Pour attaquer Bolloré, Najat Vallaud-Belkacem balance son devoir de neutralité

La conseillère maître de la Cour des comptes s'en est prise à Vincent Bolloré et à la vaste famille de droite extrême
@Wikimedia
@Wikimedia

Najat-Vallaud Belkacem a-t-elle enfreint son devoir de réserve ? S’exprimant au micro de France Info TV, l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale n’a pas retenu son venin contre Vincent Bolloré et sa réussite médiatique, illustration d’une « mainmise » de la « vaste famille de l’extrême droite » qui manipule, notamment, le monde de l’édition.

À l’origine de la charge de l’ancienne porte-parole du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sous François Hollande, le succès en libraire de la maison Fayard avec trois livres et auteurs qui affolent les compteurs de l’édition, en ce mois de novembre. Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Éric Zemmour : les mousquetaires de la plume enchaînent les records de ventes. Du 3 au 9 novembre, le palmarès edistat, énumérant les 200 meilleures ventes de la semaine, toutes catégories confondues, classait Ce que veulent les Français en cinquième position, Populicide en septième et La messe n’est pas dite en vingtième.

Le « système » Bolloré

Une réussite insolente de la maison Fayard qui fait pâlir le monde politico-médiatique à deux titres. D'abord, les auteurs appartiennent à la droite nationale ; ensuite, ils sont publiés par une maison faisant partie du groupe Hachette Livre, géré par le groupe Lagardère, détenu lui-même par Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré. Inévitablement, lorsque Najat Vallaud-Belkacem s’exprime sur ce sujet, son sang ne fait qu’un tour.

« Aujourd’hui, on a le sentiment que ce qui a été réussi dans cette vaste famille d’extrême droite et de droite extrême, avec comme tête de pont Vincent Bolloré, a-t-elle commenté à l’antenne, c’est la mainmise sur à la fois un monde médiatique, un monde éditorial, à travers ses maisons d’édition, un monde de distribution, qui permet de faire caisse de résonnance. »

Cette intolérable activité se rapproche d’une organisation mafieuse, explique très sérieusement Najat Vallaud-Belkacem, qui expose calmement ses attaques pernicieuses. « Il faut le reconnaître, ils ont réussi à mettre en place une espèce de système, totalement intégré, dans lequel ce sont toujours les mêmes qu’on va entendre, sur les antennes, sur les ondes, dont on va survaloriser le moindre livre, […] pour lequel on va mettre en place un plan de distribution extrêmement efficace. » Mais attention, lorsque le système médiatique met en avant l’égérie de la gauche progressiste Salomé Saqué ou l'économiste Gabriel Zucman, par exemple (l’auteur de la taxe), cela n’a absolument rien à voir : l’ancien ministre chargé des Droits des femmes souligne qu’il ne peut s'agir en aucun cas d’une caisse de résonance « aussi organisée ».

Neutralité et impartialité

Que l’ancienne porte-parole de Ségolène Royal et François Hollande, lors de leurs campagnes présidentielles respectives, porte l’estocade à Vincent Bolloré ne surprend pas. Que l'épouse du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale voue aux gémonies le président du Rassemblement national, le fondateur du Puy du Fou et l’ancien candidat Reconquête à la présidentielle, rien de surprenant. En revanche, que celle qui est désormais conseillère maître à la Cour des comptes se permette ainsi de porter une analyse et un jugement partial sur la vie politico-culturelle de notre pays est plus problématique. Nommée en juillet par Pierre Moscovici, bénéficiant par là même de son CV socialiste, celle que Marc Baudriller qualifiait dans BV de « farouche militante pro-immigration » devrait observer désormais, selon un règlement propre à la Cour des comptes, un devoir de réserve.

