[MUNICIPALES] Clash Copé – Knafo : l’islamo-droitisme mis à nu

En direct sur France 2, l’élue Reconquête a mis le doigt sur une certaine dérive électoraliste de la droite molle.
Capture d'écran X
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Les plateaux télé organisés le soir d’élections réservent toujours leur lot de clashs et de couacs. Ce dimanche soir, l’issue du second tour des municipales 2026 n’a pas dérogé à la règle. Parmi d’autres séquences mémorables, on retiendra l’annonce erronée, faite par BFM et LCI, d’une victoire de Jeanne Barseghian à Strasbourg, la retransmission en direct de la déambulation ridicule d’Emmanuel Grégoire en vélo à Paris, mais aussi la passe d’armes entre Sarah Knafo et Jean-François Copé. La candidate Reconquête était invitée sur France 2 à s’exprimer sur l’impossible union des droites. « Nous avons les urnes qui parlent, a-t-elle débuté. Et quand les urnes parlent, M. Ciotti remporte la ville de Nice qui appartenait à M. Estrosi, ami de M. Copé et qui vient de perdre lamentablement en s’étant d'ailleurs ridiculisé, tout au long de cette dernière semaine, en ayant été racoler dans les mosquées, en se faisant même expulser par des musulmans qui regrettaient de se faire instrumentaliser… comme ils se font instrumentaliser très souvent, dans de très nombreuses communes. N’est-ce pas, M. Copé ? »

Sonné par cet uppercut, l’élu LR n’a pas répondu sur le fond et s’est contenté d’affirmer que son interlocutrice ne connaissait pas son sujet, puisqu’elle n’avait « jamais mis les pieds » à Meaux. Une ligne de défense qui peine à convaincre.

Le « vivre ensemble » version Copé

Il se pourrait bien, pourtant, que le vote musulman ne laisse pas M. Copé tout à fait indifférent. En mars 2024, le maire de Meaux était allé à la rencontre de plusieurs responsables de mosquées, lors d’une journée « riche en échanges et découvertes ». L’objectif déclaré était alors de « renforcer » les liens entre communauté religieuse et autorités locales, toutes deux « actrices du vivre ensemble ». Pour clôturer la rencontre, M. Copé avait servi de guide à une « visite émouvante » du musée de la Grande Guerre et rappelé « la contribution des soldats musulmans au salut de la France ». Ben voyons !

Entre autres forfaitures morales, on peut citer l’intervention de celui qui était alors secrétaire général de l'UMP, en 2012, lorsque les jeunes patriotes de Génération identitaire avaient gravi le sommet d’une mosquée en construction à Poitiers pour y brandir quelques banderoles. Jean-François Copé avait alors volé au secours des musulmans et vivement condamné l’action militante. « La défense de la laïcité est la clé du vivre ensemble, avait-il pompeusement écrit. C'est un combat que l'UMP mène sans relâche depuis des années et qu'elle n'abandonnera pas, face aux provocations d'une minorité d'extrémistes. » Dis-moi qui tu soutiens, je te dirai qui tu es.

L’islamo-droitisme en question

Dénoncée par Sarah Knafo sur le plateau de France 2, la mésaventure de Christian Estrosi, refoulé comme un malpropre d’une mosquée entre les deux tours des municipales, illustre un certain électoralisme qui existe aussi bien à gauche qu’à droite. On a ainsi vu, en janvier, le président du département des Yvelines Pierre Bédier, ex-LR, venir quémander en chaussettes le soutien de la communauté sénégalaise de Mantes-la-Jolie. On se souvient, aussi, de ce jeune élu appartenant à la majorité du maire LR de Valence, Nicolas ­Daragon, qui avait été accusé en 2023 d'accointances avec l'islam politique. Une note du renseignement territorial indiquait ainsi que le dénommé Adem Benchelloug était lié à la mouvance des Frères musulmans : l'intéressé laissait apparaître publiquement des gages d’attachement à la République, mais appliquait sous le manteau des préceptes fondamentalistes et tentait de faire pencher les décisions publiques dans le sens des intérêts de sa communauté. « Même s'il nie ces accusations, Adem Benchelloug semble bien graviter autour d'associations satellites de la sphère frériste », avaient confirmé nos confrères de Marianne...

