Pacte migratoire européen : vers une redistribution « confidentielle » des migrants

Face au Pacte sur la migration et l'asile, Fabrice Leggeri (RN) dénonce un système opaque et explosif pour les États.
© Fred Romero/Wikimédia
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Adopté à la veille des élections européennes de 2024, le Pacte européen sur l’asile et la migration entre désormais dans sa phase décisive. Après deux ans de préparation, la Commission européenne a présenté avec un mois de retard, ce mardi 11 novembre, la première liste des États membres considérés sous « forte pression migratoire ». Une étape clef, puisque cette qualification ouvre la voie à un mécanisme de solidarité obligatoire : les autres pays de l’Union devront accueillir une partie des migrants présents dans ces États de première entrée.

L’Italie, la Grèce, l’Espagne et Chypre figurent sans surprise dans cette catégorie sous tension. Leur situation est évaluée non seulement à l’aune des arrivées récentes, mais aussi à partir de l’accumulation de demandes d’asile au fil des années. Le dispositif prévoit la redistribution annuelle d’environ 30.000 migrants ou, pour les États qui refuseraient d’en accueillir, une contribution financière fixée à 20.000 euros par migrant non pris en charge.

La France, déjà « saturée », pourrait être sollicitée

Si la France ne fait pas partie des pays officiellement soumis à une « forte pression migratoire », Paris fait valoir qu’elle a été largement exposée aux flux migratoires, ces dernières années, et de leur côté, d’autres pays comme l’Allemagne avancent le même argument. Certains de ces États sont par ailleurs considérés comme « à risque de pression migratoire » par la Commission. Pour autant, rien n’exclut que la France doive accueillir de nouveaux migrants, dans des proportions encore inconnues. La Commission n’a pas finalisé les chiffres, qui devraient être communiqués dans les prochaines semaines aux seuls gouvernements.

Un système opaque

C’est là l’un des points sensibles de cette mesure déjà controversée sur lequel Fabrice Leggeri, député RN au Parlement européen pour le groupe des Patriotes pour l'Europe, attire l’attention : les quotas transmis à chaque gouvernement devraient, en principe, rester confidentiels et le nombre exact de migrants que chaque État devra accueillir demeurera inconnu du grand public. Une opacité que Fabrice Leggeri estime « difficilement tenable » et « tout aussi choquante que le fait de devoir payer une amende de 20.000 euros par migrant que l'on refuse ». Selon lui, aucun gouvernement ne pourra, durablement, dissimuler de tels chiffres à son opinion publique et éviter, ainsi, un débat politique.

Une « solidarité » contestée et un pacte à l’efficacité questionnée

Car ce débat politique, que la Commission européenne le veuille ou non, devra avoir lieu. Le RN critique un texte qui, selon lui, « entretient l’appel d’air » plutôt que de le tarir : la demande d’asile reste déposée uniquement une fois le migrant arrivé sur le sol européen, ce qui maintient intactes les filières et la pression aux frontières. Sous la bannière de son groupe, Fabrice Leggeri défend donc une réforme de fond avec un traitement des demandes d’asile hors du territoire de l’Union, des centres externalisés ou encore un examen préalable avant toute entrée en Europe.

De plus, la promesse d’équilibre du Pacte sur la migration et l'asile, qui exige la solidarité obligatoire entre États membres en échange d’un renforcement du contrôle aux frontières extérieures, peine à convaincre le camp des Patriotes. De son côté, la Commission met en avant une baisse récente de 35 % des franchissements irréguliers depuis 2024. Mais selon Fabrice Leggeri, cette baisse ne s’explique pas par le pacte, qui ne sera appliqué qu’à partir de juin 2026, mais plutôt par des initiatives nationales, notamment les accords conclus par Rome avec la Tunisie ou le durcissement de ton du gouvernement italien qui « a pu contribuer à dissuader des arrivées illégales ».

