[POINT DE VUE] La « bagnole », ce patrimoine bien français qui mérite d’être bichonné
« La bagnole, moi, je l’adore ! », avait déclaré Emmanuel Macron en 2023, avec cette franchouillardise artificielle dont il sait faire preuve de temps à autre. On ne sache cependant pas que l’adorateur de la bagnole ait fait quoi que ce soit pour préserver notre riche patrimoine automobile.
Une résolution pour reconnaître et valoriser notre patrimoine automobile
Cet oubli sera peut-être réparé par la proposition de résolution de Pierre Meurin, député RN du Gard, qui, par ailleurs, a été en première ligne dans la bataille contre les ZFE.
Dans ce texte bref, qui réussit à être à la fois culturel et très concret, il est d’abord question de reconnaître la valeur exceptionnelle du patrimoine automobile français : la France compte près de 800.000 véhicules de collection, des pistes de vitesse mythiques (Le Mans ou Magny-Cours !), des réalisations devenues cultes (la Citroën DS, pour ne citer qu’elle). À ce sujet, on relira l'article de notre ami Nicolas Gauthier), un tissu social jadis appuyé sur les ouvriers de Sochaux ou de Billancourt. Bref, la voiture fait partie de notre Histoire. Cette reconnaissance se doublerait de mesures d’accompagnement financier, en prélevant sur l’existant (les monuments historiques, par exemple) des fonds que l’on pourrait allouer à la sauvegarde de nos souvenirs automobiles.
Cette idée arrive opportunément, à un moment où l’on cherche, un peu partout en France, à dévaloriser la voiture et ce qu’elle représente. Souvenez-vous des gens qui « fument des clopes et roulent au diesel » (Griveaux), regardez comme on se moque des gens qui, dans une innocente vulgarité, font du tuning, constatez à quel point le fait de rouler en 4x4 ou d’aimer les belles voitures est aussi mal vu, dans les milieux bien-pensants opposés au prétendu « virilisme », que de faire des barbecues.
Dans nos « mythologies » nationales...
Mais au juste, d’ailleurs, que représente le patrimoine automobile, dans notre inconscient collectif ? Difficile à dire. La France est le pays du marquis de Dion, le pays de l’Automobile Club, de Renault et Peugeot. C’est le pays des 24 Heures du Mans, du grand rendez-vous populaire du Salon de l’Auto, porte de Versailles. Nous avons été aux premières loges lors de la naissance des automobiles. Moins snob que les bagnoles anglaises, moins m’as-tu-vu que les italiennes, moins austère que les allemandes, la voiture française est élégante, fiable, flamboyante à l’occasion. Tout du moins, le fut. Nous avons eu des fleurons comme Hispano-Suiza et Facel Vega, nous avons toujours Bugatti, que le monde entier nous envie (pour de vrai, pas comme notre modèle social). Nous devrions assumer cela, en être fiers et en tirer parti.
Il y a dans nos « mythologies » nationales, comme dirait Roland Barthes, beaucoup de clichés automobiles : les trajets sur la Nationale 7 dans les années 60 lors des départs en grandes vacances, les Traction qui glissent dans Paris occupé, les DS présidentielles qui échappent à des attentats et même la CX Pallas qui emmena Chirac vers l’Élysée en 95. Après, les voitures officielles deviennent tristes et interchangeables, comme les hommes politiques qui montent dedans.
Giorgia Meloni, lors du G7 organisé en France cette année, arriva en retard et en Maserati. Veramente italiano… Pourquoi notre chef de l’État n’aurait-il pas sa Bugatti estampillée « PR », avec de gros chevaux qui font du bruit ? Voilà qui incarnerait la furia francese… avec un Président qui soit au niveau.
Bref, aimons nos voitures, aimons le souvenir que nous en avons et construisons une façon d’entretenir cette mémoire avec reconnaissance. Et pour ceux qui préfèrent les pots de yaourt électriques ainsi que, sans doute, la nourriture d’écureuil et les énergies renouvelables, passez votre chemin.
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57 commentaires
Le génie créateur, qui fit l’Occident, tant dénoncé par ces civilisations arriérées et envieuses de ce qu’elle n’ont su faire ! Entre 1918 et 1939 ce fut l’essor de l’automobile, avec en arrière plan lé légende des taxis de la Marne. Il y eut surtout Citroën le symbole de l’imagination, qui restera à jamais le « grand homme » de l’histoire de l’automobile. Les autres marques, certes ont eues des modèles à succès, mais jamais aucune ne s’est approchée de Citroën.
