[MUNICIPALES] Reconquête : entre percée parisienne et implantation fragile
23h10. Sarah Knafo prend la parole devant ses soutiens réunis pour la soirée électorale à Paris. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus. Les premières estimations la situent dans une fourchette incertaine, entre 9,6 % et 10,4 %, tout près de la barre décisive qui permet de se maintenir au second tour.
Dans la salle, chacun comprend que quelques dixièmes de point peuvent encore faire basculer la soirée. Les remontées des bureaux de vote continuent d’arriver au compte-gouttes et militants comme cadres du mouvement scrutent les résultats, arrondissement par arrondissement, sans qu’une tendance claire ne se dégage encore.
Au cours de cette prise de parole, elle donne rendez-vous à ses soutiens dès la publication officielle des résultats, saluant la qualité de la campagne menée et la dynamique créée au fil des semaines qui lui a permis de passer de 4 % des intentions de vote à plus de 10 %.
Les résultats sont tombés : je suis qualifiée au second tour ! C’est une percée historique pour nos idées. Maintenant, je m’adresse directement à Madame Dati. ⤵️ pic.twitter.com/NmWfzurZnN
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) March 16, 2026
Ce n’est que tard dans la nuit que la qualification de la candidate Reconquête pour le second tour se confirme définitivement. Elle réagit publiquement le lendemain matin, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux : « Les résultats sont tombés, j’atteins le second tour. C’est une percée historique pour nos idées », précise-t-elle, remerciant les « dizaines de milliers » d’électeurs qui ont porté leurs suffrages sur sa candidature.
Avec un peu plus de 10 % des suffrages, Sarah Knafo franchit donc finalement la barre fatidique. Une qualification qui constitue, toutefois, une légère déception pour son camp, palpable au cours de la soirée : pendant la campagne, plusieurs sondages situaient la candidate Reconquête autour de 13 %.
Une belle progression pour Reconquête à Paris
Le résultat marque, néanmoins, une progression du parti d'Éric Zemmour dans la capitale. Lors de la présidentielle de 2022, ce dernier avait recueilli près de 8,5 % des voix à Paris. Aux élections européennes de 2024, la liste conduite par Marion Maréchal pour Reconquête avait obtenu environ 6 % dans la capitale. En dépassant les 10 %, Sarah Knafo signe ainsi le meilleur score du mouvement à Paris depuis sa création.
Pour le politologue Arnaud Benedetti, interrogé par BV, cette performance s’explique par la dynamique de campagne de la candidate « qui lui a permis de récupérer un électorat de droite, conservateur, qui se retrouve dans son offre politique et qui ne se retrouvait pas forcément dans l’offre politique de Madame Dati ».
Dans ce scrutin municipal, la gauche arrive pourtant largement en tête avec Emmanuel Grégoire, proche de 38 %, tandis que la droite apparaît divisée entre Rachida Dati, autour de 25 %, et le centriste Pierre-Yves Bournazel, au-dessus des 11 %. Sophia Chikirou, pour LFI, réunissant pour sa part presque 12 % des voix.
L’union des droites au cœur du second tour
Au lendemain du premier tour, la bataille politique s’est rapidement déplacée sur le terrain des alliances. Dans un paysage très fragmenté, la question du rassemblement est devenue centrale pour tenter d’empêcher la gauche de conserver l’hôtel de ville. Pour Sarah Knafo, les résultats conduisent à une conclusion claire : seule l’union des droites pourrait offrir une véritable chance de victoire face à la gauche parisienne. « Le combat va être serré. […] Il nous reste une chance, et une seule, de battre la gauche : le rassemblement de toutes nos forces. »
Dans cette logique, elle a publiquement tendu la main à Rachida Dati, appelant dans son message vidéo sur X à dépasser les logiques partisanes : « Je ne vous propose pas un accord d’appareil. Je vous parle d’un accord de femme à femme. Ensemble, nous avons le pouvoir de battre la gauche. » Pour Arnaud Benedetti, cet appel s’inscrit dans une ligne politique cohérente : la candidate « entend incarner l’union des droites, d’où l’appel qu’elle a lancé à Madame Dati pour créer les conditions de ce rassemblement ». Contactées par BV, la candidate et son équipe n'ont pas répondu à nos demandes d'entretien, attendant probablement l'heure limite de dépôt des listes de second tour, ce soir, avant toute prise de parole.
