Nos agriculteurs crèvent, mais Raphaël Glucksmann joue casse-noisette

Sur LCI s'est jouée une scène emblématique du mépris des idéologues de l’écologie punitive pour les paysans français.
Capture écran LCI
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Le 18 novembre, sur LCI (voir à 1h18), David Pujadas invite l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates). Face à lui, Thierry Descazeaux, président de la coopérative lot-et-garonnaise Unicoque, représentant les 300 producteurs de noisettes de la région, est venu expliquer pourquoi sa profession est en danger de mort.

Il y a six ans arrivait d’Asie, via l’Italie, l’Halyomorpha halys, une punaise classée « espèce invasive ». « Du mois de mai jusqu'à la récolte, elle nous détruit 40 à 50 % de la production, et à la récolte, elle pourrit 30 % de ce qui reste », précise-t-il. Au cœur du débat, l'acétamipride, un insecticide efficace pour éradiquer cette punaise, mais interdit en France alors qu’il est autorisé dans les autres pays européens.

Censure constitutionnelle

Or, après que la récente loi Duplomb sur l’agriculture a rétabli l’autorisation de son utilisation dans son article 2, cette disposition a été ensuite censurée par le Conseil constitutionnel, suscitant la colère des agriculteurs. « Monsieur Glucksmann, pourquoi avez-vous pris position contre l'article 2 ? », demande alors Thierry Descazeaux. Mais son interlocuteur préfère botter en touche, estimant que « c'était sûr que cet article allait être censuré. C'était évident, parce qu'en fait, l'interdiction de l'acétamipride, ça a été une décision prise parce que ce néonicotinoïde avait un impact désastreux sur les pollinisateurs. »

Et Raphaël Glucksmann d’oublier aussi, au passage, la seconde question de son contradicteur, qui s’enquérait de savoir ce que l'eurodéputé (et grand europhile) pensait de de la position de l'Union européenne sur cette affaire. Car, rappelle alors Thierry Descazeaux, l’article 2 en question n’était rien d’autre qu’une « remise à niveau, tout simplement aux normes européennes », puisque s'appuyant sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’UE « a prolongé cette molécule jusqu'au 28 février 2033, sans aucune restriction, ni sur la biodiversité, ni sur l'alimentation humaine, ni sur l'environnement, ni sur son utilisation ».

Quand la France en rajoute

BV a en effet retrouvé l’intervention, le 20 mai 2025, d’Eva Hrnčířová, porte-parole de l’EFSA auprès de la Commission européenne, au sujet du néonicotinoïde de la discorde. « Utilisé à des doses conformes à son autorisation européenne, l'acétamipride ne présente pas de danger, ni pour l'homme, ni pour la biodiversité », précise-t-elle d’emblée. Mais elle va alors plus loin, s’en prenant directement au gouvernement français, estimant « que les arguments de la France, qui avait tenté de faire changer d'avis l'Europe au sujet de l'acétamipride, ont été "jugés" par des scientifiques mandatés par l'Union européenne, comme "ne constituant pas une base solide" pour retirer l'autorisation européenne ». On ne pouvait être plus clair.
Le 18 novembre, le député EPR et ancien ministre Guillaume Kasbarian se plaignait de la manie de la gauche à interdire : « Au lieu de lever les contraintes sur nos agriculteurs, on les alourdit et on aggrave la concurrence déloyale. Après, on s'étonne qu'ils ne soient plus compétitifs. Stop aux surtranspositions. » Mais concernant l'acétamipride, il ne s’agit même plus de surtransposition mais d’inversion pure et simple de la législation européenne.