C’est dingue comme la marque simca est constamment mise de côté. Je veux bien qu’elle n’existe plus mais c’était vraiment de très bons véhicules, populaires et innovants, la simca 8 était le cauchemar des concurrents.
Permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que sans automobiles, notre champion international n’aurait que peu de raisons d’exister. D’autant plus qu’à une certaine époque, Michelin, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a largement contribué à la survie de Citroën, qui dans les domaines techniques a fait preuve de beaucoup d’innovations.
Une Citroen, 15cv traction avant ; avec ses 6 cylindres et vitres de custode… C’est tout simplement la classe cela messieurs dames !
Enfin, c’était… ! Il y a quelque temps me semble-t-il…
Trois litres de cylindrée pour… 60 CV. Remontées d’huile incessantes. Révision obligatoire tous les 3 000 km.15 CV pour 15 litres aux 100. Par contre, quel confort! La limousine des années 50. On se croyait dans l’Orient Express.
Nos belles voitures que certains ne supportent pas, de toute façon ces gens n’aiment rien
« rouler en 4×4 ou d’aimer les belles voitures est aussi mal vu, dans les milieux bien-pensants opposés au prétendu « virilisme », que de faire des barbecues. » En descendant de mon 4×4, j’allume mon barbecue et j’emm… à cent sous de l’heure tous les bien-pensants.
Vous avez oublié les taxis de la Marne.
Jolie illustration de l’article. Une dame élégante, comme elles savaient l’être à l’époque.
Oui, conservons précieusement une si belle illustration, car, du train où vont les choses, on n’aura bientôt plus que des carcasses de voitures brûlées à photographier !
Monsieur Florac, certes la « bagnole » est un objet aimé des français, le président Pompidou le disait déjà il y a 50 ans. Mais de là à vouloir utiliser le maigre budget du patrimoine (avez-vous vu l’état de nos églises et autres monuments) pour protéger le « patrimoine automobile » il y a un pas à ne pas franchir. L’industrie automobile a les moyens d’entretenir « son patrimoine » …..
M.Jeanneau
Bernard 37 a tous résumés!!!
Merci!
Pas d’accord avec la conclusion…
Personnellement la seule voiture neuve su j’ai acheté en faisant un prêt était une 2 CV 6 et après que des voitures d’occasion de garagistes sérieux . Les voitures je les use jusqu’à la moelle celle que j’ai à 200 000 Km cela m’a permis d’acquérir du patrimoine pour mes vieux jours et de consommer avec Modération.Pour le reste l’état cupide et versatile est l’apanage des naïfs et des Frimeurs .
Ami Arnaud, vous insistez sur l’aspect « critère de sélection sociale » de la voiture, mais vous omettez un aspect majeur de la voiture individuelle, la Liberté nouvelle qu’a apporté la « bagnole » aux « pauvres en sabots!
Ferarri, Porche, Mercedés ou BMW, selon que l’on est fouteux, dealer, notaire ou agent immobilier, la bagnole de prestige est devenue étrangère.
Mais ce sont des 4l, des deudeuches, des celta 4 qui ont donné aux Français moyens la Liberté formidable de devenir autonome dans ses déplacements. Plus d’allers-retours de 12 km du marché de Corbeil en sabots pour des Champcueillois, plus de vélo sous la pluie et la neige pour au milieu de la nuit pour l’infirmière, ni pour l’ouvrier en 3×8 à 4 heures du matin.
C’est cette Liberté là, que l’europe du fric et la macronie écolo veulent retirer aux pauvres, à la Masse .
Les friqués du foute, du show bizz, de la drogue, de la politique, des médias…eux, continueront à rouler en bagnoles de luxe … étrangères.
De bonnes voitures faciles a entretenir roulant a l ‘ethanol et increvables,j’ai une » teutonne » essence avec boîtier ethanol,pas de « fap » ni de turbo de 2003! Avec 143000 kms..j’ai bien l’intention de faire au moins 300000 kms et je pense pouvoir largement me gosser au niveau pollution sur la construction et la duree des
electriques …nb j’aurais préféré trouver cette qualité sur une auto française.. mais c’est impossible
A Bernard37,
Il m’ennuie de constater que vous avez raison… Mais vous avez vraiment raison.
Merci pour cet excellent sujet ! Une petite précision : la CX de Chirac était une CX Prestige. Plus longue…
L’immense majorité des 50/70 ans sera d’accord avec cet article rappelant le prestigieux passé de notre patrimoine automobile . Et il suffit de petites piques lancées à une frange de la population française pour déclencher des commentaires acerbes , qui ne feront que glisser sur les carrosseries lustrées par des passionnés .