Nous allons travailler avec @pybournazel à un projet d’alternance. C’est la vie des Parisiennes et des Parisiens pendant les 6 prochaines années qui est en jeu. Nous devons réussir l’alternance !
— Rachida Dati ن (@datirachida) March 16, 2026
Mais Rachida Dati choisit une autre stratégie en se rapprochant du centriste Pierre-Yves Bournazel. « La victoire est possible si les Parisiens qui veulent le changement se mobilisent et se rassemblent. Nous allons travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d’alternance », a-t-elle déclaré, sur X. Dans ces conditions, un second tour à plusieurs listes reste possible. Une configuration qui pourrait mécaniquement favoriser la gauche en déclenchant la dispersion des voix à droite.
En province, une implantation encore embryonnaire
Mais Paris n'est pas la France. Si la bataille parisienne concentre l’attention médiatique, le scrutin municipal se joue surtout dans les villes moyennes et les communes intermédiaires, là où se construit l’implantation territoriale des partis. Dans un message publié dimanche soir sur les réseaux sociaux, Éric Zemmour s’est ainsi félicité de l’élection d’une centaine de maires Reconquête dans des communes de moins de 1.000 habitants. Pour la direction du parti, ces victoires locales constituent les premières pierres d’un ancrage territorial appelé à se développer.
Chers amis,
La Reconquête de nos communes est d’ores et déjà un succès.
J’ai le plaisir de vous annoncer que Reconquête! a remporté dès le premier tour plus d’une centaine de mairies partout en France.
Je félicite les cadres de notre mouvement qui ont travaillé sans relâche… pic.twitter.com/btAK3zDruR
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) March 15, 2026
Ce succès relatif dans de très petites communes s'accompagne de bonnes performances dans plusieurs villes, où des têtes de liste Reconquête franchissent la barre symbolique des 10 % : Tony Gomes à Limours (Essonne), Paule Svatek-Muracciole à Fontainebleau (Seine-et-Marne), Olivier René Joye à Nieppe (Nord), Pierre-Yves Thomas à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) ou encore Benoît de Boysson à Bourg-en-Bresse (Ain).
Ces résultats témoignent de tentatives d’implantation locale encore modestes, mais qui commencent à dessiner la présence électorale du mouvement dans certains territoires. La politique est affaire de temps, rappelle Arnaud Benedetti. Le politologue constate que le RN bénéficie d’un avantage historique et électoral important, avec quarante ans d’existence, et d'un électorat populaire fidèle. À l’inverse, Reconquête reste davantage ancré dans un électorat de droite conservatrice et libérale, souvent issu de la droite traditionnelle. « Reconquête a des petites niches […] mais le parti n’a pas l'assise sociologique du Rassemblement national. »
Entre la qualification parisienne de Sarah Knafo, quelques percées locales et un réseau d’élus revendiqué dans les petites communes, Reconquête pose les premières bases d’un ancrage territorial encore fragile mais que le parti compte consolider lors des scrutins à venir.
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111 commentaires
Ce qui est sûr , c’est que les français ont perdu leur fibre électorale , bien aidés en cela par le confinement sanitaire en 2020 , la peur du fascisme en 2024 et celle de la guerre en 2026 . Les réseaux sociaux sont en ébullition mais les bureaux de vote sont désertés !
Quand l’offre électorale n’est pas satisfaisante,on s’abstient.C’est ce que je fais au second tour.Et dans la mesure où seuls les suffrages EXPRIMES sont pris en considération ,qu’on ne vienne pas me dire que les abstentionnistes sont coupables,étant donné que par définition ,un abstentionniste ne s’est pas exprimé,contrairement au troupeau,tout content de lui.
