[POINT DE VUE] “Tout blancs, tout moches que vous êtes“ : nouveau dérapage de Mélenchon

La pensée de Mélenchon emprunte à Evola et Nietzsche pour leur faire dire n’importe quoi.
Capture d'écran LFI
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Le parti de Jean-Luc Mélenchon se rêve en faiseur de rois à mesure que le second tour des élections municipales approche. C’est peut-être la raison pour laquelle le vieux sénateur socialiste se rêve en héraut d’une nouvelle France… et se croit tout permis. En meeting le 18 mars, le Pol Pot des banlieues créoles a commencé par se féliciter de la victoire de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis élu dès le premier tour. Il faut dire que cette victoire symbolise à la perfection ce qu’il souhaite : le grand remplacement, jadis théorie complotiste d’extrême-droite, digne des cerveaux les plus embrumés des arrière-salles bavaroises des années 30, aujourd’hui horizon désirable de la gauche dans le vent. Un maire extra-européen à la tête de la ville où sont enterrés les rois de France, c’est ce qu’il pouvait lui arriver de mieux.

Evidemment, c’était l’occasion pour lui de reparler de sa précédente sortie architecturale, selon laquelle, sans les croisades et l’apport de l’arc brisé par les Arabes, les Européens n’auraient pas été fichus de faire des cathédrales. Au passage, une saillie sur les Goths, qui savent « briser », mais pas les arcs, et puis cette culmination dans l’immondice : « Il a bien fallu un jour qu’il y en ait un ou une qui se mette debout sur ses pattes à l’autre bout du continent africain pour qu’à la fin vous soyez ici en train de faire les malins, tout blanc, tout moche que vous êtes ». Le public, hilare, est conquis.

Reprenons avec autant de calme que possible. L’architecture, comme l’art en général, comme la science aussi, connaît moins de frontières que la politique. Sans les musulmans, il y avait déjà des abbayes romanes magnifiques. Les historiens sont partagés sur l’origine de l’arc brisé (Al-Andalus ? La Sicile médiévale ? La Terre Sainte ?) mais il est vraisemblable qu’il s’agisse d’une évolution multiculturelle, bien davantage que d’un transfert de technologie, des Arabes cultivés et raffinés vers les Francs abrutis et violents. De même que ce ne sont pas les Arabes qui ont conservé le savoir gréco-latin (relire Aristote au Mont Saint-Michel), de même que ce sont les Européens qui ont, les premiers, aboli l’esclavage (qui perdure dans plusieurs pays musulmans), de même que les chiffres « arabes » sont indiens, l’histoire des découvertes n’est pas linéaire ni manichéenne.

Détestation de soi et de son pays

Il n’empêche qu’on a compris. Pour le chef des Insoumis, le premier homme est Africain et, par une lente involution, le Blanc est une sorte d’avorton, de « dernier homme », dégénérescence « moche » de l’homme noir. La pensée de Mélenchon emprunte à Evola et Nietzsche pour leur faire dire n’importe quoi. C’est acrobatique, mais c’est cohérent. Mélenchon est un homme blanc de plus de cinquante ans, un notable qui a vécu toute sa vie aux crochets de la république, un franc-maçon à bouc, aux allures de délégué syndical, reconverti sur le tard en tribun éructant, caricature vintage des dictateurs communiste du passé. Il se déteste comme il déteste son pays. Il veut mourir comme il veut que nous mourions. On n’imagine pas une « blague » du même acabit sur la « mocheté » de n’importe quelle autre couleur de peau : ce serait la mort sociale et médiatique, à raison d’ailleurs. Mais quand on se moque des Blancs dans un pays qui a plusieurs millénaires de blancheur à se reprocher, ça va.

Un détail, d’ailleurs, qui n’en est pas un : le public de cette assemblée enamourée, communiant dans la haine des sales Blancs moches, était presque uniformément… blanc. Toutes les races étant égales, imaginez deux secondes un parterre d’une autre région du monde s’esclaffer avec une méchante ironie quand on lui parle de la laideur de sa peau. La gauche n’est pas tant une opinion qu’une pathologie.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

9 commentaires

  1. Si Mélanchon imagine que la théorie de l’ évolution repose sur des arguments scientifiques ; il devrait savoir que ce sont les idées évolutionnistes qui ont permis aux anthropologues du dix_neuvième siècle , d’ affirmer bêtement la supériorité de la race blanche sur la race noire , en particulier avec l’ angle facial ; ses électeurs ont-ils conscience de la contradiction?

  2. L’argument biologique, puisque c’est de cela dont parle mélenchon en prétendant que les Africains seraient à l’origine de la bipédie et donc, par un raccourci typiquement mélenchonesque, de l’homme moderne, vilain et moche, quand il a la maladresse d’être blanc, a déjà été utilisé par d’autres. Et il n’y a pas si longtemps que ça.
    Asseoir un discours politique sur la « race » en utilisant des arguments biologiques et pseudo-scientifiques a conduit l’Europe à la bagatelle de 6 millions de Juifs massacrés dans les camps de la mort. Monsieur mélenchon ferait peut-être bien de s’en souvenir la prochaine fois qu’il ouvrira la bouche.
    Le pire de tout, c’est que des gens applaudissent et votent pour ce triste sire. Décidément, certains on la mémoire aussi courtes que leurs idées.
    Il n’y a donc personne en face pour clouer le bec à ce clown ignoble ?

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