Les Aciéries de Bonpertuis en liquidation : vous avez dit réindustrialisation ?

Victime de la hausse des coûts de l’électricité et des matières premières, notre industrie est méprisée, en haut lieu.
Photo Bence Szemerey - Pexels
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Le 23 octobre dernier, le tribunal de commerce de Lyon a éteint définitivement les fours des Aciéries de Bonpertuis, ainsi que les derniers espoirs de ses 66 employés. Placée en redressement judiciaire le 2 septembre, l’entreprise iséroise avait bien fait l’objet de deux offres de reprise. La première venait d'un acteur local, qui n’entendait reprendre que l’activité papetière, marginale et n’employant que deux salariés. La seconde émanait d’un client turc de l’entreprise, qui proposait de reprendre le site pour 10.001 euros (symboliques) et de conserver 15 emplois pour poursuivre l’activité de laminage. Mais aucune de ces deux propositions n’a été jugée viable par le tribunal, qui a par ailleurs estimé que « les perspectives industrielles et financières ne garantissaient pas la pérennité du site ». En fait de site, il y en a deux. Le principal, à Apprieu, où se trouvent les fours, employait 46 personnes. Celui de Domène employait, lui, 20 personnes pour l’étirage à froid.

On y a forgé l’épée de François Ier

La fermeture, désormais certaine, des Aciéries de Bonpertuis est un choc pour toute la région. L’entreprise est un symbole. Fondée en 1434 par les moines chartreux, la forge figure parmi les plus anciennes entreprises françaises encore en activité. Elle a eu son moment de gloire, au tout début du XVIe, pour avoir forgé l’épée de François Ier, avant de formaliser son statut en 1574 sous le nom de Forges de Bonpertuis. Le four des Forges de Bonpertuis, datant de 1859, classé en 2003 au titre des monuments historiques, est « le dernier four de ce type conservé aujourd’hui en France », indique le ministère de la Culture. Reprise par la famille Gourju au milieu du XIXe siècle, l’activité s’industrialise en 1880. En 2001, la société est rachetée par le groupe Experton. Même si ses effectifs avaient fondu depuis les années 1970, elle avait jusqu’ici réussi à résister, grâce à une qualité reconnue, qui lui valait la fidélité de clients illustres comme Laguiole, Victorinox, Alstom Power, Siemens, Valeo, Seb ou Otis.

Le secteur de la métallurgie est en difficulté. Plus de 40 entreprises de production ou de transformation d’acier ont fermé leurs portes, en France, en vingt ans. En 2022, l’atonie générale de la production industrielle provoque une baisse des commandes, à laquelle s’ajoute une hausse du prix des matières premières. L'entreprise subit surtout l'envolée des tarifs de l’électricité. Le maintien de la France dans le marché européen de l’électricité et le surcoût provoqué par le financement des énergies intermittentes renchérissent dramatiquement les coûts de production des aciéries, très gourmandes en électricité. Comme nombre de leurs concurrents, les Aciéries de Bonpertuis n’ont pas les moyens de moderniser leur outil de production.

Mépris de la Macronie

En 2023, le chiffre d’affaires de l'entreprise s’effondre, passant de 25,3 à 20,3 millions d’euros, tandis que son résultat d’exploitation subit une perte de 2 millions d’euros. À l’époque, selon le site économiematin.fr, un « député de l’Isère a adressé un courrier à Bruno Le Maire pour "explorer une reprise par un acteur français". Mais le ministère de l’Industrie n’a pas jugé l’entreprise "stratégique" au sens du plan France 2030, ce qui a privé le dossier de toute aide d’urgence. » Aujourd’hui, la seule question qui reste posée est l’avenir du site d’Apprieu. Les syndicats, qui proposent sa reconversion en musée, ont demandé au ministère de la Culture et à la DRAC de procéder à son classement au patrimoine industriel.

La triste fin des Aciéries de Bonpertuis illustre tristement les prétentions élyséennes, quand Macron souhaitait réindustrialiser la France.

Vos commentaires

28 commentaires

  1. Au lieu de foutre l’argent par les fenêtres , on ferrait mieux de reprendre tous ces fleurons de notre industrie avec cet argent gachée ! ! !