Elle est exceptionnelle. Raison pour laquelle les autres candidats la détestent. Elle les rend ridicules : cf Rachida Dati.
Mme Dati est victime de son intelligence tactique, celle des petits malins qui finissent par perdre à force de vouloir gagner. La triste odyssée d’une sarkozyste républicaine dégradée dans le macronisme risque dimanche soir de finir dans le ruisseau. Alors que Wauquiez veut faire une place à Knafo, que Sarko a franchi le rubicon RN, elle reste dans cet espace vicié des combines qui ramènent tout à soi. Sans compter les gamelles du procès qui s’annonce. Au fond, qui est-elle ? Ma main n’aurait pas tremblé devant l’urne, dimanche, devant le duo avec knafo, riche d’avenir. Mais dati date, elle appartient aux macronisations d’hier. Elle veut tenter le diable ? Elle l’aura dimanche.
J’ai voté Knafo au premier tour le but est de battre la gauche je voterai Dati dimanche prochain. Si Madame Knafo se maintient elle fera passé la gauche, je ne voterai plus jamais pour elle.
De quelle droite vous parlez » Pomme » ?
Zemmour était en avance sur son époque, un peu comme Jean-Marie Le Pen, mais le temps que son parti soit reconnu, il sera en retard sur les évènements tragiques qui se produiront plus vite qu’on le pense.
Que Reconquête ne se décourage pas. RN a mis plus de 40 ans pour avoir plusieurs mairies. Reconquête dont Zemmour et Sarah sont indispensables dans le paysage politique française pcq ce sont eux qui donnent le « La » des campagnes électorales ( ils imposent leur thème que les autres partis cachent afin de ne pas froisser ou effaroucher les braves français ou intello et journalistes)), ils construisent petit à petit pour prendre racine. Quand, comme ici certains commentateurs, vous lâchez vite Reconquête pour des pacotilles, n’oubliez pas que Reconquête et leurs membres seront de plus en plus nécessaire pour contrer, ralentir ou réveiller car la France choisit un chemin pavé de belles promesses ( liberté, aides, accueil généreux etc…) pour devenir… un pays du quart monde! Personnellement, moi qui adorais la France, je ne la visite plus.
L’espoir fait vivre « Violette K ».
Je suis très en colère bien qu’il fallait s’y attendre. Refus de Mme Dati à l’encontre de Mme Knafo. Bien une LR quand cela l’arrange. La promesse de l’argent c’est tout Dati. Les accords des droites pour la présidentielle sentent déjà le souffre.
Elle sait bien qu’une bonne partie des électeurs la rejoindront et elle ne se sera comprise qu’une fois au lieu de deux et elle met sur la touche une sérieuse concurrente à mon avis trop brillante par rapport aux politiciens actuels, elle doit leur faire peur quand même
A la décharge de Dati, les composantes de la « droite » parisienne ne l’aident pas. Elle ne peut gagner qu’avec les voix de Bournazel ET de Knafo. Si cette dernière tend la main sans exclusive, Bournazel, lui refuse le moindre accord avec elle… Quoi faire ? De toute façon, ce sont les électeurs qui décideront. Où ils veulent faire perdre la gauche et ils voteront en masse pour la seule qui pourra les faire gagner. Ou il suivront les consignes de leurs candidats qui se maintiennent et il seront repartis pour 6 ans de gestion à la Hidalgo… Se rappeler que la plupart des villes qui ont élu des maire RN il y a 6 ans, les ont réélus au premier tour cette fois-ci. Alors, ils sont masos ? Le RN, c’est le diable ? Ou, ont-ils constatés que la gestion par la vrai droite ce n’est pas si mal que ça ?
