Nous n’oublierons pas Philippine, nous en avons fait la promesse à sa mère

Blandine de Carlan, sur CNews, a été immensément courageuse, digne et vraie.
Capture d'écran ©CNEWS
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L’immense courage de cette mère devrait servir d’exemple à tout un pays. Blandine de Carlan, sur CNews, a été digne, vraie, entière. Le symbole déchirant d’une France sacrifiée.

Élever, aimer soigner, protéger durant 19 ans une jolie fillette généreuse, studieuse, toute tournée vers les autres, rêvant de se marier et d’avoir des bébés, dont le regard, comme disait le poète, reflétait la clarté de l’âme, et la découvrir un jour assassinée sauvagement par un individu qui n’aurait jamais dû mettre les pieds en France et encore moins y rester, laissé en liberté alors qu’on le savait prodigieusement dangereux par une juge anonyme dont nul ne viendra interroger l’immense responsabilité.

Voir soudain cet État failli, dont l’impéritie vient de tuer, s’élever soudain, implacable, pour vous barrer le chemin dans le bois de Boulogne, arguant avec sa Rubalise™ qu’il dresse entre vous et votre fille de procédures incontournables : le règlement, c’est le règlement. Vous n’aurez pas le droit de bercer une dernière fois votre enfant que vos proches viennent de retrouver à moitié enfouie sous terre. Même la Pietà a eu le droit de serrer contre elle son fils descendu de la Croix. Mais pas vous. Quelle meilleure et tragique illustration de l’anarcho-tyrannie - les mortifères quatre F, fort avec les faibles et faible avec les forts - qui règne dans ce pays ?

Et malgré la colère, le chagrin et l’injustice, remercier. Parce que vous êtes construite comme ça. Et parce que vous savez bien que si les institutions s’effondrent, si l’État, faible comme jamais, est coupable et détestable, il reste les Français, avec leur compassion, leur élan d’affection. Ils pleurent avec vous. Et du reste, qui, du départ de la battue pour retrouver Philippine à aujourd’hui, a réellement aidé ? La famille, les amis, la paroisse… ces solidarité naturelles, ces fameuses « little platoons » chères au philosophe Burke qui demeurent quand tout le reste n’est plus que de ruines.

À la fin de l’émission, Christine Kelly a offert, au nom de « tous les mousquetaires », un petit olivier à Blandine de Carlan. Celle-ci lui a répondu que cela tombait très bien, car on venait justement de leur voler un arbre similaire, sur la tombe de Philippine… Il y a donc, en France, ceux qui volent les arbres sur les tombes et ceux qui les replantent, inlassablement.

Madame de Carlan a confié avec une simplicité touchante espérer qu’un jour, une chanson soit dédiée à sa fille. D’aucuns, sur les réseaux sociaux, ont interpellé Vianney. Qu’il garde, dans ce cas, un couplet pour évoquer Blandine. Car Philippine peut être fière de sa mère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

65 commentaires

  1. Il n’y a rien de pire que de perdre un enfant. Mais dans ces conditions, je n’imagine même pas la douleur des parents. Je ne suis pas certain que je resterais digne …

Commentaires fermés.

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