[MUNICIPALES] À Marseille, les divisions de la droite profitent à Benoît Payan

Ce qui devait arriver arriva. En se maintenant, Martine Vassal a contribué à la victoire de Benoît Payan.
Affiches électorales de Benoît Payan, Marseille
© Gabriel Bendayan

À l'heure où nous écrivons, le deuxième tour des élections municipales est en train de livrer son verdict à Marseille. Tous les bureaux ne sont pas dépouillés, mais les premières estimations donnent Benoît Payan suffisamment devant (54,7 %) pour que le doute ne soit plus permis quant à sa réélection.

L’édile qui avait profité de la démission de Michèle Rubirola pour s’installer dans le fauteuil du maire en 2020 était cette fois la tête de liste de son camp, le Printemps marseillais, une union des gauches locales. Par ce tour de passe-passe, la mairie a quitté les mains des Écologistes pour revenir aux socialistes, alors que l’ombre de Jean-Noël Guérini planait encore sur la ville. Après s’être imposé une première fois en louvoyant, il l’a fait une seconde fois ce dimanche 22 mars, dans les urnes.

Allisio sauve l'honneur

Un triomphe qu’il n’aura pas modeste, comme à son habitude, alors qu’il le doit peut-être plus à ses concurrents qu’à lui-même. À Franck Allisio en premier lieu, car son parti n’a pas encore réussi à faire rompre toutes les digues du front anti-Rassemblement national. Même si le score du candidat RN est très honorable et historiquement haut (40,1 %), force est de constater qu’à Marseille, une partie des électeurs a encore des réticences à voter pour une personne qui se présente sous cette bannière. Certains même avouent ne pas comprendre pourquoi le camp patriote fédère autant : « Franchement, pour moi, c’est un mystère. Comment, à Marseille, on peut voter RN ? », s’interroge auprès de BV une habitante du septième arrondissement. Pourtant, il n’a manqué que quelques points à Franck Allisio pour gagner, quelques bulletins « utiles » qui sont allés dans l'escarcelle de Benoît Payan, mais aussi quelques voix inutiles prises par Martine Vassal.

La candidate de la droite et du centre a obtenu 5,2 % des suffrages, selon les premières estimations, ce dimanche 22 mars. Celle qui avait terminé à 12,41 % au premier tour n’avait aucune chance de l’emporter ce dimanche. Elle a pourtant décidé de se maintenir, en espérant garder son siège de présidente lors des élections métropolitaines qui suivront. Ce calcul personnel a fait le bonheur du maire sortant. Après son résultat désastreux, Martine Vassal a annoncé, tard dans la soirée, qu'elle ne briguerait pas une réélection à la Métropole Aix-Marseille-Provence. C'était bien la peine... En tout cas, la configuration de la triangulaire avec deux candidats de droite était de loin la meilleure pour le socialiste Benoît Payan, notamment après le retrait de Sébastien Delogu.

Martine Vassal contre son camp

Martine Vassal, ancienne membre des Républicains, a ainsi anéanti toutes les chances de Franck Allisio, ancien membre des Républicains, de l’emporter. Un de ses colistiers confie à BV : « Elle a eu raison. » Tous les électeurs de sa candidate au premier tour ne pensent pas comme lui. Sa présence au second tour agace une partie de son électorat. Un habitant du 12e arrondissement, rencontré devant un bureau de vote, raconte : « Au premier tour, pour la mairie de secteur, j’avais voté pour le candidat de Martine Vassal, maintenant je n’espère qu’une chose, c’est qu’ils perdent tout. » Sans forcément adhérer totalement au programme proposé par le Rassemblement national, beaucoup de Marseillais voyaient dans cette élection « l’occasion de se débarrasser » du maire sortant, qui « n’a rien apporté à Marseille ».

