Narco : Darmanin et Nuñez font de la com’ à Marseille, la DZ se déploie à Sète

Opération fermeté pour les uns, opération conquête de territoire pour les autres.
Capture écran CNews
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Gérald Darmanin, ministre de la Justice, et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, étaient à Marseille le jeudi 20 novembre. Ce déplacement faisait suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci, frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, une semaine plus tôt. Un assassinat qui, comme indiqué par le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, pourrait être « d’avertissement ». De fait, cette visite dans la deuxième ville de France avait pour thématique la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Le ministre de l’Intérieur, qui connaît bien la ville pour y avoir exercé la fonction de préfet de police entre 2015 et 2017, a tout d’abord assuré que la lutte contre le narcotrafic « est un combat permanent » et « une priorité ». De son côté, Gérald Darmanin a parlé d’une « bataille très très dure contre une organisation criminelle qui, sans doute, fait entre 5 à 6 milliards d’euros d’argent liquide ». Enfin, Laurent Nuñez a promis de se rendre dans la cité phocéenne tous les mois.

Des mots…

Franck Allisio, candidat RN à la mairie de Marseille, a réagi par voie de communiqué à cette annonce : « Assez des visites en grande pompe à Marseille, assez des discours sans lendemain, passez aux actes. Décidez l’instauration de cet état d’urgence maintenant. »

Interrogé par BV, Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône, voit dans les annonces des deux ministres un plan de communication : « Comme ils l’ont déjà dit, ils ont répété que c’était un tournant et qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Marseille, c’est vendeur, à la télévision. » À son tour, il critique le déplacement mensuel du ministre de l’Intérieur : « À chaque fois qu’il va venir, ça va mobiliser quatre véhicules de police pour sa sécurité alors que ce sont les Marseillais qui ont besoin de sécurité. »

Marseille est encore une fois au centre des attentions de ceux qui doivent museler les dealers. Ces derniers le savent et n’ont pas l’intention de se laisser faire. Lorsque les regards se tournent vers la cité phocéenne, les narcotrafiquants mettent le cap ailleurs, et notamment à Sète. La ville héraultaise est devenue le nouveau « terrain de jeu » de la DZ Mafia.

… toujours des maux

Le gang marseillais tente de prendre le contrôle de la Venise du Languedoc à grands coups de passages à tabac et de menaces armées. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le mardi 18 novembre, montre trois individus frappant deux hommes dans le hall d’un immeuble de l’île de Thau en disant : « C'est la DZ, ici. »

Stéphane Ravier analyse : « Marseille, c’est l'épicentre du mal mais ils se sont étendus sur l’ensemble du territoire. » De fait, selon lui, en matière de lutte contre le trafic, « toute la chaîne est à revoir ». Il conclut : « On parle souvent de mexicanisation de Marseille ou de la France, mais s’il y a un pays d’Amérique latine dont on doit s’inspirer, c’est plutôt le Salvador. »

Pour rappel, en cinq ans, Nayib Bukele, le président salvadorien, a fait drastiquement baisser la criminalité de son pays grâce à une politique ultra-répressive vis-à-vis des gangs. Le taux d’homicides du Salvador est passé de 83 pour 100.000 habitants, en 2019, à 1,9 pour 100.000 habitants, en 2024.

Vos commentaires

62 commentaires

  1. La seule chose que les deux vendeurs sont de vaisselle cassé voient, ce sont les 5 ou 6 milliards qui passent sous le nez de Bercy. Pour restaurer l’ordre, ce ne sont pas des mots qui sont nécessaires, mais du courage et de la volonté. Nous en sommes loin.

  2. On parle de faire la guerre au narco-système, mais pour cela , encore faut il utiliser de vraies armes et ne pas hésiter à taper dans le tas. Les trafiquants, eux , n’hésitent pas à flinguer.

  3. Et blablabla et blablabla et la jactance y va de son bon train dans ce gouvernement.
    Dans la ville, parmi les citoyens ordinaires, la racaille tue, fait son petit marché, menace.
    Oui, le Salvador comme modèle de lutte contre les cartels, pourquoi pas ?

  4. J’ai cherché dans la presse comment les ministres de l’intérieur et de la justice se sont rendus à Marseille. Rien, pas d’info sur le voyage. Se sont-ils téléportés ?

  5. Darmanin et Nuñez ne font trembler rien ni personne, même pas feuille tombée en novembre.
    Macron non plus !
    Les Narcos ont de beaux jours devant eux.