Tout à fait d’accord avec @Gaut, @Bruneau concernant Reconquête/Knafo.
matin midi et soir Cnews a fait campagne avec eux et à la fin une qualification de justesse. Beaucoup de bruit pour rien, parti surcoté et le succès des européennes 2024 c’est à Maréchal qui le doivent.
Sarah a beaucoup réveillé et dévoilé des choses que les politiciens aiment cacher. Le fait de mettre la défaite sur Reconquête et sur Sarah Knaffo me prouve ( dont votre commentaire) que les français ne les méritent pas et que si vous vivez de +en+ dans l’insécurité financière et sociétale, ne venez pas pleurez, ni rejeter la faute sur eux.
Pas de légère déception. Une réelle déception pour une belle campagne et un programme qui aurait dû séduire bien au-delà que 10% . Il faut croire que les votants assument la gestion délirante de Paris en préférant Gregoire. Qui aurait dû, logiquement, être laminé.
Dati et son très commode souvenir du prénom de sa fille, allié à Bournazel, porteront la responsabilité d’avoir offert et rendu Paris à la Gauche, en refusant SK. . La politique est tout, sauf la préoccupation du bien commun.
Beau parcours de de madame KNAFO, si elle et madame DATI s’alliaient cela ferait vraiment un duo de choc pour Paris et donnerait peut être des idées à toute la droite de faire des alliances, la gauche ne s’en prive pas et a raison
Je pense que Reconquête est en train de se tirer une balle dans le pied, tu ne peux prétendre vouloir battre la gauche a Paris et te maintenir au 2ème tour pour quelques misérables sièges qui te donneront aucun pouvoir d’actions.
Encore une décision d’égaux qui ne même qu’à saboter son propre quand.
Reconquête n’a pas encore la maturité d’un parti de gouvernement
J’ai la faiblesse de penser que Sarah Knafo se grandirait en se retirant, plutôt que de vouloir se battre et faire perdre la droite… pour quelques strapontins qui ne lui rapporteront rien. « Le seigneur n’est pas celui qui grappille tout comme un rapia, mais qui sait laisser les miettes aux gens de peu »..
Si Sarah K et Reconquête n’avaient pas fait campagne, aurez-vous découvert la mauvaise gestion, fausses promesses, la générosité financière pour certains ong etc que Hidalgo et compagnie prennent bien soin de les cacher??
J’apprécie les idées de Reconquête, mais se maintenir pour une maigre poignée de sièges c’est redonner les clés de Paris à Grégoire et pérenniser la chienlit gauchiste. Certes Dati a refusé la main tendue, mais l’intelligence veut que les voix de droite battent enfin la gauche.
Alors, Mme Knafo prenez la bonne décision !
C’est avec des français comme vous que rien ne bougent sauf des petits calculs politiciens et donc in fine rien ne change car tous les partis calculent et ne proposent que des promesses avantageux pour eux. N’oubliez pas le FN avec JM Lepen ( créé en 1972) et RN ( depuis 2018), faites leur bilan et comparez ce qui est comparable.
Qui peut encore croire que Paris pourra un jour se relever tout comme la France d’ailleurs ?,comment en vouloir à ceux qui n’ont pas connu ce Paris qui faisait rêver touristes et provinciaux. Chaque génération apporte son changement, si à cela on ajoute une culture différente, le mot « France » n’aura plus raison d’être., je ne pensais pas à mon âge d’en voir la fin.
La bande à Zemmour-Knafo a bien mis en place son dispositif: affaiblir le RN au maximum pour empêcher Bardella d’atteindre le seuil critique de 35% au premier tour, tremplin pour la victoire au second. Ceux qui les agitent savent ce qu’ils font: sauver le « système » en place.
Cà me dégoûte au plus haut point toutes ces tractations. L’électeur fera ce qu’il veut. Il n’a pas besoin de consignes. Ceux de Sarah Knafo iront automatiquement à Dati, à moins qu’ils s’abstiennent, car cette dernière fait la fine bouche. Ce serait vraiment dommage que Paris reste à gauche, avec tous les dégâts qu’a fait Hidalgo.