Et comme le remarque Thierry Descazeaux sur cette question, « nous sommes le seul pays au monde à ne pas avoir cette arme. Nous mourrons. Voilà où en est la filière, elle va disparaître. Et nous importons 90 % de nos fruits. »

Une polémique qui date

L’affaire n’est pas nouvelle. En novembre 2024, déjà, le directeur d’Unicoque, Jean-Luc Reigne, se faisait lanceur d’alerte, rappelant que « l’acétamipride est utilisable par tous les agriculteurs européens, sauf la France. L'Italie va pouvoir fournir, l'Espagne va pouvoir fournir. Nous, ce qu'on demande, c'est de pouvoir lutter à armes égales. » Seules deux solutions pouvaient, selon lui, être mises en place. « Soit les produits phytosanitaires utilisables chez nos voisins italiens deviennent utilisables immédiatement sur le territoire français, soit ce n'est pas le cas. Et à ce moment-là, il faut refuser que l'agriculture dont on ne veut pas exporte ses produits sur notre territoire. »

Face à l’hypocrisie ambiante concernant la concurrence déloyale manifeste créée par la censure constitutionnelle de l’acétamipride, les producteurs ont voulu montrer les preuves concrètes de la tricherie. Le 26 septembre dernier, des syndicalistes de la FDSEA et des JA ont par exemple visité des grandes surfaces de Bergerac, trouvant des noix d’Ukraine et des noisettes de Turquie au rayon bio. Pourtant, dès février 2025, Françoise Gatel, ministre chargée de la Ruralité du gouvernement Bayrou (devenue, depuis, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le deuxième gouvernement Lecornu), avait alerté sur cette mise en danger des filières agricoles du fait des surtranspositions et interdictions intempestives. « On ne peut plus accepter dans notre pays de commercialiser des produits dont on interdit la production en France. » Un propos qui justifiait, faute d'interdiction des produits étrangers, la présence de l’article 2 dans la loi Duplomb.

L’écologie punitive en roue libre

Mais face à de purs idéologues, tenant d’une écologie punitive et létale pour les agriculteurs, aucun argument n’a de prise, aussi concret soit-il. Sur LCI, face à l’évidence et faisant mine de ne pas entendre le propos de l’AFSA, Raphaël Glucksmann en a, au contraire, rajouté une louche. « Quand une décision est prise pour sauver la biodiversité, ou pour assurer la transition écologique, ou par souci de santé publique, ce qu'il faut, c'est mettre en place un fonds d'accompagnement et un fonds pour pouvoir vous accompagner et ne pas vous laisser seuls. » En clair, cela signifie que pour faire taire des producteurs victimes de concurrence étrangère déloyale, utilisateurs d’un produit que l’on estime dangereux alors qu’il ne l’est pas, les mêmes idéologues leur proposent une indemnité qui ne les empêchera pas de faire faillite et qui sera financée par les impôts des Français, les leurs compris.

Il fallait oser. Mais c’est à cela qu’on les reconnaît.

Vos commentaires

75 commentaires

  1. C’est devenu un réflexe, la solution à tous les problèmes pour les islamo-écolo-gauchistes jusqu’à la macronie, prendre dans la caisse. Ben oui,  » ça coûte rien, c’est l’état qui paye ».

  2. Il est grand temps de donner un grand coup de pied dans la fourmilière, sinon les agriculteurs français et par là même les Français, vont finir par disparaitre de la planète.

  3. Gluskman est aveuglé par l’idéologie mortifère qui tue la France et il s’en fiche que les agriculteurs ou industriels ont peine à survivre ainsi que les français. C’est normal avec sa femmes Léa Salamé ils représentent la gauche dite caviar.

  4. Si après çà, les électeurs n’ont pas compris , il n’y a plus rien à espérer , cet oiseau socialiste est d’un nullité abyssale , il s’est mettre en pièce par E . Zemmour , c’est tout ce que les socialos ont en magasin et c’est tant mieux .

  5. Il serait grand temps de donner le parcours européen de cet individu au service d’Etats d’Europe centrale.
    Il n’a rien à faire chez nous .

  6. Glucksmann c’est le mensonge à toutes les sauces, c’est le vide et le néant, le manque d’épaisseur, il n’a pas pesé lourd face au brillantissime Zemmour.