  6. Les membres de la DZ doivent se tordre de rire devant autant de bêtises.
    Darmanin et Nuñes sont ridicules sans crédibilité, des mots, encore des mots toujours des mots, pas d’actions d’envergure, courageuses.
    Nos FDO n’ont aucun moyens, pire elles ont des ordres, surtout ne pas faire de vagues,laisser faire.
    Les quelleques actions timides sont là pour pour faire jolie, sans aucun effet, car absolument pas a la dimension du problème. C’est une honte, l’état porte une responsabilité énorme de cette situation, nous devons absolument nous souvenir de tout ça lors des prochaines élections, et sortir tous ces politiques guimauves du paysage

  7. Deux rigolos qui me font honte mais Mr moussa s’est chaussé d’une paire de lunettes peut être pour ouvrir les yeux.

  8. Il n’y a pas qu’à SETE. en même temps:
    Un épicier de 19 ans meurt dans l’incendie criminel de son commerce à Montpellier
    et les guignols bla blatent

  9. L’Etat, dans toutes ses composantes, porte une énorme responsabilité dans ce développement du narcotrafic. Des imbéciles de français ont alerté depuis plus de dix ans, notamment en soulignant que l’immigration massive incontrôlée importerait fatalement avec ses valises des délinquants entreprenants. Mais l’Etat, c’est Macron, un Mozart, moi, un « moosieur » « je sais tout ». Mon objectif, la déconstruction de la France. Le train passe, les vaches regardent.

    Effectivement, les ministres passent, repassent, s’affichent, promettent, s’exclament « plus jamais ça, vous allez voir ce que vous allez voir ». En réalité, accrochés à leur fauteuil, heureux, ils attendent patiemment la prochaine échéance, 2017, en priant qu’il n’y ait pas une censure qui vienne perturber leur confort. Pendant ce temps, les parlementaires marchent dans les mêmes pas, font « joujou » avec leurs amendements, dans le même état d’esprit que nos ministres. La France macronienne est gouvernée, parait-il. Des nuls en goguette.

    En matière de lutte contre le narcotrafic, rien ne sera significativement efficace si les logiciels majeurs ne sont pas réformés : les lois en rapport, les volontés en rapport (justice notamment), les institutions en rapport (les Conseils supérieurs notamment). C’est tout un état d’esprit qui est à remodeler. Il ne le sera que lorsque les dirigeants concernés seront sérieusement atteints dans leur chair : enfants en dérives, pressions par corruptions suivies de scandales, menaces physiques appliquées, etc.

    • Quand on importe le tiers monde , il faut importer le système judiciaire qui va avec.
      Autrement , dit des peines plus dures.
      Dechéance de la nationalité française pour les binationaux délinquants.
      Expulsion définitive des délinquants étrangers.

    • Certains veulent envoyer l’armée dans les cités pour lutter contre les tranfiquants ? Mais qui dit « armée » dit armes, et ils n’auront pas le droit de s’en servir. Si on doit, comme pour les policiers mettre en prison les soldats qui auront osé faire une bosse à un malfrat qu’il tente d’arrêter, si les juges continuent à libérer les truands avec les peines de TIG ou des rappels à la loi, elle ne servira à rien, l’armée. Quand on a devant soi un gus arme d’un couteau, d’une machette, voire d’une Kalachnikov, on n’y va pas avec un flash Ball…

      • Pas besoin de l’armée, nous avons une police efficace et professionnelle qui sait faire le travail. Seulement elle a ordre de ne pas faire de vagues, de regarder de l’autre côté, on la surcharge de procédures inutiles et ingérables qui sabotent parfois des mois de travail acharné pour aboutir à un vice de procédure. Si nos dirigeants ne veulent pas que la police fasse le travail, ce n’est pas pour y envoyer l’armée dont ce n’est pas le travail. Envoyer des soldats pour « tirer dans le tas » ne résoudra rien, les trafiquants déguerpiront en voyant arriver les militaires et se réinstalleront après leur départ, comme cela se passe quand on envoie les CRS.

  10. « , a tout d’abord assuré que la lutte contre le narcotrafic « est un combat permanent » et « une priorité ».
    Ah ah ah ! Elle est très bonne !

  11. S’ils pouvaient s’arrêter de parler et agir efficacement ! En fait, la guerre est bien sur notre territoire et ils regardent ailleurs, après eux le déluge : n’ont-ils pas d’enfants pour hypothèque ainsi l’avenir ?

  12. Un air de déjà vu. Vous allez voir ce que vous allez voir, un saut a Marseille tous les mois pour faire avaler la pilule et puis le vide sidéral .

  13. Peut être qu’en traitant les chefs de réseaux locaux ou internationaux façon Mossad et systématiquement , on aurait plus de resultats.

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