Dans cette ville où le football est tout, Martine Vassal est vue comme un joueur qui aurait marqué contre son camp et donné l’avantage à l’édile sortant, pourtant loin d’être ultra dominateur dans ce match politique. Le score n’est pas fleuve, mais le résultat est là. La victoire revient à Benoît Payan. Les Phocéens en reprennent pour sept ans, un mandat classique avec prolongation du fait de la présidentielle de 2033.

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Je suis marseillaise et je peux dire que cette ville est abandonnée des principaux partis. Il suffit de voir le niveau des candidats investis têtes de listes. De plus il y a un gros clientélisme électoraliste (la ville est paupérisée). Enfin il n’ y a plus de droite, Mme Vassal est macroniste, sans colonne vertébrale.
    Effectivement les marseillais ont les élus qu’ils méritent comme la France actuellement.
    Pour l’anecdote, la personne du 7eme ardt (ardt très privilégié) fait partie de ces gens qui ne subissent pas les conséquences directes de leurs choix électoraux.

    • Quand on sait qui était Guerini. ! J ai cru hier qu il allait pleurer d’émotions d’avoir sauver Marseilles des extrémistes.
      En tous les cas, les marseillais ont les politiques qu ils méritent. Inutile de pleurer comme beaucoup l on fait lors d une émission de Morandini. Ils n auront plus qu à assumer leur choix !
      Quant à Martine Vassal, que dire d une has been

  2. Les Marseillais ont voté ils auront ce qu’ils méritent et ont souhaité !
    Lorsque l’on verra interviewer des pleureuses sur les innombrables points de deal et la Z Mafia gagner du terrain, elles n’auront qu’à s’en prendre à elles-même…
    J’ai adoré cette ville que j’ai découverte lorsque j’ai embarqué, quais de la Joliette pour aller faire ma coopération militaire en Algérie (oui je sais j’étais naïf et plein d’illusions bienveillantes)…
    Bref plus aucune envie d’y résider aujourd’hui !

    • Vous avez entièrement raison Zoiseau. Comme je l écrivais plus haut, les marseillais n ont que ce qu ils méritent. Les mamans pourront pleurer à chaudes larmes. F Allisiot prévoyait même entre autre de privatiser une plage pour les familles avec leurs enfants. Ces pauvres marseillais pourront continuer leur magouilles, leur deal et le reste….

  3. Quand on a des villes rongées par l’immigration et le communautarisme, elles seront toujours du côté de tous ceux promettent de raser gratis, c’est la qu’on voit que le mot France commence à être amputé de quelques lettres attention qu’elles ne disparaissent pas toutes pour faire place à un autre nom plus exotique. C’est de la faute à personne la responsabilité porte sur le nombre. Pourquoi y-a-t il une France de la ruralité et une des métropoles, cherchez la réponse, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on envoie à la campagne le trop plein d’immigrés pour qu’ils y fassent souche (mauvais mot si on dit français de souche)

  4. Ça fait deux fois que Martine Vassal laisse gagner la gauche à Marseille. Pour quoi ? Pour, après avoir fait difficilement 12% au premier tour, terminer a 5%… Chapeau l’artiste ! Maiss. Chez les LR, on préfère la gauche à la droite. Incapables de gagner, ils préfèrent faire perdre… La droite, bien sûr, pas la gauche. Bravo monsieur Retailleau !

    • Avec les municipales, on a affaire à des scrutins locaux, avec des objectifs locaux. Pour conserver Marseille Métropole, Mme Vassal devait se maintenir pour en conserver la présidence. Ne cherchez pas des complots et des sous-entendis là où il ne s’agit que de calculs politiciens : le budget de la communauté de communes (de Marseille) est supérieur à celui de la ville de Marseille : c’est des milliards (trois ? quatre ?) à gérer, des petits cousins LR à transformer en chargés d’études et en chargées de missions… Idem à Lyon, la communauté de communes passe à droite, ça va pas être facile tous les jours pour M. Doucet :-) :-)

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