  7. « GLOUPSmann » joue non pas « casse noisette » mais est bel et bien « un casse burn– » contre la FRANCE et les français ! …

  8. lors de cette soirée GLUSKMAN a été catastrophique et dans tout les domaines malgré un public acquis à ca cause .Concernant l’ agriculture et les noisettes il faut savoir que GLUSKMAN vote avec son groupe tout les traités européens contre notre agriculture et il est d’ accord avec le MERCOSUR qu’ il arrête de parler de souveraineté alimentaire il ment comme tout ces euros mondialistes qui sont pour l’ ouverture des frontières libre échange pro ukrainien et pour l’ immigration ETC.. Mais la cerise et non la noisette sur le gâteau c’est la confrontation face à ZEMMOUR qu’ il a pulvérisé humilié 2 visions de la société ZEMMOUR sincère sur le réel et GLUSKMAN lâche sans argument . Le mari de LEA SALAME a montré son véritable visage c’ est à dire une gauche de salon qui méprise le peuple et que les francais ne veulent plus .Il ne sera pas le représentant de la gauche lors des prochaines elections parce qu’ il n’ a pas le niveau .En conclusion nous avons besoin d’ un ZEMMOUR ou d’ un DE VILLIERS pour démasquer ces politiques qui nous mentent depuis des années

  9. Jusqu’à présent, le Sud Ouest, terre éminemment agricole, votait à gauche en général et socialiste en particulier. On peut espérer que cette « passe d’armes » va lui ouvrir les yeux. Car si on focalise sur les agriculteurs, des milliers sous sous-traitants qui gravitent autour sont aussi concernés.
    On ne peut pretexter l’obligation d’appliquer certains diktats de l’Europe pour imposer de plus en plus de normes et « en même » temps s’en affranchir pour d’autres. Dans ce cas en fonction de quoi le néonicotinoïde serait-il interdit en France alors qu’autorisé dans tous les autre pays. Si ce produit est dangereux pour la santé, pourquoi autoriser l’importation de denrées cultivés avec ? Il s’agit, là encore, d’une volonté délibérée d’appauvrir la France pour mieux la soumettre à l’Europe de Van der Leyen.

  10. Que Glucksmann s’occupe désormais de sa philosophie, comme politique il est nullissisme, il ramait il faisait peine à voir contre les saillies de Monsieur ZEMMOUR ! une régal !

    • Pas seulement devant E ZEMMOUR ! dans ses échanges avec « des français », il a beaucoup ramé aussi
      Glucksmann !!!! il nous donne l’image d’un étudiant de 2ème année de fac de lettres, à la cafétéria ! ces petitrs groupes qu’on a tous entendus pour ceux qui ont fait une fac, ces petits évaporés qui refont le monde, en philosophie, en grands penseurs qu’ils se croient !!!
      gluksmann, l »héritier » de B. HENRY LEVY !!!!! c’est une blague ? même si je n’ai jamais apprécié BHL, il a au moins des idées (que je ne partage pas), sait les exposer et il a une très belle plume
      Gluksmann !!!! il n’est même pas capable d’aligner 3 mots sans bégayer ! se reprendre
      en ce qui me concerne j’ai appris que ce qui se pense clairement s’expose clairement…on est très loin du compte…..il faisait peine à voir tellement il est vide

    • Monsieur Molière a sans doute oublié de nous égayer avec une de cs fameuses pièces de théatre qu’il aurait nommé: le savant et le cancre! :-)

  11. Ce matin je regardais d’où provenaient des haricots verts Cassegrain : Kenya et Madagascar. Il n’y en a plus sur notre sol Français ? Alors que le fameux réchauffement climatique le permettrait. Je soutiens tous nos Agriculteurs.

  12. Glucksmann montre avec talent toutes les limites de son intelligence et la partialité de ses reflexions. On comprend mieux ainsi « le bide  » que fait Mme Salamé à la télévision . Si ses raisonnements , pardon résonnements , sont de la même veine il est normal que son remplaçant , jeune journaliste , fasse le double de l’audience de la titulaire .

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