Le Code de déontologie de la Cour spécifie que les magistrats de l’institution « veillent dans toute expression publique à respecter leur obligation de réserve et de loyauté, et à ne pas porter atteinte à la nature et la dignité des fonctions exercées, ainsi qu’à l’image et à la réputation des juridictions financières ». Le point 11, notamment, est suffisamment explicite : « Les personnes concernées par la Charte font en sorte, dans  leurs comportements tant professionnels que privés, de ne pas se trouver dans une situation qui pourrait porter atteinte ou paraître porter atteinte à l’impartialité et à la neutralité de la juridiction. » Najat Vallaud-Belkacem est aussi présidente de France terre d’asile, association immigrationniste assumée. Preuve que le principe de neutralité et d’impartialité, de facto, revêt une conception toute relative, à la Cour des comptes.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

82 commentaires

  1. Il faut la mettre aux oubliettes comme tous ces bienpensants qui ne veulent que des postes de planqués et qui veulent donner des leçons de moralités aux français

  2. Citer les élucubrations de cette personne et bien d’autres du même acabit n’est pas une bonne chose et pertes inutile de temps pour tout le monde du reste son passage a l’éducation national n’a pas été transcendant.
    C’est pas un exemple surtout pour avoir été parachuté a son nouveau poste.

  3. La grande parade de l’anti fascisme a commencé, nous allons franchement rire lorsqu’on second tour de 2027 il leur faudra choisir entre Mélenchon et Lepen.

  4. Qui est le « Chef ! » de cette péronnelle, QUI l’a placée à ce poste ? Toujours le même, le destructeur de la France, réélu par ce peuple de veaux si bien décrit par De-Gaulle.

  5. France TV, Louvre, Cour des comptes….jamais de sanction ou démission. « Privilège rouge » selon GW Goldanel

  6. Personne pour lui fermer la bouche. Et à la cours des comptes, on ne dit rien ? Qu’as tu fait de ta vie vallaud belkacem hormis de cracher ton venin ? Prends exemple sur Bolloré qui, lui, a créé des emplois et continue à participer activement à notre économie.

  7. Les bons comptes font les mauvais amis quand ils sont à la Cour. Moscovici tend la main à Vallaud, c’est le socialisme obligé à la barbichette, la petite échelle pour sauter le mur des cons, les vrais, ceux qui n’ont pas besoin de diplômes ou de compétences pour dire le Droit cuisiné à l’idéologie rance de leur sauce. La Cour est pleine mais ils la remplissent encore de toute la misère du monde, ce ne sont pas eux qui la portent. Vous les croyez juges intègres et ils sont intégralement au service de leur marotte. Ils bavent sur les riches mais ils exploitent le peuple. Leur capital moral est à zéro, ils ne sont responsables de rien puisqu’ils ont tenu tous les pouvoirs. Je les admire. Être encore là quand on a fait moins de deux pour cent aux élections, c’est un exploit. Le Compte est bon, la Cour est pleine.

  8. Ben faut la virer et l’interdire de possibilité d’exercer ces fonctions à nouveau…
    Ennemis de la France un jour, ennemie de la France toujours !

  9. Extrême-droite ou Droite extrême ???? That is the question (comme dirait rosbeefophile Macron) On dirait que prononcer le mot « extrême » lui apporte une certaine jouissance…. un peu vinaigrée.

  10. Pas un mot sur la Pigassphère qui possède de nombreux journaux et chaînes de tv ! Normal, la Pigassphère est de gauche !

  11. J’ai fait le test autour de moi : « Donnez une définition de ce qu’est « l’extrême droite » ?  »
    Aucune réponse réelle… Personne n’a réfléchi à ce que c’est vraiment.
    Comment voulez-vous avoir une opinion politique et des débats sensés, si on ne sait même pas ce qu’est la gauche, la droite, le centre, les extrêmes ?

  12. Comme toujours avec cette gauche, les règles de déontologie (ou autres règles d’ailleurs) c’est pour les autres

  13. C’est la gauche, ils voient qu’ils perdent de leur influence, ils deviennent de plus en plus haineux. Au lieu de critiquer, elle pourrait investir, créer une entreprise, , employer des Français, Eliel pourrait ainsi acheter d’autres entreprises. Mais en est elle capable? Ces gens veulent diriger le monde, alors qu’ils seraient bien incapables de gérer la buvette d’un stade de foot.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois