[MÉDIAS] Pour l’Arcom, l’audiovisuel public n’a… pas besoin d’être neutre !
Un président sur le gril. Mercredi 8 octobre, pendant près de deux heures, la commission des affaires culturelles a cuisiné le chef de l’Arcom, Martin Ajdari, le mitraillant de questions. Le représentant du « gendarme » du PAF a tenté de défendre le bilan de son autorité de régulation mais n’a pas pu échapper aux questions sur la nécessaire réforme de l'audiovisuel public, suspendue du fait du chaos politique actuel. Tandis que les députés d’extrême gauche ont cherché à noyer le poisson en concentrant leurs attaques sur CNews, les élus de droite, eux, n’ont pas dévié de leur trajectoire et ont mis en cause la ligne éditoriale partisane de l'audiovisuel public. Le mariniste Philippe Ballard, notamment, a pointé du doigt un défaut de « neutralité », récemment mis en lumière par l’affaire Legrand-Cohen, qui nourrirait un « contexte de défiance croissante envers le service public ».
En préambule à sa réponse, Martin Ajdari a tout d’abord tenu à apporter quelques « précisions terminologiques » : « Je n'ai pas évoqué la "neutralité", Monsieur Ballard, a rétorqué l’ex-militant socialiste. On n'a pas prétendu que le service public ait à être "neutre". La loi, d'ailleurs, ne le prévoit pas. Elle prévoit, en revanche, une "impartialité", qui se distingue du "pluralisme". »
Martin Ajdari, président de l’Arcom : "Le service public n’a PAS à être neutre" pic.twitter.com/rIpsDhsod7
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) October 11, 2025
Le service public serait donc tenu à l’« impartialité » mais pas à la « neutralité »… Voilà qui s’appelle jouer sur les mots. Dans le Larousse, les deux termes sont qualifiés de synonymes, désignant tous deux l’absence de parti pris. Et si, comme l’indique Martin Ajdari, la loi de 1986 relative à la liberté de communication proclame plutôt « l'impartialité » du secteur public de la radio et de la télévision que sa « neutralité » idéologique, cette dernière apparaît bien en toutes lettres dans d’autres textes officiels. On peut citer, notamment, le Code général de la fonction publique qui rappelle à tous les agents publics qu’ils doivent respecter « l’obligation de neutralité » et sont tenus de ne pas « manifester leurs convictions, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques ». On peut également citer l’audiovisuel public lui-même : n’en déplaise à l’Arcom, le devoir de « conserver une stricte neutralité politique » est stipulé noir sur blanc dans la charte d’éthique de France Télévisions !
Subtilités terminologiques et langue de bois
Relancé par Philippe Ballard, ancien journaliste du groupe TF1 et député RN de l'Oise, sur la clémence dont semble bénéficier l’audiovisuel public et la faiblesse des sanctions qui lui sont infligées par l’Arcom, Martin Ajdari a alors démontré sa maîtrise parfaite de la langue de bois. « Il y a sans doute des choses qui suscitent des questions, parce qu'il y a des frustrations, des incompréhensions dans une bonne partie de la population, a-t-il ânonné. Mais justement, il faut arriver à percevoir ces incompréhensions et ces frustrations et éventuellement y apporter des réponses… Si France Télévisions et Radio France s’engagent dans les réponses à apporter à ces interrogations, eh bien, tant mieux, ça veut dire que le mouvement est en marche ! » Traduction : les séquences litigieuses diffusées sur le service public et signalées par les téléspectateurs ne sont le fruit que d’une « incompréhension » à laquelle il faut répondre non par une sanction des médias en question mais par un meilleur effort de pédagogie…
️ En commission des Affaires culturelles, les députés du RN ont rappelé au président de l'Arcom, M. Martin Ajdari, le manque de pluralisme et de neutralité de l'audiovisuel public.
Affaire Legrand-Cohen, rapport de la Cour des comptes... L'Arcom doit sanctionner ! pic.twitter.com/rwsY3R86v1
— Florence Joubert Ⓜ️ (@Flo_Joubert) October 9, 2025
Les sanctions, c’est bon pour les médias privés, exclusivement. « Le service public, c'est par la qualité de ses programmes et par la confiance qu'il acquiert auprès des citoyens qu'il va recevoir une sanction positive, un satisfecit ou des interrogations dans le débat politique », a affirmé Martin Ajdari. En clair, l’Audimat fait figure de juge de paix. Aucune raison de sanctionner l’audiovisuel public tant que les audiences restent satisfaisantes. Une logique que les salariés de feu C8 apprécieront : la chaîne privée trônait en tête des audiences de la TNT lorsque l’Arcom a demandé - et obtenu - sa mort, sans pitié. Ses bonnes audiences ne lui avaient alors valu aucun totem d’immunité.
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52 commentaires
Il faut privatiser ces officines de propagande clairement orientés à gauche.
Pourquoi la gauche a t’elle noyautée toutes les institutions ?
Parce qu’il y a 2 partis de gauche en France, les socialistes et les LR, leur marche-pied.
Faut il croire que ce monsieur , nommé par le Président de la République ( hélas) est atteint du virus identifié il y a maintenant deux mandatures , le virus de ‘En même temps je m’en fout » ?
Rien de surprenant alors qu’il tienne des propos aussi absurdes dont malheureusement pour eux , ses enfants ont à rougir . Reprenez vous monsieur ou partez , et je le dis ainsi pour rester poli.
Yves Heulnot-Poh.
Effectivement, je vous trouve très poli…Personnellement, je préfère ne pas commenter…parceque mon manque de politesse devant ce genre de malhonnête, ça me vaudrer la censure…je me mords la langue .
Voilà le genre de gugus qui essaie de faire passer des vessies pour des lanternes ! il a honte de rien tellement le mensonge lui est familier !
Ce personnage est payé grassement avec nos impôts!
en URSS les médias avaient 100% d audience . c etait donc la preuve que les citoyens étaient d accord avec eux et qu il ne fallait rien changer.
comment ignorer le nombre de médias du services publics, le nombre d émetteurs ; et surtout le budget de 4 milliards .
et en plus les recettes publicitaires complaisantes aux dirigeants.
le privé doit se contenter de la publicité denigrée par le service public comme seule recette.
et a la fin le service public a un deficit énorme.
J’avais employé dernièrement l’exemple pour qualifier un ‘’Politique’’ de gauche au langage de bois, qu’il me faisait penser à une personne qui a avalé un rat dont la queue lui dépasse de la bouche et, qui vous assure que cela n’est pas vrai avant de s’étouffer lamentablement par le mensonge.
Après la prestation du Président de l’ARCOM, vous pouvez remplacer le rat par un Pangolin.
R99242V
Tous ces types se font dans le froc…ils sont trop bien payés, et préfèrent perdre leur âme que dire la vérité.
C’est une honte.
La France est à l’agonie et l’ARCOM également .