Un nouveau chapitre migratoire sous tension

De toute façon, à mesure que les premières obligations tomberont, les tensions entre États membres promettent de s’aiguiser, rappelle en outre l’eurodéputé. La Belgique et les Pays-Bas contestent déjà le refus de l’Italie de reprendre certains demandeurs d’asile en vertu du règlement Dublin. D’autres pays cherchent à renvoyer leurs migrants vers des « pays tiers sûrs », objet de deux projets de règlements parallèles encore en discussion, et certains gouvernements, comme ceux de Viktor Orbán en Hongrie, Donald Tusk (pourtant très européiste) en Pologne ou encore Robert Fico en Slovaquie, ont déjà fait part de leur refus catégorique d'accueillir les migrants déplacés ou de payer pour ces derniers.

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Les réactions est-européennes (Pologne, Hongrie, Tchéquie) étaient pourtant prévisibles: ces pays, eux, ne savent que trop ce qu’est une invasion suivie d’occupation. Dans la deuxième moitié du siècle dernier, cela s’appelait le communisme (en clair, invasion et occupation soviétique de 1945 à 1990).

  2. Ne restez pas dans ces pays dd traitres qui vous preparent a toujours plus de viols , de cambriolages , de squats et d’attaques au couteau …! Il est desormais trop tard et ce n’est pas le RN avec une ancienne avocate ayant defendu des immigres et qui respecte l’Islam qui pourra vous sauver …surtout apres aboir jote pour la constitutionnalisation de l’avortement ..!

  3. 20000, c’est une très bonne affaire. Où est-ce qu’on signe ? Surtout que nous, les Français, très gros contributeurs nets, depuis des lustres,
    on a un avoir :Une grosse
    cagnotte pour financer le regroupement familial, qui, comme son nom l’indique, signifie : retour à l’envoyeur familial.

  4. Grâce aux apprentis sorciers idéologues bruxellois , l’Europe va finir de se ruiner avec la reconstruction de l’Ukraine et en supplément , se voir peut être dévastée par une confrontation ethnique violente , qui couve dans les nations européennes les plus peuplées .

  5. Avec les mesures annocées hier par le gouvernement britannique, nous allons devenir encore plus attractifs et donc le dépotoir de la planète !

    • il n’y a pas que les britanniques qui prennent des mesures en europe
      effectivement, ils ne leur restera que la France à tous ces irréguliers…avec des terroristes dans leurs bagages…..

  6. Une solution, finalement assez simple, pourrait être que TOUS les dirigeants européens adoptent l’attitude de la Hongrie, de la Pologne et de la Slovaquie : S’opposer à la répartition, ET ne pas verser un centime d’amende. Bruxelles n’aurait alors d’autre solution que d’annuler cette directive. Mais cette idée relève malheureusement du rêve…..

  7. Une raison supplémentaire, si il en fallait encore, pour se débarrasser du machin. Et il faut faire vite, l’étouffement gagne chaques jours du terrain. Encore merci à l’excellent sarkozy, grand ennemi de la France, pour sa trahison.

  8. Cela promet une belle foire d’empoigne entre les pays européens pour se refiler les migrants. Chaque pays voit d’abord son propre intérêt, ce qui est bien normal. A noter qu’il serait plus économique de payer 20 000 € par migrant refusé plutôt que de l’accepter, avec tous les coûts de sa prise en charge (hébergement, santé, etc.).

  9. Venez voir à Bressuire , Deux Sèvres , plus moyen d’aller dans la ville sans se faire menacer par de hommes en djellaba et babouche , quantité de femmes africaines portant les chiffons islamiques qui vous bousculent , vous provoquent , des enfants de 13/ &(ans qui vous insultent en arabe et essaient de vous faire tomber !
    Cela devient insupportable , dans certain village à une dizaine de km de cette ville ils sont partout , et se promènent jour et nuit à pieds ou en voiture pour faire du repérage !!!

  10. Nous nous dirigeons vers une guerre non pas classique mais de submersion migratoire. Plus difficile à contenir tant la menace sera diffuse et sur tout me territoire. Et ce n’ est pas nos armées squelettiques qui pourront régler ce problème .

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