[EDITO] Maires sortants bousculés et humiliés : ce n’est que le début !

Pendant la Révolution dont se réclame LFI, cela s’est fini avec des têtes sur des piques mais cela a dû commencer ainsi.
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Spectacle inédit dimanche soir : celui d’élus sortants bousculés, insultés, exfiltrés sous les huées. Une scène qui n’appartient pas à nos mœurs politiques. En France, la transition municipale se fait avec gravité, presque avec élégance : on respecte l’homme autant que la fonction, et tant que l’écharpe n’a pas changé d’épaule, le maire reste maire. Cette fois, tout cela a volé en éclats.

Exfiltré par la BAC

Les images ont circulé en boucle : Thierry Meignan au Blanc-Mesnil, Hélène Geoffroy à Vaulx-en-Velin, Jean-Claude Villemain à Creil ou encore Raphaël Cognet à Mantes-la-Jolie, dont même la fillette de 14 ans a été la cible de propos orduriers. Quelle sorte d'individus insulte les enfants ? Partout, même scénario : des groupes surexcités, des cris, des insultes, des élus contraints de fuir tête baissée. Et ce détail qui n’en est pas un : les agresseurs filment et diffusent eux-mêmes leurs exploits. Non seulement l'extrême-gauche agit mais elle revendique aussi.

La violence ne s’est d'ailleurs pas arrêtée aux vaincus. Car les élections sont un peu comme les matchs de foot : le dépit d'avoir perdu est comme  la joie d'avoir gagné : violent.  À Billy-Montigny, le jeune maire RN Yannis Gaudillat, pourtant élu largement, mais qui a mis un point final à 70 ans de communisme, a dû être exfiltré par la BAC. Coups, gaz lacrymogènes, mouvement de foule... on se croirait dans un autre pays. La police a sécurisé le domicile du nouveau maire.

On nous expliquera que la violence monte partout. C’est l’argument commode. Pourtant, aucun débordement notable du côté des militants de droite, qu’ils aient gagné (à Nice) ou perdu (à Toulon).

Ce climat n’est pas un accident : il est une méthode. Installer la peur comme outil politique. Et cela fonctionne. Qui aura envie de s’engager à l'avenir si l’issue peut être l’humiliation publique ou même l'atteinte à l'intégrité physique  ? On l'avait déjà vu à l'œuvre à Avignon, lors des législatives : la concurrente de Raphaël Arnault avait été sommée par la préfecture de rester confinée chez elle le soir des élections.

Il est vrai que certains récoltent ce qu’ils ont semé. À force de clientélisme communautaire,  de jifoutou mémoriel doloriste mêlant Alger à Gaza, ils ont nourri la bête qui aujourd’hui les dévore. Quand Rima Hassan cite Frantz Fanon - «  Pour le colonisé, la vie ne peut naître que du cadavre en décomposition du colon » -, difficile de croire qu'elle aspire à un monde de douceur ouatée.

Porte-parolat révolu

La rhétorique de la Nouvelle France est ontologiquement vengeresse. Elle dénonce une supposée oppression à relents coloniaux mais cette extase affectée et surjouée devant les nouveaux « maires noirs », comme s'il n'y avait pas de précédent, comme si Raphaël Alisé, maire dans la Sarthe en 1929, ni Kofi Yamgname élu en 1989, n’avaient jamais existé et que les DOM TOM étaient rayés de la carte, est aussi condescendante que paternaliste.

Rima Hassan se réjouit de ces maires noirs nouvellement élus mais se préoccupe fort peu des migrants subsahariens maltraités dans un pays qu’elle appelle la Mecque des libertés : l’Algérie. Être noir, du reste, ne  suffit pas pour s’attirer les bonnes grâces de l’extrême-gauche. Encore faut-il être en sus un gentil noir, un bon noir docile, prêt à endosser le prêt-à-penser. C'est la case de l'oncle LFI : interdit d'en sortir.  Si l'on prend des libertés et se met à penser autrement, on est aussitôt conspué. Ainsi en a-t-il été, pendant cette campagne, de René Kimbassa, originaire du Congo, référent RN de la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine, il a pris des tombereaux d’injures sur les réseaux sociaux… en provenance de l’extrême-gauche. Et ce n’est pas la première fois.

Kamel Daoud compare ces plantations électorales aux plantations de sucre : il suffit de faire travailler les autres à son profit.

Sauf que comme l’a fait remarquer Ali Diouara à Raquel Garrido, ou encore Rima Hassan à Mathilde Panot (Rima Hassan qui pourrait aussi s’appliquer cette maxime à elle-même… en quoi est-elle originaire d’Afrique subsaharienne ?), le temps du porte-parolat est révolu. Certains de ces maires sortants qui ont usé et abusé du clientélisme en font la cruelle expérience.

C’est pour cela que Jean-Luc Mélenchon, fébrile, en fait des tonnes, affirme que les blancs sont aussi moches que sots et que lui-même est d'ailleurs un maghrébin. Imaginez que l'on s'avise de lui faire le coup du porte-parolat révolu avant 2027 ?

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste
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