix du jeune, quitte à signaler les parents réfractaires. Une règle qui rappelle notre circulaire Blanquer de 2021 sur le questionnement de genre à l'école évoquée régulièrement dans ces colonnes...

Retrait de l'autorité parentale, une revendication militante

En France, par ailleurs, les militants de la cause trans se mobilisent pour que la loi prévoie le retrait de leur autorité à des parents qui s'opposeraient à la transition médicale de leur enfant. Si l'on en croit les fuites parues dans la presse, les recommandations de la Haute Autorité de santé, attendues cette fin de semestre, devraient les satisfaire :  serait ainsi recommandé « un signalement pouvant aller jusqu'à une délégation partielle d'autorité parentale voire, dans une situation extrême, une déchéance de l'autorité parentale ou une émancipation [des mineurs de 16 ans] en cas de mise en danger par non-respect de [l']identité de genre [du mineur] ».

Des inquiétudes « injustifiées » ?

Pour le moment, et très concrètement, si Olivia Sarton, de l'association Les Juristes pour l'enfance, interrogée par BV, reconnaît  « n'avoir, pour l'instant, pas connu de médecins prenant le risque d'effectuer un parcours de transition sur un mineur qui n'aurait pas informé ses parents », les choses semblent un peu différentes lorsqu'il s'agit du changement de prénom d'un mineur. Ainsi, en août 2023, un tribunal judiciaire de la région parisienne, faisant droit à la demande d'une mère, ordonnait l'inscription d'un garçon de 11 ans sous un prénom de fille dans un établissement scolaire pour la rentrée. Les magistrats, ayant estimé les inquiétudes du père qui s'opposait à la transition sociale de son enfant « injustifiées », ordonnaient également la poursuite des traitements. Cette affaire rapportée par Olivia Sarton n'est pas close, appel ayant été interjeté. En l'espèce, et compte tenu du jeune âge de l'enfant, les juges n'ont pas eu à se prononcer sur la question d'administration de bloqueurs de puberté.

Un sujet qui n'inquiète pas outre mesure notre juriste. Selon son expertise,  « les parents qui s'opposeraient à la transition médicale de leur enfant disposent de solides arguments juridiques : on voit mal comment ceux qui en appelleraient à la plus élémentaire prudence au nom du bien de leur enfant seraient privés de leur autorité parentale, dès lors qu'ils sont bienveillants vis-à-vis de leur enfant et qu'ils lui proposent un autre type de soin, par exemple une prise en charge psychothérapeutique pour soulager sa détresse, s'il y a lieu ».

Des propos rassurants, car nombreux sont les parents qui, comme David Glutz, témoignent de l'emprise de groupes militants sur leurs enfants. L'histoire de sa fille est un exemple du genre : décrite à l'origine comme plutôt « isolée », elle a rapidement été prise en main et « mise sur un piédestal » par des associations qui ne cessent de l'encourager à poursuivre sa transition. Bien seul dans son combat, il témoigne de son écœurement de « l'absence de réactions juridiques et médicales » et pousse ce cri d'alarme : « D'ici 10 ou 15 ans, les jeunes vont se rendre compte de ce qui s'est passé ; ils auront été poussés à prendre des décisions irréversibles de mutilations sans retour en arrière possible. »

Picture of Sabine de Villeroché
Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

96 commentaires

  1. Le wokisme est vraiment une plaie en plus d’être dangereuse et nuisible
    Un père qui protège son enfant, déchu de ses droits , c’est incroyable, j’ai vu le même genre d’article en Espagne aussi !!!
    Mais à 16 ans on n’est pas mur !!! On se cherche parfois mais là c’est grave quand même
    Sans doute endoctrinée par le lycée ou les RS

  2. Imaginons un instants que nos grands parents reviennent. Ils qualifieraient la civilisation de dégénérée et ils auraient bien raison !

    • C’est clair, les pauvres seraient choqués
      Comment pouvons nous être crédibles face à une telle décadence ?

  3. Pour mieux appréhender le sujet, l’interview d’Alexandra Brazainville (sur Youtube) est instructif.
    Cet hermaphrodite, oui c’en est un/e a été confronté à un choix non pas du à une « détresse » psychologique, mais à une aberration de la nature.
    Ses commentaires sont respectables.

  4. Et chez nous en France, pour des faits bien plus graves et dans un autre registre, les racailles ne sont même pas retirées à leurs parents pour un séjour en prison ou en Maison de Redressement par exemple alors que cela serait bénéfique pour elles-mêmes et pour la Société civilisée dans laquelle ces racailles vivent. Au lieu de ça, cette pitoyable Justice se contente de leur faire une petite réprimande du bout de l’index avant de les relâcher afin de ne pas contrarier le Chef de notre République qui ne veut « pas de vagues » mais qui finira par déclencher un tsunami si l’insécurité et le grand désordre ne sont pas résolus.

  5. le pire dans ces histoires de trans- genre c’est l’irréversibilité de processus, quand c’est fait c’est fait, impossible de revenir en arrière, je crois, ou en Europe du nord, ou aux US une famille a été déchue de leurs droits parentaux, pour s’y être opposé, quelques mois après, le jeune trans s’apercevant de son erreur, a porté plainte contre ses parents, pour l’avoir laissé faire!!! alors que ces derniers avaient été déchus de leurs droits, on marche sur la tête! par contre, je n’avais vu aucunes poursuites contre les médecins, aucunes poursuites, contre les associations trans.

    • Vous avez raison de le rappeler. C’est en effet la responsabilité et le devoir des Médecins et des associations de bien informer ces jeunes des côtés négatifs de telles interventions qui, une fois effectuées, sont sans remède, plus rien n’y fera. C’est comme celles qui ont recours à la chirurgie esthétique, quand c’est raté, c’est pour toujours.

  6. et « mise sur un piédestal » par des associations qui ne cessent de l’encourager à poursuivre sa transition… les zassoss sont effectivement un souci. Certaines méritantes, aident, d’autres peuvent faciliter les perversions. Ceci dit, se mettre  » dans la peau » de qq’un désireux de changer de genre est impossible. Ces individus m’inspirent peine et pitié à la fois. Ça doit être terrible de ne pas se sentir « soi » ! Compassion.

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