[POINT DE VUE] Iran-États-Unis : sans surprise, échec des négociations…
Après de brèves négociations, chacun est reparti chez soi.
Le monde retenait pourtant son souffle. Le Pakistan, avec un art consommé de la diplomatie hôtelière, avait réservé deux suites séparées, comme une faiseuse de mariages face à des fiancés récalcitrants. Les Iraniens étaient en place. Les Américains, après quelques atermoiements, ont fini par venir aussi. Et puis rien. Il ne s'est rien passé et, après de brèves négociations, chacun est reparti chez soi, non pas « content de soi-même et des autres », comme le disait La Bruyère d'un dîner en ville réussi, mais certain de sa force et détestant la partie adverse.
Pourquoi ça ne pouvait pas bien se passer
Il n'y a pourtant pas de quoi être surpris. Relisez d'ailleurs la dernière chronique de Vincent Arbarétier... Les Américains ont fait leur « meilleure offre », selon le vice-président JD Vance, choisi pour diriger l'équipe de négociation américaine, mais ce n'était pas assez, semble-t-il. À entendre ces éléments de langage, on mesure pourquoi ça ne pouvait pas bien se passer. Les Américains sont le peuple du « deal », un peuple de marchands qui ont évacué toute idée de morale - raison pour laquelle ils en font des tonnes avec le récit patriotique, qui sert à camoufler un pragmatisme total. La mentalité des Iraniens, quant à elle, a survécu au régime des mollahs et à la corruption de leur système. À l'échelle de leur histoire, les quarante-sept dernières années sont un épiphénomène. On aime rappeler, ces derniers jours, que les Iraniens ont inventé les échecs et s'ils savent ce qu'ils font quand ils négocient. On oublie d'ajouter que les dignitaires iraniens, fussent-ils violents et corrompus (et ils le sont à n'en pas douter), sont presque tous diplômés en sciences exactes ou en philosophie, et qu'ils ont la mémoire de leur histoire.
Voyons clair dans les récents événements : cette séquence est une victoire iranienne. Ils ont imposé le lieu, le médiateur, la forme, et jusqu'au leader du camp adverse. J.D. Vance, en effet, est connu pour avoir été l'un des rares opposants à cette guerre, qu'il jugeait inappropriée et aux antipodes de la politique extérieure sur laquelle Trump avait fait campagne. Les Iraniens ne l'avaient pas oublié. Et, pour un pays que l'on dit à genoux, ils ne s'en sont pas si mal tirés…
Et maintenant, que va-t-il se passer ?
Et maintenant, que va-t-il se passer ? Les Iraniens ont annoncé qu'ils allaient bloquer le détroit d’Ormuz. Donald Trump vient de dire la même chose, en ce dimanche de la miséricorde qui laisse de marbre chiites et protestants. Et, pour comble de confusion, Vladimir Poutine vient de proposer ses services. Poutine médiateur entre Trump et les mollahs : on dirait le début d'une mauvaise blague. Difficile de prévoir l'issue de ce conflit à l'heure actuelle…
Pendant ce temps, le Liban continue de souffrir, lui qui faisait partie de l'équation, lui qui était la condition sine qua non pour que l'Iran respecte le cessez-le-feu. Nous vivons décidément une époque chaotique où, plus que jamais, la seule grammaire qui vaille est la force. Nous autres Européens l'avions complètement désappris. « Pour être fort, il faut être craint », disait Emmanuel Macron il y a quelques mois. Cette règle d'airain régit plus que jamais les relations internationales.
Verra-t-on, d'ici quelques semaines, une force multinationale envoyer des navires vers le détroit d’Ormuz pour éviter l'escalade, tandis que la Russie, entremetteur incontournable entre les États-Unis et l'Iran, organiserait une rencontre au sommet pour mettre un terme au conflit ? Cela semble surréaliste, mais après tout, les récents événements le semblaient aussi. Jusqu'à ce qu'ils aient lieu…
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































4 commentaires
On a laissé les gardiens de la révolution maltraiter les Iraniens sans agir, que faire ?
L’angélisme des supposés démocrates est effrayant, Obama Biden Macron and co sont les vrais responsables.
Il faut combattre tous ces terroristes et la bonne solution ne sera pas au goût de pseudo démocrate qui ignore à leur profit le bien commun
« cette séquence est une victoire iranienne. Ils ont imposé le lieu, le médiateur, la forme, et jusqu’au leader du camp adverse. J.D. Vance, en effet, est connu pour avoir été l’un des rares opposants à cette guerre, qu’il jugeait inappropriée et aux antipodes de la politique extérieure sur laquelle Trump avait fait campagne. Les Iraniens ne l’avaient pas oublié. Et, pour un pays que l’on dit à genoux, ils ne s’en sont pas si mal tirés… » Désolé, mais quand on écrit ça, on ne comprend pas vraiment les problèmes. ET quand plus loin on affirme « la seule grammaire qui vaille est la force. » on s’enfonce dans l’erreur.
Je m’explique.
Les problème de Trump et des US est politique. La force n’est pas leur vrai problème. Leur vrai problème est le reproche que le monde entier leur fait d’employer la force, même contre le pire des régimes, même avec les meilleures raisons de l’employer.
Accepter une trêve et une négociation, c’est montrer, au moins en apparence, qu’on ne compte pas que sur la force pour régler les problèmes. Voir des négociations échouer, c’est se donner la possibilité de rejeter la responsabilité de l’échec sur l’intransigeance excessive de l’adversaire.
Mais pour Trump, envoyer Vance, opposant à la guerre, négocier, pour revenir bredouille, c’est une bonne occasion de faire de la pédagogie en direction d’un parti MAGA récalcitrant qui a besoin d’ouvrir les yeux sur les réalités de l’islamisme avec bombe atomique.
Et envoyer maintenant la navy pour déminer et contrôler le détroit, dont le droit international garantit la libre navigation, c’est là peut être un coup de maître. La trêve n’est pas finie. Si les Iraniens ouvrent le feu, un déluge s’abattra sur eux et Trump pourra dire qu’ils l’ont bien cherché et mérité et que c’est à bon droit qu’il a rétabli la liberté de passage par la force. S’ils ne font rien, ils auront de facto perdu la guerre et l’asphyxie financière ne sera pas loin. Avec l’effondrement des milices à la clef. Et la perte définitive du contrôle du détroit et des ressources financières qu’ils en escomptaient.
Et on doit pouvoir ajouter que si Trump risque 2 destroyers et des centaines d’hommes à leurs bords, c’est qu’il doit avoir de bonnes raisons de pouvoir le faire. Les moyens maritimes des gardiens de la révolution doivent être quasiment détruits en totalité de même que les batteries côtières, les quelles ont du vraisemblablement depuis des semaines êtres coupées de tous liens, approvisionnements et autres avec l’arrière.
Nous ne sommes pas surpris de découvrir que le va-t-en guerre Trump et son équipe de bras cassés s’embourbe encore plus dans le chaos qu’il a lui même créé et pour lequel il n’a jamais eu aucune stratégie.
Qui, des lecteurs ou des autres membres de la rédaction vont arrêter les propos lamentables de M. Florac ? Est-il là pour être le faire-valoir de la politique du gouvernement israélien actuel qui a poussé M. Trump, imprévisible, mais atteint par l’âge, à intervenir ?
Assez !