  2. Encore un fleuron de plus de notre industrie qui va disparaitre . Toutes ces disparitions ne feraient elles pas partie d’un plan bien concerté?

  3. Le problème avec nos dirigeants c’est qu’ils n’ont jamais « travaillé », ils ne connaissent pas, donc ils s’en moquent. Leur labeur c’est le baratin, le blablabla intellectuel mais surtout le MENSONGE qu’on leur apprend à l’ENA cette boutique à générer des malhonnêtes.

  4. Une aciérie, que c’est sale. Une aciéeie, ça pollue. Une aciérie est stratégique. Une aciérie est indispensable. Il n’y a que ceux qui n’ont jamais eu de vision pour le pays qui l’ignore. Malheurs au pays dont le président est un enfant.

  5. ben oui, quand on vote pour des incapables, on a des politiques incapables. Mieux (ou pire?) on les reclasse à des bons postes, surtout pas trop fatigants et très NUISIBLES. Je pense à Fabius au conseil constitutionnel, Le Maire aurait dû arriver aux Armées et Castex a la SNCF.
    Oui, la métallurgie pollue et a besoin d’électricité. Hors les incapables ont mis une minorité agissante et ô combien NUISIBLE aux manettes, j’ai nommé les pseudos écologistes. D’électricité la moins cher d’€urope nous sommes passés à hors de prix.
    Ils ne sont pas les seuls : studieux, nos députés se disputent sur la meilleure taxe à élaborer, comme si nous en manquions! Pendant ce temps, de futurs chômeurs d’Isère attendent la fin de leur calvaire à savoir à quelle sauce ils seront mangés.
    France championne en production de chômeurs et quand il y en aura BEAUCOUP trop, les incapables diront que ceux là ne veulent rien f*utre; qu’il faut raccourcir et baisser leurs indemnités.

  6. La France fleuron industriel se suicide en se fondant et disparaissant dans les méandres de la mondialisation malheureuse.

  7. Globalement, il s’agit pour les mondialistes (vous savez, ces gens qui ne jurent que par l’union européenne supranationale et qui ont mis en place E. Macron et ses prédécesseurs pour faire le sale boulot) de mettre les nations en faillite, pour pouvoir les racheter à la découpe et à vil prix, lors de la liquidation de leurs biens.
    C’est évident depuis longtemps.

    • Non non, Jef…. Courage… et ´´ aux armes citoyens ´´ et formez vos bataillons en vue des municipales l’an prochain… et la présidentielle en 2027 … patience prudence et détermination !!!

  8. pourquoi les élus ne veulent pas sortir comme l’espagne et le portugal des pris de l’énergie de UE cette usine a détruire

  9. Macron va être content encore une pépite Française qui va disparaitre ? quand fera t’il le nécessaire pour sauver notre patrimoine industriel et le savoir faire de nos ouvriers ? il ne veut plus d’industrie, plus d’agriculture et pourquoi pas plus de peuples Français et plus de chrétienté en France.

    • Il veut que la France soit en faillite pour qu’elle puisse être rachetée à vil prix par l’élite, l’aristocratie mondialiste richissime. C’est pour ça qu’il a été mis là.

  10. Le dépeçage continue, le prédateur de l’Élysée poursuit son funeste travail de destruction de la France.

    Aucun soupçon d’honneur pour ces zélites françaises qui ne pensent que taxes et impôts, inutile de s’étonner que les repreneurs potentiels fuient devant les croque mitaines qui légiférent ou tente de le faire pour le pire des messages !

    Qui donc va prendre le relais de ces aciéries :les chinois ou les indiens ?

  11. Pour Macron, il n’y a pas de ‘’Culture Française’’.
    Après son départ, il n’y aura vraiment plus d’Industrie Française.

  12. Le problème des politiques comme lemaire…ou macron .
    Ce sont des littéraires ayant aucune formation scientifique et industrielle.
    Ils y connaissent rien.
    Quand on sort de sciences pipeau Paris et l’ena , on est incapable de comprendre la logique intellectuelle pour faire tourner des usines .
    Il faut y mettre des ingénieurs au lieu d’enarques

Commentaires fermés.

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