À trop vouloir séduire un certain électorat, certains se brûlent les doigts.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

65 commentaires

  1. La sphère frériste, les frères musulmans et autres associations du même genre à dissoudre et les prédicateurs religieux à éjecter du pays, nous sommes chez nous, faut-il le rappeler? Même les musulmans modérés qui vivent leur foi discrètement subissent l’influence de ces hypocrites, il faut être aveugle et sourd pour ignorer une telle évidence.
    Il est vrai que nombreux sont nos politiques prêt à vendre leur âme et leurs convctions pour être élus, ces gens là sont des traîtres et rien d’autre.

  2. A mettre aussi à l’actif de Coppé son appartenance au lobby pro-éolien : il est l’avocat d’une société allemande qui réclame 43 millions d’euros à une petite commune de 200 habitants qui refuse d’accorder des accès pour un chantier d’installation d’éoliennes.
    Pour en revenir à ses liens avec la communauté musulmane, M. Coppé a évolué dans le mauvais sens puisqu’il avait été l’instigateur de la loi de 2010 sur le port du voile dans les lieux publics.

  3. Les musulmans ne sont pas des variables d’ajustement ou des proies à saisir. Ils sont comme tous les autres citoyens capable de réfléchir et de déceler la réalité du piège, tant chez nos élus de droite comme ceux de gauche.

  4.  » la déambulation ridicule d’Emmanuel Grégoire en vélo à Paris, » . Ce n’est pas tant la déambulation qui a été ridicule, c’est la fixation de certains médias à la retransmettre et à nous l’imposer pendant des minutes. Cnews a été de ceux là. Ce qui me fait dire que certains médias dits et reconnus de « droite » glissent progressivement vers le centre. Le vent tourne.

    Copé agit en provincial, en douceur, les pieds sur terre. Ainsi, dans sa ville, il a remodelé tout un quartier. Ce qui a contribué à la paix sociale et à ses renouvellements de mandat. Dans sa ville, c’est un fin diplomate. On ne peut pas en dire autant de son parti, lequel n’hésite pas à rejeter 11 à 12 millions d’électeurs, ceux du RN. Ce qui ne l’aidera sûrement pas à la prochaine présidentielle. Celui qui sera retenu, celui qui réunira le plus par son approche et sa considération des français.

  5. Il faut, en France , come en grande Bretagne, exigé la démission d’un fonctionnaire qui se présente à une élection. La réintégration dans son corps d’origine explique en grande partie pourquoi, les personnes éminentes de la société privée , ne se présentent pas aux élections, car eux, ils perdent leurs jobs.

  6. Il serait peut-être temps pour les électeurs de droite de faire le ménage en renvoyant à leurs chères études, les barnier, coppé, pécresse, bertrand, etc; en fait tous les chapeaux à plumes comme dirait ciotti, qui pilotent la machine à perdre les élections.

  7. Copé illustre parfaitement les municipales. Il faut reconnaître qu’il gère bien sa ville. Les Meldois ne s’y trompent pas. Mais contrairement à ce qu’il veut faire croire il n’ont élu qu’un bon gestionnaire, pas le représentant d’un parti politique à la dérive. Il fait partie de ces gens qui incapables de gagner de nouvelles villes, se félicitent de se « maintenir ». On se contente de peu à LR. C’est un has been. Comme beaucoup d’autres, il traine pas mal de casseroles. On dirait une voiture de jeunes mariés.

  8. Philippe, Bertrand, Copé et Retailleau, pour ne nommer qu’eux, sous couvert de « largeur d’esprit », du « vivre ensemble » et surtout de cette laïcité dont ils usent comme un rempart pour agir à minima, sans compter les prises de positions qui leur rapporteraient, toujours selon eux, de bonnes chances de réussite dans leurs futurs projets électifs, continuent à trahir la France et dans ses racines et dans ses valeurs. Quelles que soient leurs capacités – des hommes politiques ayant une culture certaine par rapport à ceux de LFI – ils n’éveillent que de la méfiance. C’est ainsi que cette droite là ne survivra pas au « Grand Remplacement ». Ils n’auront que ce qu’ils méritent.

  9. Meaux ! Il faut voir la tête qu’à la ville, passée de petite et jolie ville de province autour de sa cathédrale il y a 60 ans, à ville champignon bétonnée, grande banlieue de Paris, à l’urbanisme hyper laid et anarchique, socialement dégradée (j’en viens à me demander si ce n’est pas la plus grande densité de kebabs en France). Beau résultat, M Copé. Toujours réélu cependant, en partie par ceux qui se font facilement abuser par une étiquette LR ancien RPR qui s’est pourtant décollée il y a longtemps de la bouteille.

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